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Algiers (+ Esya) - La Maroquinerie - 5/03

Du post punk gospel made in Atlanta, militant qui plus est… Le pédigrée d’Algiers nous avait de suite intrigué et attiré. Ainsi que leur réputation scénique ; on se souvient que leur participation au festival des Inrocks en 2015 avait fait sensation. La faute à leur charismatique frontman Franklin James Fisher. Lequel affiche une aisance musicale certaine tant au clavier qu’à la guitare et est doté d’une voix de soulman s’énervant facilement, au diapason de textes intelligents et engagés. On ne prend pas impunément un nom de groupe évoquant la bataille d’Alger… Les natifs de Georgie se sont lâché ce soir-là à la Maroq’, parsemant leur set de fulgurances noisy, d’impros débridées presque free jazz. Problème, il ne fallait pas se trouver en bord de scène, le nez dans les retours. Le sondier d’Algiers avait un peu forcé sur le potard et les basses, transformant parfois leur son en véritable bouillie sonore… Un détail qui ne nous a pas empêché d’apprécier la performance d’Algiers.




Visiblement installé ailleurs dans la salle, notre confrère de Benzine, a admis que le son était très fort, mais l’a trouvé lui très clair. C’était sans doute le cas, car on avait pu en faire l’expérience lors de la première partie confiée à Ayşe Hassan aka Esya, également bassiste de Savages. Entourée de machines dont elle déclenche des sons préenregistrés, la jeune femme, tout de noir vêtue, commence à chanter presque a cappella. Et déjà les basses ultra-fortes qui nous font vibrer jusqu’aux tréfonds du jean, gâche un peu la fête. D’autant que les nappes synthétiques qui l’accompagnent sonnent presque indus, un contrepoint sans doute volontaire à sa voix plutôt mélodieuse, qui rappelle irrésistiblement celle de Björk. Mais n’est pas diva islandaise qui veut… Et le fait qu’elle reprenne son instrument de prédilection, n’a guère changé à l’affaire. Ses riffs de basse semblaient tout sortis d’une fonderie, abrasifs à souhait donc.    


Esya @ La Maroquinerie © Christophe CUSSAT-BLANC.
Photo © Christophe Cussat-Blanc


Ryan Mahan et Lee Tesche, bassiste et guitariste d’Algiers, font leur entrée avant leurs camarades pour se mettre respectivement aux claviers et au saxophone. Pour une intro qui donne le ton, d’entrée surpuissante et presque bruitiste. Tandis que Matt Tong se glisse derrière sa batterie, Franklin James Fisher doit lui se contorsionner pour se retrouver assis à son clavier disposé de biais. Un stakhanoviste du tambourin, bonnet enfoncé sur le crâne, s’installe aux côtés de Matt Tong et jouera à l’occasion le choriste. Ça y est, vous avez bien visualisé la scène ? Parce que c’est parti pour une déferlante de vingt titres tous plus puissants les uns que les autres. Pas seulement d’un point de vue sonore, même si nous sommes effectivement gâtés sur ce chapitre.


Algiers @ La Maroquinerie © Christophe CUSSAT-BLANC.
Photo © Christophe Cussat-Blanc


Durant ce set homérique, Algiers va nous asséner des compos certes complexes dans la forme, mais toujours chargées d’une énergie positive. Tantôt incantatoires et hypnotiques (“Cleveland”, “Death March”), toujours électrisantes (“Black Eunuch”) et parfois empreintes de soul (“The underside of power”). Chaque acteur du show aura donné son maximum et ce, du début à la fin (double ration pour le rappel tout de même…). Fisher excelle au clavier et à créer des boucles sur lesquelles il chante et prends la guitare, parvient dans un espace mouchoir de poches, à danser et se rouler par terre avec talent… Un showman complet, doublé d’un séducteur. Il a peut-être un peu perdu de son français, appris du temps où il était prof d’anglais à Douardenez, mais il sait “parler” au public. Ryan Mahan, cabotin survolté, fait lui aussi le show, nous invectivant plus qu’à son tour. Lee Tesche, plus réservé, mais non moins efficace, nous surprend en utilisant archet et autres pinceaux pour tirer de sa Kramer des sons improbables.

Lors du premier rappel, Esya fait une apparition plutôt efficace au chant sur le très punk rock “One Chord” et Fisher se livre à l’indispensable bain de foule sur “Death march”. Algiers conclue avec “The Cycle / The Spiral : Time to Go Down Slowly”, un morceau débuté en mode free et qui s'est mué en boogie jazzy épileptique et “But She Was Not Flying”, rock bluesy déglingué parsemé de boucles clavier et de riffs stridents. Un final à l'image du concert, explosif et généreux.


Algiers @ La Maroquinerie © Christophe CUSSAT-BLANC
Photo © Christophes Cussat-Blanc


Merci à l’ami Chris pour ses photos, n’hésitez pas à vous abonner à sa page et consulter son site. Pour les setlist du concert, on vous renvoie au report de notre confrère de Benzine, véritable exégète d’Algiers.
 

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Artiste mentionné :
 musique rock Algiers
Dès 2015, Algiers s'est imposé comme une pièce essentielle de la scène alternative américaine. Avec ses textes engagés et sa musique dressant des ...
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