Beast In Black – Dark Connection

Beast In Black nous présente son troisième album en cette fin d’année 2021. Après un étonnant Berserker paru en 2017 et un très bon From Hell With Love en 2019, la nouvelle mouture des Finlandais propose elle aussi son lot de surprises.

La formation finlandaise nous transporte cette fois-ci encore un peu plus loin dans l’univers SF des années 80. Le groupe plante un décor parsemé de clins d’œil à cette culture imaginaire et souvent critique d’une société futuriste, et notamment avec « Blade Runner » et le film du même titre ou encore Total Recall avec « Highway to Mars ».

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Voilà un album qui démarre fort, le premier titre « Blade Runner » fait largement penser au précédent style de Battle Beast lorsque Anton Kabanen menait encore la danse. C’est simplement puissant, rapide, ultra rythmé et rappelle étrangement « Let It Roar » paru en 2013. Les similitudes avec l’ex-band sont en effet bien présentes et Anton Kabanen nous l’a confirmé lors d’un échange live. Le morceau « Dark New World » fait aussi office de composition miroir proche de la formation précédente du guitariste et leader du groupe. Les riffs sont très similaires et le rythme de batterie sonne à l’identique.

Au-delà de la comparaison facile et évidente, cet album est une boule d’énergie qui ne demande qu’à s’exprimer. Dès lors, il suffit de quelques titres pour dynamiser le tout, tels « Bella Donna » ou « Hardcore ». L’inspiration est simple mais d’une efficacité redoutable, Yannis Papadopoulos (chant) y est pour beaucoup. Ses intonations et sa capacité à exprimer un panel de notes des plus variées est incroyable, son grain puissant contraste avec de la douceur et de la légèreté, rendant certains titres tout simplement jouissif. Passé le rythme extrêmement soutenu du morceau « Hardcore », c’est « My Dystopia » qui permet au chant d’étendre sa plus large palette de couleur. Cette ballade rythmique puissante vient apaiser un album assez impulsif et très énervé. Ces quelques nuances apportent l’élément nécessaire à une recette presque parfaite.

Le kitsch du groupe atteint son paroxysme avec « One Night In Tokyo » qui se rapproche de sonorités électro typées années 90-2000 sur fond de clip Daft Punk-ien pixélisé. C’est d’une originalité certaine et prononcée ultra pop, à la limite d’un disco boosté qui rend perplexe mais qui amuse. Quant au morceau phare présenté en avant-première, à savoir, « Moonlight Rendez-Vous », l’esthétique est purement inspirée des ambiances SF des années 80-90 dans un décor surréaliste mais familier. Notre coup de cœur lui revient, avec une introduction quasi parfaite, des impressions crescendo de puissance et de tension, des ponctuations solistes des plus agréables et jouissives le tout sur un rythme bien en deçà des morceaux précédents. Une réussite qui dure sur un peu plus de cinq minutes, trop courtes.

Quelques compositions sont moins intéressantes et semblent combler un espace vide. Elles sont pourtant justes et réussies mais peinent à convaincre, notamment « Dark New World », « Revengeance Machine » ou encore « The Last Drop Of Blood » qui sentent trop le réchauffé issu de Battle Beast. Et ce n’est pas la suite qui relève le niveau, car « Broken Survivor » est poussif. Il copie les facilités du genre et rejoue les mêmes moments sans ajouter quoi que ce soit à l’œuvre globale, ce morceau parait de trop et c’est bien dommage.

Enfin, Beast In Black nous gratifie une nouvelle fois deux reprises : l’excellent titre de Manowar « Battle Hymn » et la composition de Michael Jackson « They Don’t Care About Us ». Le premier est compréhensible, le second un peu moins, le lien avec l’univers n’est pas clair car il ne touche ni au metal ni à l’ambiance science-fiction de l’œuvre. Quoi qu’il en soit, les émotions sont parfaitement retranscrites et parfois même sublimées, ce délice supplémentaire régale un peu plus un album qui semblait devenir poussif sur la fin.

Avec Dark Connection, Beast In Black vient approfondir sa bibliothèque et solidifie de fait ses prestations live. Le concept originel reste inchangé et cet opus est incontestablement une nouvelle réussite du groupe. L’effet de surprise quelque peu érodé reste efficace et l’enrichissement de l’univers science-fiction / jeux-vidéo porté par cette œuvre touche immédiatement l’auditeur.

Tracklist :

01 – Blade Runner

02 – Bella Donna

03 – Highway To Mars

04 – Hardcore

05 – One Night In Tokyo

06 – Moonlight Rendezvous

07 – Revengeance Machine

08 – Dark New World

09 – To The Last Drop Of Blood

10 – Broken Survivors

11 – My Dystopia

12 – Battle Hymn (Manowar cover)

13 – They Don’t Care About Us (Michael Jackson cover)

 

Sortie le 29/10/2021 chez Nuclear Blast

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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