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10 Grosses Questions à Broken Waltz
Attention ! Rangez les guitares ! Oui, du rock sans guitare est possible, Broken Waltz le prouve avec A Mysterious Land Of Happiness... Basse, batterie, saxo (et du clavier, juste sur galette), pour le style il faut aller chercher dans le dark side of the rock moon, Nick Cave, Tom Waits... L'album des ex-Buck est une grande surprise de l'année, et qui est bien à l'image de 2020 morbide 2020, intense, sombre, brutal. Rencontre avec Clément le chanteur-batteur du démoniaque trio.





1. Comment fonctionne le groupe lors des sessions de compositions, qui donne les idées principales, qui fait office de médiateur ?

Nous fonctionnons en plusieurs étapes. On commence par des sessions un peu « boeuf » où on s’éclate avec quelques riffs ou ambiances que ramène Xavier généralement. On mouline tout ça un peu dans tous les sens et on enregistre tout. Dans un second temps, je reprends ces enregistrements et je pose des paroles que j’ai écrit (j’écris un peu tout le temps) et on remodèle les musiques là-dessus, on réarrange tout ça. On comble les motifs incomplets, j’écris de nouvelles paroles… Il n’y a pas vraiment de schéma prédéfini. Ensuite, on propose ce brouillon à Pierrot au saxo. Parfois, on a une idée pour sa partie, parfois c’est lui qui les amène. Pareil avec Joke, au clavier, qui est présent sur le disque mais pas en live. On passe ensuite au maquettage et l’enregistrement à proprement parlé. Nous enregistrons nous-même nos morceaux, nous gardons ainsi une liberté totale jusqu’à la fin. Si un morceau ne nous plait pas, nous le ré-enregistrons. Pareil pour le mixage, qui constitue la dernière étape de création. Nous essayons au maximum d’enregistrer notre musique en live. Et nous avons la chance de ne pas avoir besoin de médiateur, on arrive très vite à s’entendre sur la direction que l’on veut donner à un morceau.


2. Dans quel morceau de ta production t’identifies-tu le plus et pourquoi ?

Tous… Non ? Plus précis ? C’est un peu compliqué sur ce disque… On y a mis un peu tout ce qui nous passait par la tête, sans limite de genre, de mix, d’instrument ; à part l’interdiction de guitare inhérente au projet… De plus, ce disque fait partie d’un diptyque, le deuxième sortant au mois d’avril. On n’est pas sur un concept mais on travaille quand même sur un ensemble qui n’est pas forcément cohérent à la première écoute mais qui l’est pour nous. Pour répondre à la question, je dirais que « Love & Apocalypse » reflète plutôt bien l’atmosphère de l’ensemble.





3. Y a-t-il un vers ou une phrase dans les paroles d’une chanson qui te tiennent particulièrement à cœur ? Si oui, pourquoi ?

Toutes… Pas facile… « Make Love with the Apocalypse, The forbidden word brushing your lips » dans « Love & Apocalypse » « Faire l’amour avec l’Apocalypse, le mot interdit frôlant tes lèvres. » Pour le mystère que cela implique, la sensualité, la romance, le désespoir mais aussi l’optimisme de cette promesse… Il y a aussi beaucoup de références cachées dans ces deux vers qui annoncent ce qui suit dans les albums.


4. Quelles sont vos principales influences lorsque vous composez vos morceaux ?

Nous ne nous appuyons pas sur des influences quand nous composons. On essaye de garder une base « blues » mais on élargit très rapidement les choses, en tout cas, on ne se limite pas. On écoute beaucoup de choses à côté bien sûr, et depuis longtemps : Grinderman, Nick Cave & the Bad Seeds, Tom Waits, Morphine, Motörhead, Suicide, 16 Horsepower… La liste est très longue. On ne se dit jamais « tiens, composons un morceau à la mode de… ». C’est une fois que le morceau avance qu’on se dit que ça nous fait penser à tel artiste ou tel autre et là, on essaye de ne pas tomber dans les travers de la copie, souvent inconsciente.


5. Est-ce que d’autres sujets hors musique vous inspirent dans vos chansons ?

Il n’y a que ça ! Ou presque. On a quand même mis "Fuck The Guitar Player" sur cet album qui est une vacherie totalement gratuite envers les guitaristes mais qui parle surtout d’opportunistes et de pervers nombrilistes. Aucun rapport avec les guitaristes donc. Le diptyque est bâti sur cette « Mysterious Land Of Happiness… And Disasters », cette terre mystérieuse de bonheurs et de désastres. Ce n’est pas explicitement de notre terre dont il s’agit mais on s’en approche évidemment. On y trouve des sujets d’actualités (les soulèvements un peu partout dans le monde, le réchauffement climatique et tous ses détracteurs, le fascisme, l’intégrisme, la pauvreté) mais on se permet aussi quelques voyages « To the other side », cet autre côté gorgé de mystère et d’imaginaire. La magie est un thème récurrent ; au sens de la création surtout. Il y a une étrange histoire d’amour aussi « Long Live The Bride ». Ces albums peuvent paraitre noir et ils le sont ; noirs, oppressants mais dans « A Mysterious Land Of Happiness… » le titre qui clot le disque du même nom on dit « optimism is the true resistance… » dans le sens où on peut – il faut – se bouger le cul. Nous sommes fiers d’être futiles à ce monde et de pouvoir le dire.



crédit photo : Vincent Paulic


6. Si tu devais écrire et composer un concept album aujourd’hui, quel thème choisirais-tu ? Quelles influences ?

On n’en est pas loin déjà. Même si on est plus près de la galerie de portraits. Pour un véritable album concept, on partirait peut-être sur une dystopie ou un truc comme ça, à la 1984, Huxley ou Margaret Atwood… Créer un monde décalé et horrifique.


7. Quelle a été ta première idole musicale ?

Pour ma part, j’ai eu la chance de grandir entouré de pas mal de musique chez moi ; du classique un peu, Brassens, Ferré, Béranger mais aussi Leonard Cohen, Dylan ou Tom Waits. Et Tom Waits était et reste mon préféré… Ce n’est pas très original mais c’est comme ça. J’ai une préférence pour les voix basses et les percussions… Pour Xavier, même si c’est compliqué de parler à sa place, Lemmy, Motörhead a eu un gros impact pour lui. Il a une culture plus Metal, hard et rock que moi.


8. Avec quels groupes / artistes rêverais-tu de tourner ou bien composer un album en commun ?

Grinderman mais je crois que ça ne se fera pas… Ou Tom Waits tant qu’à rêver. Sinon tourner avec The Inspector Cluzo, ça nous ferait bien marrer. Déjà pour Fuck The Guitar Player et ensuite parce que je pense qu’on se retrouve pas mal sur le côté artisanal de la création.



crédit photo : Vincent Paulic


9. Quel est le premier album que tu as acheté avec ta propre thune ? Quel est le dernier album que tu as acheté ?

J’étais très reggae à cet âge là, possiblement Burnin de Bob Marley ou Chourmo de Massilia Sound System. Le dernier ça doit être le dernier Bob Dylan… Putain je suis vieux… Je fonctionne un peu par période. Le prochain projet c’est Les Thugs que je connais peu.


10. Comment convaincre quelqu’un d’écouter ta musique de la manière la plus rapide possible, à l’image d’un Tweet ?

Un boogie patibulaire, orageux et raffiné, coloré et surprenant, rugueux et romantique mené par un trio atypique basse/batterie/saxo. Entre fuzz éclatante et balades sanglantes au clair de lune, Broken Waltz vous embarque pour une mystérieuse terre de bonheurs… Et de désastres (Avril 2021:).  

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