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Rencontre avec Mad Foxes

Les trois Nantais de Mad Foxes viennent tout juste de sortir leur second album, Ashamed. Aux frontières du Post-Punk et du Grunge, le trio nous livre un opus puissant et intime. Nous avons pu en discuter avec eux, lors d'un entretien que les connaisseurs pourront qualifier  de "sympatique et cordial, et même plein d'humour".





Qui êtes-vous, Mad Foxes ?

Arnaud : Nous sommes trois, on vient de Nantes. Elie à la batterie, Arnaud à la basse, et Lucas, le frontman, chanteur guitariste charismatique, qui fait l'essence du groupe, et aussi sa déconvenue.

Lucas : C'est ça. Un énorme boulard, et beaucoup de prétention chez moi en général. Tu pourras le dire à mon enterrement. (rires)


Le second album est né durant l'année maudite du confinement. Comment ça s'est passé ?

Elie : Le premier album date de 2018, trois ans déjà. Il s'en est passé des choses depuis. La vie a bien changé. On a eu le temps de bien penser le premier album, de le présenter, on a fait des concerts quand c'était possible... L'an dernier, on l'a consacré à la recomposition de cet album, qui sort maintenant.

Arnaud : On a eu la chance d'avoir des lieux un peu plus intimistes, chez moi, ou dans des gites, où on a pu se retrouver pour les grandes phases de création, de composition, de répétition, de calage. On n'a pas été impactés pour cet aspect, on a pu prendre du temps et se voir. Ca n'a pas été dans des salles de répét', ça a été dans des lieux plus intimes. Et donc ça nous a donné du temps pour faire les morceaux comme on les voulait.

Lucas : J'irai même plus loin qu'Arnaud. Arnaud est arrivé dans le groupe en mai, ce qui correspond plus ou moins à la reprise du groupe juste après la cata du Covid et du premier confinement. Et dans la formule d'avant, on ne faisait que jouer. On était toujours en concert, en tournée. On ne s'était jamais laissé de répit, de pause pour composer. Et là, c'est horrible à dire, mais c'est un peu une bénédiction ce confinement pour nous, ça nous a permis de nous poser. Si il n'y avait pas eu ce confinement, on serait probablement repartis en tournée, en concert tout l'été, on aurait fait des pauses dans le process de composition. Là ça nous a obligé à nous mettre dans une bulle, dans un cocon, et d'être dévoués à 100% à cette tâche, ce que j'ai trouvé énorme.


Nouvel album, 2020, Ashamed, rock, trio, Nantes
Photo Yohan Gérard


Sur l'album on retrouve aussi bien des morceaux très puissants comme d'autres au tempo plus lourd, très au fond du temps. Deux ambiances bien différentes. D'où vient cette dualité ?

Elie : On a osé des choses qu'on n'avait pas vraiment osé lors des enregistrements précédents. Ca rejoint ce qu'ont dit les gars avant, on s'est retrouvés dans une ambiance où on a testé beaucoup de choses. On a jeté des choses, et on est tombés sur des trucs, comme cet esprit de marteau, entre autre pour "The Cheapest Friend", c'est le but. Se faire marteler la gueule. On a toujours été partisans de la moindre chose avec la plus grosse efficacité. Le rapport de peu avec beaucoup en résultat, c'est intéressant. On est assez fan de ce genre de morceaux avec une base de texture qui n'est pas énorme, mais qui au final joue avec beaucoup d'intention, un truc un peu fat. Et puis on s'est autorisés aussi à tester des choses beaucoup plus calmes, ce qu'on n'avait pas vraiment fait avec autant d'aplomb et d'assurance avant.

Lucas : Pour "Home" par exempe, ce morceau-là où je nous ai trouvés beaucoup plus mûrs pour ce type de morceaux-là. Je nous ai trouvés prêts à faire même des ballades, ce qui n'était pas le cas sur le premier album.




Les paroles ne sont pas neutres non plus, on sent un réel engagement.

Arnaud : Pour la musique, il y a une une composition à 6 bras. Il n'y a pas une personne du groupe qui compose entièrement un morceau. Pour la plupart des morceaux, on est partis avec rien, ou parfois juste un riff. La composition c'est vraiment la synergie de nous trois. Pour les paroles, c'est différent, c'est Lucas, et Elie sur un morceau, qui apportent leurs textes. Les sujets portés sont venus à l'esprit de Lucas, mais nous sommes d'accord avec le sens, les sujets concernés. Ce sont des sujets qui nous parlent à tous les trois, on en a discuté souvent.

Lucas : Il y a deux morceaux très personnels. "The Cheapest Friend", je l'ai écrit sans penser aux gars. Et le dernier morceau aussi, guitare/voix, qui est aussi très personnel. Pour les autres, j'étais persuadé en les écrivant que ça allait leur parler, parce que c'était lié aux expériences qu'on a eu ensemble, et à la vision commune qu'on a de ce qui nous entoure. J'étais persuadé qu'ils allaient s'identifier à ces textes, parce que ça émanait de tout ce qu'on pouvait se dire, voir...

Elie : On a cette chance d'avoir les mêmes valeurs, les mêmes centres d'intérêt. Ca nous est arrivé de ne prendre connaissance du texte que après que la phase de composition était finie, et évidemment on a eu raison de faire confiance à Lucas.


L'accès aux paroles est compliqué, les textes ne sont pas disponibles sur les platerformes, il y a moins d'albums physiques, et tout le monde ne comprend pas l'anglais. Comment on fait pour intéresser le public à ces textes ?

Lucas : On a eu ce débat au moment de la conception de la pochette. La seule pochette où on a mis les paroles, c'est la pochette gatefold du vinyle. Pour les autres il n'y a pas les paroles. La question est intéressante, mais je n'ai pas la réponse. J'aimerais bien que les gens s'intéressent aux paroles, mais en concert on ne me demande pas ce que veulent dire mes paroles, on me demande plutôt de chanter en français... Finalement, on est un peu tiraillés. Notre musique elle est ce qu'elle est, si quelqu'un veut les paroles il n'a qu'à nous le demander tout simplement.
Mais même quand on parle anglais je me rends compte que des fois on ne comprend les textes que bien après, un an, deux ans après. Je ne sais même pas si on a envie que les gens cherchent à comprendre et interpréter nos textes. Si ils en ont envie ils le font, sinon ils ne le font pas, et voilà. C'est bien de pouvoir expliquer pendant les interviews par exemple, où on prend le temps d'expliquer tout le process créatif, tout ça.
Mais les gens imaginent ce qu'ils veulent quand ils écoutent les morceaux, quand ils lisent les titres des morceaux, quand ils voient la pochette... C'est ce qui est beau, les gens peuvent interpréter comme ils veulent, et je ne me sentirais pas de leur dire "non là je veux que tu comprennes ça", alors qu'ils ont une autre interprétation.


Et la jaquette ? Vous nous en parlez, de la jaquette ?

Elie : On en est plutôt contents. C'est un Ukrainien, avec qui on a travaillé ponctuellement, qui mélange des tableaux du XIXème siècle, qui insère des personnages dans des photos modernes. On a beaucoup aimé le contraste, ça correspond bien avec les décalages qu'on met en lumière dans nos textes. On voit bien le décalage entre deux femmes qui sortent du XIXème et qui arrivent dans un supermarché, et qui ne comprennent rien à ce qui se passe. Et esthétiquement c'était très joli. Quand on a vu on lui a demandé d'utiliser cette oeuvre, et il a accepté. Il s'appelle Alexey Kondakov, et son travail vaut le détour.

Arnaud : On a des morceaux comme "Sights" ou "Patience" qui parlent de sortir la tête du guidon, de prendre le temps, de regarder ce qui se passe autour de nous... C'est pas toujours facile, on peut se sentir en décalage avec le monde autour de nous. La pochette image très bien ça, c'est pour ça qu'on la voulait vraiment.
 

Nouvel album, 2020, Ashamed, rock, trio, Nantes

Artwork: Alexey Kondakov


Et le monde d'après, vous le voyez comment ?

Lucas : Il est pourri ! On va tout faire pour que ça se passe le mieux possible, mais j'ai peu d'espérance sur certains points. J'en ai sur d'autres parce que je vois que les jeunes générations cartonnent, sont bien plus ouvertes que nous. Mais pour les générations du dessus c'est complexe.

Elie : Je reste assez confiant. Il va quand même se passer des choses. La musique ne s'arrête pas, elle ne s'est pas arrêtée. Ce qui nous manque c'est la sensation du live. On ne va pas se mentir, c'est le live qui fait l'essence du groupe. Il faut rester positif, ça va arriver. Peut-être pas tout de suite, mais on ne va pas se miner le moral.

Arnaud : Si tout se passe bien, on devrait avoir un semblant de tournée qui devrait avoir lieu en automne. Les moins frileux commencent à nous proposer quelques dates, mais on ne les communique pas. On a tellement annulé, décalé, qu'on est très prudent, on ne veut pas user les gens qui nous suivent.


Mad Foxes et le Live Stream, vous en pensez quoi?

Elie : Je pense qu'il faut que ce soit ponctuel. C'est bien que ça existe en ce moment, même si je ne suis pas un fana de regarder des concerts comme ça, parce que ça ne transmet pas autant de sensations. Je pense que les gens qui aiment la musique sont amoureux des sensations, et qu'ils n'auront plus envie de ça dès que les concerts auront repris.

Arnaud : C'est dur de prédire ce que ça donnera plus tard. On ne l'a pas encore fait, mais ça va sans doute se faire. Pas des vrais live filmés, mais plus des concerts filmés en condition live qui seront rediffusés, auissi parce que c'est un support de communication important. On sort notre album, et on a besoin de rester dynamiques, de garder les gens qui nous suivent en haleine... En ça je comprends que ce support soit très pratique aujourd'hui, pour que les groupes ne sombrent pas dans l'oubli.

Lucas : Le cinéma n'est pas mort avec le téléchargement. Les concerts ne mourront jamais. Le streaming ne remplacera pas le fait de ressentir, cette "communion", qu'on a en concert.


Mad Foxes, Ashamed, sorti le 30 avril 2021 
Toute l'actu de Mad Foxes sur leur site Web et leur page Facebook.
Clin d'oeil à Céline D., qui se reconnaîtra.
 

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