Megadeth – The Sick, the Dying and the Dead

Ni mort, ni mourant : bien au contraire !

Cela est désormais une habitude chez Megadeth, depuis la reformation de 2004 chaque nouvel album présente un line-up différent du précédent (à l’exception de la doublette Thirteen / Super Collider). On pensait pourtant le quatuor soudé autour du noyau Mustaine / Ellefson, et désormais bien épaulé par Dirk Verbeuren et Kiko Loureiro, ce dernier ayant participé activement au succès de Dystopia (2016). Suite au renvoi de Dave Ellefson l’an passé (et avant la réintégration de James Lomenzo), c’est Steve DiGiorgio (ex-Death, Testament) qui a été sollicité pour enregistrer les parties de basses de The Sick The Dying and the Dead, la nouvelle offrande de Megadeth, qui s’est faite attendre…

En effet, six ans se sont écoulés depuis Dystopia, en raison de la pandémie de Covid, du cancer de Mustaine et du délai nécessaire au réenregistrement des parties de basses de l’album. Pourtant, l’attente est grandement récompensée à l’écoute des douze titres qui constituent ce seizième opus. Comme si les épreuves qu’a subies Dave Mustaine l’avaient galvanisé, on retrouve des titres forts (« Life in Hell », « Night Stalkers », « We’ll Be Back »), évoquant presque la grande époque de Rust In Peace, comme le titre éponyme « The Sick The Dying and the Dead » ou encore « Soldier On ! ».

Car le riffing, c’est bien ce qui est au cœur de l’écriture du leader de Megadeth, et de ce côté-là, on peut dire que les amateurs de thrash sont servis. La rythmique enlevée de Mustaine associée au talent du batteur belge sur « Night Stalkers » (à 5:22) ou sur le rapide « We’ll Be Back » ramènent au Megadeth explosif de la fin des années 80. En parallèle, le quatuor n’oublie pas non plus ce qui a fait son succès, à savoir la mélodie et les refrains immédiatement mémorisables (« Celebutante » à 2:13, « Mission to Mars » et son « I Wanna Be An Astronaut » particulièrement fun ou encore « Dogs of Chernobyl »). Même le chant de Mustaine, souvent discutable en live, ne semble pas avoir souffert particulièrement du traitement du leader du groupe suite à son cancer. Il apparait légèrement plus rauque et colle parfaitement aux nouvelles compositions de l’album.

De son côté, Kiko Loureiro, déjà brillant sur Dystopia, propose à nouveau des plans inventifs (l’introduction de « Dogs of Chernobyl » ou le pont de « Night Stalkers » mettant tous deux en avant la guitare acoustique) et prouve si besoin est qu’il a toute sa place au sein du combo de thrash, rivalisant sans difficulté avec les plus grands soli de Marty Friedman (« We’ll Be Back »).

Car finalement, à l’exception de « Junkie » ou du court interlude « Psychopathy », aucun titre ne parait plus faible que les autres. Après un Dystopia qui renouait avec les meilleurs opus de Megadeth, le risque de ne pas être à la hauteur était grand. Et pourtant Dave Mustaine et ses acolytes poursuivent sur cette pente ascendante en proposant un album varié. The Sick The Dying and The Dead alterne en effet les titres speed à la Rust in Peace et les morceaux plus lourds et heavy de l’ère Countdown To Extinction / Youthanasia en gardant cette patte qui est celle du groupe depuis ses débuts. Même l’intervention d’Ice-T sur « Night Stalkers » (qui, sur le papier, a tout de la collaboration anecdotique à des fins promotionnelles) apporte un petit plus à ce titre qui est l’un des meilleurs de l’album, tout comme le pont de basse de DiGiorgio que l’on aurait décidément bien vu prendre la place de façon permanente.

En bref, The Sick The Dying and the Dead est un très bon cru de la formation et n’a pas à rougir face à des Peace Sells, Rust in Peace, Youthanasia ou Dytopia et constitue une belle synthèse des meilleurs moments de la carrière du groupe. A l’heure où la vieille garde du thrash est souvent rattrapé par la relève, Megadeth montre qu’il en a encore sous le pied. Malade, agonisant ou mort…autant de qualificatifs qui ne s’appliquent décidément pas au combo ni à son leader, bien vivant et la rage au ventre.

Tracklist :

The Sick, the Dying and the Dead!
Life in Hell
Night Stalkers
Dogs of Chernobyl
Sacrifice
Junkie
Psychopathy
Killing Time
Solider On!
Célebutante
Mission to Mars
We’ll Be Back

Déjà disponible chez Universal
Photographies : DR

Note : 8,5/10

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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