Knock Out Festival 2012 à  Karlsruhe (15.12.2012)

Le heavy / power et la France ce n’est pas toujours une histoire d’amour. Pourtant, les festivals qui regroupent ces styles-là sont légion de l’autre côté du Rhin, dans ce paradis du genre qu’est l’Allemagne. Et en parlant de ça, comment passer à côté du fameux Knock Out Festival dans la ville de Karlsruhe ? Non vraiment vous ne connaissez pas ? C’est la deuxième fois que La Grosse Radio se rend en ce lieu afin de vous faire part du déroulement de cet agréable événement. L’an passé, l’affiche était alléchante pour les amateurs de heavy / power : Blind Guardian, Saxon, Dragonforce, Stratovarius, Grave Digger et Voodoo Circle se partageaient la scène. Quelle classe non ? Mais l’affiche de cette année, elle est carrément bien aussi ! In Extremo, Helloween, Krokus, Powerwolf, Bonfire et Brainstorm, vous en rêvez en France ? C’est pas pour tout de suite ! En Allemagne ? Déjà fait, et on était sur place avec la brave Iris De La Magnolle !

 

Knock Out Festival 2012

BRAINSTORM
 

Tadaaaa ! Sortez les trompettes et les tambours, les premiers à s’amener sur la grande scène du Knock Out Festival, ce sont les teutons de Brainstorm qui vont y aller pour une demie-heure d’un show qui ne laissera pas de marbre. Pourquoi ça ? Parce que sur scène, cette formation est absolument excellente.

Et le premier responsable de cette réussite, c’est le chanteur Andy B. Franck qui brille littéralement. Ce type a vraiment quelque chose qui l’aide à s’imposer sur scène, ce charisme qui réussit à séduire la foule, et à faire réagir le public à chaque intervention. Foule extrêmement réactive par ailleurs, qui offre à la formation un très bon accueil, bien meilleur que celui donné à Voodoo Circle l’an passé. Ce qui n’est pas un hasard vu l’excellente tenue vocale de monsieur. Non parce qu’il ne se contente pas de savoir bien gérer la scène, il a aussi une voix qui est carrément classe. Le genre à s’entendre même sans un micro vu la puissance qu’il dégage. Mais se payant carrément le luxe de savoir moduler et d’avoir un timbre plutôt agréable, ce chanteur est parmi les révélations scéniques de l’année.

Brainstorm

Un, deux, un deux, test micro

Pour une personne ne connaissant pas très bien la discographie des germains, difficile de ne pas rentrer dans le show par le côté accrocheur des pistes aux refrains facilement mémorisables, où monsieur n’hésite pas à faire participer, à demander aux gens de chanter, et croyez bien qu’ils s’exécutent sans plus tarder ! Rien que « Shiver » sera reprise par la foule, ou encore « Highs Without Lows » qui conclura ce set avec brio. Petit reproche à adresser à la formation ? Peut-être le manque total de mobilité des autres musiciens, qui laissent leur frontman s’occuper de tout et passer un peu pour un chef désigné là où les autres se contentent de faire leurs petites parties musicales dans leur coin, en regardant le public, et ça s’arrête là. Un peu regrettable de tout déléguer au chanteur, alors qu’eux aussi auraient pu s’activer un peu pour contribuer à instaurer cette atmosphère de folie.

Mais ça, c’est bien pour chipoter car en France, on aime râler. Brainstorm livrera un set carré et professionnel jusqu’au bout et, surtout, de très bonne qualité. C’est que les 30 minutes passent super vite et qu’on en redemanderait bien encore une louche ! Hélas il est temps de quitter la scène pour laisser s’installer les papys de Bonfire.

Le mot d’Iris de la Magnolle : C’était trop bien ! Je connaissais pas mais je suis conquise ! En plus le chanteur est mignon.

Setlist :

Worlds Are Comin’ Through
Shiver
Shiva’s Tears
Temple of Stone
Highs Without Lows

BONFIRE
 

Un très ancien groupe que Bonfire, existant depuis les 70s, rien que ça ! Pourquoi si bas sur l’affiche alors ? Parce qu’ils n’ont pas pu percer outre-Rhin et même en Allemagne, il faut croire, mais pas de médisances et attendons sagement la prestation … d’un groupe dont on souhaiterait que le set ait été raccourci.

Le combo arrive sur scène, tente de débuter les hostilités mais celles-ci ne viennent jamais. Où est le problème ? Disons que ça vient de la formation en général. Assez peu énergique sur scène, les musiciens semblent jouer leurs morceaux pour eux, mais quota mots pour les personnes présentes, ou pour haranguer la foule, on est presque aux abonnés absents. Et ça se voit rien qu’aux gens dans le public, qui, pour la plupart, semblent rester froids devant la musique délivrée. Faut dire que celle-ci n’aide pas du tout : leur (hard) rock possède tous les ingrédients pour faire retomber une excellente ambiance. Prenez des compositions plates où les riffs qui se suivent et se succèdent varient peu, ajoutez des refrains qui retombent aussi rapidement qu’ils sont arrivés et des schémas et paroles tellement similaires que vous avez la parfaite recette de l’endormissement.

Bonfire

zzz … ah oh pardon je suis sur scène ?

Et combien de fois entendra-t-on les mots « love », « rainbow » ou « sky » ? Peut-être un peu trop, ce qui donne l’impression que Claus Lessman commence à radoter. Pourtant, son chant est en place. Un peu linéaire, oui, mais en place tout de même. Question charisme, on repassera ceci dit, sur ce terrain, l’homme n’est pas franchement à son avantage. Un show décevant finalement, pour un combo qu’on oubliera bien vite …

Le mot d’Iris de La Magnolle : Bien trop mou, répétitif, et le chanteur ne motivait personne.

POWERWOLF
 

Mon objectivité est désormais laissée au placard … ou peut-être pas.

Non parce que Powerwolf c’est carrément trop bien. Et que ça ne fait pas exception en live. Sur un plan personnel, le show de ce Knock Out Festival est le troisième auquel j’ai la chance d’assister avec ces allemands. Et rien à faire : ça envoie toujours autant.

Parce que les titres sont carrément entraînants. Avec des pistes à l’humour débordant pour des refrains détonants et conçus pour qu’on chante en chœur avec la formation, il faut que cette dernière s’y prenne bien. Dans le cas de Powerwolf, la mission est plus qu’accomplie tant les ovations fusent. Une énorme salle qui reprend ensemble « All We Need is Blood », ça fait quand même son petit effet, surtout en espace clôt et non en plein air. Petit regret, cependant, que les lumières n’aient pas été utilisées davantage comme ce fût le cas lors du PPM Fest en Belgique. Ces dernières sont généralement là pour renforcer le côté mystique des loups puissants, qui disposent d’une imagerie mi-religieuse / mi-occulte qui sied à ravir à leurs morceaux / à leur humour. Ardu de ne pas se prendre au jeu, nous disions donc. Et dès « Sanctified With Dynamite », ça démarre en trombe. Mais plus que ça encore : ça devient effervescent. Tant dans le jeu de scène, où le groupe démontre qu’il sait se renouveler et ne pas utiliser encore et toujours les mêmes cordes, que dans la musique où les pistes sont -merci- assez solides pour ne pas ennuyer ni sonner répétitives.

Powerwolf

Ce soir, Powerwolf voit rouge …

Quelques moments d’apogées peuvent se faire atteindre, en particulier sur « Werewolves in Armenia » où les couplets avec ces petits ‘ouh ha’ font leur petit effet. Les personnes présentes (c’est à dire un bon paquet) ne se font pas prier pour chanter, tout comme le chanteur et le claviériste ne se gênent pas de lancer une partie de la salle, puis l’autre, pour aboutir sur une petite feinte. Quels mesquins ces deux-là. Dans les regrets, on peut déplorer le retour d’un son qui flanche parfois, là où ça allait mieux pour Bonfire et Brainstorm. Pas aussi catastrophique que Stratovarius l’an dernier, mais le clavier était beaucoup trop faible par rapport aux autres instruments.

Et bordel, Attila Dorn, quel chanteur ! Non mais sans rire, ce type est capable d’aller rallier les personnes présentes à sa cause, de faire des blagues pourries et de bouger tout en gardant une maîtrise impeccable de sa voix et une énorme versatilité. S’il privilégie majoritairement d’agréables tons graves, ses montées sont très convaincantes et ses capacités vocales énormes. Pas d’écarts question justesse, pas de faiblesses, le frontman a assuré le show comme une bête. Et ça, c’est pas donné à tous.

Powerwolf a lâché son ouragan et livré un set de folie. Et on s’en souviendra bien longtemps.

Le mot d’Iris de la Magnolle : C’était trop de la balle ! Meilleur concert du festival.

KROKUS
 

Difficile de s’imposer après l’ouragan Powerwolf, qui a balayé la salle. Après tout, un concert aussi épique, énergique et charismatique … ardu de s’imposer ! Bref je plaignais déjà la formation qui allait se présenter après eux. Krokus est arrivé, et là, c’était juste excellent.

Non je sais pas, leur musique avait un petit truc qui la rendait à la fois intéressante, facile à assimiler et dynamique, le tout sans ennuyer ou se montrer redondante. Les suisses savent mener leur barque vers des rivages certes classiques, mais dans ce qu’ils font, ils sont terriblement efficaces ! Ceci dit, tout comme sur CD, on a quand même la sensation d’entendre du AC/DC. Et ça peut dérouter aux premiers abords, se dire que la copie ne vaut pas l’originale, et tout ça, et tout ça … mais non. Krokus est capable de convaincre avec sa propre musique.

Krokus

« J’ai de la bedaine mais je sais chanter ! »

Tout comme le chanteur Marc Storace n’a peut-être pas la personnalité la plus prononcée, il est largement à l’aise sur une scène et sait tenir de main de maître toute une foule qui sera très réceptive à ce qui est proposé. En fait, Krokus démontre que c’est pas le genre hard rock qui est chiant, là où Bonfire aurait pu nous en persuader. Non, les helvètes ont compris comment allier passion et énergie sans renier leurs inspirations et leur capacité à pondre du refrain qui fait mouche, dès « Long Stick Goes Boom », opener de poids.

Krokus se classe indéniablement comme la super surprise du Knock Out 2012. D’autant plus qu’être en programmation après Powerwolf n’est pas un cadeau. Mais le quatuor s’en est tiré à merveille et rien que pour ça, chapeau !

Le mot d’Iris de la Magnolle : C’était très bien, mais ça rappelle beaucoup AC/DC. C’est un détail ceci dit, le groupe étant vraiment bon !

LADY’S VOICE
 

Juste pour la photo, mes bons amis :

 

Lady's Voice

« On chante faux mais pour une cause juste ! »

HELLOWEEN

 

Bon alors là c’était l’incartade Lady’s Voice, des demoiselles qui viennent chanter des covers a capella accompagnées d’Andi Deris. On passera sous silence la prestation intrinsèque des jeunes femmes pour dire que la cause soutenue est noble (lutte contre le cancer). Et après ça, place à Helloween, les légendes du heavy.

D’emblée, l’ouverture « Are You Metal ? » vient mettre dans l’ambiance : c’est du Helloween pur jus, et le combo s’évertue à nous balancer ses grands tubes histoire de bien passer la pommade : de « Eagle Fly Free » à « If I Could Fly » en passant par « I Want Out », le groupe allemand sait comment acquérir les personnes présentes à leur cause, en plus des fans. Pourtant, tout n’ira pas très bien. Si le show est dynamique et le public visiblement heureux, le milieu de concert connaît un léger passage à vide qui fera un peu retomber l’atmosphère instaurée. Et c’est dommage car la tenue générale est relativement correcte, d’autant plus qu’Helloween démontre tout son professionnalisme et sa capacité à nous prouver qu’ils méritent leur titre dans le heavy / power teuton. Qui plus est, une nouvelle piste, « Burning Sun », est jouée et fait mouche, peut-être l’un des meilleurs titres du concert ! Mais voilà …

Helloween

« Je pousse, je pousse, je pousse et … un aigu !!! »

Avaient-ils besoin de nous coller un solo de batterie interminable ? Rien contre ce noble instrument, mais au bout d’un moment, la démonstration technique termine par une indigestion et la suite des événements se fait attendre non sans hâte. Mais le combo réserve une petite surprise pour son public ce soir-là : la première fois qu’ils jouent en concert « Who is Mr. Madman? ». Et l’intention compte, tout de même. Bien que ce ne soit pas LE titre le plus marquant de la soirée, il reste tout de même agréable.

La petite déception viendra d’Andi Deris. Oui, c’est un bon chanteur, mais aux capacités parfois limitées. Les faussetés apparaîtront de temps en temps. Il faut bien avouer que le frontman commence à se faire assez âgé, alors soit, on peut pardonner ces écarts, d’autant plus que l’ensemble reste tout à fait correct et qu’il se donne à fond en bougeant beaucoup.

Mais Helloween ne livrera pas le meilleur concert de cette soirée. On pouvait peut-être attendre un petit peu plus d’un groupe de tel rang. Mais au lieu de cracher dans la soupe, regardons les bonnes choses : cette prestation reste largement agréable, honorable et si Helloween n’éblouit pas, il ne reste pas moins un combo qui sait composer, chanter et jouer avec son public. Et c’est déjà beaucoup.

Le mot d’Iris de la Magnolle : Pas mal, mais un peu sur ma faim.

Setlist :

Are You Metal ?
Eagle Fly Free
Where the Sinners Go
Power
If I Could Fly
Burning Sun (Europe premiere)
Drum Solo
I’m Alive
Who Is Mr. Madman ? (World premiere)
Steel Tormentor
Future World
I Want Out
Dr. Stein

IN EXTREMO
 

Quoi de mieux pour trancher avec tout ce heavy / power qu’un peu de folk pagan ? Vous pensez que les amateurs de l’un n’aimeront pas l’autre ? Détrompez-vous, l’ambiance d’In Extremo ne trompe pas : ce groupe est fédérateur ici en Allemagne.

Faut dire que la formation a foutu le paquet pour impressionner : en dehors du show en lui-même, nous avons le droit aux paillettes, aux fusées qui partent de la scène, aux jeux de lumière … le grand spectacle en somme. Et heureusement pour nous, ces apparats ne sont pas des moyens de camoufler une quelconque insuffisance musicale, bien au contraire, il ne s’agit que d’un complément à une musique qui prend toute sa valeur en live. Alors bien sûr, les structures sont assez simples généralement, pour ne pas dire simplistes et au bout du compte, sur toute la durée du show qui sera le plus long du festival (tête d’affiche oblige), on peut y déceler un côté légèrement répétitif (pistes souvent calquées sur le même schéma + interventions folks prévisibles + chant constamment en allemand). Mais qui ne relègue jamais au second rang la bonne humeur et la joie d’être là en cette soirée ! Le sourire de Michael Rhein, chanteur, en dit long.

In Extremo

Non, vous n’avez pas vu cet OVNI derrière, c’est une illusion.

On ne boudera pas non plus son plaisir face à une setlist qui va piocher dans pas mal de brûlots du combo, histoire de rappeler qu’ils ont quand même un certain passé derrière eux mais, bien sûr, aussi un présent, et un futur ! A ce propos, petite joie personnelle au moment où ils jouent « Herr Mannelig », une ballade suédoise médiévale pleine d’émotion (même si la version interprétée par Garmarna me plaît davantage). Bref, parenthèse fermée, revenons à nos moutons ! Donc oui, In Extremo … ils n’oublient pas la présence des instruments traditionnels, même si le jeu de scène des deux hommes qui portent les instruments à vent est très répétitif, à faire des allers-retours et à tourner sur eux même. Ceci est compensé en grande partie par Michael qui bouge assez sur scène pour ne pas laisser un sentiment statique à la prestation. Il est aussi plaisant de constater que ce chanteur maîtrise très bien sa voix, parfois manquant de varier un peu mais compensant largement par son charisme et sa justesse.

Du coup, leur show passe vraiment très vite, à tel point qu’une fois la fin arrivée, on ne se rend pas compte que le temps est passé si rapidement. Et leur prestation close signifie ainsi que c’est aussi la fin du festival. Dommage, on en reprendrait bien encore, autant d’In Extremo que de ce fest en général.

Le mot d’Iris de la Magnolle : c’était beaucoup trop court !!!

Concluons gaiement : le Knock Out Festival, c’est bien. C’est même génial. Si vous êtes frontaliers, ou si vous avez envie d’y faire un tour, n’hésitez pas une seule seconde à vous ramener de l’autre côté du Rhin ! Pour le prix, l’affiche et l’organisation, ça en vaut la chandelle. D’ailleurs, l’un des noms de l’édition 2013 est déjà confirmé, et il s’agit de la reine du Metal herself : Doro !

Retrouvez les photos du Festival : ici



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