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The White Stripes - Greatest Hits

La pandémie a mis un coup d’arrêt à l’industrie du disque, et les célèbres Third Man Records de Jack White n’y ont pas échappé. Mais tout comme ses collègues indépendants, l’hyperactif de Detroit tâche de garder le cap, aidé pour cela d’archives considérables des artistes qu’il accompagne ou de ses propres projets. Ce best-of de son groupe iconique était-il prévu de longue date ou a-t-il émergé comme un remède en attendant que les concerts et les albums reprennent ? Voici en tout cas le Greatest Hits des White Stripes, presque dix ans après leur séparation.



“My sister thanks you and I thank you” : avec cette phrase au-dessus du titre de l’album, Jack White balaie d’un revers de manche de guitare l’éternel mythe sur la relation entre lui et Meg, la glorieuse drummeuse du duo au jeu élémentaire souvent moqué. Les White étaient officiellement frère et soeur et Jack affirme sa mainmise sur ce projet de best-of : ceci est mon band, voilà ce que j’ai envie d’en montrer après six opus en studio de son vivant, puis une plâtrée d’enregistrements live qui ont entretenu la mémoire du groupe a posteriori. Du propre aveu du site de Third Man Records, l’idée d’un “greatest hits” à l’heure du streaming peut sembler saugrenue, “mais nous pensons de tout coeur que les grands groupes [le] méritent”. Cette compilation de vingt-six titres sélectionnés sur à peine quatorze ans d’existence est donc entièrement pilotée par la paire la plus célèbre du blues-garage américain, ou en tout cas par le patron qui continue ici son ambitieux travail discographique. On va tâcher de la voir comme telle.

Ce qui marque à la première écoute de Greatest Hits, ce n’est pas tant la profusion des tubes qu’ont écrit les White Stripes dès 1999 (“The Big Three Killed My Baby”, “Astro”, “Hello Operator”), c’est l’écart de production d’un titre à l’autre. Le disque n’est pas monté chronologiquement, aussi l’auditeur devra s'accommoder du passage brutal entre un son parfois maigrelet (“Let’s Shake Hands”) et une patte sonore plus rutilante (le poussif et hispanisant “Conquest”) selon l’album dont est extraite chaque chanson. C’est le jeu de l’évolution du groupe et le pari de mélanger les époques est intéressant, mais on se demande si tout cela n’aurait pas mérité un petit coup de re-master ou de re-mix pour homogénéiser la sauce blanche et rouge du duo.
 


Il n’y a rien à redire sur le choix des titres, d’autant qu’il a été fait par les principaux intéressés : on n’ira pas donc sur le terrain du conflit avec la maison de disque qui “cherche à vendre” sa camelote. D’ailleurs, cette tracklist est plutôt réussie et s’attache à représenter tous les albums du groupe, de l’éponyme (“Screwdriver”) à Icky Thump en passant par White Blood Cells (“Hotel Yorba”, la fusée “Fell In Love With A Girl”) ou Get Behind Me Satan (le massif et efficace “Blue Orchid”), le tout dans une joyeuse effusion de riffs et d’hymnes qui sentent à plein nez la grande époque du rock indé des années 2000. Les White ont même tendance à privilégier des pépites plutôt que des saillies évidentes. Aussi, pas de “Jimmy The Exploder”, de “Cannon” ou de “Black Math”, qui mériteraient pourtant leur place ici, mais d’autres choix inattendus, pour le meilleur comme pour le moins bon. On redécouvre avec surprise l’extrêmement bien écrit “I’m Slowly Turning Into You”, le zarbi “The Nurse” et le bluesesque bootlenecké “Death Letter” qui fait hocher la tête, au milieu des jouissifs “The Denial Twist” (piano/batterie et phrasé quasi hip-hop) et autres “Icky Thump”. On s’ennuie un peu plus sur les accessoires “I Fought Piranhas” et “I Think I Smell A Rat” en fin de galette.
 


Greatest Hits se laisse parfois aller à la facilité, par exemple en la jouant safe pour Elephant (“Seven Nation Army”, “The Hardest Button To Button”, “I Don’t Know What To Do With My Self” et “Ball and Biscuit”) là où l’album était riche d’autres propositions (“Girl You Have No Faith In Medecine”). Les petits moments mignons, qui font partie de l’identité des White Stripes, sont un autre passage aussi obligé qu’attendu de la compil’ : “We’re Going To Be Friends” et “Apple Blossom” offrent ainsi des pauses poppy et tendres où la distorsion de Jack se fait discrète. Le mélange des genres a cependant le mérite de souligner que les frangins de la fuzz ont eu une palette de sonorités étendue : blues, folk, indie, bluegrass, voire carrément pop distordue (ce "Dead Leaves and the Dirty Ground" au riff catchy qui se laisse écouter tout seul). La reprise héroïque de Dolly Parton (“Jolene”), qui a fait les grandes heures des Stripes sur scène, est aussi de la partie, et à vrai dire ce n’était pas si obligatoire de l’inclure dans ce bilan. Peut-être qu’une bonne façon de compléter le best-of aurait été d’offrir quelques versions alternatives ou de faire, à l’instar de Placebo ou Noir Désir, un disque à part de reprises et de raretés.


Greatest Hits remplit néanmoins bien sa fonction de faire un tour d’horizon de la discographie de Meg et Jack. On retrouve, on découvre, on apprécie le voyage non sans ressentir de temps à autre un petit manque de repères ou de direction artistique plus affirmée dans cet exercice de compilation. Les White Stripes étaient décidément un grand groupe : ce best-of le célèbre davantage qu’il ne le nous rappelle.
 

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