Megadeth à  L’Elysée Montmartre (26.02.2008)

     MEGADETH ! Un nom qui ne peut laisser les amateurs de métal indifférents. Le groupe, s’il n’a jamais connu un succès commercial aussi énorme que METALLICA ou MAIDEN, n’en a pas moins connu une grande carrière et influencé un sacré paquet de zicos. Une blessure au bras avait obligé Mustaine à faire une pause, et depuis, notre homme opère un retour réussi avec deux bons albums à son actif, et pas un seul concert en tête d’affiche en France… jusqu’à ce mardi soir.

     La salle est archi complète depuis deux mois (ils auraient pu rajouter une deuxième date sans problèmes), et la tension monte. EVILE, groupe assez inintéressant, ouvre le bal, avec un trash typé 80s fortement influencé par SLAYER (jusque dans l’attitude scénique), quand certains passages sont carrément pompés sur les classiques des maîtres (oh, c’est pompé sur « angel of death »… tiens,  « war ensemble »…). La voix est également un peu jeune, on sent que le groupe a besoin de mûrir. 25 minutes plus tard c’est fini. Et peu de temps après, les lumières s’éteignent de nouveau.

     L’intro de « sleepwalker » résonne, mustaine rentre sur scène, va se placer sous un projo sur le devant de la scène et balance ce déjà fameux riff. Le morceau démarre, et c’est la curée. Le public parisien est ravi de retrouver le groupe et a décidé de le faire savoir, ambiance de folie dans la fosse ! Par contre, le son est assez crade. La 2e guitare est inaudible (la gratte de Mustaine est toujours surmixée, mais là on n’entend vraiment rien), les basses sont trop présentes et le chant pas assez. Mais bon, ça devrait s’arranger, ça enchaîne directement avec « wake up dead » et ça va un peu mieux. « take no prisoners », « skin o my teeth »… Pfffffffff…

     Mustaine a la patate, alors que MEGADETH n’avait jamais été un monstre de scène, la faute notamment à ses problèmes de drogues, il est désormais clean et ça se sent. Le groupe qui l’accompagne n’est pas en reste, Shawn Drover n’arrive pas à la cheville de Jimmy DeGrasso à la batterie, mais tient largement la comparaison avec Nick Menza. Le nouveau gratteux a l’air très bon (dommage qu’on l’entende mal, il nous gratifiera tout de même d’un solo en tapping entre deux morceaux qui valait le coup d’oeil), même s’il est un poil poseur, et le bassiste, en marcel et tignasse blonde au vent, non seulement joue très bien, mais a l’air de prendre son pied comme un malade ! La banane, qui vient volontiers haranguer la foule, il fait plaisir à voir. Quand à la setlist, ben mes aïeux… Une pelletée de classiques truffés de solis de guitare hallucinants que Mustaine assure les doigts dans le nez.

     Plusieurs morceaux sont enchaînés les uns derrière les autres sans temps mort. L’intensité ne retombe quasiment jamais, sur scène ou dans la fosse (on est tous ressortis trempés). Le son reste assez mauvais, on voit d’ailleurs Mustaine se plaindre à plusieurs reprises auprès de ses roadies et de l’ingé-son. Mais bon, on est là pour passer un bon moment ! Le groupe est très acclamé, quand ce n’est pas « Megadeth ! Megadeth ! » c’est «  »Mustaine » ou « Megadave » ! à tout bout de champ. Mustaine qui est visiblement touché par un tel accueil « long time no see, huh ? ». « A tout le monde » est l’occasion de s’époumoner en français, et comment résister au final « symphony of destruction-trust-peace sells » et « holy wars » en rappel ?

     Pour moi qui n’avais jamais vu le groupe en concert, j’ai adoré ce concert et ça faisait longtemps que j’avais pas pris un pied pareil. Cela dit, pour un groupe de cette envergure, le son était vraiment mauvais, difficile de comprendre ce qui a pu se passer. Il n’est d’ailleurs pas impossible que quelques morceaux aient été supprimé de la setlist, on voit notamment un roadie remballer la flying V à deux manches qui n’aura finalement pas servi. Mais en repensant aux commentaires de leurs concerts dans les 90s, MEGADETH est bien plus solide sur scène dans les années 2000 qu’il ne l’était alors. Une superbe soirée, en attendant de les revoir avec un son au niveau de ce groupe qui a marqué au fer rouge l’histoire du métal. C’est un peu triste, mais en matière de heavy métal, la jeune garde n’arrive pas à la cheville de l’ancinne. Les anciens peuvent dormir sur leurs deux oreilles, ils garderont leur couronne encore longtemps.

setlist :

Sleepwalker

Wake Up Dead

Take No Prisoners

Skin O’ My Teeth

Washington Is Next!

Kick The Chair

In My Darkest Hour

Hangar 18

Gears Of War

A Tout Le Monde

Tornado Of Souls

Ashes In Your Mouth

Burnt Ice

Symphony Of Destruction

Trust

Peace Sells – Ext

Holy Wars

vidéo de « à tout le monde » filmée ce soir-là :



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