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Rock’N Festival 8 (11/05/19)
Encore une réussite pour cette nouvelle édition du festival axonais qui a connu un beau succès en termes d’affluence tout en proposant une programmation de qualité. Cette année le rhythm and blues de Sweet Scarlett, le power rock de Ko Ko Mo, le retour convaincant des vétérans Slade, les magistraux Triggerfinger ainsi que le hard rock moderne de Aaron Buchanan and The Cult Classics ont marqué le tempo de la soirée. Et ce sont les légendaires No One Is Innocent qui ont conclu avec panache l’événement.


On l’attendait et il a fini par arriver, le désormais établi Rock’N Festival a présenté sa huitième édition en ce mois de mai. L’évènement ayant eu lieu un peu plus tard que d’habitude (pour des raisons de disponibilité du Forum) et tombant en même temps que d’autres festivités musicales, on pouvait craindre qu’il en subisse des pertes niveau fréquentation. Mais non, alors que les portes de la salle sont ouvertes on peut déjà constater qu’il y a du monde, beaucoup même, peut-être l’effet Slade (le groupe comporte beaucoup de fans fidèles en France visiblement) qui veut cela.

Ce qui semble prouver que le festival joue désormais sur sa réputation et c’est tant mieux pour lui. Il est aussi à relever une fois de plus la qualité et la diversité dans l’affiche proposée qui met aussi bien en avant des formations locales prometteuses, des vieux héros ayant encore leur mot à dire ainsi que des révélations. Un seul petit point négatif cependant à retenir pour cette cuvée 2019 : un son de batterie un poil trop fort lors des deux premiers concerts, ce qui a amené certains spectateurs à quitter la salle.



Sweet Scarlett
 


C’est à Sweet Scarlett que revient l’honneur d’inaugurer cette nouvelle édition du Rock’N sur une scène sur laquelle figure déjà la batterie de Slade. Originaire de Laon, formé en 2011, le groupe est avant tout une affaire de famille puisqu’outre le guitariste vétéran local Patrick Hiblot on y trouve ses deux fils Vincent à la basse et Rémi à la batterie, le micro quant à lui est tenu par Caroline, compagne de Rémi. Auteur de deux albums dont le dernier Sell Your Ticket, encensé par la critique, est sorti en 2018 grâce à une campagne de financement participatif, Sweet Scarlett distille un rhythm and blues nappé de parties rock, funk et traversé d’arrangements electro bienvenus, tout à fait convaincant.

Le groupe joue très bien et le mélange organique/electro fonctionne auprès du public qui apprécie à leurs justes valeurs l’accrocheur « Sell Your Ticket », le très funk « Marylou » ou le stonien « Don’t Need No Prince ». Nous retiendrons aussi la sensualité suave de Caroline, qui en plus possède une voix digne des plus grandes prêtresses soul, et les parties de guitares très « hendrixiennes » de Patrick qui impressionnent l’assistance par leur feeling et leur virtuosité.





Sweet Scarlett n’hésite pas non plus à rappeler qu’ils sont des mélomanes éclairés en reprenant le « Them changes » de Buddy Miles (titre popularisé aussi par Band Of Gypsys) avant de conclure son concert en faisant taper le public dans les mains sur « Wiseman », morceau sur lequel le chant est partagé entre Rémi et Caroline. Il n’est pas à douter que le groupe a conquis du monde ce soir-là par la qualité de sa prestation si l’on en juge déjà par le nombre de personnes qui passeront sur leur stand merchandising juste après pour acheter un disque ou se faire prendre en photo avec la chanteuse. C’est mérité.

Setlist :

« Sell Your Ticket »
« With You »
« Marylou »
« You’re the Man »
« Them changes » (Buddy Miles)
« Don’t Need No Prince »
« Cool Cat »
« Wiseman »

 


KO KO MO
 

« Mississippi Queen » de Mountain et de la soul music raisonnent dans la sono durant le changement de plateau et nous pouvons constater que le groupe qui s’apprête à prendre la relève de Sweet Scarlett est attendu par quelques personnes déjà stationnées devant la scène. KO KO MO, nom inspiré non pas par la chanson portant ce titre des Beach Boys mais par le bluesman Kokomo Arnoldb, n’est pas un inconnu des auditeurs et lecteurs de La Grosse Radio qui en a fait vite une de ses révélations depuis son premier EP paru en 2006. Il est aussi à signaler que le duo nantais composé de Warren à la guitare et au chant et de K20 a remporté un très bon accueil critique et de nombreuses récompenses et a même eu les honneurs récemment d’Antoine de Caunes.

Nous étions donc en droit d’attendre beaucoup de leur prestation. Et nous avons été servis.
KO KO MO fait preuve d’une énorme énergie dès son arrivée sur les planches et son rock mettant un pied dans la tradition seventies et l’autre dans de sonorités plus modernes déploie un groove impressionnant, surtout si l’on prend en compte qu’il n’y a officiellement pas de basse.
Ainsi le lancinant « So Down », et son solo de guitare incendiaire, n’a rien à envier (osons la comparaison) à un Greta Van Fleet par exemple et met tout le monde d’accord.



 

Warren, tout en rouflaquettes et pattes d’éph, pousse sa voix facilement dans les aiguës, tire des soli impressionnants de sa Gibson SG et coure ou saute dans tous les sens tandis que K20 martèle de façon tribale ses fûts. Le public acclame chaque morceau extrait des deux derniers albums du groupe, en particulier le mini-tube « Cherokee Gal ». « On dit bien Chauny ? Pas Chaunouille ? Nous on n’est ni de Chauny, ni de Chaunouille mais de Nantes. » déclare avec humour K20 avant d’annoncer leur reprise du « Personnal Jesus » de Depeche Mode, un titre qui avait d’ailleurs été dévoilé en exclusivité pour La Grosse Radio en 2017.

Une cover qui est aussi prétexte à une longue jam où chaque membre se présente et donne de nouveau l’occasion au percussionniste de faire rire la salle en annonçant « Warren à la guitare et à la trompette » ou en sortant un « Vous êtes tous là ? C’est bien pour des vieux. » (clin d’œil aux fans de Slade ?). Le guitariste-chanteur justement descend jouer dans la salle pendant le dernier titre, le très dansant « White House Blues », avant que le duo s’en aille sous un tonnerre d’applaudissements et de hourras sans interpréter le rappel réclamé. KO KO MO a donc fait grimper d’au moins deux crans la température avec son set mais la soirée n’était pas terminée et réservait bien d’autre surprises.

Setlist :

« Are You Ready ? »
« So Down »
« Cherokee Gal »
« Personal Jesus » (Depeche Mode)
« White House Blues »


 

Slade

 

C’est une légende du rock anglais qui s’apprête ensuite à monter sur scène devant un parterre de fans déjà bien présents dans la salle. Et comme souvent avec les vieilles gloires nous sommes en droit de craindre une prestation sentant au pire la déchéance, au mieux un concert « karaoké » donné en mode pilotage automatique. Mais il y a parfois des exceptions comme ce fut le cas avec les Yardbirds qui ont livré un excellent set en 2016 au Rock’N justement. Donc pourquoi pas Slade ? Institution du glam rock, le groupe ne comporte en ses rangs que deux de ses membres d’origines, en l’occurrence le batteur Don Powell et le guitariste Dave Hill, John Berry et Russel Keefe, deux musiciens ayant déjà roulé leur bosse dans le milieu s’occupant de tenir respectivement la basse et les claviers. Tous les trois se partageant le chant cependant majoritairement tenu par Berry et Keefe.

La Slademania allait-elle s’emparer du Forum avec ce line-up ? C’est déjà sous un accueil chaleureux que le groupe fait son entrée sur le tube « Take Me Bak’Ome » qui donne envie de taper dans les mains, ce que les fans ne manquent pas de faire. Premier constat : les paillettes sont toujours là : Dave Hill arborant veste et chapeau dans la pure tradition glitter. Deuxième chose : le groupe joue bien et semble avoir plaisir à se produire devant un public acquis à sa cause. Malgré son grand âge, Slade se donne à fond, Dave Hill fait le pitre et grimace comme si nous étions encore en 1972 et ce show est un excellent moyen de revisiter le répertoire en conditions vraies de ces faiseurs de chansons qui restent en tête longtemps.





Nous pouvons donc nous régaler de « Lock Up Your Daughters » et de son riff proche de « Jumpin’ Jack Flash », de « Look Wot You Dun » qui rappelle le meilleur d’Elton John, de l’accrocheur «The Bangin’ Man »  ou de l’irrésistible « Run Runaway » au riff très heavy metal mêlé à une mélodie de gigue écossaise. John Berry annonce la ballade « Everyday » en la dédiant aux gens amoureux, la chantant à l’unisson avec le public tandis que Dave Hill prouve qu’il est un grand guitariste en signant un superbe solo sur ce titre. Le bassiste à un moment se munit d’un violon et laisse la quatre-cordes à Russell Keefe et le groupe attaque une version tout à fait convaincante de leur tout premier tube « Coz I Luv You ».

« Are You Ready To Rock’N’Roll ? lance Berry au public avant d’entamer leur reprise du « My Baby Left Me : That’s Allright » d’Arthur Crudup, titre popularisé par Elvis Presley et justement enregistré par Slade en 1977 en hommage au King alors récemment décédé. D’autres classiques ne sont pas oubliés bien sûr comme « Far Far Away », extrait de la BO du film Slade in Flame sorti en 1974, et « Gudbuy T’Jane » chanté par Russell Keefe. « Everybody Is Crazy ? Everybody Is Crazy Here ? » hurle le bassiste à plusieurs reprises avant que le groupe n’entame une furieuse version de « Mama Weer All Crazee Now » chantée en complicité avec le public tandis que Don Powell entame un court solo de batterie et que Dave Hill ne disparaisse pour revenir en brandissant une guitare customisée.





Slade quitte la scène triomphalement mais ne tarde pas à revenir, John Berry arborant un tee-shirt ayant comme motif l’Union Jack au recto et les couleurs de notre pays au verso et lançant un « Vive la France ! » qui fait son petit effet sur le public. Pour premier rappel le groupe joue la ballade « My Oh My » qui verra encore Dave Hill se fendre d’un superbe solo, puis ce dernier lance d’une façon enjouée « Baby baaaaby ! » et c’est un furieux « Cum on Fell the Noize » au refrain hurlé avec le public qui achève ce set. Le groupe saluant chaleureusement le public tandis que le générique de Mission Impossible retentit et nous pouvons donc affirmer que la Slademania est un phénomène toujours actif en 2019. Nous en avons eu la preuve durant cette heure de concert.

Setlist :

« Take Me Bak’Ome »
« Lock Up Your Daughters »
« Look Wot You Dun »
« Everyday »
« Coz I Luv You »
« Run Runaway »
« Far Far Away »
«The Bangin’ Man »
« My Baby Left Me : That’s Allright » (Arthur Crudup)
« Gudbuy T’Jane »
« Mama Weer All Crazee Now »
« My Oh My »
« Cum on Fell the Noize »


 

Triggerfinger

 

Le groupe suivant va faire la balance la plus longue du festival, cela peut apparaître comme un signe de perfection mais ne va pas pour autant desservir sa prestation, loin de là. Au contraire alors que les trois musiciens (accompagnés sur scène du discret guitariste Geoffrey Burton) de Triggerfinger jouent quelques notes de leurs compos pour effectuer les derniers réglages, nous constatons déjà que le son va être bon, très bon même. La salle, un peu moins peuplée que pour Slade, s’est néanmoins remplie de fidèles qui s’impatientent de voir le concert commencer. C’est sous un backdrop aux couleurs de TF20 – Vault, dernier album du groupe que les Flamands finalement attaquent leur set par le puissant « I’m Coming For You » et son riff zepellinien.

Et là tout le monde se prend la claque du Rock’N 2019 en pleine face, aller et retour. En effet Triggerfinger a délivré le meilleur concert du festival, et preuve de cette réussite : la salle se remplit vite alors que les titres défilent car tout le monde veut voir ce groupe qui fait preuve d’une redoutable assise scénique. Le combo se donne à fond et les fans dansent sur « First Taste » ou « Short Term Memory Love ». Ruben Block, qui ne communique pas beaucoup avec le public en début de concert, en plus d’une voix ne défaillant pas dans les aigues et d’un jeu de guitare subtil, dégage cependant un charisme immense dans son costume vert. Voire du sex appeal si l’on en croit les quelques cris féminins entendus parfois dans la salle.

L’imposant bassiste « Monsieur » Paul Van Bruystegem n’est pas en reste et nous régale de ses lignes sur « Let It Ride ». Mais le plus impressionnant reste Mario Goossens qui nous prouve qu’il est un incroyable batteur. Aussi spectaculaire par son jeu que par sa gestuelle, cette véritable réincarnation de Keith Moon gesticule et grimace tandis que sa batterie croule sous sa frappe puissante, ce qui nécessite parfois l’intervention d’un technicien pour remettre quelques fûts en place tout en subissant les taquineries du musicien.



Ruben dédie « Flesh Tight » aux fans, change parfois de guitare (qui sont aussi classes que son look) et annonce l’hypnotique, lancinant et construit tout en tensions « My Baby’s Got A Gun » comme un titre inspiré par le légendaire bluesman Son House. Le temps de présenter les musiciens que Triggerfinger délivre une dantesque version de « Colossus » sur laquelle Ruben Block troque sa guitare pour une basse et qui se termine par un solo de batterie explosif de Mario Goossens sous les clameurs de l’assistance. Une prestation digne des grandes messes seventies qui voit d’ailleurs les autres membres du groupe taper à leur tour sur les fûts et cymbales.





Le concert s’achève officiellement sur l’accrocheur et groovy « All This Dancin’ Around » qui permet au discret Geoffrey Burton de se mettre en valeur en jouant un solo traversé de stridences psychédéliques et Triggerfinger s’apprête à partir. Mais surprise : le groupe ne tarde pas finalement à jouer un morceau non prévu sur la setlist. C’est donc « On My Knees » et son riff monstrueux qui achève tout le monde avant que les Belges ravis de l’accueil du public le saluent humblement pour quitter pour de bon la scène cette fois-ci. Espérons que ce ne soit qu’un au revoir plutôt qu’un adieu tellement Triggerfinger a régalé tout le monde par ce concert généreux en bien des points.

Setlist :

« I’m Coming For You » 
« First Taste »
« Let It Ride »
« Short Term Memory Love » 
« By Absence Of The Sun »
« Flesh Tight »
« My Baby’s Got A Gun »
« Colossus »
« All This Dancin’ Around »
« On My Knees »
 

Aaron Buchanan and The Cult Classics

 

 

Pas facile de passer après la tornade Triggerfinger et le groupe suivant va en faire un peu les frais, du moins au début de son concert. Mené par l’ancien chanteur du défunt combo anglais Heaven’s Basement, Aaron Buchanan and The Cult Classics ne perd pas de temps pour monter sur scène pour défendre leur unique album, l’intéressant The Man With Stars on His Knees sorti en 2018 et réédité cette année, pour essayer de convaincre le public du Rock’N durant une quarantaine de minutes.

Adoubés par les médias et Rob Halford lui-même, les Londoniens vont faire de leur mieux. En particulier Aaron, que nous pourrions décrire physiquement comme un croisement entre Scott Weiland et… Robbie Williams (appréciation tout à fait personnelle) et à la voix évoquant Layne Staley. Le frontman a tout de la rockstar en devenir, multipliant les poses et sollicitant une audience qui n’a pas l’air de le connaitre lui et son groupe et qui lui réserve tout d’abord un accueil poli.
Aaaron en fait des tonnes comme taper sur les cymbales (inspiré par Triggerfinger ?) de la batterie, dansant ou sortant des « You’re fucking ready France ? » à tout bout de champ mais il faut avouer que le talent et le charisme sont là.





Le chanteur peut aussi compter sur un groupe, comprenant sa sœur Laurie à la guitare, très compétente et à un répertoire, même si encore pioché en partie chez Heaven’s Basement, suffisamment de qualité pour marquer des points. Ainsi des titres comme « The Devil That Needs You » ou « Morals? » par exemple sont tout à fait plaisants à découvrir. L’interprétation de « Dancin' Down Below » est l’occasion de citer quelques classiques du rock comme le riff de « Paranoïd » ou le refrain de « My Sharona » invité à être repris par l’audience qui ne se réveille finalement que sur celui de « Can’t Stand Losing You » de The Police« My girlfriend of France are you ready ?» (quel dragueur) annonce Buchanan à un moment pendant l’interprétation de « Heartbreaking Son Of A Bitch » avant de se lancer dans le public pour exécuter un spectaculaire poirier et ainsi s’attirer quelques applaudissements.



Le chanteur s’excuse aussi de ne pas parler français et évoque le Chateauneuf du Pape comme étant « un très bon ami à lui » en faisant un clin-d ’œil complice, assurant donc le show à fond. Aaron présente ses musiciens avant d’interpréter le dernier morceau et quitter la scène en ayant au moins réussi une chose : faire passer un agréable moment au public en attendant la tête d’affiche du festival.
Aaron Buchanan and The Cult Classics est une formation à revoir mais dans des conditions plus confortables que coincée entre Triggerfinger et No One Is Innocent pour se faire un avis définitif sur son potentiel qui semble certain.

Setlist :

« Left Me for Dead » 
« Fire Fire » (Heaven’s Basement)
« The Devil That Needs You »
« Dancin' Down Below »
« Heartbreaking Son Of A Bitch » (Heaven’s Basement)
« Morals? »
 

No One Is Innocent
 

Petit aparté nostalgique : votre serviteur a eu l’occasion de voir les No One à leurs débuts, en 1994, dans un festival maintenant défunt qui se déroulait à trente kilomètres de Chauny. À cette époque Kémar et sa bande n’avaient qu’un album à leur actif et le groupe en rappel avait dont rejoué son hymne « La Peau ». Il est évident qu’en vingt-cinq ans les Parisiens ont eu le temps de se faire un riche répertoire et acquérir suffisamment d’expérience comme va le démontrer ce concert. « Fight The Power » de Public Ennemy et « (You Gotta) Fight for Your Right (To Party !) »  des Beastie Boys raisonnent dans la sono pendant que la scène, sobrement décorée d’un backdrop représentant le logo du groupe est préparée. Des titres parfaits pour mettre en condition en attendant l’arrivée d’un des plus dignes représentants du rock fusion engagé français.

Enfin, une intro au groove electro se fait entendre tandis que les lumières s’éteignent et les musiciens montent sur scène devant une salle bien remplie qui les porte déjà en triomphe. Kémar arrive à son tour et lance « Bonsoir Chauny ! On est No One Is Innocent et on fait du rock’n’roll ! On y va ? » et c’est par « À la gloire du marché » extrait de son dernier album paru Frankenstein (et ses « Alléluia ! » scandés) que le combo démarre un set hautement énergique qui ne va pas baisser en intensité. 
Le chanteur survolté invite les jeunes et les moins jeunes à taper dans les mains sur « Kids Are On The Run », saute ou boxe comme Mohamed sur « Ali (King of the Ring) et sert peut-être un peu toujours le même discours un brin démagogique, mais bon cela fonctionne toujours.





Une version réactualisée de « Nomenklatura » (extrait du très bon Utopia paru en 1997) dédiée au « parti de la mauvaise haleine » colle justement à l’actualité avec ses « Yo Basta ! » avant que le groupe n’achève le titre en reprenant le slogan cher aux Bérurier Noir « La jeunesse emmerde le Front National ». Quant au tube « La Peau » il est présenté comme un appel à la tolérance. Ce titre d’ailleurs est prétexte pour le guitariste Shanka d’offrir une improvisation bluesy tout à fait sympathique, citant au passage la fameuse maxime des Bellrays : « Punk is the preacher, Blues is the teacher ».





Les No One en profitent aussi pour saluer Rage Against The Machine en reprenant « Bullet In Your Head », qui verra le frontman sauter dans le public, mais aussi les victimes de l’attentat du 7 janvier 2015 quand Kémar demande de faire du bruit « car il y en a là-haut qui vous entendent » pour annoncer « Charlie ».  « Chile » est quant à lui dédié « aux carrefours de France » avant que le groupe ne conclut son concert par le punky « What the Fuck ». Les musiciens clôturent la soirée en serrant des mains et en embrassant quelques fans alors que le «People Get Up and Drive Your Funky Soul" de James Brown retentit et tout le monde semble content d’avoir eu sa bonne dose d’électricité et d’énergie.

Setlist :

« A la gloire du marché »
« Silencio »
« Kids Are On The Run »
« Ali (King of the Ring)
« Nomenklatura »
« La Peau »
« Bullet In Your Head » (Rage Against The Machine)
« Liar (la machine à rêver)
« Charlie »
« Chile »
« What the Fuck »

C’est sur le constat que la huitième édition du Rock’N Festival a été, une fois de plus, une franche réussite que nous quittons la salle en nous demandant quelles surprises nous attendent l’année prochaine. Espérons que l’événement garde cette constance dans la qualité de sa programmation et sa parfaite organisation car l’Aisne étant un département plutôt sinistre en festivals de cette envergure, ce rendez-vous printanier reste quelque chose de bien précieux.
Restons Rock’N Roll donc !


Photos © 2019 Olivier Dericq
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe

 

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