Ashen + Revnoir à la Coopérative de Mai (Clermont-Ferrand) – 20.03.2026

Sold out. Un moyen simple et efficace pour situer l’attente du public clermontois pour cette soirée où la scène metal française en pleine ascension était à l’honneur. Pour relever le défi, ni plus ni moins qu’Ashen et Revnoir qui ont fait escale ce vendredi 20 mars à la Coopérative de Mai dans leur co-tournée hexagonale.

A Nebula's Photon

Pour nous mettre en appétit, ce sont les Clermontois de A Nebula's Photon qui ouvrent le bal. Habitués de la scène locale, le quintette offre un démarrage convaincant à la frontière entre le nu metal et le metalcore. Déjà aperçus lors de la Nuit du Metal organisée par la Coopérative de Mai en septembre 2025, les membres du groupe semblent être « at home », poussés par un public particulièrement réceptif.

Seule une corde cassée entrainant un (long) temps mort vient perturber le show pourtant bien lancé. Une occasion pour le chanteur d'évoquer sa fierté de se produire dans un lieu qu’il fréquente depuis ses 14 ans. Mais les mots viennent à manquer, le second guitariste et le batteur prennent alors le relais pour maintenir la fosse en éveil avec quelques bribes de Nirvana, ZZ Top et Pantera.

La corde changée, le set retrouve son rythme, déclenchant plusieurs circle pits et walls of death. Pour une première partie qui joue à domicile, A Nebula's Photon a fait le job malgré les aléas du direct.

Revnoir

L’atmosphère devient plus pesante alors que Maxime Rodriguez-Medallo au chant, Julien Ho-Tong et Robin Leneutre aux guitares et Kaz Nakazawa à la batterie entrent sur scène. La connexion avec le public se fait dès les premières secondes au rythme des premiers riffs. C'est l'avantage d'un groupe qui a déjà rôdé ses ficelles scéniques sur des tournées européennes aux côtés de Future Palace, et dont le metalcore teinté de dark electro rappelle frontalement Bring Me The Horizon période Sempiternal ou Northlane dans ses meilleurs moments. On se demande même si le vocaliste n’essaie pas de piquer la vedette à Ronnie Radke de Falling In Reverse.

"Invisible", titre phare du groupe, déclenche une vague de pogos et un long scream, partagé collectivement, qui dit l'essentiel sur le lien entre scène et fosse. Entre les morceaux, Maxime Rodriguez-Medallo prend le temps d’évoquer la genèse de certains titres. A l’image des terreurs nocturnes de son enfance exorcisées avec le titre "Night terror". Un propos sincère et grave, qui tranche avec la jovialité de la salle, un contraste assumé entre des textes sombres et un groupe visiblement heureux d'être là.

Des titres de leur EP Coma se mêlent au meilleur de leur premier opus Revenant, dont "Revenge" et "20mg", sur laquelle le public reprend le refrain à l'unisson. Maxime Rodriguez-Medallo confie que c'est la première tournée du groupe en France et qu'un sold out n'était pas dans les prévisions. Les pogos reprennent alors de plus belle, les membres n’hésitant pas à donner un coup de main aux slammeurs pour monter sur la scène avant le grand saut dans la fosse.

C’est le sourire aux lèvres et avec le sentiment du devoir accompli que Revnoir quitte la scène. Dans la fosse, nous sommes conquis.

Setlist :

The Pact
Bang Bang
Red ice
Into Quiet
Invincible
Night Terror
Snake
Revenge
Crève
New World
In Limbo
20mg

Ashen

Ashen entre en scène en terrain conquis. Le quintette parisien — Clem Richard au chant, Niels Tozer et Antoine Zimer aux guitares, Tristan Broggia à la batterie — bénéficie d'une attente palpable dans la salle, fruit d'une montée en puissance accélérée depuis leur passage au Hellfest 2024. L'énergie monte encore d'un cran.

L'ambiance se fait plus mélodique, plus construite, avec une proximité entretenue avec le public. Les refrains, taillés pour être chantés en chœur, le sont. Chacun assure la mission avec brio et intensité, entre solos de guitare bienvenus et Clem Richard qui alterne entre scream et élans lyriques. Ce qui n'est pas sans rappeler un certain Chester Bennington, sans pour autant l’égaler. L'influence de Linkin Park, ou encore de Korn, palpable dans Chimera, le dernier album du groupe, transparaît ici clairement. Un duo avec Maxime Rodriguez-Medallo de Revnoir vient sublimer ce moment de communion entre les deux groupes de la soirée.

C'est sur "Living in Reverse" que la soirée bascule dans quelque chose de plus intime. Clem Richard prend le temps de se raconter : la pire année de sa vie, l'an passé ; la promesse faite au groupe de toujours avancer ensemble. La salle retient son souffle, les téléphones sortent. Grosse séquence émotion. Ce genre de moment ne se fabrique pas — ou alors Ashen est très bon pour faire semblant, ce qui revient au même.

Après ce moment suspendu, la bagarre reprend et le pit s’organise : une ligne de transport humain amène les plus courageux sans discontinuer sur la petite scène de la Coopérative de mai. Un flot qui s’interrompt seulement pour le traditionnel wall of death.

Clap de fin, le groupe reste en bord de scène à taper dans les mains, sans se presser, ne voulant pas bouder son plaisir. Le public encore chauffé à bloc joue les prolongations en reprenant à l’unisson "Throne" de Bring Me The Horizon qui accompagne la sortie des artistes.

Cette soirée confirme, sans romantisme excessif, que la scène metal française a encore des choses sérieuses à dire. Avis à Rise of the Northstar, Landmvrks, While She Sleeps, la relève est assurée.

Setlist :

Chimera
Angel
Sapiens
Crystal Tears
Desire
Meet Again
Altering
Smells Like Teen Spirit (Nirvana cover)
Sacrifice
Living in Reverse
Oblivion
Chimera's Theme
Cover Me Red
Outlier

Texte et photos : Théo Durand. Toute reproduction interdite. 



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