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Guitare en Scène 2019 jour 2 : Dream Theater, Michael Schenker's Fest, Neal Black & Fred Chapellier



On est reparti pour la deuxième journée de Guitare en Scène! Au programme, une sélection plus "hard metal". Michael Schenker, Dream Theater, et les deux bluesmen Fred Chapellier et Neal Black pour finir en beauté. Sélection audacieuse, variant nettement de la veille, la hâte est totale!



Dempsey, GES 2019

 

Nobody's Cult


Rendez-vous sur la scène Village pour le groupe finaliste du tremplin. S'il est difficile d'entendre le discours de Dempsey, ce dernier étant régulièrement alpagué par des demandes de nudité venant du public - cherchez bien, le coupable est mentionné dans cet article - on capte un nom, Nobody's Cult.


Nobody's Cult, Lena, GES 2019



Dès les premiers instants, on voit que la jeune formation a suffisamment fait de route pour choisir son son : brut, carré, lourd. Il est d'ailleurs étonnant de voir qu'en guise d'introduction, Nobody's Cult ne choisit pas son titre le plus accessible. Mais qu'importe, la mystique Lena Woods et sa harpe électrique génèrent plus d'un curieux, et le groupe parvient rapidement à trouver son public. Côté influences, la bande s'est gorgée du stoner 90's, et puise dans ses titres plus légers le rock'n'roll d'un Josh Homme inspiré.


GES 2019, Nobody's Cult


Le groupe joue de sa saturation, particulièrement sur la harpe, et d'un son destructuré pour offrir une attitude agressive, et déconstruite. Loin du show rodé où les poses étaient de mise chez leurs concurrents de The Fleshtones, chaque musicien est indépendant, dans son délire, et offre l'intégralité de son énergie. La prestation en devient organique, entre la subtilité et le poisseux. On s'imagine un horaire plus tardif, ou l'élément lunaire aurait parfaitement contribué à l'ambiance.


GES 2019, Nobody's Cult


Décidément, les groupes sélectionnés dans cette édition du tremplin nous gâtent! Au delà des remarques venant d'imbéciles qui ne peuvent s'empêcher de se sentir exister dès l'instant qu'une nana est sur scène - visiblement pas encore, ou pas assez rapidement, en voie d'extinction, ceux-là -, le public semble de notre avis, en témoignent les ovations. Une fois encore, un bien beau début de journée.


Nobody's Cult, GES 2019

 

Michael Schenker's Fest


Arrivé sous le chapiteau, on constate déjà que l'affluence restera vraisemblablement limitée, en témoigne les gradins habituellement entièrement réservés, dont toute la partie du côté gauche est libre d'accès. Dans la fosse, la foule ne se presse pas non plus, la différence est flagrante avec John Butler Trio hier. Michael arrive sur la "Marche Des Walkyries", tout en puissance et grandeur tel le guitar hero qu'il est (ou qu'il prétend être sur le malentendu de quelques excellentes compositions lorsqu'il était tout jeunot, chacun son avis), comme d'habitude affublé de son bonnet à lunettes. Tout un style. Manifestement heureux de venir ce soir, Michael présente rapidement son groupe et entame avec du lourd, "Doctor Doctor".


Michael Schenker, GES 2019


Tous les chanteurs arrivent un par un sur chaque couplet, et rapidement le bas blesse : le premier couplet est massacré par Graham Bonnet, pas du tout en voix et du coup bien faux sur ce premier titre. À peine meilleur, Gary Barden rate lui aussi complètement le coche. À titre de consolation, Robin McAuley se révèle lui parfaitement juste et sauve le titre de la noyade qui semblait si inévitable. Alors, peut-être avaient-ils besoin d'un titre ou deux pour se chauffer, on verra sur la suite. S'en suit un titre instrumental, et donc l'occasion de se focaliser exclusivement sur la guitare du père Schenker. Michael attaque son manche avec vitesse et dextérité, fidèle à sa réputation. Propre et efficace, pas une note n'est à côté. En revanche, ses acolytes font le job mais sans plus.


Michael Schenker, GES 2019


Le set continue ensuite avec uniquement Gary au chant, l'occasion de découvrir des titres assez mous et peu passionnants du dernier album, comme "Messin' Around". Gary affûte petit à petit sa voix, mais reste globalement décevant, les seuls passages énergiques et un minimum intéressants restent donc les solos de Michael et les titres instrumentaux. Et encore, lorsque retentit "Coast To Coast" et ses riffs looouuuuuuurrds, on commence à trouver le temps très long. Quelle joie de se dire qu'il restera après encore le set de Graham. Michael finit en prenant la pose en mode "guitar panzer", et il est temps de passer à la seconde partie du set.


GES 2019, Michael Schenker


Graham est réinvité sur scène, et le ton change rapidement. On attaque une partie composée de titres plus kitsch, avec des titres ambiance hard FM aux refrains très mélodiques sur lesquels Graham se sent à priori plus à l'aise. Il investit d'ailleurs bien la scène, et prouve probablement là qu'il est le meilleur showman des trois vocalistes ce soir. Mais son micro est malheureusement réglé pour obtenir un max de reverb bien sale destinée à cacher la faiblesse de sa voix dans les retranchements, en particulier sur les premiers titres (on le sent très à la peine sur "Night Moods"). Gary et Robin restent d'ailleurs sur scène pour assurer les chœurs, une façon de le soutenir.


GES 2019, Michael Schenker


Dernière partie du set avec le retour de Robin, et malheureusement toujours ces morceaux récents poussifs et peu inspirés (on pense à "Warrior"). Robin montre également à ce moment qu'il reste un chanteur de hard rock, capable de pousser sa voix mais pas beaucoup plus. Ça passait bien sur "Doctor Doctor", moins maintenant. Il ne reste en somme rien de vraiment intéressant jusqu'à "Rock Bottom", autre énorme classique de UFO. Le contraste avec la fadeur des titres récents est énorme. L'occasion aussi d'un dernier solo beaucoup trop long et peu varié. Enfin, "Lights Out" achève le set en se rappelant à nos oreilles. Qu'est-ce qu'on a pu apprécier son talent de compositeur quand-même ! Dommage que tout le set ne soit pas de cette qualité.


Michael Schenker, GES 2019


 

Dream Theater



Avoir un groupe de la trempe de Dream Theater qui vient défendre un album aussi insipide et quelconque que Distance Over Time, forcément, c'est pas rassurant. D'autant que les échos que l'on a eu des précédentes dates en festival, notamment celle au Hellfest à laquelle on a assisté, ne sont pas positifs. Le groupe semble surtout en autoroute, enchaînant les dates sans grande envie. Conscience de la fadeur du dernier brûlot? En tout cas, sans y aller à reculons, on est moins enthousiastes qu'à l'habitude pour aller soutenir ces musiciens que l'on aime tant.


GES 2019, Dream Theater


Distance Over Time est évidemment fortement représenté, le set introduit par un "Untethered Angel" dont on est finalement content de rapidement se débarrasser. Si l'auditoire semble être ravi de recevoir ces nouveaux titres, s'extasiant avant tout devant la virtuosité des musiciens - le nouvel album ne les mettant pourtant pas tant en valeur -, l'ambiance autour de Dream Theater gagne surtout en intensité quand, bénéficiant d'un temps de set plus long que nombre de leurs prestations en festival, ils piochent dans le reste de leur répertoire.


GES 2019, Dream Theater


Et quand, entre deux titres passe-partout, s'entament des morceaux tels que "A Nightmare To Remember" ou encore "In The Presence Of Enemies", l'extase peut commencer. Le fan en nous sait alors quelle débandade de notes il va se prendre en pleine face, le tout interprété comme toujours sans le moindre à-côté. Avec ses choix de morceaux et des enchaînements pas toujours évidents, le concert devient donc une montagne russe émotionnelle, entre grands moments et relâchements fréquents.


GES 2019, Dream Theater


On se rappelle surtout, vu que les titres viennent de divers moments de leur carrière - "Peruvian Skies", "Lie" ou "The Dance Of Eternity", instrumental qu'il fait toujours plaisir d'entendre  - que cette dernière a son lot de grandiose. Le précédent album, "The Astonishing", est un chef d'oeuvre d'audace malheureusement trop peu apprécié, et on peut aisément pardonner un rendu un peu moindre face à un répertoire aussi dense et varié.





Reste le gros défaut, le bémol qui fait que même les morceaux que l'on adore ont du mal à passer : la voix de James Labrie. Les plus assidus se sont fait une raison, et savent que les capacités du chanteur sont de plus en plus restreintes. On fait évidemment notre possible pour ne pas lui en tenir rigueur, d'autant qu'on voit bien qu'il a conscience qu'il peine, mais le constat est douloureux. Entre toutes ses amorces qu'il pousse au point qu'elles semblent des aboiements, des montées improbables qu'il tente en fin de phrasés et qui alourdissent son manque de justesse, nombreux sont les moments où on grince des dents. Restent des instants où il parvient à récupérer une once de superbe, on pense notamment à la partie initialement chantée par Mike Portnoy dans "A Nightmare To Remember" qu'il conclue sur un cri d'une puissance rare - et qui ne semble pas poussif contrairement à ceux qu'il tente en final sur "As I Am"- , et certains passages où il ne cherche pas les aigus mais au contraire réarrange sa partie pour y apporter du corps, malheureusement trop peu nombreux.


James Labrie, Dream Theater, GES 2019


La demi-teinte, on l'a vue venir. L'anniversaire de John Petrucci (guitare) célébré au milieu du set n'aura pas contribué à changer l'ambiance de la prestation, une ambiance froide et, malgré quelques sourires entre Jordan Rudess (claviers) et Mike Mangini (batterie), relativement morne. On espère que Dream Theater reprendra vite du poil de la bête, et que cette sensation de fin de course n'est qu'une de ces mauvaises dates qui arrivent à tout artiste.


Dream Theater, John Myung, GES 2019

 

Neal Black & Fred Chapellier



L’enchaînement sous la scène Chapiteau était riche en riffs rapides, shreds et descentes de manche en règle. On en a pris plein les oreilles, il est peut-être temps de revenir écouter quelque chose de plus posé devant la scène Village. Comme jeudi en somme, où le set de King King avait permis de faire retomber la pression. Le groupe monte sur scène un peu en avance sur l’heure, Neal arrive avec la clope au bec et Fred couvert de sa casquette qui ne le quittera pas du set.


Neal Black, Feed Chapellier, GES 2019


Le premier titre instrumental est très dansant avec son rythme syncopé, une belle entrée en matière pour les cinq membres et notamment pour l’équipe qui accompagne Neal et Fred : la basse est bien ronde et apporte son lot de groove accompagnée par le synthé déposant délicieusement ses accords en contrepoint. Le batteur, Guillaume Destarac donne ici déjà tout ce qu’il a, et va le prouver avec quelques phrasés classiques mais néanmoins bien exécutés. Du côté des guitares, la progression mélodique est assurée en duo par Fred et Neal. Les solos sont partagés, alternant en questions réponses, ça le fait vraiment et rapidement une foule plutôt large se retrouve devant la scène.


Fred Chapellier, NEal Black, GES 2019


À partir du second titre, Neal et Fred vont assurer le chant chacun leur tour, en fonction de l’origine des compositions : lorsque les titres proviennent du répertoire de Neal, ce qui représente une large partie du set, il en assure le chant, lorsque la composition provient de Fred (comme ce titre en hommage à Peter Green) c’est logiquement lui qui s’y colle. Neal a une pure voix de bluesman, bien classe, un peu abîmée mais pas trop, qui sonne juste et honnête dans chaque parole. Fred a une voix un peu plus classique, qui reste parfaitement adaptée à l’exercice.


Fred Chapellier, Neal Bkac, GES 2019


Le set est fondamentalement une alternance de blues énervés et de morceaux plus lents et posés, plus dans le ressenti. Si les titres énergiques dynamitent la foule à plusieurs reprises et font sans mal bouger les gens et taper du pied à cette heure tardive, les passages plus lents sont eux très classiques, trop classiques peut-on dire, et n’interpellent la foule que lors des solos et des questions-réponses entre Neal et Fred (qui alterne entre ses deux guitares en fonction des titres). On reste fondamentalement dans du blues classique, bien exécuté mais classique, malgré la grande complicité visible entre les deux guitaristes.


GES 2019, Fred Chapellier, Neal Black



Texte Michael Schenker, Neal Black & Fred Chapellier : Félix Darricau
Texte Nobody's Cult, Dream Theater : Thierry de Pinsun

Photos : Alexandre Coesnon, Luc Naville. Toute reproduction interdite.

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