Helloween – Straight Out of Hell

La citrouille en pantoufles

 

Helloween se prépare à sortir son 14e album, Straight Out Of Hell, le 18 janvier. Le groupe reste sur la lancée de Gambling With The Devil (2008) et 7 Sinners (2010) en pratiquant un power metal avec un son massif et des rythmiques enlevées. Si le disque est plaisant, il semblerait que la bande de Michael Weikath commence à tourner en rond. Heureusement, les bonnes idées sont toujours de la partie.

Le pionnier du power metal devient pantouflard. Helloween, groupe allemand sur les rails depuis 28 ans, avec le guitariste Michael Weikath et le bassiste Markus Grosskopf en poste depuis autant de temps, semble satisfait de son petit train de vie mené depuis 2008 avec Gambling With The Devil, album sur lequel le groupe avait surpris en durcissant le ton de sa musique, privilégiant les riffs plus agressifs et les rythmiques écrasantes. Le petit dernier, Straight Out Of Hell, se place donc directement dans cette optique, avec la production typiquement allemande signée Charlie Bauerfiend (Blind Guardian, Rage…).

Le son est de qualité et chaque instrument se distingue aisément : les deux guitaristes Michael Weikath et Sascha Gerstner peuvent ainsi s’adonner à leurs duels lors des parties instrumentales, l’un présentant un son lisse alors que l’autre dévoile plus d’aspérités, pendant que Markus Grosskopf galope avec sa basse, s’offrant quelques leads, notamment sur « World Of War », pendant que Dani Löble soutient l’ensemble sans sourciller. Au-dessus de la mêlée se tient Andi Deris, en poste depuis 20 ans, chante  sans perdre son timbre caractéristique, s’offre quelques aigus dans « Nabataea » et se montre plus rageur dans « Asshole », ne perdant jamais son talent d’interprétation.

On remarque que la finesse n’est pas le but recherché dans la production de cet album. Le sentiment de puissance sonore est présent, mais l’oreille a malheureusement tendance à fatiguer au bout d’une heure d’écoute, car le son est trop compact. L’abondance d’effets de claviers modernes sur l’ensemble du disque peut aussi énerver, vu qu’ils font plus office de gadgets que de réel complément aux compositions.

Helloween by Martin Haeusler

Sur cet aspect, Helloween fait ce qu’il sait faire. On se retrouve ainsi avec des titres speed et enjoués comme le groupe a toujours su faire (« Far From The Stars », « Straight Out Of Hell »…), des ambiances sombres sur « Asshole » ou « Make Fire Catch The Fly » qui n’auraient pas dépareillé sur The Dark Ride (2000), du titre épique à tiroirs avec « Nabataea » et des titres mélodiques bien sentis, notamment le single « Burning Sun » et son refrain accrocheurs. Le groupe n’a pas su rendre son propos tout à fait concis et montre quelques maladresses avec le banal « Live Now! » et le cliché « Years », qui prennent des allures de fillers tant le travail sur les mélodies y est pauvre. On notera également que le groupe a inclus une ballade larmoyante en milieu d’album, « Hold Me in Your Arms », dégoulinante de clichés dans lesquels le groupe a sauté à pieds joints, accouchant ainsi d’un morceau prévisible et ennuyeux.

Au rang des curiosités, on retrouve « I Wanna Be God », sorte d’interlude dédié à Freddie Mercury. L’ensemble du titre est en effet construit comme « We Will Rock You », avec une rythmique entêtante à la batterie et une voix d’Andi Deris qui domine l’ensemble du titre. Si l’intention peut paraître louable, le manque de finesse de cet hommage réduit considérablement son intérêt. En revanche, Helloween se permet de petites escapades sympathiques avec le titre de clôture, « The Church Breaks Down », dans lequel le groupe montre un aspect théâtral intéressant, avec des chœurs inquisiteurs et une ambiance lourde, donnant un final époustouflant.

Mais ces maigres nouveautés ne cachent pas la tournure que prend la carrière d’Helloween. Si on peut se réjouir que le groupe a su maintenir son line-up depuis neuf ans, le groupe semble confortablement installé dans sa routine, appliquant une formule qui commence à montrer ses limites. Straight Out Of Hell est néanmoins réjouissant malgré quelques faiblesses, reste à savoir si les hambourgeois pourront éviter l’écueil au prochain album.

Helloween by Martin Haeusler

 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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