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Sick My Duck, fabricant de concert


Tu as sans doute été voir des concerts. Normal, tu sais que c'est l'endroit magique, le Graal de tout artiste rock.
Mais sais-tu que, derrière les salles connues ou non, il y a des organisateurs de concert? Et nombre d'entre eux ne sont que des petites structures, qui fonctionnent à la passion.
La Grosse Radio a été à la rencontre de Sick My Duck, qui sévit dans le Punk et dérivés essentiellement. Récit d'un entretien avec Tangi et Pierre, faiseurs de concerts.






D'où vient Sick My Duck ?

Tangi: Ca fait 9 ans, bientôt 10. On a commencé en janvier 2009. Au début, on était dans les Yvelines, à Maurepas. Mais tous les concerts étaient sur Paris. En 10 ans, on n'a organisé que une fois en dehors de Paris et petite couronne. C'était à Maurepas, on avait fait un concert de reggae. Certains sont partis, d'autres sont arrivés. Au bout de 3 ans d'asso on a commencé à intégrer des gens qu'on a rencontré, Pierre entre autres.

Pierre: Aujourd'hui on une trentaine de personnes environ, avec un noyau dur de 4-5 personnes.


Comment est venue l'idée de créer une asso d'organisation de concert?

Tangi: J'allais à des concerts. Je ne suis pas musicien, je ne l'ai jamais été. Avant l'association, et même au début, j'étais bénévole dans une salle de spectacle, et dans des festivals. J'ai toujours été là-dedans, depuis que j'ai 13, 14 ans. Du coup je me suis dit, pourquoi pas monter notre truc, pour faire jouer les groupes qu'on a envie de faire jouer. Et c'est comme ça que ça a commencé.


Quel bilan en 10 ans? Combien de concerts?

Tangi: On a arrêté de compter il y a quelques années, mais c'est vrai qu'il faudrait qu'on s'y remette. On en est à un peu plus de 200.

Pierre: On fait environ 20 concerts par an.

Tangi: Ça fait 2 concerts par mois, voire 3, c'est une bonne moyenne. Un sacré rythme. Ça va dépendre des mois. En novembre on en fait 5 par exemple.


Comment vous trouvez les groupes?

Pierre: Les grosses têtes d'affiche viennent nous voir en général. On est en contact avec eux via des bookers, des tourneurs...

Tangi: Quand on a démarré, on a fait jouer des petits groupes, des groupes qu'on connaissait... Puis on a eu des offres pour des groupes plus gros... Puis une fois que tu as les contacts des tourneurs, ils t'envoient des propositions... Des fois on contacte les groupes nous-même, parce qu'on a envie de les faire jouer. Ça doit être du 70/30. 70% des groupes viennent des tourneurs, et le reste c'est nous.
On fait dans le Punk et dérivés. Punk, hardcore, ska, psychobilly, rockabilly, Oi!. Cet été on a pu faire Terror, ou Agnostic Front, qui sont des belles têtes d'affiche. Et là, on vient d'enchaîner 3 concerts ska-Punk, avec des groupes pas conus, un groupe tchèque, un groupe américain, un groupe hollandais, qui étaient excellents les trois. On fait en fonction des opportunités, des envies et des goûts de chacun.

Pierre: On a cette chance de pouvoir faire tourner les groupes qu'on aime. Je discutais avec des gens qui font dans le Rock indé, et pour eux, faire jouer des groupes qu'ils adorent, c'est Pixies. Alors que nous on peut faire Terror, c'est une belle affiche, et ça ramènera 500 à 600 personnes.


Il y a aussi une question de jauge de salles. Hormis les Dropkick Murphys, Green Day et quelques exceptions, personne ne peut remplir plus que le Bataclan.

Tangi: Oui, et ça nous va bien. Les Zéniths et autres, c'est trop gros, je n'aime pas. Tu vas trouver des groupes comme Green Day qui remplissent un Accor Hotels Arena, mais ce sont des exceptions. En tous cas, en France. En Allemagne ou dans d'autres pays, ça remplit des salles plus grosses.


Comment on fait pour trouver des lieux?

Pierre: Le carnet d'adresses! On a des copains qui sont là, on connaît, on cherche...

Tangi: Il y a des lieux connus de tout le monde, qui sont bien identifiés. Il y a aussi des lieux qui se montent. Après 10 ans, on ne connait pas tout le monde, mais quand même une grande partie de la scène Punk parisienne, les petites orgas et les grosses. On peut utiliser des lieux comme le Petit Bain, le Glazart, le Gibus..., comme on peut aller dans des bars, des petits lieux. Il y a la Comedia, on allait à la Méca avant, on peut aller dans des squats, au Cirque Electrique...
Il y a des trucs plus improbables aussi. La semaine dernière, on a fait un concert à la Pointe Lafayette! On ne connaissait pas le lieu, et comme la Comedia a fermé la veille (ndlr fermeture administrative), on a appelé, on a remué un peu ciel et terre pour maintenir le concert... C'était un vendredi soir, à Paris, c'était pas gagné de trouver un lieu en moins de 24 heures! On a réussi, c'était un tout petit lieu, mais j'ai trouvé le concert très sympa pour la taille du lieu. C'était une très belle date, ça m'a plu, je ne suis pas déçu.


Comment on fait pour organiser des concerts dans des bars, avec les entrées au chapeau, le fameux "prix libre", avec des groupes qui perdent de l'argent rien que de démarrer le camion?

Tangi: A part dans les squatts, il n'y a pas vraiment de lieu qui pratiquent voire imposent le prix libre. Je ne suis pas forcément un gros partisan du prix libre d'ailleurs. Je le serai si le public était respectueux de ça. Malheureusement, ce n'est pas le cas. Les gens mettaient genre 5 centimes, et disaient que c'est bon, ils avaient participé. Et après ils mettaient 20 euros au bar. Cas particulier, sur Montreuil, un des bars en question, allongeait toujours un peu d'argent pour les groupes, pour peu qu'il y ait 30 ou 40 personnes. C'est le seul sur Paris à ma connaissance.

Pierre: C'est tout un calcul qu'on commence à connaître, et qu'on doit faire, en fonction du cachet du groupe, des frais...

Tangi: On doit faire des budgets prévisionnels. En fonction de ce que coûte la date, les groupes... Certains groupes fonctionnent sans garantie, ils prennent ce qu'on donne à la fin en fonction des entrées, mais ce n'est pas ce qu'on préfère. On préfère mettre une garantie. Même si ce n'est que 100 balles, au moins le groupe sait qu'il ne repartira pas avec rien. On a des frais de nourriture, de bières, d'ingé son, d'hôtel pour certains gros groupes, même si en général on essaye de trouver des hébergements chez l'habitant.

Pierre: Tout ça, en essayant de savoir combien de personnes va ramener le groupe!

Tangi: Et ça, on n'en sait jamais rien. On essaye, avec notre connaissance de la scène, du public... On essaye de mettre le prix juste...

Pierre: Sachant que on essaye de ne pas faire de thune. Une bonne soirée, c'est quand on finit à 0, ou à 100 euros.

Organisateur, Concerts, Paris, Punk, Ska



Comment fait-on pour ramener du monde à un concert?

Tangi: On est limité en terme de budget promotion. On flye nous-mêmes nos concerts, on faut la promo nous-même. On ne met pas vraiment d'argent dedans, si ce n'est envoyer des flyers à l'imprimerie.

Pierre: On a notre public, mais on a du mal à toucher le public lambda.

Tangi: Même pour nos billetteries, on fait attention. On passe par des billetteries qui ne sont ni Fnac ni Digitick, les grosses plateformes en place. Du coup en terme de référencement sur Internet, on perd beaucoup. C'est un choix, on pourrait passer par eux. Mais ça coûterait plus cher au gens, parce que les commissions sont plus élevées sur ces sites. On travaille avec des sites qui ont des commissions entre 0,49 et 0,99 euro. Avec la FNAC ou Digitick, c'est 1,5 voire 3 euros ou plus par billet.


C'est quoi, organiser un concert?

Pierre: C'est d'abord accueillir les groupes, prendre soin d'eux. Leur donner à manger et à boire. C'est aussi ramener du public, histoire de ne pas perdre trop de thune. Trouver un lieu. Beaucoup de prévisions... 50% du boulot est fait avant, et 50% le soir même.

Tangi: Dans l'ordre, il faut voir le groupe, et évaluer ce qu'il peut ramener. Si c'est un groupe connu, ou si c'est un groupe moins connu mais pour lequel on peut mettre un groupe parisien qui ramène du monde en première partie. On fait un budget, on négocie le cachet. Ensuite il faut voir où on les fait dormir, à l'hôtel, chez des potes, chez nous... Il faut aussi faire la promo du concert, sortir un flyer, le diffuser, promo sur Internet, coller des affiches dans les bars. Gérer le matos, qui ramène quoi, qui peut prêter quoi, ce qu'il y aura sur place, qui va jouer sur quoi. Il faut voir aussi tout ce qui est régimes spéciaux, végétariens, vegans, allergiques au gluten, ce genre de choses, pour savoir ce qu'on va pouvoir cuisiner pour les accueillir. Puis, en fonction des lieux, faire les entrées. Puis après, faire respecter les horaires des groupes, suivre tout ce qui peut se passer.


Si on doit gratter dans vos souvenirs, et sortir un concert?

Pierre: J'ai bien aimé le dernier qu'on a fait, avec Queens of Everything, The Mercenaries et Union Jack. Bone ambiance, bonne communion, bons groupes.

Tangi: Difficile. On a fait des trucs hyper variés... Je dirai peut-être Pennywise, c'est un groupe que j'écoutais quand j'étais au collège. On avait rempli le Petit Bain, c'était une ambiance de fou. Mais tous nos concerts sont des concerts de folie!*


Comment se passe entre les différentes associations d'orga?

Tangi: Il ya plein d'assos qui sont là depuis longtemps. General Strike, Guerilla Asso, Arrak, Les Barrocks, WeCare... On se cotoie, on finit tous par bosser les uns avec les autres.
Il y a 3-4 assos avec lesquelles on travaille assez souvent, en coprod. L'intérêt de la coprod, c'est de réduire les risques pour tout le monde. Si à la fin de la soirée il manque 400 balles, c'est mieux de diviser ces 400 balles par 2 ou 3.

Pierre: Et puis ça ramène un peu plus de monde, chaque asso amène son réseau.

Tangi: Je préfère faire des coprods que de faire des trucs tout seul. Ce qu'on fait tout seul, c'est surtout des coups de coeur, pour se faire plaisir. Des trucs où on sait qu'on ne va pas ramener beaucoup de monde, mais qu'on a envie de faire quand même.
On fait aussi quelques festivals en coprods, avec Manux de WeCare, avec Arak...


Tu dois faire un concert, tu as 3 groupes. Ton affiche idéale?

Pierre: Rancid, Dropkick Murphys, The Mighty Mighty Bosstones... Il y a peu de chances qu'on les fasse, mais ce serait bien!



Toute l'actualité de Sick My Duck, les contacts, les concerts, sont sur leur page Facebook, ici.

Les prochains concerts de Sick My Duck:
09/11/2018: Banditos (rock'n'roll US ) • Redshift • Rooster Keaton, Bus Palladium
13/11/2018: Dead to me • Rvivr • Soft Animals, Le Gibus
15/11/2018: Skankin' Gibus : The Slackers • Two Tone Club, Le Gibus
21/11/2018: Skankin'Gibus 2 : The Toasters • Oz One • Stylnox, Le Gibus
04/12/2018: Terror • Deez Nuts • Backtrack • Risk It! • Worst Doubt, Le Gibus
14/12/2018: No fun at all • Drunktank + guest, Le Gibus
Et bien d'autres à suivre.


Organisateur, Concerts, Paris, Punk, Ska
 

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