Evergrey – A Heartless Portrait

On avait quitté les Suédois d’Evergrey il y a quelques mois avec le très bon Escape of the Phoenix et histoire d’étancher notre soif d’albums, le groupe a décidé de récidiver. Sorti le 20 mai sur le label Napalm Records, A Heartless Portrait a été enregistré juste après l’avant dernier. Alors vent de fraîcheur ou continuité ?

Evergrey, A Heartless Portrait, Tom S Englund

Arrêtons le suspense directement : Evergrey a toujours fait du Evergrey et l’identité du groupe est clairement assumée. Aucune surprise pour les fans mais il est vrai qu’au sein d’une discographie fournie, on a parfois du mal à se repérer. D’autant plus que, comme le disait Tom S Englund dans notre interview, le groupe a composé et enregistré A Heartless Portrait dans la foulée. Il faut donc voir ici une extension de Escape of the Phoenix plutôt qu’une volonté de se renouveler.

Ainsi « Save Us » commence de façon assez classique et convenue mais même si l’originalité n’est pas au rendez-vous, ce single est efficace. On retrouve un Tom S Englund toujours aussi lyrique, puissant et surtout dans l’émotion. Cela a toujours été la marque de fabrique du groupe et cet album n’est pas une exception : le chanteur n’a jamais eu son pareil pour nous balancer ses sentiments à la tronche avec des lignes de chant mélodiques et rentre-dedans.

L’album s’articule donc autour de morceaux conçus comme des singles concis et efficaces. « Midwinter Calls » possède un refrain extrêmement entêtant et l’ajout des chœurs enregistrés par les fans lui donne cette dimension épique. A noter que les fans sont les seuls invités sur cet album. Le groupe a décidé de recentrer son propos sur lui-même et cela fonctionne.

Evergrey arrive quand même à surprendre lorsqu’il s’aventure sur des terrains un peu moins confortables comme par exemple sur « Reawakening » et son refrain plus pop ou sur « The Great Unwashed » avec ses influences orientales. Par ailleurs ce dernier va même lorgner du côté du metal progressif de Dream Theater avec l’orgue très distordu de Rikard Zander.

Le claviériste, souvent cantonné aux atmosphères en arrière plan, a quelques moments de grâce notamment sur l’intro de « Call Out of the Dark » avec un piano électrique qui rappelle un autre groupe suédois : Pain of Salvation. Autre morceau assez savoureux : « Heartless » qui, dans son atmosphère, se rapproche du morceau cité précédemment. Rikard soutient la mélodie avec une ambiance techno assez moderne.

Les autres musiciens ne sont pas en reste, notamment Henrik Danhage avec un style de solo assez technique mais qui privilégie quand même l’émotion. Sa complémentarité avec Tom S Englund, qui lui intervient sur des passages plus lents à la guitare, permet d’avoir une diversité et ne transforme pas l’album en masturbation technique.

A Heartless Portrait n’est ni révolutionnaire ni mauvais, il est peut-être sorti trop top. A peine la digestion de Escape of the Phoenix faite, ce nouvel album sonne un peu comme une continuité, bien produite certes mais pas vraiment innovante. Evergrey reste quand même le maître incontesté du metal progressif émotionnel et si cet opus nous permet de retrouver le groupe sur scène, alors il n’aura pas été vain.

Sortie le 20 mai sur le label Napalm Records

Tracklist

01. Save Us
02. Midwinter Calls
03. Ominous
04. Call Out The Dark
05. The Orphean Testament
06. Reawakening
07. The Great Unwashed
08. Heartless
09. Blindfolded
10. Wildfires

Evergrey, A Heartless Portrait, Tom S Englund

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



Partagez cet article sur vos réseaux sociaux :

Ces articles en relation peuvent aussi vous intéresser...

Ces artistes en relation peuvent aussi vous intéresser...

Advertisements