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La Cool & Swiss Attitude de The Rebels of Tijuana

Leur dernier opus “Asile” a peut-être ralenti la cadence, délaissant les pointes de vitesse du garage pour une pop psyche langoureuse, mais le premier qui se risque à faire de l’humour suisse à deux balles et à propos d’Alexis Kacimi, frontman des Rebels de Tijuana, on promet de le donner à bouffer à la vache Milka ! Ce cuistre en puissance n’a de toute manière pas assisté au concert que la bande helveto-lyonnaise a donné au Supersonic le 15 décembre dernier… Nous si, et comme la majeure partie du public, on a adoré leur prestation, au point d’aller tailler le bout de gras avec le genevois. 




Le public des deux groupes précédents, rennais pour le premier et parisien pour le second, avait laissé la place à d’autres, dont une majorité de demoiselles friandes de love songs aux parfums sixties… Il faut dire qu’Alexis Kacimi et ses trois Rebels of Tijuana ont distillé une pop certes vintage, mais qui conserve intact son pouvoir de séduction. Le sourire - et parfois même le phrasé d’un Dutronc sixties -, une classe gainsbourienne pré-décadence, le frontmen suisse s’est mis le Super dans sa poche dès le premier titre. Section rythmique groovy, clavier sensuel à souhait, les hanches chaloupent sec, les têtes dodelinent, le pouvoir de la danse en incita même certains à investir la scène sur “Bizarre”. Les mâles grattophiles de l’assistance se sont eux régalés avec les riffs fuselés du père Alex, qui n’a besoin que d’une unique pédale JMI Tone Bender Mick Ronson pour les faire monter au rideau, là où certains exhibent un véritable râtelier d’effets. Impro psyche en final de “La Pampa”, heavy rock sur “Bum fuck nowhere” (un titre issu d’un album solo), The Rebels of Tijuana ont peut-être viré pop, mais sur scène, ils en ont encore sous la pédale et savent toujours prendre la voie du garage !


Commençons par le sujet qui fâche et tuons ensemble, si tu le veux bien, le père - de façon spirituelle si possible - Enrico Macias… Pardon ! Jacques Dutronc. Pour qu’on arrête enfin de te bassiner avec lui…

Alexis Kacimi - Je suis plutôt rock anglo-saxon à la base. Lorsque j’ai cherché à écouter “français”, Dutronc s’est imposé naturellement. Surtout son premier album, pour ce son garage à la française. J’ai mis un peu plus de temps à apprécier son côté chanson. Et puis, Dutronc, il est mythique maintenant…


À tel point qu’un groupe de garage anglais, qui reprend ses titres, s’est choisi Dutronc comme blaze…

Oui, je connais. Il y a aussi Miles kane de Last Shadow Puppet qui a repris “Le responsable”


Donc tu assumes totalement au final…

Oui, complètement, mais j’aime aussi Gainsbourg, le côté acide yéyé qu’on retrouve grâce aux compiles Whizz de Born Bad Records… Dès nos premiers albums, il y avait un mimétisme sans doute involontaire, qui nous plaisait et qu’on a effectivement vite assumé.


Le Popclub records, c’est donc ton label. Tu peux nous expliquer cette phrase que l’on trouve sur votre site : une “solide réputation de branleurs hyperactifs du rock n’roll”… Ça va pas du tout ça, vous ne vendrez jamais avec une pub pareille !!!

Ah ah ! En fait, c’est notre éditeur qui a écrit ça. Entre 2011 et 2014, on a beaucoup tourné, on jouait les uns et les autres dans d’autres groupes. Puis on a lancé le label. Bref, on ne s’arrêtait pas. Depuis, on s’est un peu calmé pour se préserver ; on a fait beaucoup de route, quelques concerts dans des conditions parfois un peu limites…


Après avoir joué les rebelles depuis plus de dix ans, on va dire que vous arrivez à l’âge de la maturité…

Il y a peut-être un peu de ça (il se marre à nouveau…). J’ai lu un article de la revue Magic sur les musiciens, qui évoquait leur santé mentale. C’est la première fois que je lisais quelque chose sur le sujet. Lorsque tu es beaucoup sur la route, en vase clos en quelque sorte et forcément focalisé sur ce qu’on va dire, écrire sur toi, ça peut vite te rendre schizo.


Tu connais les belges de Experimental tropic blues band ? Jérôme Vandewattyne les a filmé façon Michael Moore, mélangeant leurs comportements borderline et des éléments fantasmagoriques un peu trash. Un peu extrême, mais ça confirme ce que tu dis…

Je connais ce groupe, mais pas le film dont tu parles. Mais oui, on peut vite ne plus se rendre compte ce qui est réel et de ce qui ne l’est pas…


The Rebels of Tijuana - Supersonic 15 12 18 © Denis Madelaine
Photo D. Madelaine


Vous existez donc depuis 2008 et vous êtes fait connaître en 2009 par un EP et un titre qui ferait bien le buzz ces temps-ci “J’adore ce flic”…

Oui, c’est ce qui nous a permis de pas mal tourner, notamment en allemagne. Notre titre incontournable en concert… Il a fallu le nouveau line-up pour qu’on arrête de le jouer !


C’est ce renouvellement qui explique votre orientation pop psyché sixties, après de précédents disques plutôt garage ?

Ça faisait longtemps que j’avais envie de ralentir aussi le rythme de notre musique. La pause concerts, et effectivement le nouveau line-up, ont permis de de travailler dans ce sens. J’étais un peu inquiet du résultat sur scène, nous qui fonctionnions surtout à l’énergie… Mais c’est venu assez naturellement. “Asile” est sorti durant l’été 2017, on a eu le temps depuis de se l’approprier sur scène.


Hormis “Strange effect”, la cover des Kinks, tous les morceaux sont en français. Vos influences sont anglo-saxonnes, mais vous écrivez en français…

Le premier album en 2010 était en anglais, mais le succès de “J’adore ce flic” a imposé le français en quelque sorte et a été l’occasion pour moi d’arrêter de me cacher derrière l’anglais et d’assumer. En français donc… Sans pour autant renier mes “racines”. “Complètement stone”, un titre de notre deuxième album La bourgeoise, est une adaptation des Monkees “(I’m not your) steppin’ stone”.


Vous avez enregistré “Asile” au Back To Mono Studio de Christian Hierro, un ingé son avec lequel vous semblez collaborer de longue date..

Hormis notre deuxième album et un E.P, on a toujours bossé avec lui. On a enregistré notre album #3 dans sa cuisine où il avait installé tout son matos, on se faisait la bouffe en même temps, c’était cool ! Il a maintenant son studio à Lyon et c’est là qu’on a enregistré Asile.


Et tout sur bandes, bien entendu…

Sur des huit pistes à quatre-vingt dix pour cent, mais on est repassé quand même par un peu d’ordi à la fin.


The Rebels of Tijuana - Supersonic 15 12 18 © Denis Madelaine
Photo D. Madelaine


“Asile ou l'invitation à la sieste, coquine si affinités... Une ode à l’amour, façon pop seventies, libre donc…” Que penses-tu de cette “réclame publicitaire” ?

Ça le fait plutôt bien ! Tu as bien cerné cette volonté de faire quelque de plus léger, de ralentir le tempo… D’utiliser des instruments comme la pédale-steel, de donner plus de place aux claviers. Après le garage qui a marqué nos premières années, c’est vraiment une orientation que j’ai envie de prendre avec les Rebels. Même si en scène, c’est forcément un peu plus speed.


Dans #3, vous dépeigniez de sacrés personnages ; Burt de Roubaix, le Solitaire ou le Marquis du garage… 

Ah ah ! On les a laissé de côté tous ces barons loosers ! Ils collaient à l’esprit plus rock, plus fun des précédents albums. Pour “Asile”, on a fait appel à Rémi Guirao, musicien et poète isérois. Asile, c’est d’ailleurs le titre d’un de ses recueils de poésie. Ses textes nous ont vraiment permis d’écrire différemment.


Exit la rudesse rigolarde des mecs, place à des textes plus vaporeux (“Et le blizzard s’estompe”), langoureux (“Ne t’en vas pas maintenant”), voire “Erotique”, qui plairont plus aux filles…

Alexis Kacimi - “Erotique” n’est pas un texte de Rémi, mais de Fred Perroncel sur le coup. L’ambiance que tu décris, reflète bien la sensibilité des poèmes de Rémi. Cette délicatesse que je recherchais, mais que j’avais plus de mal à exprimer…


La version clip de votre reprise de “Quand j’étais chanteur” - de Michel Delpech - est de tout même un poil plus énergique que la version sous prozac de l’album…

Oui, c’est sûr ! On l’a joué lors d’une soirée hommage, organisée par une radio suisse. C’est un peu loin de nous, Delpech, même si c’est un très beau morceau. On la ralentit à mort dans l’esprit de “She” de Gram Parsons, avec cette pedale steel caractéristique.





Des projets de concert dans les mois à venir ?

Non, pas dans l’immédiat, nous avons pas mal tourné cette année, en Allemagne notamment. Le tournage du clip de “Lydie S” est en cours par contre. Et on a également un EP 4 titres de prêt. Il a été enregistré durant la tournée et il sera un peu plus garage pour le coup. On avance par étapes. Le plaisir de faire ce qu’on aime avant toute chose, pour éviter de se griller et de s’aigrir. Je me dis parfois que ce serait bien de faire une vraie pause, d’une année par exemple… Mais en même temps, je crois que ça me soulerait vite !

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