Benighted – Ekbom

Le 12 avril dernier, c’est un énorme tremblement de terre qui a secoué la planète grindcore. À cette date, le mastodonte français du genre, Benighted, sortait dans les bacs via Season Of Mist son dixième opus, Ekbom. Passé maître dans l’art du brutal death, le groupe de Julien Truchan s'est rappelé à notre bon souvenir avec ce dernier effort studio percutant, repoussant une fois de plus les limites de leur son.

Du line-up d'origine de Benighted il ne reste plus que le fidèle frontman Julien mais, malgré les nombreux changement d’acolytes, l’identité musicale du combo ligérien reste la même et, comme un bon vin, s’améliore constamment avec le temps. Après avoir soufflé ses vingt bougies avec l’EP Dogs Always Bite Harder Than Their Master regroupant trois titres inédits, un cover d’At The Gates et six titres de leur concert lyonnais de 2018, Benighted a marqué de façon indélébile les esprits avec Obscene Respressed. Ce neuvième album studio avait alors repoussé encore plus loin la brutalité de leur son mais aussi l’aspect conceptuel du groupe en nous plongeant dans l’esprit perturbé du petit Michael sur fond de syndrome d’œdipe.

Une fois n’est pas coutume, ce dixième opus s’inspire du quotidien psycho-professionnel de Julien en articulant l’histoire contée autour du syndrome méconnu d’Ekbom. Ce trouble neurologique rare provoque chez le patient qui en est atteint la sensation d’avoir des vers, des parasites ou des insectes rampant sous l’épiderme. Enregistré dans les Kohlekeller Studios allemands avec Kristian Kohlmannslehner aux manettes, le son reflète mais surtout amplifie la folie et le dégoût volontairement souhaité par le choix de cette nouvelle thématique.

Benighted
crédit photo : Anthony Dubois

Dès les premières notes de l’introduction instrumentale samplée « Prodome », Benighted nous plonge dans les méandres dérangeantes de la psychose humaine. L’ambiance qui en résulte instaure le malaise, nous happant complètement sur la fin avec les « Do It ! » répétitifs se terminant en un râle déchirant. Pas le temps s’en remettre, l’enchaînement avec le premier single « Scars » est direct. Tel un uppercut dans le visage, on se prends d’entrée une bonne rafale de blast-beats de l’incontournable Kevin Paradis sévissant une fois de plus derrière les fûts. Les riffs d’Emmanuel Dale et Pierre Arnoux, désormais orphelins de Fabien Desgardins qui a quitté le groupe, nourrissent cette pure folie rythmique, véritable marque de fabrique de Benighted. L’énorme pig-squeal de Julien finit de lancer les chevaux au triple galops, les choses sérieuses peuvent enfin commencer.

Une fois n’est pas coutume, deux featurings de très grande qualité sont présents sur ce dixième album. Le premier de la liste (et surtout le second single, « Nothing Left to Fear » ) met en scène Oliver Peters d’Archspire aux côtés de Julien derrière le micro. De la partie lors d'une tournée commune en mars 2023 avec Psycroptic et Entheos, Benighted retrouve avec plaisir Oliver pour ce titre tonitruant de moins de trois minutes de pure brutalité. Les chants des deux frontmen se mêlent à la perfection pour distiller toute la violence de leurs propos.

Le second, intitulé « Fame of the Grostesque » est du même acabit. Cette fois-ci c’est avec Xavier Chevalier de Blockheads au chant que Benighted a  composé. Le résultat est un véritable déferlement de violence pur et simple. Malgré un léger break avec seulement le son groove de la basse de Pierre, la rythmique reste véritablement hallucinante pour une piste intense (la plus courte de l’album) qui aurait réellement mérité de figurer parmi la liste des singles.

Comme avec tous les albums de Benighted, ce qui saute aux yeux c’est l’homogénéité de chacune des pistes en termes de qualité. Dans ce dixième opus, les quatre Stéphanois ont quand même souhaité apporter une touche d’originalité avec la présence de « Morgue », « Le Vice des Entrailles » et « Ekbom », toutes trois interprétées dans la langue de Molière. Bien que le groupe distille des paroles en français régulièrement dans ses albums, nous ne pouvons que saluer cette prise de risque qui, comme toujours, paye. Ces trois titres sortent vraiment du lot et parlent plus directement à leurs auditeurs français qui les suivent depuis tant d’années maintenant. C’est encore une véritable bombe que nous livre Benighted, les spectateurs du Warm Up du Hellfest ont pu en apprécier les tenants et aboutissants car, la véritable expérience Benighted se vit en plein cœur du pit !

Tracklist

Prodome
Scars
Morgue
Le Vice des Entrailles
Nothing Left to Fear (feat Oliver Peters)
Ekbom
Metastasis
A Reason for Treason
Fame of the Grostesque (feat Xavier Chevalier)
Scapegoat
Flesh Against Flesh
Mother Earth, Mother Whore

Benighted
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NOTE DE L'AUTEUR : 9 / 10



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