QUOTAS RADIO : Les radios vont devoir varier leurs playlists

Le sujet des quotas de chansons françaises à la radio a déjà largement été commenté sur La Grosse Radio (voir le dossier complet plus bas).
Il est certes assez technique, mais essayons de résumer la situation.

Les FM ne diffusent que très peu d’artistes

Depuis 1996, les radios FM privées sont tenues de diffuser 40% de titres en français (35% pour les mastodontes que sont NRJ, Fun ou Nova).

Mais ces radios, dont le modèle économique ne passe que par la diffusion de « tubes », pour ne pas perdre leurs annonceurs, n’ont pas pour autant ouvert leurs antennes, bien au contraire, et pratiquent une ultra-concentration de leurs diffusion.

Ainsi, l’observatoire de la musique, dans son rapport de 2014, met en évidence une bien triste réalité sur le nombre d’artistes francophones diffusés : 108 uniquement sur Fun Radio, et même 71 sur Rires Et Chansons ! A côté des 760 artistes sur Le Mouv, et même des 1408 sur France Inter, autant dire que nos FM commerciales ne brillent pas par la diversité de leur offre.

C’est ce qu’a voulu remettre en cause le ministère de la culture. En effet, le mattraquage systématique des titres issus des meilleures ventes est un fléau qui tue la production musicale. Avec l’écroulement des ventes de disques, et la spoliation systématique des articles à cause du streaming, les revenus des artistes viennent à 76% de la diffusion (source UPFI, chiffres 2015). Et donc la contribution des FM les plus écoutées se concentre sur un nombre ridicule d’artistes…

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Obliger les FM à varier leur playlist

Après plusieurs mois de discussions, une commission mixte paritaire (7 députés, 7 sénateurs) a tranché. Malgré les pressions indécentes effectuées par les FM, la nouvelle version de la loi sur les quotas précise que, désormais, un titre multi-diffusé n’interviendra qu’une fois pour le calcul des quotas. Cette petite modification est une victoire pour les maisons de disques et artistes, qui voient ainsi leur possibilité d’accéder aux grands médias sensiblement augmenter.

Prenons un exemple concret :
Aujourd’hui, une radio qui doit tenir ses quotas peut diffuser un seul artiste francophone, si il respecte les 40% d’antenne.
Demain, et si le texte finit son périple législatif, ce même artiste ne comptera que pour ses  premières diffusions, les suivantes ne rentreront pas dans le calcul des quotas. Les FM devront donc compléter leur playlist avec d’autres artistes pour atteindre les fameux 40%. Et voilà, c’est aussi simple que ça!

Le combat n’est pas pour autant terminé, puisque le texte (faisant partie de la Loi Lilberté de Création, voir nos liens plus bas) doit encore passer devant l’assemblée fin juin. Mais on peut déjà se réjouir de voir que, une fois n’est pas coutume, le gateau de la diffusion ne servira pas uniquement qu’à quelques artistes, mais sera mieux distribué, et obligera les FM à élargir leur playlist, permettant ainsi à d’autres artistes d’accéder à une diffusion nationale.



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