Entretien avec Worst Doubt au Hellfest 2022

Le groupe parisien Worst Doubt était de passage jeudi 23 Juin pour ouvrir officiellement la Warzone lors du second week-end du Hellfest. Entre New-York hardcore et guitares hurlantes, nous avons eu la chance de nous entretenir avec Hugo (chanteur), Antoine (guitare) et Max (basse). Retour sur une interview musclée.

Salut les gars, comment vous vous présenteriez à celles et ceux qui ne vous connaissent pas encore ?

Antoine : Comme un groupe qui kiffe le New-York hardcore de la fin des années 90, comme les groupes du style Breakdown, et qui veut mélanger à ça des riffs un peu plus abrutis type Dying Fetus, Morbid Angel. Des riffs vraiment idiots. Il n'y a pas de blast, on ne fait pas du deathcore, on recherche plutôt les choses du style martial, bien saccadé. En bref, du New York Hardcore Death Metal.

Max : De la musique de Prix Nobel.

 

Après un live à la fresh pour le Hellfest From Home 2021, vous voila de retour à Clisson, mais avec du public cette fois-ci, c’était important pour vous d’être là cette année et d'ouvrir la Warzone ?

Hugo : On nous a proposé de revenir après le livestream et c'était hyper cool ce concert jeudi car c'est vraiment différent de jouer devant un grand public. Et c'était bien de jouer en premier sur la Warzone : il faisait hyper beau et c'était blindé. Après, comme ça, on a le reste du week-end pour picoler.

Max : On a eu le meilleur créneau en plus car, se retrouver entre les deux week-ends ça a permis aux gens de se reposer après avoir fait la fête. Moi j'étais là en tant que festivalier le premier week-end donc je vois bien la différence. En plus le jeudi ça a commencé à 16h et non pas 10h comme à l'accoutumée donc on a eu masse de monde, tout le monde était méga chaud, on a eu le meilleur temps du week-end (ndlr : l'interview a eu lieu samedi 25 après-midi). Slot mortel, merci le Hellfest pour l'accueil !

Antoine : En plus on était le premier groupe idiot de la journée, à côté t'avais Phil Campbell, Lili Refrain et Tyler Bryant tu vois, si tu voulais faire des roulades c'est là qu'il fallait être donc c'était cool !

Après la saison des festivals vous enchainez à la rentrée avec une tournée en Europe avec Kharma. Ca doit vous faire un bien fou de retourner sur la route après deux années un peu nulles suite au COVID.

Max : On n'en peut plus, on n'attend que ça en fait. Déjà on a eu une première tournée avec Sworn Enemy qui a été annulée l'année dernière, deux semaines avant. Au dernier moment on a appris qu'ils ne pouvaient pas venir en Europe. Vraiment on était dégoûté. On n'a qu'une envie, c'est de reprendre les tournées. Là on à quelques dates, souvent des one shot, des petits week-ends, on ne peut pas aller très très loin. A part cet été où on va aller jouer en Suède. Mais là vraiment la tournée avec Kharma, il n'y a pas de day off, on va bouffer des bornes, ça va faire du bien. On n'attend que ça !

Hugo : Et puis on n'a pas encore pu beaucoup défendre l'album en live. Là, c'est l'occasion aussi de le montrer à l'international.

Antoine : On l'a un peu fait tourner en France et en Belgique mais on aussi envie de le porter en Angleterre car on sait qu'on est attendu là bas donc ça va être super cool !

 

D’ailleurs c’est pendant la pandémie que vous avez sorti Extinction, ça vous a vraiment influencé sur l’écriture ? Vous avez dû changer de manière de fonctionner ?

Antoine : En réalité, le COVID c'est la faute de l'album ! L'album était déjà prêt et le COVID est arrivé derrière... désolé les gars c'est pas un concept album sur le COVID ! On l'a enregistré en 2019, le mix mastering ça a bien pris 4-5 mois, après il a fallu démarcher, trouver un label, on a trouvé BDHW qui était chaud pour bosser avec nous. Et lui en tant que label,  c'est évidemment une galère de sortir un album en plein COVID car le hardcore c'est une musique qui nécessite de tourner. On n'est pas un assez gros groupe pour que les mecs achètent comme ça sur un coup de tête. Même si au final, on a fait un quasi sold out sur notre disque sans faire aucune date, ça pour le coup c'était une belle surprise. Mais du coup oui, il a repoussé la sortie de 6 mois, 7 mois... Et à la fin c'est nous qui avons fini par l'engueuler en disant à notre label "Sortez le ce disque, ça fait deux ans qu'on l'a enregistré on n'en peut plus !" Le COVID n'a pas eu d'influence au final car tout était déjà fait.

Pour rester sur le thème du COVID, est ce qu'en tant qu'artiste vous avez remarqué un changement de la consommation de la musique live ? D'un point de vue artiste ?

Hugo : Au tout début de la reprise des concerts on a vu qu'il y avait une mobilisation vraiment importante, les gens avaient la dalle et se bougeaient à mort. Après là c'est un peu retombé, y'a un peu moins de monde qui vient aux concerts. Mais je pense que ça ça va ça vient. Mais non je n'ai pas l'impression que ça a tant changé que ça. Au final le temps passe et on voit de nouvelles têtes tandis que d'autres disparaissent. Mais bon c'est la vie.

Max : Après on est dans un écosystème assez particulier à Paris dans la scène hardcore. Il y a quelques années encore on était une scène super vieillissante et depuis le COVID elle s'est vachement rajeunie. Il y a beaucoup plus de kids qui viennent en concert contrairement à la province où la fréquentation est vraiment tombée. Nous la fréquentation est constamment en hausse. Il y a de plus en plus d'organisateurs à Paris. On peut citer Arak Asso, Benoit avec le Paris Hardcore Show... C'était pas du tout le cas avant donc on remarque une vraie émulation. A Lyon c'est pareil, il y a plein de groupes. Donc j'ai l'impression que la scène hardcore c'est quelque chose de très particulier mais ce n'est pas dans toutes les villes. On a des potes sur Rennes, ils font un max de trucs et de temps en temps ils se plantent encore. Donc je pense qu'il faudra attendre au moins deux à trois ans pour que ça se stabilise et qu'on voit vraiment quels sont les effets du COVID sur la scène.

Si vous pouviez tourner avec n'importe quel groupe présent sur ces deux week-ends du Hellfest ce serait lequel ou lesquels ?

Max : Gun's N' Roses direct ! Non c'est faux.

Antoine : Comme ça je sais pas... Si, les groupes de hardcore ou de death quoi...

Max : Il y a nos potes de Year Of The Knife qui jouent demain ! Mais on a déjà tourné avec eux donc ça va...

Antoine : Xibalba ce serait cool, il y avait Dead Heat c'était mortel... Cro Mags carrément ! J'aimerais grave tourner avec eux juste pour pouvoir rigoler avec le vieux Harley Flanagan, ou Turnstile même s'ils sont pas venus... Godflesh sinon, même si ça n'a rien à voir. Mais si on fait ça le public nous balancerait des tables de mixage je pense...Dying Fetus carrément ! Napalm Death aussi. Des trucs de timbré quoi. Hangman's Chair aussi, c'est nos potes. Ça n'a rien a voir avec nous mais pour déjà avoir fait quelques dates avec eux, c'est se garantir une très bonne soirée avec beaucoup d'espérance de vie perdue. Ou même Regarde Les Hommes Tomber. Quand tu veux, on tourne avec eux, mais c'est surtout pour l'after !

Si quelqu’un veut découvrir Worst Doubt, quel morceau doit-il absolument écouter ?

Max : "Drown in the Deep" je pense

Antoine : "Extinction" en vrai c'est le premier single qu'on a sorti du dernier album et c'est le morceau éponyme en plus. Je trouve qu'il montre assez bien ce qu'on fait. Même si t'as le côté un peu metal, t'as quand même le côté New York hardcore, les riffs un peu débile, les rythmiques très death.

Hugo : "Extinction" ou "Drown in the Deep" clairement.

 

Et le futur de Worst Doubt ?

Antoine : Acheter un Kangoo ou un Dacia Sandero. Non en vrai, continuer de faire des tournées. Tant qu'on a la santé et qu'on peut le faire, on adore vraiment ça.  Sortir un deuxième album ou un nouvel EP, on a quelque chose de prévu pour l'année prochaine à priori.

Hugo : Jouer dans les endroits dans lesquels on n'a pas encore joué.

Max : Partir jouer à l'étranger, on commence à avoir pas mal de plans un peu partout, même outre Atlantique. On essaie de mettre "le pied dans la porte"

Antoine : Les Etats Unis c'est important pour nous car on commence a avoir pas mal de contacts avec des groupes là bas. Même si c'est un peu galère pour des groupes comme nous de s'y implanter car il y a encore beaucoup de condescendance envers les groupes de hardcore européen ; on était vu comme le petit cousin pas capable d'aligner trois notes.

Max : Mais les mentalités commencent à changer car il y a de plus en plus de bons groupes, notamment en France.

Antoine : Tu vois quand les Américains viennent jouer à Paris ils nous disent "Mais venez jouer avec nous, on vous prête le matos", et on pense que ça va nous permettre, pourquoi pas, d'aller aux USA l'année prochaine, de jouer un peu, faire quelques dates. Pareil, pourquoi pas le Japon car on a quelques liens avec Kruelty qui kiffe Worst Doubt. On essaie de se construire des relations sans pour autant avoir les dents qui rayent le parquet. On essaie juste de sympathiser avec les gars et les choses se font naturellement. Je pense que c'est ça notre futur.

 

 Le mot de la fin est à vous !

Antoine : Rock ? Non je déconne, je sais pas... Formidable festival, merci au Hellfest pour l'invitation, merci à La Grosse Radio pour l'interview !



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