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Eurockéennes 2017: Jour 3



Troisième jour. On en a déjà vu, du concert. Et pourtant, il en reste, et du lourd! Au sommaire de cette journée, après nos chouchous Johnny Mafia, on retrouvera du glam, du rap, de l'électro, du punk celtique... Eclectique, tu as dit éclectique ?





 

Johnny Mafia
Loggia, 18:15


Par Yannick kRockus

"Salut, on est Johnny Mafia, et on vient de Sens. Sens, la capitale du monde".

Le ciel va bientôt nous tomber sur la tête, mais en attendant c’est sur la Loggia que la foudre se déchaîne. Les Johnny Mafia sont partis pour un des meilleurs set du festival. Vite et fort. Dès les premières notes de « Scaricrow », le public sait qu’il va prendre cher.

Le son typique des 4 minots est bien restitué, en particulier les échos et réverbes extrêmes de Fabio. Les 2 autres frontmen, William (chant, basse) et Théo (chant, guitare), ont pris possession des lieux, et ne lâchent rien. Même une abeille, avalée par William juste avant les chœurs de "Bad Michel", ne l’empêchera pas. Rencontré après le concert, il avouera avoir été harcelé, dans un grand éclat de rire. À la batterie, le bûcheron de service assure un rythme de feu.


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Johnny Mafia - Photo © Rafael Lobejon


C’est ça aussi, les Johnny Mafia. Pas de prise de tête, pas de melon, des mecs simples.  Sincères. Sur scène, leur rock, issu du punk garage, des Pixies aux Ramones, est balancé en direct du droit, pas de coup bas, c’est direct. Hommage à Kim Deal, à François Damiens, les références son éclectiques. Ca sent le potache, c’est du rock’n’roll.

Après une heure de set, le public est enfin libéré. Après Idles la veille, les Eurocks viennent de vivre leur second grand moment de folie à deux temps. Tout n’est pas mort, le rock bouge encore.

 


 

HMLTD
La Plage, 19h


Par Charliedub

Avec HMLTD, on est assurément en possession de l'OVNI de cette édition des Eurockéeennes de Belfort et on se retrouve vite plongé au cœur de la new wave, voire cold wave, du tournant des 70's et 80's, une époque où avaient émergé des groupes aussi talentueux que créatifs tels que Joy Division, Virgin Prunes, Public Image Limited ou Siouxsie & The Banshees, c'est-à-dire tous ces artistes qui prolongèrent l'esprit contestataire et musical en rajoutant des synthés. On peut même remonter plus loin en mentionnant David Bowie ou les New York Dolls qui doivent sûrement représenter une grosse influence pour HMLTD tant sur le plan esthétique que vestimentaire.


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HMLTD - Photo © Rafael Lobejon


C'est en effet une belle bande de joyeux lurons que les HMLTD qui mobilisent déguisements, maquillage, rouge à lèvres lorsqu'ils se produisent sur scène pour une attitude complètement bigarrée et déjantée. Bigarrée est également leur musique puisque les HMLTD puisent partout, autant dans le punk, le blues, le trip-hop et même dans le reggae, le tout avec une forte connotation new wave, ainsi que nous le souligniions plus haut. Mais c'est avant tout la dissonance qui est le maître-mot au sein du son des HMLTD avec un chanteur en mode off key, des choristes qui poussent des cris aigus et des guitares et un synthé qui flirtent beaucoup avec l'expérimentation sonore et qui pourraient paraître inaudibles à nos oreilles un peu trop habituée à l'harmonie. En tout cas, que l'on aime ou pas, HMLTD est en train de jeter un pavé dans la mare parmi un mouvement rock n' roll en perte de vitesse et qui peine à se renouveler depuis ces dernières années. Peut-être les Londoniens sont-ils en train d'opérer la révolution rock qu'on attend désespérément depuis longtemps.



 

HER
Grande scène, 19:00


Par Justine L'habitant

19h. Atmosphère Tropicale devant la grande scène. Le public se fraye un chemin entre vapeurs équatoriales, averses raffraîchissantes et chaleurs estivales. Une ambiance qui convient parfaitement à la soul moite et suave de Her. Comme à son habitude, le groupe masculin est venu assumer et revendiquer sa part de féminité. Ça se sent à la manière dont ils abordent la soul, avec groove et élégance ; ça se lit dans leurs textes, éminemment féministes faisant la part belle au beau sexe ; jusque dans leurs choix vestimentaires, un brin androgyne.


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Photos : Alexandre Le Bolloch


C'est dans cette énergie sensuelle que Victor Solf et ses musiciens sont venus enjôler le public des Eurockéennes de Belfort, à grand renfort d'un chant de velours et de gimmicks de basses ronds. Et le courant passe directement avec l'auditoire qui se déchaîne à mesure que le groupe déroule sa setlist. Il faut dire que le phrasé quasi incantatoire de Victor, que celui-ci scande presque à la façon spoken word en fichant son regard résolu sur l'assemblée, a de quoi en remuer plus d'un. D'un point de vue instrumental tout y est : des riffs distillés par deux guitares, à la fois précis et percutants, aux accords d'une basse chaude, qui enrobent le tout de son duvet groove, en passant par des arangements très électro rock au synthé et à la boite à rythmes.


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Photos : Alexandre Le Bolloch


On aurait pu croire que le groupe aurait fait pâle figure en live sur une scène rock comme celle du Malsaucy, il n'en est rien. Bien au contraire. La transe gagne rapidement les membres du groupe qui se produisent yeux fermés, en état de grâce. Alors qu'il leur manque un membre, Simon Carpentier, auquel le public rend hommage en court de set, Her convainc et communique à sa chaleur humaine sans mal aux Eurockéennes.



 

Killason
Loggia, 19h45


Par Charliedub

Après le rock timbré mais efficace et incroyablement théâtral de HMLTD sur La Plage, on a immédiatement foncé à La Loggia pour revoir Killason, sorte de rappeur d'un nouveau genre qu'on avait découvert au festival Riddim Collision en novembre dernier. Et niveau théâtre, Killason en connaît lui aussi un rayon puisqu'il agit en qualité de performer sur scène. Pourtant seul, rien ne lui échappe : il chante, danse et balance ses instrus de manière aussi frénétique que fougueuse. Et si Killason est versatile quant à ses fonctions d'artiste, il l'est tout autant par les beats qu'il propose à son public.

Principalement influencé par le hip-hop, Killason se plaît à en explorer toutes les facettes : il peut autant se poser sur du boom-bap que sur des sons trap avec ses grosses basses ronronnantes. Ça, c'est pour son côté US. Côté anglais, il se montre également très à l'aise avec des prods saccadées grime ou breakbeat, d'autant plus qu'on a surkiffé son "Illumination" aux incantations jungle. Sa capacité à jongler entre différents genres musicaux l'amène forcément à se démultiplier quant aux flows qu'il est capable d'alterner : lent ou plus rapide, Killason nous épate durant tout son set. Le public ne s'y est pas trompé et il réagira avec entrain au cri de guerre du performer : "Ya ya ya Fleekah !!". Et BIM !


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Killason - Photo © Christian Ballard


 


Booba
Grande Scène, 21h


Par Charliedub

Booba c'est Booba. On ne reviendra pas sur la polémique qui a enflé sur les réseaux sociaux (avec des déclarations qui sentaient parfois énormément le rance et le moisi) suite à l'annonce de sa programmation pour cette édition des Eurockéennes. Il était 21h lorsque le Duc de Boulogne (nous ne sommes pas suffisamment expert en matière de rap français pour affirmer si Booba mérite ce titre) s'est présenté sur La Grande Scène devant un parterre composé d'un nombre hallucinant de fans.

Et c'est assurément l'aspect le plus positif du choix de faire venir Booba aux Eurocks : cela aura permis de faire en sorte que son public se mêle à celui de Dropkick Murphys (Ünkut vs Red Socks) ; aux antipodes l'un de l'autre, les deux groupes n'auront certainement pas bu de bière ensemble, mais ils auront pu se rendre compte qu'on peut parfaitement passer une soirée bien cool même si l'on n'écoute pas la même musique.


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Booba - Photo © Bastien Sungauer


Bref, Booba ne boit pas de bière sur scène, il se la met au Jack Daniel's, comme le chanteur des Idles la veille. Rockeur ou rappeur, l'alcool, comme la musique, ignore les frontières. Hormis l'un de ses derniers singles, "DKR", à base de kora (l'un des instruments les plus en vogue aujourd'hui) et qu'il interprétera en fin de set, on ne connaissait pas grand-chose de Booba. Un peu comme Kanye West aux Etats-Unis, c'est le genre de personne qui fait beaucoup parler de lui (en bien ou en mal), mais peu pour sa musique. On s'est donc rendu sur La Grande Scène sans a priori pour voir ce que Booba valait en live.

Résultat : on aura préféré Mick Jenkins, Lorenzo ou Killason (autres rappeurs présents cette année sur la presqu'île du Malsaucy), mais le show de Booba reste tout de même consistant et vivant, bien que le chanteur reste statique (à part quand il s'agit de lever le coude pour vous savez quoi) durant toute la durée de son concert. Il se place dans les invariants du rap contemporain (trap et autotune), les morceaux sont plaisants à écouter, on regrettera toutefois des paroles pas assez conscientes et trop slacks, et, chose surprenante, Booba fait du reggae ! Oui, oui, du reggae avec le one drop "Au Bout des Rêves", et même du dancehall. En somme, Booba c'était sympa et ça ne méritait pas un tel déchaînement de passion sur la Toile.


 

Meatbodies
Loggia, 21h15


Par Yannick kRockus

Le rock qui envoie continue sur la Loggia. Après avoir accueilli Johnny Mafia, c’est au tour de Meatbodies. Les américains, copains de Ty Segall si l’on en croit la présentation des organisateurs, ont en tous cas de grosses envies en terme de rock’n’roll. Ils démarrent leur set par un morceau garage-punk débridé, enchaînent sur du stoner mono-accord, bien lourd, continuent en ajoutant une touche de psyché, univers envoûtant, le tout sur des rythmes débridés, au son des guitares 70's. Une bonne claque pour un public qui ne demande que ça.

Passage par le grunge, puis retour au punk 2 temps. L’orage s’approche, le temps est électrique, ça tombe bien, Meatbodies aussi.


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Meatbodies - Photo © Rafael Lobejon



La bande à Chad Ubovich, fort de leur troisième album, Alice, sorti cette année, a fait preuve d'une énergie à toute épreuve lors de ce set. Un son impeccable, des compositions aux petits oignons, et un éclectisme musical qui a fait mouche pour cette édition, clairement sous le signe de la découverte.

 


Dropkick Murphys
23h15, grande scène


Par Yannick kRockus

Impossible de le nier, les Dropkick Murphys étaient attendus. Pour la première fois depuis le début de cette édition, la grande scène est vraiment bondée, difficile de se frayer un chemin pour accéder au Graal, les premiers rangs, là où le rock se vit de manière charnelle, physique, où ça se bouscule, où l’énergie est la plus palpabe. Difficile, mais pas impossible. Les Dropkick Murphys ne sont pas des inconnus à Belfort. Leur précédent passage avait malheureusement été écourté par l’orage. Hasard de la météo, le temps chaud, sale et humide de la journée s’allourdit de minute en minute. Pas de suspense, l’orage n’éclatera que plus tard, les Dropkick Murphys pourront cette fois aller jusqu’au bout.


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Dropkick Murphys - Photo © Christian Ballard


Jusqu’au bout, et à 120%. "The boys are back", le ton est donné d’entrée. Punk celtique oui, mais surtout très punk, le set fera la part belle aux morceaux énervés. Dans le pit, l’ambiance est sauvage. Un vrai western, avec ce nuage de poussière qui monte. Ce sera la dernière fois qu’on verra de la poussière d’ailleurs, la pluie transformera tout ça en boue dans les heures qui suivent.

Le set est énorme. Avec leurs 20 ans d’existence, les Dropkick Murphys maîtrisent la chose. Peut-être même un peu trop, la place à l’improvisation, au petit moment de folie qui transforme un super concert en un souvenir génial est ténue. Mas ne boudons pas notre plaisir, ça envoie du bois tout du long. Les morceaux viennent bien sûr de leur dernier album, 11 Short Stories of Pain and Glory, comme ce magnifique "You’ll never walk alone", mais aussi des anciens. "Rose Tattoo", toujours aussi puissant. Et que dire du dernier morceau, l’hymne "I’m shipping up to Boston", qui laissera le public exsangue.


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Dropkick Murphys - Photo © Christian Ballard


Les Dropkick ont tout donné, les Eurocks ont tout pris. Dans la face.


 

Noga Erez
Loggia, 23h45


Par Charliedub

On venait juste de voir Tasha The Amazon et son flow hip-hop juste ravageur sur La Plage qu'on s'est dirigé vers La Loggia pour partir à la découverte d'une autre artiste féminine en la personne de l'Israëlienne Noga Erez. Si elle aussi revendique la trap comme influence, son style ne se limite pas qu'à ce seul genre musical. Accompagnée de deux musiciens, un machiniste et un batteur muni de pads et de cymbales, le son de Noga Erez est très largement porté sur l'electro, surtout qu'elle aussi se plaît à bidouiller ses machines lorsqu'elle ne chante pas. A en croire le site des Eurockéennes, Noga Erez serait l'une des représentantes d'une scène techno bouillonnante à Tel-Aviv.

On souscrit à cela, du moins pour l'aspect dancefloor de sa musique, puisqu'elle aura réussi à nous mettre en jambes avant l'arrivée des Chinese Man. Sinon, la touche de Noga Erez a plus à voir avec une acid house minimaliste, voire un dubstep des origines lorsque celui-ci cherchait à s'émanciper du UK Garage, ou encore du breakbeat. Bref, c'est saccadé mais ça diffuse des grosses basses, c'est haché mais ça groove. On n'en demande pas plus pour nous faire danser.


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Noga Erez - Photo © Rafael Lobejon



 

Chinese Man
Greenroom, 0h30


Par Charliedub

Après avoir enflammé La Plage en 2012, Chinese Man est revenu cinq ans plus tard devant le public des Eurockéeennes. Et en cinq ans les choses ont bien changé. Certes, les trois DJs (Sly, High Ku et Ze Mateo) sont toujours bel et bien présents, mais le crew a gagné en popularité et c'est sur La Greenroom qu'il est désormais programmé. Côté featurings, Taiwan MC ou encore Mr Raf ont cédé la place à Youthstar et aux MCs d'ASM, Green et FP et c'est un nouvel album, "Shikantaza", que Chinese Man est venu défendre sur scène.


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Chinese Man - Photo © Christian Ballard


Le trio balance d'ailleurs d'entrée de jeu le titre éponyme de cet opus aux accents zen. Alors bien sûr, on se prend toujours autant de grosse basses bien virulentes comme sur "Step Back", "Liar Liar" ou "Warriors", mais on sent que les instrus des Marseillais se font moins énervées lorsqu'ils sont seuls sur scène. Et c'est là tout l'attrait de cette nouvelle configuration scénique (mais toujours avec écran vidéo) puisque ces moments plus apaisés sont contrebalancés par la débauche d'énergie de Youthstar de Green et FP, qui courent sur scène, montent sur des podiums et haranguent le public sans cesse.

Ce serait une évidence de vous dire qu'ils ont interprété l'énormissime "Blah" (on aurait bien voulu voir surgir par surprise Taiwan MC) mais on retiendra aussi "Night Terrors" qui figure sur l'EP de Youthstar, SA. MOD, sorti depuis peu chez Chinese Man Records justement et qui prend des accents trap voire dubstep en live. On entendra également quelques morceaux plus anciens du crew comme "Get Up", l'inévitable "I've Got That Tune", un "Racing With The Sun" version stepper et "Washington Square" revisité en drum n' bass sur lequel Youthstar pose son fast style ravageur. En guise de conclusion, les Chinese Man joueront un titre inédit à paraître prochainement et dont on vous reparlera assurément.


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Chinese Man - Photo © Christian Ballard


On a cependant fortement regretté durant le concert du collectif, non pas l'orage grondant qui approchait, mais plutôt le fait que le son du set de Vitalic qui jouait sur La Plage voisine ait pu couvrir celui des DJs marseillais. Soit c'était le volume de Vitalic qui était beaucoup trop fort ou alors celui de Chinese Man qui ne l'était pas assez, mais l'équilibre entre les deux scènes a cruellement fait défaut.



 

Justice
Grande scène, 1:45


Par Justine L'Habitant

1h45. Pluies torrentielles. Déluge. Corne de brume et coup de tonnerre posent le décor. À croire que le ciel réclame lui aussi sa part d'attention. Les Justice, connu pour leur show millimétré, n'auraient pas pu rêver meilleure atmosphère pour faire leur apparition.

Sur scène des kilos de son sont posés en renfort, empilements d'amplis (Marshall, s'il vous plaît). Faut croire que les murs de son disposés de part et d'autre de la grande scène n'auraient pas suffi au groupe, qui recherche encore une fois la perfection. Ce n'est en effet pas le genre de la maison de voir les choses en petit. De même pour les lights, montées sur des rampes au-dessus de la scène, mais aussi dans les amplis, et dans tous les décors. dont on devine qu'elles seront, en plus de ça, mobiles.


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Photo: Alexandre Le Bolloch


Justice c'est le duo français, qui après les Daft Punk, permet à la france d'avoir une légitimité en terme de musique actuelle, et ce grâce à des compositions à la fois Electro, House et via des remix en cascade de tout ce qui leur passe sous la main qui sonne cool. Principe propre de la French Touch, dont Justice a fait son étendard. Mais là où ils innovent, c'est par cette approche très heavy, sons electro, les rendant lourd et puissants.

Après une bonne demi-heure d'attente sous une pluie battante, Gaspard Augé et Xavier de Rosnay entament enfin leurs son et lumière, à la fois Safe and Sound, histoire de rassurer son public sur ses intentions, toujours bienveillantes. Les Eurockéens sont déjà fous. Il faut dire que le duo se fait rare. Si les Dafts Punk cultivaient  le mystère par leurs casques, Justice sait également se faire discret avant toute sortie d'album, puis semble renaitre encore plus fort que jamais et être de toutes les scènes en un claquement de doigt.


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Photo: Alexandre Le Bolloch


Les Dj sachant qu'ils doivent tout aux Daft Punk, s'empresseront de jouer "Genesis" et "Phantom", des morceaux dans lequels ils remixent les titres phares de leurs aînés. Le public est déchaîné. Il faut dire que le son est parfait, et que le duo réalise en direct bon nombre des arangements sonores hand made. De plus le travail qui a été réalisé aux lumières force le respect tant tout semble s'articuler de manière naturelle. Les rampes bougent, se croisant, venant se placer au dessus des tables de mixages où se trouve le groupe qui continue, impassible de s'executer dans une synchronisation de mouvement bluffante.


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Photo: Alexandre Le Bolloch


Du symbole de la croix à l'apellation de leur site web - La Justice Church - les Dj usent et abusent de références bibliques, ce qui confère une fois de plus au groupe une dimension mystique indéniable. Les textes du dernier album Woman, paru en 2016 sont clairement bienveillants, tournés vers les autres. Eloge à l'amour et à l'amitié. Bien qu'ils ne prennent presque jamais la parole, on leur devine une sensibilité accrue ainsi que des talents de compositeur, le tout avec une certaine distance pleine d'humour et d'entousiasme propre aux surdoués.

Croix de bois croix de fer. Les Justice nous emmènent ensuite dans les tréfonds de l'enfer avec "Stress", leur célèbre remix d' "Une Nuit sur le Mont Chauve" de Modeste Moussorgski. Avant de mettre littéralement le feu à la presqu'île du Malsaucy, à grand renfort de beat sur "Pleasure", "Love S.O.S" pour conclure sur un "We Are Friend", dont la tendance très rock est la bienvenue pour clore leur prestation à la pointe de la technologie actuelle.

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