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Paul Van Bruystegem (bassiste de Triggerfinger)

Suite à l'annonce de quelques dates en France sur la tournée du groupe belge Triggerfinger, nous avons pu joindre Paul Van Bruystegem (le bassiste du groupe), en direct de Varsovie, entre les balances et leur concert du jour, pour nous parler de ce nouvel album, de leur musique et de leur parcours, avec une grande générosité et simplicité.

Merci à lui !

Site officiel : www.triggerfinger.net


La Grosse Radio : comment est né le groupe Triggerfinger ?

Paul Van Bruystegem : en fait c’est Ruben, le chanteur, qui a commencé le groupe avec d’autres musiciens il y a 16 ans, moi je jouais de la guitare dans plusieurs groupes et j’avais plusieurs booking, mais Ruben m’a remplacé et Mario a pris la place du batteur, c’est comme ça qu’ils se sont rencontrés. Ils sont devenus Triggerfinger avec un bassiste hollandais. Moi j’avais un studio d’enregistrement et ils m’ont demandé d’enregistrer leur premier disque chez moi. J’étais un grand fan d’eux alors « of course » j’ai dit oui. Et une semaine plus tard, le bassiste a arrêté à cause de son travail. Ruben m’a demandé « est-ce que toi tu ne voudrais pas jouer de la basse ? », j’étais guitariste mais j’ai dit ok. J’étais assez fan pour dire « oui, laisse-moi essayer » et ça a marché. Douze ans plus tard on est toujours là.


D’où vient le nom du groupe ?

Paul : c’est Ruben qui l’a choisi parce que ça sonne bien, pour commencer, et aussi parce que c’est le doigt qui tire en fait, tu vois ?



Ruben Triggerfinger


Comment définissez-vous votre musique ?

Paul : c’est une question qu’on nous pose souvent parce que c’est vraiment un mix en fait. C’est un mélange de rock des années 70/80, avec plein de blues, un peu de country et des influences plus récentes. Tout le monde dit « Triggerfinger c’est du stoner rock » mais moi je ne savais pas et j’ai demandé à plein de gens « c’est quoi le stoner ? » et on m’a dit « Black Sabbath par exemple », et moi Black Sabbath c’était ma jeunesse. C’est du rock quoi. De la musique avec des guitares qui vont fort. Encore que, on a aussi des musiques très douces, très calmes…

A chaque concert, avant de commencer, on joue un peu dans notre loge, on a un petit CD, on écoute, tu peux être étonnée de cette musique parce que c’est du Hot Chocolate, des Rolling Stones mais aussi du hip-hop, du funk, un peu tout…

Je suis le plus vieux, ma jeunesse c’était les années 70, je viens du blues, de la guitare… Ruben il vient plutôt du rockabilly, psychobilly et Mario il vient carrément du métal. Au début quand on a commencé à jouer ensemble, on ne faisait qu’écouter de la musique, des heures et des heures, à découvrir les goûts de chacun, à apprendre et maintenant encore, on ne parle que de musique, tout le temps !


Votre nouvel album est sorti cette année, comment a-t-il été enregistré, façon live ?

Paul :
oui oui, toujours. On a enregistré à Los Angeles parce que notre producteur, enfin technicien/producteur, Greg Gordon, habite à L.A. et c’était plus facile pour lui. Il y a plein de studios là bas et pour nous c’était mieux aussi de partir de la maison, pour ne penser qu’au disque, pas au téléphone, à ci, à ça… Greg était habitué à travailler en analogique, sur des bandes de magnétophone et c’est vraiment mieux de jouer ensemble, pour moi c’est normal.

Je pense que la musique doit rester très « human » tu vois ?

Même si on fait des petites erreurs, c’est pas si grave, quand on joue ensemble, on gagne de l’énergie. Le but c’est de capter un peu l’énergie qu’il y a en live mais c’est très dur à enregistrer parce qu’en live il y a des spectateurs qui écoutent, qui te voient et qui te donnent de l’énergie aussi, beaucoup. Et ils ne sont pas là dans le studio alors c’est dur de le retranscrire sur un disque.


Vous préférez la scène au studio ?

Paul : c’est une seule chose en fait. Notre vie c’est faire de la musique. Ca veut dire que tu travailles pour faire le morceau, puis tu enregistres, puis tu le fais en live. L’un ne va pas sans l’autre. Après l’enregistrement d’un album tu as envie de vite aller jouer sur scène. Attends je sors parce qu’il y a un groupe qui joue ici…


Ne prends pas froid (en Pologne) !

Paul : oui c’est vrai ! Mais tu sais c’est joli ici, je pensais qu’il ferait plus froid. Et les gens quand tu dis "Pologne" ils pensent que c’est le Moyen-Âge mais c’est une très très chouette ville (Varsovie), vraiment, c’est magnifique.



Paul Triggerfinger


Sans doute ! Et alors dis-nous, qui écrit les chansons ?

Paul : c’est Ruben, le chanteur, qui vient avec les idées, quelque chose de très brut, une guitare ou une idée de chant, peut-être juste quelques mots. On prend ça, on répète et on enregistre toujours les répétitions. Moi j’envoie les enregistrements et on réfléchit à la maison. Puis on refait, on ajoute, on change. Des fois on trouve ça bon mais il y a quelque chose qui manque, on appelle ça le "Triggerfinger factor". Le morceau est fini quand ça, c’est là.
Mais le début c’est Ruben parce que c’est lui qui chante.

Sur cet album on a fait attention que chaque mot soit bon. On a bien travaillé avec Greg. Parce que c’est toujours en anglais et c’est pas notre langue ! Greg il a travaillé avec beaucoup de grands groupes anglosaxons, Metallica, Slayer, Oasis, plein de grands noms… C’est notre technicien, ingénieur ou producteur, ça dépend des fois…


Quelles ont été les rencontres déterminantes sur votre parcours ?

Paul :
tu sais, on est tombés sur Greg parce que Mario, le batteur, faisait aussi des productions et ils se sont croisés tous les deux. On a essayé de travailler avec lui et depuis, il est toujours là. C’est le 4ème membre du groupe, il a la cinquantaine, plein d’expérience, plein d’humour, c’est un bon ami, on peut lui faire confiance, il est proche de nous. On n’a pas besoin d’un producteur connu juste pour avoir un producteur connu. On a juste besoin de quelqu’un qui nous guide, qui dit la vérité sans faire mal et il sait le faire.

Peut-être qu’on rencontrera d’autres personnes mais on ne change pas une équipe qui gagne ! Comme les Stones et Springsteen, il ont toujours gardé les mêmes personnes, c’est pour une raison, ça donne de bonnes vibes.


Vous revenez régulièrement chez nous, comment est le public français ?

Paul : oh fantastique ! On y a fait 18 concerts dernièrement, on n’est pas si connus en France mais il y a de plus en plus de gens qui viennent voir et quand ils sont là c’est toujours super et ils ont quelque chose en plus les français, c’est qu’ils sont polis et généreux aussi. Mais polis c'est-à-dire que quand on fait des morceaux calmes, ils écoutent, ils sont attentifs. Et quand tu cartonnes, ils sont avec toi, c’est une big party.

Et vous avez le bon vin et de jolies femmes.

En Belgique il y a beaucoup de bons groupes dans le même style, presque "over saturation" et en France, moins sur les radios, etc... alors quand on vient, on est bien accueillis par le public rock. Je pense que c’est difficile pour les musiciens rock qui vivent en France, passer sur les radios et tout ça, ce n’est pas évident j’ai l’impression, mais c’est un peu partout comme ça. En Allemagne aussi par exemple, là on passe en radio parce qu’on a eu un tube avec une reprise mais sinon avant on n'avait vendu que 50 000 albums, c’est pas si mal mais dans un grand pays comme l’Allemagne ce n’est rien.  Mais aujourd’hui on y a 1000/1500 personnes par scène.



Triggerfinger à Beaulieu sur mer


Quels sont les pays où votre musique est la plus écoutée ?

Paul : je pense qu’en dehors de la Hollande et la Belgique, c’est le Luxembourg et l’Allemagne parce qu’on a été n°1 avec « I Follow Rivers » et on a fait tous les grands festivals là bas. Il y a aussi la Suisse, l’Autriche, la Pologne, la Scandinavie… En Slovénie les gens aiment bien aussi mais ne connaissent pas encore beaucoup. En Espagne non plus, on joue devant 50 personnes mais tu sais c’est bon aussi, comme ça tu restes avec les pieds sur terre et c’est de nouveau un challenge. Que tu sois dans un grand stade ou devant 50 personnes, tu dois donner le meilleur. C’est bon pour la tête.


On a découvert récemment votre nouveau clip, laissez-vous carte blanche au(x) réalisateur(s) pour vos vidéos ou avez-vous des directives ?

Paul :
notre expérience nous a dit que les clips, c’est mettre beaucoup d’argent pour pas beaucoup en retour. Pour les groupes jeunes, pop, r’n’b, etc... ok mais pas pour nous. Là avec ce titre, c’est un ami qui avait déjà fait un petit clip pour nous il y a quelques années, on n’avait vraiment pas d’argent, il a fait ça gratuit juste pour nous parce qu’il nous aime. Il est funny, c’est un italien, il est incroyable, il l’a préparé lui-même. Maintenant, quand tu gagnes plus d’argent, tu peux le faire, on a dit ok et on est content avec ça.






Quels instruments/matériel vous amenez en tournée ?

Paul : on a toujours quelques instruments acoustiques avec nous parce que quand on est dans le tourbus ou dans une chambre d’hôtel, on aime bien avoir une guitare ou un banjo, quelque chose d’acoustique mais pour le vrai show il y a le reste. Heureusement on est que 3 mais derrière l’autobus on a une remorque parce qu’on a un petit décor qui prend de la place tout de même, beaucoup de merchandising… Chez nous, le public rock’n’roll aime que tu amènes tous les CD, les vinyles, les T-Shirts, tu dois vraiment prendre beaucoup. D’ailleurs c’est grâce au merch' qu’on gagne un peu d’argent, sinon le reste c’est pour la promo, ça part pour les techniciens, le bus, les hôtels… Il y a des gens qui pensent que nous sommes très riches mais on a juste assez pour vivre. On est riche ! On fait ce qu’on veut ! Ça c’est être riche pour moi. On peut jouer chaque jour ! On est riche dans la tête, pas dans le portefeuille.






Vous êtes en tourbus tout au long de cette nouvelle tournée ?

Paul : grand bus oui mais en ce moment on est un peu dans la merde puisqu’il est en panne, on a trois petites camionettes parce que le bus est au garage ! On espère que demain il sera réparé car on a une autre date en Pologne et on a besoin de nos vêtements, notre ordinateur, c’est pas très agréable, on dormait dans le bus qui a deux étages. Moi je préfère ça que les hôtels. J’ai mon petit home studio, mes livres, c’est génial. Normalement tu dois faire le checking dans l’hôtel, là tu arrêtes de jouer, tu prends une douche et tu vas à l’autobus, c’est fantastique.


Quelques dates sont tombées pour le mois de mars en France, y en aura-t-il d’autres ?

Paul :
oui oui oui, on essaye ! Parce que c’est bien parti en France et il ne faut pas attendre trop longtemps sinon les gens vont nous oublier (Rires). On aimerait faire 10 ou 15 dates. Nous sommes en train de travailler pour ! Tu sais, après cette tournée, on a deux mois sans rien faire parce qu’on est humains et qu’il faut qu’on dorme un peu… Mais au bout de 10 jours on devient fou parce qu’on a déjà envie de rejouer :-)



Merci Paul, bon concert à tous les trois et à bientôt en France.

Paul : merci à vous, à bientôt !


Flora Doin

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