Candlemass – Sweet Evil Sun

Qui aurait parié il y a encore quelques années que Candlemass parviendrait à relancer sa carrière en recrutant Johan Längquist, son tout premier vocaliste, et à sortir le très bon The Door To Doom (2019) ? Non seulement les Suédois ont su s'en tirer à merveille sur l'album sus-nommé, mais ils ont également réussi leur retour sur scène. Après deux ans de pandémie, durant lesquels Leif Edling (basse) et ses comparses ont préparé un nouvel album, Sweet Evil Sun reprend les choses là où son prédécesseur les avait laissées, pour le plus grand plaisir des fans de doom.

Et en effet, comment ne pas songer à The Door to Doom à l'écoute de ces nouvelles compositions ? Non seulement le line-up n'a pas changé depuis le précédent opus, mais Candlemass a gardé la même équipe, en s'entourant de Marcus Jidell à la production et en confiant à nouveau la réalisation de l'artwork à Erik Rovenperä. Musicalement, les titres sont dans la droite lignée de ce que Candlemass sait faire de mieux, à savoir un doom plombé et épique (« When Death Sighs » magnifiquement enjolivé par la voix de Jerrie-Ann Smith d'Avatarium). Pour les amoureux du doom old school, ce Sweet Evil Sun est une fois de plus bienvenu : riffs lourds à la production chaleureuse, sur lesquels le timbre rocailleux de Johan Langquist fait des merveilles (« Wizard of the Vortex », « Angel Battle »).

Alors certes, à l'écoute des dix pistes de l'album, on est en terrain largement connu (« Sweet Evil Sun », « Scandiavian Gods ») et certains titres n'atteignent pas la qualité des morceaux de The Door To Doom (« Devil Vodoo » démarre comme la ballade « Bridge of The Blind » avant de dévier vers quelque chose de plus classique pour Candlemass et le pont de « Crucified » flirte avec le passé épique du groupe sans parvenir à l'atteindre). Dommage également que le combo n'ait pas développé le riff de « A Cup of Coffin » (on valide le jeu de mot), outro doom à souhait d'à peine une minute, pour en faire un vrai morceau. Néanmoins, Sweet Evil Sun reste un album solide, facile à assimiler et qui devrait aisément faire mouche en concert.

En effet, la première moitié de l'album concentre une belle suite de titres promis devenir des classiques de la formation (« Wizard of the Vortex », « Sweet Evil Sun », « When Death Sighs » ou « Angel Battle »), portés par un Langquist dont la voix s'est bonifiée depuis 1986 et Epicus Doomicus Metallicus. Le vocaliste porte en effet les compositions de ce treizième opus et si certains fans continueront de ne jurer que par le timbre (fort différent) de Messiah Marcolin, le chanteur actuel de la formation n'a pas à rougir de son travail. C'est bien simple, à l'écoute de « Goddess », il est difficile d'imaginer que Langquist est resté plus de trente ans sans chanter.

Si Candlemass n'a jamais eu la reconnaissance qui lui est due (probablement en raison de son line up trop instable), il reste un incontournable du doom et une valeur sûre de la scène, encore aujourd'hui. La qualité de ses sorties discographiques récentes en témoigne une fois de plus et, si l'on aurait souhaité que les Suédois proposent des titres moins proches de The Door To Doom, Sweet Evil Sun saura ravir à la fois les fans de la formation comme ceux qui souhaitent découvrir le quintette.

Tracklist :

Wizard of the Vortex
Sweet Evil Sun
Angel Battle
Black Butterfly
When Death Sighs
Scandinavian Gods
Devil Voodoo
Crucified
Goddess
A Cup of Coffin

Déjà disponible chez Napalm Records
Photographie : DR

CandlemassAlbum2022

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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