De #METOO à  #MUSICTOO

Communiqué du collectif #MusicTooFrance

En 2017, il y a eu #metoo, une vague de libération de la parole sur les violences sexistes et sexuelles sur les réseaux sociaux et qui a pris la forme de #balancetonporc en France. Des milliers de témoignages, des prises de consciences, des dépôts de plaintes, parfois, et pour quel résultat ? 3 ans plus tard, presque rien n’a changé dans les sphères de pouvoir, les médias et les industries culturelles. Nous avons vu des tribunes pour défendre le droit d'importuner, Sandra Muller l'initiatrice de #BalanceTonPorc perdre son procès en diffamation, Polanski, criminel en cavale exclu des Oscars, recevoir un César et la protection des élites artistiques françaises.

â— AVRIL 2019 : Nous avons cru que la parole pourrait se libérer après la création de la page “Paye ta note” puis l’enquête de Valérie Lehoux dans Télérama où plusieurs femmes anonymes dévoilaient les coulisses sexistes de l'industrie musicale, suivie par le manifeste du collectif F.E.M.M.

â— OCTOBRE 2019 : Manifesto XXI tentait de prédire la fin des inégalités de genre tandis que le collectif CURA présentait son étude sur la santé dans la musique et les pressions associées à cette industrie.

â— NOVEMBRE 2019 : Emily Gonneau témoignait courageusement. Elle reste la seule femme de l’industrie de la musique à avoir publié un témoignage sous son nom.

â— FÉVRIER 2020 : Camille et Julie Berthollet parlaient à LOOPSIDER de leur expérience du harcèlement pour mettre au jour les pratiques et les tabous dans la musique classique.

"Nous reprenons aujourd’hui le hashtag #MusicToo, utilisé
notamment par Emily, pour donner un nouveau souffle à la libération de la parole dans l’industrie musicale."

Nous (anonymes, comme vous) collectif à l’initiative de ce questionnaire, sommes issu.e.s du secteur musical. Certain.e.s d’entre-nous ont quitté la filière il y a plusieurs mois ou années, certain.e.s y évoluent encore aujourd’hui. Une filière professionnelle parfois dangereuse, souvent toxique pour les femmes, pour la communauté LGBTQIA+ et les personnes racisées sous représentées.

Les oppressions s’imbriquent et se cumulent dans un secteur dominé par les hommes : ce sont eux qui occupent les métiers en lien avec l’artistique, la direction, la technique et tiennent les postes clés qui permettent le développement ou la fin des carrières. Le rapport de pouvoir est tel que les abus - en nombre - ne sont jamais dénoncés, de peur de perdre son emploi, dans un secteur très concurrentiel et sexiste*.

Depuis plus d’un an, nous repensons aux témoignages de nos ami.e.s, aux histoires d'agressions sexuelles que tout le monde connaît dans le milieu mais dont personne ne parle. Et nous constatons l’impunité des agresseurs (professionnels à des postes clés, artistes omniprésents dans les médias) qui n’ont aucune raison d’arrêter leurs agissements si personne ne parle.

Il est temps que la peur change de camp.

Sur notre google form, jusqu’au 30 septembre, nous recueillons vos témoignages de violences sexistes - propos sexistes, dégradants, ambiances sexistes - et sexuelles. Vous pouvez rester anonymes si vous le souhaitez, mais il est temps de nommer votre ou vos agresseur.euse.s.

A partir de ces informations, nous pourrons associer des agressions et violences entre elles, commencer à dessiner des profils et rassembler des plaintes. Nous travaillons avec des avocates et deux associations pour vous accompagner vers un suivi juridique ou psychologique si nécessaire. Dans certains cas, nous transmettons des informations aux médias qui voudraient mener une enquête.

#MusicToo #OnTeCroit

Pour témoigner anonymement sur Google Form.

musictoo, metoo

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(*) Quelques chiffres :

â— 1 femme artiste sur 3 a été agressée ou harcelée sexuellement dans l’industrie musicale en
France
. Et c’est aussi une réalité pour 1 femme sur 4 parmi les professionnelles de la filière.
â— Les femmes toujours moins bien payées que les hommes (a minima 20%), et ce quel que
soit leur âge ou leur niveau de responsabilité, quand elles ne disparaissent pas tout
simplement du marché du travail après 30 ans...
â— 97% des groupes programmés par les grands festivals de musique sont composés
exclusivement ou majoritairement d’hommes

â— 88 % des programmateurs de salles de musiques actuelles sont des hommes
â— 75 % des directeurs de salles de musiques actuelles sont des hommes.
â— 86 % des postes de direction en label sont tenus par des hommes.
â— 97% des postes de direction et de programmation des lieux jazz et musiques improvisées
sont occupés par des hommes
â— 4,3 % de femmes cheffes d’orchestre dans le monde

Sources : Une enquête dévoilée par CURA Collectif et la GAM au MaMA en octobre dernier
Sources : Les assises des femmes de la musique et du spectacle.
Sources :
http://www.haut-conseil-egalite.gouv.fr/stereotypes-et-roles-sociaux/travaux-du-hcefh/article/egalite-dans-la-culture-le-temp
s-de-l-action
Sources : https://www.fedelima.org/IMG/pdf/etude_fedelima_emploi_permanent_2018.pdf
Sources : http://www.slate.fr/story/186830/femmes-cheffe-orchestres-musique-classique-sexisme



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