C'est un entretien un peu particulier que nous vous proposons sur Sabaton puisque nous avons réuni trois artistes français qui ont participé à la tournée The Legendary Tour aux côtés du groupe. D'un côté, Adrien Djouadou et Jean-François Démery, deux chanteurs du Legendary Orchestra, le groupe qui reprenait les titres de Sabaton en première partie, de l'autre, nous avons eu également la chance d'avoir l'acteur qui se glissait dans la peau de Napoléon chaque soir : Raphaël Lecat. Et cette réunion entre les trois Français a tenu toutes ses promesses, entre anecdotes et émotion puisqu'ils se retrouvaient pour la première fois depuis la fin de la tournée.

Un grand merci d'être là pour parler de LA tournée de la fin 2025 : le Legendary Tour de Sabaton. Vous venez tous d'horizons différents mais Pär Sündstrom me disait il y a quelque temps qu'il avait choisi des personnes motivées, qui avaient envie de jouer du Sabaton. Et je vois que toi Jeff (Jean François Démery), tu acquiesces ...
Jean-François "Jeff" Démery : Adrien et moi venons de la musique classique, en plus de notre background metal, et ce projet représentait le meilleur des deux mondes. Quand on m'a décrit l'ampleur du projet, ce n'était pas évident à visualiser vu la démesure de la tournée. On m'a appelé en me disant "On cherche une voix capable de chanter du heavy metal et du lyrique. Il y aura un orchestre, deux scènes, 250 personnes sur la route. Tu es dispo ? ". C'était assez inattendu !
Adrien Djouadou : Moi, mon boulot c'est vraiment de chanter de l'opéra. C'est comme ça que je gagne ma vie, et j'ai un groupe de metal aussi à côté. Mais effectivement, la proposition était complètement inattendue pour moi.
Vous savez comment ils vous ont trouvé ?
Adrien : Pour moi c'est un heureux hasard : le groupe de Noa Gruman, Scardust, faisait un concours où les gens pouvaient faire une cover d'un de leurs morceaux. Ma femme et moi on est tous les deux fans de ce groupe, et elle a gagné un prix. Noa s'occupe du Legendary Orchestra et lui a demandé si elle chantait de l'opéra. Ma femme a répondu que non, mais que son mari était chanteur d'opéra, et on m'a ensuite proposé l'audition.
Jeff : Moi, c'est grâce à l'autre partie de l'équipe : tout ce qui touchait à la supervision et aux arrangements était géré par Joost van den Broek, qui, ces dernières années, a travaillé avec des groupes comme Powerwolf pour les orchestrations. Il se trouve que par un heureux hasard, avec mon groupe d'opera metal Avaland, on a travaillé avec lui l'an dernier pour enregistrer un album qui va sortir bientôt. On est restés en contact, il avait donc déjà mon "profil" sous la main.
Raphaël, c'est un peu différent car tu intervenais pendant le set principal pour jouer Napoléon.
Raphaël Lecat : Moi, c'était vraiment par hasard. J'ai reçu l'offre par mon agence à Londres qui m'a dit "est-ce que ça te tente de jouer Napoléon Bonaparte ?". Et ensuite on m'a dit que c'était pour faire une tournée avec un groupe de metal européen dont on ne m'a pas révélé le nom au départ. J'ai passé une première audition, puis j'ai ensuite reçu le feu vert pour une deuxième audition et à ce moment-là, on m'a dit que c'était pour Sabaton. Je ne connaissais pas, j'ai recherché sur internet et là j'ai vu les vidéos YouTube, les millions d'abonnés sur Spotify, un truc énorme quoi. Donc ça m'a stressé un peu ! Quelques semaines après, j'ai eu une réponse positive. Apparemment, c'est pour le rôle de Napoléon qu'ils ont eu le plus de mal à se décider. Tout le monde avait des avis différents et le metteur en scène Adam Barker a vraiment plaidé en ma faveur. Il m'a dit que c'était parce que j'avais "bien craché quand j'ai récité mon texte" [rires].
Vous avez été recrutés seulement deux mois avant le début de la tournée. Est-ce que vous avez eu beaucoup de temps pour vous préparer ?
Jeff : On a commencé les répétitions une semaine avant le début. C'est la période de mise en place : en répétant, on apprend à se connaître. J'avais eu la chance de rencontrer auparavant les deux hommes du chœur : avec Adrien, on avait déjà joué avec son groupe Hartlight et le mien Avalon, et avec le troisième membre masculin David, on avait tourné ensemble avec Rhapsody of Fire. Mais il fallait travailler tous les arrangements en amont. Le groupe avait décidé que le Legendary Orchestra allait réinterpréter les classiques de Sabaton mais pas que. Il a fallu choisir parmi les raretés et notamment les morceaux qui n'avaient jamais été joués sur scène. Par exemple "Hearts of Iron" contient un chant écrit comme une fugue, impossible à chanter même si les cinq membres du groupe chantent en même temps. Et il y a eu toute une réflexion sur la cohérence du répertoire : il ne s'agissait pas de jouer simplement du metal avec des violons à la place des guitares. Ils voulaient proposer d'autres couleurs, parfois plus celtiques ou plus symphoniques. Nous n'avons pas été conviés à ce travail de réflexion, c'était la responsabilité de Joost.
Quand on nous a proposé la tournée, on savait déjà qu'on allait la faire avec Mia Asano et Patty Gurdy. On n'a pas eu beaucoup de temps, mais les conditions étaient idéales : les partitions étaient déjà éditées, les arrangements déjà écrits et on s'est simplement réunis à Berlin début novembre. A ce moment-là il a fallu aussi mettre la production en place : ils avaient loué un grand hall, on a fait une journée de répétition avec les six chanteurs et Noa qui nous dirigeait. Ensuite on a fait deux jours avec orchestre. Et ensuite ça a été de la répétition sur scène avec les solistes. Là aussi, il y avait des choses qu'ils n'avaient pas anticipées car le projet était énorme. Par exemple, Mia Asano, au violon, a eu de gros problèmes de correspondance sur son voyage Los Angeles-Berlin. Elle est arrivée à 18h, a branché son instrument sur le pédalier et on a démarré la répète alors qu'elle n'avait pas dormi depuis 20 heures. Et Pär, en plus de son rôle de bassiste, a un immense rôle de manager avec 10 000 idées à la seconde.
Raphaël : D'où la fameuse phrase "You've been päred" : quand tu bois un coup avec lui après le spectacle, c'est toujours lui qui va rester le plus tard mais le lendemain, à 9h, il est frais et dispo.
Raphaël, comment t'es-tu préparé pour le rôle ? Tu as travaillé la biographie, tu t'es mis en mode Christian Clavier ?
Raphaël : Carrément, j'ai eu Daniel Day-Lewis au bout du fil, et je suis retourné au XVIIIe siècle [rires]. Non, en fait ça a évolué. La première fois, à Berlin, je l'ai joué vraiment de façon intense et sérieuse, un peu en mode Shakespeare ou Molière. Puis le rôle s'est transformé avec les réactions du public. J'ai ajouté du comique, de la pantomime avec des gestes et de la caricature, j'ai interagi avec les gens, tenté des blagues. Certains trucs ont vraiment bien marché grâce au public. Je ne connaissais pas les fans de Sabaton mais petit à petit, je me suis dit qu'il ne fallait pas jouer le rôle comme il avait été prévu. Chaque soirée a été différente et notamment à Paris, lorsque le public chante "La Marseillaise", c'est un souvenir qui restera gravé à jamais. J'étais époustouflé et j'avais les larmes aux yeux car je ne m'y attendais pas du tout. Franchement le public français, c'était quelque chose, c'était la folie. En Angleterre aussi, car les Anglais aiment le spectacle, le théâtre, ce genre d'acting. Chaque pays renvoyait quelque chose de différent. J'ai trouvé qu'en Allemagne, le public était un peu plus exigeant, un peu plus difficile à motiver.
Comment as-tu vécu la première date francophone au Luxembourg ? Le public luxembourgeois est assez hybride, il y a ce côté germanique assez rigide et il y avait aussi une grande partie de francophones.
Raphaël : Heureusement qu'ils étaient là, ça a été un super public. J'ai toujours eu peur de m'exprimer en français car j'ai grandi à Singapour en parlant anglais, et quand je parle français, je réfléchis toujours car je pense en anglais. Le soir avant le concert, Pär me dit : "tu veux faire ton speech en français ?" et il m'a demandé de traduire le discours en français. Je me suis dit que si je passais par Google Trad, ça allait être pourri. Tu imagines un Napoléon qui ne sait pas bien parler français ? Donc ma sœur Camille l'a traduit et j'ai repris le texte mais j'ai aussi improvisé. J'adore m'adapter à ce que le public me donne. C'était incroyable, ils ont hyper bien réagi, comme à Paris d'ailleurs.
Adrien : Alors nous, déjà, on n'avait pas besoin de traduire nos textes [rires] mais c'était un peu un rêve de chanter à Bercy. C'est là où j'ai vu Iron Maiden pour la première fois en 2008 à 16 ans. Et chanter avec Sabaton qui est dans le même mood, c'était exceptionnel. Lors de la date luxembourgeoise, le batteur de Hartlight qui vient de Metz était dans la fosse et je le voyais chanter en même temps que moi. A Lyon, ma femme Noémie et notre guitariste Adrien sont venus aussi.
Jeff : La France, c'est la famille, au propre comme au figuré. Ma compagne et mon beau-père étaient dans le public, les membres de mon groupe Avaland aussi, notre batteur Léo a passé le concert avec Adrien et Noémie car on s'était tous rencontrés quand on avait joué ensemble. Et puis pour Bercy, moi j'étais allé voir KISS là-bas à l'époque. J'ai eu aussi une sorte de révélation divine quand on a joué à l'O2 Arena à Londres car une fois mon bac en poche, je suis allé bosser à Londres. Et là, je reviens à Londres pour faire l'O2 Arena, c'est n'importe quoi ! Noa la cheffe de chœur, a des origines françaises, et pour elle, rien que de dire "Bonsoir Paris, vous allez bien ?", c'était quelque chose de fou.
Raphaël : Jouer dans les plus grandes salles d'Europe, c'est génial, mais en tournant avec des mecs comme Adrien ou Jeff et toute l'équipe de Sabaton, on a créé plus que des amitiés, c'était comme une petite famille. On est toujours en contact avec eux et c'est des gars qui sont top et généreux. Il n'y avait pas de hiérarchie, on était vraiment ensemble.
Venons-en justement à la vie en tour bus , ça se passe comment ?
Raphaël : Moi je n'avais pas du tout conscience du truc : je pensais qu'on allait prendre un bus à la fin du concert puis dormir à l'hôtel, etc. Mais pas du tout, on avait plusieurs véhicules et moi j'étais avec les acteurs et l'équipe du merch. C'étaient trois Allemands et à chaque fin de soirée, ils ouvraient une bouteille de vin géante qui faisait trois litres [rires].
Adrien : On avait des conditions extraordinaires. Alors certes le début dans le tour bus, c'est un peu intimidant. Moi non plus je n'avais jamais passé de nuit dans un tour bus donc je me suis demandé comment j'allais faire avec quinze autres personnes sachant que je suis un peu asocial. Déjà les bus sont hyper confortables, il y a deux salons, et les couchettes ne sont pas super grandes mais vraiment très confortables. Et puis tu ne passes pas tant de temps que ça dedans, tu fais ton concert, tu rentres, tu bois un coup, tu vas dormir. Et il faut dire aussi que t'as de la super bouffe, tous les jours, à tous les repas ! Au niveau de l'énergie c'était épuisant car tu fais un show devant minimum 10 000 personnes mais à part ça, c'était très confort.
Raphaël : Moi la première semaine, je me suis un peu lâché car je vivais le rêve d'une rockstar. Bon pas comme dans les années 70, mais on buvait, on faisait la fête, mais je me suis dit qu'il fallait que je me calme parce qu'il fallait tenir un mois à ce rythme.
Jeff : On se retrouve dans des conditions où tout est réuni pour qu'on puisse bien faire notre travail. On a juste à se focaliser sur le fait d'être un artiste et sur notre performance.
Raphaël : On était très privilégiés, on était très bien traités, on vivait quelque chose de rare et aussi de bien organisé.
Adrien : Je pense que ça a été plus difficile pour les gens qui devaient gérer les 200 personnes que pour nous. Bravo à eux parce qu'ils ont fait, c'était un sacré taff.
Jeff : On avait la chance de travailler avec des "top guns" au niveau management. Le gars qui s'occupait de la tournée, c'était celui qui s'occupait d'habitude de Judas Priest. On est sur des choses de cette ampleur-là et Pär a une idée complètement folle qui a été d'embarquer une production d'opéra sur la route. Je leur tire mon chapeau...
Des vidéos tournent sur internet où on voit le montage de la scène, c'est hyper impressionnant.
Jeff : En plus ce n'étaient pas toujours les mêmes éléments qui étaient montés en fonction de la configuration de la salle : la fosse, les points d'accroche. Il faut choisir ce qu'on peut monter et ce qu'on ne monte pas. Nous, on n'était pas forcément concernés mais on avait une application sur laquelle tous les jours on avait notre planning pour savoir à quelle heure étaient les repas, les balances... et de temps en temps, on nous informait que telle passerelle ne serait pas montée.
Comment avez-vous géré la pression, le trac avant de monter sur scène ?
Raphaël : Je n'étais jamais monté sur scène face à 10000 spectateurs. Et je n'étais pas censé démarrer le spectacle, à la base, ça devait être un pharaon. Pour une raison inconnue, ils ont supprimé cette idée et quand je suis arrivé à Berlin, Pär m'a dit "c'est toi qui vas ouvrir le concert". Là j'ai eu la trouille car le premier concert était sold-out ! Je me suis préparé comme pour un petit théâtre, pas devant 10 000 personnes, sinon j'aurais été complètement paralysé. Mais tout le trac part quand je monte les escaliers car j'entends le public qui réagit. Bon moi ils me huaient plus qu'autre chose, mais on oublie tout et on est dans le truc. Ce qui m'a fait vraiment peur, c'est la date parisienne, car je suis né à cinq minutes de la salle, et j'étais face au public français. Mais dès que j'ai commencé, tout a disparu et j'ai reçu de l'amour.
Adrien : Moi j'ai eu vraiment trois gros moments de stress pendant la tournée. Il y a eu le premier jour. C'est le moment où il faut performer, tu es en train de baliser et d'analyser ce que tu vas vivre sur les 22 jours suivants. Tu te rends vraiment compte des moments où tu peux potentiellement te déconcentrer, de ceux où il y a une vraie difficulté technique et où tu te retrouves en galère si jamais tu as trop donné. C'était à Cologne devant 15 000 personnes. Je n'avais jamais chanté devant autant de monde, 5 000 tout au plus. Mais le lendemain, je n'ai plus du tout eu de trac. Je me suis fait vite à la pression, par contre c'est remonté au même niveau quand on a joué à Cracovie, car on enregistrait le concert. Et puis le troisième moment où j'ai stressé, c'est quand Chris Rörland a voulu faire une blague au reste du groupe et qu'il m'a passé la guitare pour faire un solo, je n'avais jamais joué de guitare devant autant de gens.
Jeff : Comme disait Raphaël, peu importe qu'on joue devant 20 000 personnes ou devant 200, on fait toujours le même métier. Mais quand même, avec beaucoup plus de gens en face de soi, on ressent une certaine responsabilité et qu'on se dit que ce qu'on va faire aura peut-être plus d'impact, alors qu'en réalité pas tant que ça. Adrien est un très bon guitariste, il n'avait pas à s'inquiéter, mais je n'aurais pas voulu être à sa place.
Adrien : Ce qui était stressant c'était que je n'avais aucune idée de s'il allait vraiment le faire ou pas. Au départ, pendant le concert de Nottingham il est venu à côté de moi sans m'avoir prévenu du tout et il me dit "tu veux la guitare ?" et moi je lui réponds "euuuuh, non" [rires]. J'aurais pu tenter de le faire de mémoire parce que je connaissais le solo mais je me suis dit trop risqué. J'ai forcément un peu regretté donc en sortant de scène j'ai dit à Chris "je te préviens si tu refais ça, je prends la guitare !". Le jour d'après, j'ai révisé un peu. J'ai pris une guitare et j'ai remarqué qu'elles étaient accordées un ton en dessous. Heureusement que je n'avais pas pris la guitare le jour d'avant ! Pendant tout le concert, Chris me faisait des petits clins d’œil mais on n'en avait pas reparlé et personne d'autre n'était au courant.
Jeff : Pour les gens qui n'ont pas vu le concert, avec le Legendary Orchestra, on fait la première partie mais les six choristes reviennent lors du set de Sabaton après 45 minutes. Je n'ai pas arrêté de te regarder en me demandant si tu allais le faire ou pas. Et quand Adrien commence à jouer, Joakim fait une tête hyper surprise. A la fin du concert, Pär, de sa voix flegmatique a lâché un "C'était inattendu".
Adrien : C'était dur parce qu'il fallait gérer le stress et l'incertitude, donc ce show a été très différent. Mais Joakim a trouvé la vanne excellente donc on l'a refait en tout quatre fois et là, comme je savais que ça allait arriver, j'étais prêt.
Vous avez d'autres anecdotes ?
Raphaël : Moi j'ai une anecdote pas forcément agréable, je crois que c'était à Düsseldorf. J'étais tombé malade et j'avais un peu mal à la gorge. Mon cauchemar en tant qu'acteur, c'est de perdre ma voix ou de tousser pendant un spectacle. Et ce cauchemar est devenu réalité parce qu'il y avait de la fumée autour de moi. J'ai vraiment essayé de ne pas tousser mais en vain, donc j'ai continué à dire mes répliques en toussant mais comme si ça faisait partie du jeu, en m'excusant et en improvisant un truc du genre "Je reviens juste de Russie et il faisait un putain de froid".
Jeff : Moi aussi j'ai une anecdote pas très agréable, c'était pour la deuxième date de la tournée, à Berlin. Salle gigantesque avec une espèce de grand couloir périphérique et les loges dans un endroit pas vraiment intuitif. En journée, quand la scène se monte, on repère bien l'arrière des lieux. Mais le soir, tout est occulté par des rideaux. Et même pas cinq minutes avant de monter sur scène, je ne trouve pas mon chemin ! Au dernier moment, je tombe sur un backliner qui me sauve la vie. J'arrive devant le reste du groupe qui m'a regardé du genre "mais tu foutais quoi ?" [rires]. Après il y a eu pas mal de choses marrantes. Par exemple on faisait une chorégraphie un peu kung-fu en backstage pour "Tiger Among Dragons". Pas mal de membres du Legendary Orchestra, une fois leur set fini, restaient voir le show sur le côté. Un tromboniste et une percussionniste ont commencé à faire une espèce de choré à la Bruce Lee au moment où nous les choristes, on se rééquipait pour remonter sur scène. C'est devenu un moment de communion, un rituel, juste pour faire tomber la pression avant de remonter. Noa a immortalisé un de ces moments, je faisais une chorégraphie avec une bouteille d'eau, sauf qu'elle était ouverte [rires].
Raphaël : Moi je me rappelle aussi du Ziggo Dome à Amsterdam. A chaque fois qu'on commence le concert, les quatre acteurs qui démarrent le show doivent aller sous la deuxième scène, en plein dans la fosse. Donc le public doit s'écarter pour nous laisser passer, enfin c'est plutôt le travail des gardes du corps. Personne ne l'a vu sauf moi, mais un fan a couru vers nous comme s'il allait nous plaquer ou nous donner un câlin, on n'a jamais su. En tout cas, notre responsable Jeff l'a vu et l'a plaqué au sol, et en deux secondes ils ont disparu tous les deux. En plus, tu ne peux pas le louper Jeff, il fait 2 m pour 150 kg, on dirait un rugbyman néo-zélandais. Alors il est très british, donc d'une douceur incroyable en vrai, mais redoutable quand il fait son job [rires].
Adrien : Moi je me rappelle aussi d'une fois, lors d'une des dernières dates qui sont en général propices aux blagues, Joakim sort de scène pour boire un coup et tous les chauves de l'équipe l'attendaient et ils portaient les fameuses lunettes de soleil.
On va finir cet entretien par l'instant promo. Puisque la tournée est finie depuis quelques semaines, vous allez faire quoi à présent ? On sait que pour toi, Adrien, tu as une tournée avec ton groupe Hartlight avec Scardust, dont Noa Gruman fait partie justement.
Adrien : C'est vrai qu'avec Noa, on est devenus potes pendant la tournée avec Sabaton et donc non seulement on va faire une tournée avec elle, mais elle va aussi chanter sur notre prochain album.
Raphaël : Quand tu es comédien, soit tu attends toujours ton prochain projet, soit tu attends de passer des auditions. J'ai passé une très grosse audition pour un grand rôle pour Damien Chazelle, le réalisateur de Whiplash et La La Land. Si jamais ça passe, ça pourrait changer ma carrière.
Jeff : Avec mon groupe Avaland, qui est un peu dans le même style que Hartlight, on sort fin février le clip de notre premier single "Sail On". On joue aussi à Lyon le 6 mars avec Magoyond. C'est marrant, on joue une semaine avant qu'Adrien vienne avec Scardust. Et puis cet été, j'ai un projet complètement différent puisque je vais jouer Les Contes d'Hoffman d'Offenbach.


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