Epica fait étinceler son dernier album au Zénith de Paris (+ Amaranthe et Charlotte Wessels), 15.12.2025

Le mois de janvier ne touche pas encore à sa fin que la saison des concerts est déjà bien entamée. En ce dimanche soir excessivement pluvieux, les Néerlandais d'Epica viennent présenter leur excellent dernier album, Aspiral, avec dans leurs bagages leur compatriote Charlotte Wessels et les Suédois d'Amaranthe.

Charlotte Wessels

La fosse est en train de se remplir et les gradins sont déjà bien pleins lorsque débute le set de Charlotte Wessels. La chanteuse néerlandaise s'est d'abord fait connaître comme vocaliste de Delain (groupe de metal symphonique fondé par Martijn Westerholt, le frère du fondateur de Within Temptation, le monde du sympho est petit), avant d'en être débarquée par Westerholt en 2021 en même temps que tous les autres musiciens.

Après un troisième album sympathique l'an dernier, The Obsession, la voici donc en tournée aux côtés d'Epica. Elle et ses quatre musiciens (le batteur Joey de Boer, le bassiste Otto Schimmelpenninck van der Oije, le guitariste Timo Somers, tous trois réchappés de Delain comme elle, et la claviériste Sophia Vernikov) n'ont qu'un espace limité sur la grande scène du Zenith, délimité par un long rideau rouge.

Les deux premiers morceaux ressemblent à du Delain en plus pop. La voix n'y est évidemment pas étrangère, ni les claviers, très présents. Le projet a beau être encore relativement nouveau, la chanteuse a de la bouteille et est très à l'aise sur scène, que ce soit derrière son pied de micro orné de gros tournesols, où elle incarne ses morceaux avec conviction, ou micro en main, se baladant un peu sur scène. Elle parle beaucoup au public pour lui exprimer sa gratitude. Rien que de très classique, mais ça fonctionne.

Même si le projet porte son nom, les instrumentistes sont tout de même relativement mis à l'honneur à tour de rôle, notamment le guitariste, qui s'offre plusieurs soli réussis, Wessels le faisant acclamer lors de ces moments. La chanteuse fait aussi applaudir le batteur, qui s'est cassé le pied droit et a dû jouer toutes ses parties de l'autre pied. Par ailleurs, la claviériste et le guitariste assurent les chœurs à plusieurs occasions. Le fait qu’ils aient presque tous travaillé ensemble dans un précédent groupe facilite évidemment les choses.

A partir du troisième morceau « The Crying Room », elle commence à prendre sur plusieurs passages une voix plus lyrique. La chanteuse a clairement progressé depuis ses débuts dans Delain – cela s'entendait d'ailleurs dans les derniers albums. Outre des pointes de chant lyrique, elle sait manier aussi une voix claire aigüe parfois presque pop, parfois très aérienne.

En huit titres, les musiciens offrent une belle variété. Tout n'est pas du même niveau, certains morceaux semblent un peu convenus ou peu marquants, mais Charlotte Wessels montre un univers plus étendu que dans Delain, avec certes des influences symphoniques et beaucoup de claviers, mais aussi des morceaux plus directs, une ballade presque pop rock, des passages piano / voix, et des choses beaucoup plus curieuses. Elle ne ressort aucun des titres de son ancien groupe, manifestement décidée à imposer son univers. L’essentiel de la setlist provient du troisième album, avec un rescapé du premier, Tales From Six Feet Under, ainsi que deux morceaux indépendants, « Tempest », et « After Us, the Flood », tout juste sorti.

Gros problème en revanche : le son est globalement affreux. C'est pire sur le côté de la scène, mais même en plein milieu de la salle, c’est une vraie bouillie, les basses écrasent tout et sont mal réglées, la grosse caisse écrase le reste, à certains moments même les voix ont du mal à se distinguer clairement. Le public lui réserve en tous cas un bon accueil, même s’il n’est pas surexcité.

Deux derniers morceaux retiennent particulièrement l'attention : « Tempest » et ses magnifiques vocalises introductives, suivies de sa rythmique désordonnée et chaotique, et l'ultime chanson, « The Exorcism », faite pour « exorciser vos démons » selon la frontwoman. L’ambiance est très sombre, hypnotisante, et sur plusieurs passages, Wessels se lance même dans du growl, maîtrisé, alors qu’elle est à genoux sur scène ou au sol presque renversée sur le dos. On ne lui connaissait pas ce talent, et cela prouve une fois de plus sa maîtrise du grand écart vocal.

La vocaliste quitte la scène après avoir salué et présenté ses musiciens. La question se pose de savoir si Delain a vraiment réussi à remplacer Charlotte Wessels et son ancien line-up, en revanche Charlotte Wessels, elle, semble s’épanouir loin de son groupe d’origine. Reste à voir si elle réussira à peaufiner son univers, ce que nous espérons vérifier lors d’un concert mieux sonorisé.

Amaranthe

Les roadies changent la scène tandis que retentissent notamment Within Temptation et Ghost dans les enceintes. C’est alors au tour des Suédois d’Amaranthe de fouler les planches. Sur le papier, c’est le groupe le plus différent de la soirée : très loin du metal symphonique d'Epica, son metal surfe depuis maintenant plus de quinze ans sur l’electro, l’euro dance et la pop, avec un peu de power metal, de melodeath et de metalcore pour enrober le tout.

Alors que les lumières s’éteignent, permettant d’observer des structures lumineuses sur scène, un morceau de pop très années 80 retentit dans les enceintes – c’est raccord avec l’esthétique musicale du groupe. S’ensuit un chœur symphonique assez dramatique, puis un orateur qui conte en anglais d’une voix grave comment l’humanité s’est approchée de l’autodestruction, puis a créé une machine dotée de conscience chargée de sauver l’humanité, incapable de le faire elle-même… et comment tout cela s’est, évidemment, mal fini. Et puis, encore après, une musique très cinématographique. Le groupe n’est pas encore monté sur scène que le spectacle montre à quel point il empile des univers et des influences différentes… Peut-être un peu trop, et pas forcément de façon extrêmement harmonieuse.

Le guitariste Olof Mörck, le bassiste Johan Andreassen et le batteur Morten Løwe Sørensen (le Danois de la bande) foulent les planches sous les acclamations. La voix de la chanteuse Elyze Ryd retentit sur les premières paroles de « Fearless » puis elle arrive en courant sur le devant de la scène, bientôt rejointe par Nils Molin, au chant clair comme elle, et Mikael Sehlin, arrivé au chant saturé en 2022. Le morceau est clairement efficace, et représentatif du style du groupe : un mélange de melodeath, de pop metal, de metal moderne avec beaucoup d’electro, des chanteurs qui en général se répondent à raison de deux ou trois phrases chacun, des instruments qui assurent un fond d’ensemble mais se font peu remarquer individuellement, et énormément de synthétiseurs et de sonorités électroniques.

En soi, c’est bien exécuté. Le groupe a trouvé un créneau qu’il décline depuis sept albums. Certains sont plus metalcore, d’autres plus power, d’autres plus melodeath, mais ils se rejoignent sur des sonorités très « dance metal ». C’est clairement efficace et parfait pour s’éclater en concert. Les six musiciens (dont les trois instrumentistes et la chanteuse sont là depuis les débuts en 2008) ont de la bouteille, ils assurent sur scène sans (c’est loin d’être extrêmement technique, ceci dit), et les trois chanteurs sollicitent énormément le public. Si le guitariste semble assez froid (mais il l’est toujours), le bassiste, lui, semble vraiment à fond, s’approche du public, lance de grands sourires. Le nouveau growleur a bien pris sa place auprès des autres, même si son chant finit par être relativement irritant à la longue, plus que son prédécesseur Henrik Englund.

Pourtant, quelque chose nous empêche systématiquement d’être vraiment convaincue, à chaque prestation. Le groupe a l’air relativement sincère, mais en même temps, les interactions avec le public ont quelque chose d’automatique, comme la sempiternelle battle pour savoir quelle ville chante le plus fort. Cela produit cependant un moment assez drôle, puisque le public hue copieusement à l’évocation du public londonien qui a chanté plus fort – en Suédois peu concernés par cette querelle millénaires, les membres ne s’attendaient visiblement pas à cette réaction, Nils Molin précisant même « on a dit le Royaume Uni, pas les Etats-Unis ».

De plus, certaines voix semblent doublées par une bande à certains moments. Le fait que les éléments électroniques soient systématiquement enregistrés, alors que c’est l’un des éléments signatures du groupe, est assez dérangeant– et contrairement à un orchestre pour du metal symphonique, un claviériste n’est pas si difficile à transporter. L’articulation entre les différents éléments a souvent quelque chose de mécanique, et manque de naturel. C’est peut-être indirectement lié au fait que le groupe met souvent en avant un univers futuriste, très technologique, parfois dystopique, mais c’est peut-être que l’assemblage entre influences très différentes n’est pas toujours extrêmement harmonieux.

Et cela devient assez rapidement répétitif. Les structures ont tendance à se ressembler, les sonorités electro lissent l’ensemble, le partage du chant entre les vocalistes suit souvent le même schéma – même s’il y a une indéniable alchimie entre les trois chanteurs. Un set de trois-quarts d’heure aurait suffi, il dure 1h20. Ce n’est potentiellement pas l’avis des fans, mais les chansons qui nous marquent le plus sont celles issues de Manifest, sorti en 2020, « Archangel » et « Viral » en tête. C’est en tous cas probablement l’avis du groupe, puisque c’est l’album le plus représenté avec six titres – contre seulement trois pour la dernière sortie, The Catalyst. Peut-être est-ce parce qu’elles ont un peu plus de personnalité que les autres albums ? Même si de vieux titres comme « Drop Dead Cynical » ou « Maximize » sont beaucoup trop efficaces pour ne pas se laisser entraîner un minimum. Le groupe offre aussi un nouveau morceau, « Chaos Theory », qui ressemble à du Amaranthe typique.

Certains beaux passages sont tout de même à relever. Nils Molin est capable de vocalises dans les aigus assez jouissives, même si on ne distingue pas toujours précisément les trois chanteurs quand ils chantent ensemble, la faute à un son moins affreux que pour Charlotte Wessels mais encore passablement mauvais. Elyze Ryd peut aussi se montrer intéressante vocalement. Sa battle avec Sehlin, arbitré par Molin, sur « Viral », et son duo face-à-face avec Molin sur « Crystalline » sont plaisants, tout comme l'extrait de « We Will Rock You » sur « That Song » . Le réarrangement d’ « Amaranthine », morceau qui nous a toujours semblé un peu mièvre, lui donne plus de simplicité, en mettant en avant non seulement la voix de la frontwoman (qui la sature légèrement par moments, lui donnant plus de corps) mais également les capacités de pianiste du guitariste Olof Mörck. Résultat, il semble bien plus émouvant ce soir.

« Boom!1 » est également marquant dans un style diamétralement opposé – c’est d’autant plus notable que le growleur l’attaque alors que les deux vocalistes en voix claire quittent la scène après la ballade « Crystalline ». Le morceau (là encore issu de Manifest) est drôle et décalé, volontairement ridicule, et la joute outrée entre Nils Molin et Mikael Sehlin marche extrêmement bien. Dommage qu’Elyze Ryd ne vienne pas growler, ce qu’elle fait (bien) sur l’album, et qui rend le titre encore plus fun.

Il est en tous cas une preuve que quand le groupe ne se prend pas au sérieux, ses morceaux gagnent en personnalité. Et c’est peut-être le problème principal : avec une musique aussi pompière, manquant de subtilités, le premier degré rend l’ensemble lassant, alors qu’un soupçon d’ironie et de décalage retient l’attention.

Ceci dit, le public ne semble pas partager ces réserves. Il est à fond du début à la fin, chante, saute, s’époumone. Si le groupe nous laisse presque autant sur notre faim que ses précédentes prestations, ce n’est clairement pas le cas du reste de l’auditoire, manifestement conquis. Après tout, le public a toujours raison.

Epica

Nouveau changement de plateau, avec la sono qui nous sert entre autres du Gojira. Enfin, l’heure de la co-tête d’affiche arrive, car même si Epica joue en dernier, les deux groupes ont 1h20 de set. Un message résonne, en français, pour dire que les gens présents ce soir ici vont partager un moment d’émotion, et pour leur demander de garder leurs téléphones dans leurs poches.

Sur la scène, une longue plateforme qui culmine en son milieu en un espace central cubique. La face avant de la structure diffuse des vidéos, souvent en prolongement de l’écran en fond de scène. Le claviériste Coen Janssen est sur la gauche de la plateforme, le batteur Ariën Van Weesenbeek sur la droite, les deux guitaristes Isaac Delahaye et Mark Jansen et le bassiste Rob van der Loo sont en bas devant. « Dive into the unknown », growle sauvagement Mark Jansen.

Et sur la haute plateforme centrale, telle une apparition fantastique, Simone Simons, magnétique et pourtant difficilement perceptible dans une semi-obscurité, drapées dans des voilages noirs qui s’agitent autour d’elle et la transforment en silhouette vaporeuse. Le tableau est vraiment saisissant visuellement – pour l’anecdote, les photographes n’auront le droit d’entrer que sur la chanson suivante, probablement pour ne pas dévoiler cette mise en scène.

Le très bien nommé « Apparition », issu du dernier album, Aspiral, sorti l’an dernier, est parfait comme introduction. Son ambiance sombre et en même temps puissante est magnifiée par la mise en scène. D’emblée, le groupe de metal symphonique montre son niveau. Le son n’est pas merveilleux mais s’est amélioré par rapport aux deux groupes précédents, ce qui permet de distinguer correctement les instruments. L’agressivité des riffs et du growl fait écho à la voix obsédante de Simone Simons. Ses « We all are lost in the dark » nous hantent, et ses lignes vocales, notamment celles en voix lyrique, donnent des frissons.

Le morceau s’achève, l’envoûtement prend fin alors qu’attaque un « Cross the Divide » lui aussi issu du dernier opus mais beaucoup plus direct. Pour autant, la magie continue d’opérer. Epica est parfaitement en place et sert durant tout le set des compositions tour à tour complexes ou plus simples mais toujours efficaces, tous les membres se répondant en harmonie.

La batterie de Van Weesenbeek tabasse tout et assure une agressivité saillante sur certains passages, même si elle sait aussi se faire plus discrète. Les guitares et la basse savent se hisser à sa hauteur en matière d’agressivité, mais peuvent aussi se faire plus agiles. Et évidemment, sur du metal symphonique, le clavier joue un rôle central, apportant des ambiances épiques et grandioses – les détracteurs diront grandiloquentes. Sur le devant de la scène, Mark Jansen assure la majorité des growls mais le guitariste soliste belge Isaac Delahaye en fait de plus en plus en chœurs.

Sur ce titre, c’est Coen Janssen qui a pris place sur la plateforme centrale pour faire frapper des mains au public. Inutile de dire que celui s’exécute avec ferveur. Il est clairement acquis à la cause des Néerlandais et vibre avec eux de la première à la dernière seconde. D’ailleurs, la demande de laisser les téléphones rangés sera globalement respectée, ils sont en tous cas moins nombreux que d’habitude. Jusqu’à ce que Simone Simons demande de sortir les lumières pour la version piano-voix de « Times of Tide », aux deux-tiers du set, ils auront ensuite du mal à se ranger.

Epica a toujours joué un metal symphonique très empreint d'éléments death - sans être du death sympho pour autant – et progressifs, même s'il l'a enrichi au fil des années d'autres éléments. Le dernier disque est à cet égard extrêmement varié, et réussit à garder l'ADN d'Epica tout en explorant d'autres voies - plus pop, plus power, mais aussi plus aventureux, le tout sans perdre son agressivité. Le sextuor le met clairement à l'honneur puisque cinq titres en sont extraits. Outre le fait qu'ils s'intègrent très bien à la setlist, ils sont vraiment éclatants en live.

Ainsi « The Grand Saga of Existence », à la fois puissant et entraînant, lancé comme une cavalcade effrénée, fait des ravages en live (en interview, Mark Jansen nous avait d’ailleurs confié qu’elle pourrait peut-être même conclure le set). « Fight to Survive » est tout autant dantesque, et il est plus qu’à sa place en clôture pré-rappel.

Mais le groupe ressort aussi de vieux titres relativement peu joués cette dernière décennie : « Martyr of the Free World », « Unleashed », « Never Enough » (plus du tout joué depuis 2013 avant cette tournée), « Tides of Time », « The Last Crusade »… « Unleashed » a également droit à une introduction revue, avec une introduction orchestrale jouée au clavier, sans le reste du groupe, mettant magnifiquement en valeur la voix de Simons et rendant le moment sublime et extrêmement poignant.

Seul regret, l’absence totale d’Omega, le pourtant excellent prédécesseur d’Aspiral, sorti en 2021. Mais avec neuf albums au compteur et des morceaux plutôt longs, la setlist devient un équilibre délicat quand le spectacle ne dure qu’une heure vingt… La tournée aurait gagné à être une tête d’affiche claire pour Epica.

Alors évidemment, la vocaliste attire l'attention. D’autant qu’en plus de ses capacités vocales impressionnantes, passant avec facilité du chant lyrique à de la voix de tête ou de poitrine, elle prend un malin plaisir à changer plusieurs fois de tenue durant le concert. Pour autant, elle n’écrase pas ses comparses. Mark Jansen a une place importante puisqu’il assure le growl, mais les autres membres d'Epica sont mis en avant à tour de rôle, que ce soit pour un solo ou pour des riffs particulièrement remarqués. Ils viennent d’ailleurs tous se percher à tour de rôle sur la grande plateforme centrale – à part le batteur, et pour cause.

Coen Janssen prend toujours un malin plaisir à venir sur le devant de la scène ou embêter ses petits camarades, son clavier portatif en bandoulière. Et comme à chaque concert, l’alchimie entre les musiciens est palpable, ils viennent à tour de rôle jouer les uns avec les autres, et semblent toujours beaucoup s’amuser tous les six. Epica a beau fêter ses 25 ans l’an prochain, la connivence entre les membres ne s’est pas érodée au fil des ans. Alors que leur musique est extrêmement sérieuse, peut-être trop pour leurs détracteurs, les Néerlandais ne se prennent absolument pas au sérieux, et ce décalage entre leur musique spectaculaire et leur attitude enjouée et naturelle sur scène est rafraichissante.

Mais le groupe finit presque par sombrer dans l’excès inverse. En effet, alors qu’il est capable de moments extrêmement poignants, à-même de tirer des larmes, et d’autres passages vraiment techniques, Epica verse souvent dans une animation à la limite de la kermesse. Certes, interagir avec le public est une bonne chose en soi, mais vouloir à tout prix faire frapper des mains, agiter les bras ou faire crier le public alors que le passage joué est magnifique, cela casse un peu la magie. Comme si Epica n’avait pas complètement confiance en sa musique, ou pensait qu’il y avait forcément besoin de ces artifices pour créer une connexion avec le public. Alors que celui-ci est acquis à sa cause, et que se laisser porter par sa musique est la meilleure façon d’être emporté.

C’est à peu près le seul défaut à noter. Tous les morceaux, des plus enragés aux ballades, en passant par les éléments plus prog, fonctionnent et sont magnifiquement mis en valeur par la mise en scène, notamment la vidéo. Les écrans participent grandement à l’immersion, et cela est particulièrement marquant sur « Eye of the Storm », accompagné d’images d’orages, ainsi que « Sirens » et son univers aquatique. Sur cette ballade vénéneuse, Charlotte Wessels rejoint Simone Simons, comme dans la version studio (laquelle comporte aussi la présence de Myrkur, qui n’est en revanche pas sur la tournée).

Epica clôt son concert avec « The Last Crusade » et l’habituel « Beyond the Matrix », puissant et entraînant au possible. Le groupe aura livré une prestation quasiment sans fausse note, puissante, émouvante, chaleureuse, épique.

Photos : Marjorie Coulin. Reproduction interdite sans autorisation de la photographe



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