Les Gros Émergents de Mars 2023

Découvrez les Gros Émergents du mois ! Notre rédaction y met à l’honneur quelques formations émergentes qui lui ont tapé dans l’œil (ou plutôt dans les oreilles). Nous espérons que cette mise en lumière permettra à des groupes passionnés et de qualité d’obtenir l’exposition qu’ils méritent, car ils sont la preuve de la richesse et la diversité de notre scène musicale. Bonnes découvertes !

Vain Valkyries - The Great Suffering (heavy rock / post hardcore)

Le duo français composé de Simon Debeerst à la batterie et de Ian Debeerst au chant et à la guitare a choisi la souffrance comme fil rouge thématique de sa collection d’histoires macabres. L’album The Great Suffering se veut une sorte de défouloir sur le ton de l’absurde, sorte d’hommage surréaliste à la douleur qui se décline musicalement à travers des univers extrêmement variés d’où surgissent une certaine chaleur et un groove irrésistible. La noirceur et la lenteur sont là, sur des intros mélancoliques ("What Is Perfect Is Dead") ou dans la longue outro glauque de "Daily Dose Of Fun", mais à chaque fois Vain Valkyries fait exploser cette apathie par l’irruption de saturation outrageuse, de rythmiques folles et et de groove très metal.

L’exercice de styles ne s’arrête pas là, le combo montre sa maîtrise d’influences variées, du stoner porté par des guitares ronflantes, des harmonies intenses en chant clair et, parfois, du cri déchirant ("Cadillacs On Fire", "No Reply"), au groove qui tutoie le desert rock à la Queens Of The Stone Age ("Eyes Won’t See", "Brittle Bone Disco"). Les gros riffs du duo mettent bien en avant cette angoisse palpable qui s’exprime surtout par ce côté grunge qui explose et part un peu dans tous les sens, rappelant la folie d'influences comme Mutoid Man ("Resolutions"). Lourdeur, groove et superbe rythmique font de ce premier album autoproduit une découverte intense et ravageuse (mais sans douleur, on vous rassure) !

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Chronique de Julie L

NoT BaD - Children Of Gotham (horror metal)

Halloween est passé depuis longtemps, et pourtant les goules sont de sortie. Pile à temps pour le carnaval, et ça tombe bien, celles de NoT BaD (Moris Duvis et Brutal Juice à la guitare, Arnie Spookingham au chant, tout un programme) se définissent comme des goules festives. Ce premier album verse, vous l’aurez compris, clairement dans l’horror metal, avec de grosses sonorités melodeath, indus et thrash : murs de guitares saturées, tempo rapides et voix criée qui prédomine, du growl au hurlement plus aigu. Des passages ralentissent un peu la cadence et une voix éraillée voire claire vient en contrepoint du chant saturé.

L’univers pastiche horrifique semble transporter dans un parc d’attraction d’horreur (vous savez, celui où un vrai tueur en série finit toujours par faire son apparition entre deux figurants). Les loups-garous sont de sortie sur "TWAT (Teenage Werewolves Attack Town)", ainsi que les ovnis, audibles à plusieurs reprises, aux côtés d’autres monstres et de références à Batman. L’ambiance macabre est présente sur de nombreux morceaux, dont "Children of Gotham", lourd et pesant, aux chœurs assez hypnotisants.

Dans ce joyeux cirque, le groupe multiplie les idées avec enthousiasme. Influences jazz voire années folles (" Pussy Poker"), chant saturé scandé presque rappé façon neo-metal ("Bad Vigilante"), groove indéniable sur plusieurs titres, qui se transforme en rythme addictif parfait pour les pistes de danse ("Love on the Deathfloor"). "Why so Serious, Belmont ?" s’offre même du clavecin. C’est joyeusement agressif, n’invente pas grand-chose mais mixe les contraires avec un mauvais goût très sûr et jouissif. Après une release party au Purgatoire (évidemment), le groupe donne irrépressiblement envie de le voir déballer son univers sur scène, avant le 31 octobre.

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Chronique de Aude D

Sorrowful Land - Faded Anchors Of The Past (doom metal)

Pour le troisième album de son projet solo Sorrowful Land, formé en 2014, l’Ukrainien Max Molodtsov a de nouveau invité de nombreux vocalistes figurant sur les quatre premiers titres (Pierre Laube, Henrik Ekholm, Stefan Nordström, Kaivan Saraei, Miguel Santos), mêlant ainsi plusieurs identités et influences pour créer des sonorités distinctives. La puissance de Faded Anchors Of the Past, œuvre sombre, entre doom et death metal, réside dans une lenteur pesante, et pourtant marquée par un certain dynamisme. La force mélodique des lignes de guitares est agrémentée par du growl, du chant clair, et même des chuchotements qui confèrent à l’ensemble une force narrative indéniable.

L’accordage est au plus bas et la lourdeur fait surgir une intensité sans pareille, plongeant l’auditeur en immersion dans cet univers introspectif et mélancolique, comme sur l’excellente piste d’ouverture "As Long As We Breathe". Les pièces, longues, se font contemplatives avec une voix parlée ("As I Behold Them Once Again"), très mélodiques avec des riffs entêtants ("Where The Sullen Waters Flow") et l’irruption d’émotions par de superbes passages au chant clair, dans la somptueuse "Small Lost Moments" par exemple.

Trouvant son expression dans la nuances et les variations malgré tout, le multi-instrumentiste se fait également gothique, romantique, mettant en avant la force contradictoire des émotions et permettant de toucher du doigt la beauté dans la noirceur. La nature se révèle une force faussement tranquille dans "Where The Sullen Waters Flow" ou l’instrumentale "When The Oceans Calm". "The Night Is Darkening Around Me", poème de l’écrivaine britannique Emily Brontë, est quant à lui transformé en bel hymne doom pas complètement pessimiste. Amateurs du genre, laissez-vous embarquer dans le monde sombre, puissant et marquant de Sorrowful Land, vous ne serez pas déçu !

Bandcamp / Facebook

Chronique de Julie L



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