Persistence Tour 2013 au Bataclan (13.01.2013)

La bagarre reprend à Paris

La huitième édition du Persistence Tour a eu lieu le 13 janvier à Paris et a laissé l’occasion aux fans de hardcore de s’adonner aux joies du pogo sur les compos enragées d’Hatebreed, Agnostic Front, H2O, Stick To Your Guns, Neaera et The Acacia Strain. Riffs lourds, rythmiques entrainantes, chant enragé et public surexcité étaient de la partie.

Neaera

Le deuxième groupe de la soirée est le seul de la brochette de joyeux bourrins à ne pas venir des Etats-Unis. En effet, Neaera, groupe de death mélodique musclé, vient d’Allemagne. Au programme : son massif, vocaux torturés typiques du death mélodique moderne et une ambiance qui ira crescendo au fur et à mesure que la demi-heure impartie avancera.

Le public, quelque peu timide au début, se prête vite au jeu des allemands et multipliera moshpits et slams. Le chanteur Benjamin Hilleke s’amuse avec les quelques fans qui attérissent en dansant avec eux ou en les portant sur ses épaules pour les remettre dans la fosse. Sur la fin du concert, le frontman arrivera à motiver de nombreux mosheurs pour un wall of death bien suivi.

Neaera

Côté musique, Neaeara bastonne avec un son proche du rouleau-compresseur, envoyant la purée à l’aide de riffs implacables et de rythmiques propices au headbang. Un groupe qui se démarque du reste de l’affiche pour son orientation résolument metal, qui n’a cependant eu aucun mal à convaincre les spectateurs présents.

Setlist (incomplète) :

Spearheading the Spawn
Walls Instead of Bridges
Ours is the Storm

Stick To Your Guns

Arrive ensuite Stick To Your Guns, groupe de hardcore mélodique californien. Bien attendu par une frange non négligeable, le groupe fait bien participer le public et provique de nombreux circle pits, notamment grâce à une remarque du chanteur Jesse Barnett : « Pour être heureux, nous avons besoin de paix, d’amour, de burritos et de circle pits ! » Il ne manquera pas de parcourir la scène d’un bout à l’autre pour harranguer la foule au maximum.

Les musiciens ne sont pas en reste et se montrent très mobiles, sautillant et headbanguant de part et d’autre de la scène. Il servent au public neuf compos mélangeant parties bourrines typiquement hardcore avec des passages mélodiques se rapprochant assez de la pop. Si ce mélange fonctionne auprès des  afficionados, le côté patchwork approximatif des chansons laisse quelques spectateurs sur leur faim.

Stick To Your Guns

Le chanteur s’autorise également un long discours sur la manifestation anti-mariage gay qui avait lieu le même jour à Paris, en prenant une position pro-mariage et en revandiquant le droit à l’amour pour chacun . Si le côté revendicatif est propre au punk, on pourra regretter la longueur de ce discours, qui casse quelque peu le rythme du spectacle, pourtant bien mené par les cinq musiciens présents sur scène.

Setlist :

Diamond
What Goes Around
Amber
Empty Heads
Against Them All
Life in a Box
Built Upon the Sand
Such Pain


H2O
 

Vient maintenant le groupe de punk H2O, après une intro pour le moins surprenante, composée du tube de « Empire State Of Mind » Jay-Z et Alicia Keys et de « New York » de Frank Sinatra. Débarquent alors les cinq punks new-yorkais, prêts à servir une musique efficace, rythmée et entraînante au public qui, calme au début du concert, se prêtera au jeu lorsque le groupe entonnera le tube « Nothing To Prove ».

Surexcitée pendant le reste du set, la foule ne manque pas d’amener des slammeurs de plus en plus nombreux sur scène, qui sont bien accueillis par les musiciens, visiblement de bonne humeur. Les rôles s’inverseront lors que le chanteur Toby Morse viendra chanter au milieu du public, malgré le fait qu’il utilise un micro filaire. Deux membres d’Agnostic Front, le bassiste Mike Gallo et le chanteur Roger Miret, viendront prêter main-forte au groupe pour les choeurs en milieu de set.

H2O Agnostic Front

Côté setlist, l’album de 2008 Nothing To Prove mène la danse avec pas moins de six titres joués, suivi de F.T.T.W. avec trois chansons, notamment le single « One Life, One Chance ». Seul Go de 2001 n’est pas représenté. En plus de la reprise de Sick Of It All, « Friends Like You », issue de l’album de 2011 Don’t Forget Your Roots, le groupe s’autorise à reprendre quelques classiques et à les mélanger à ses propres morceaux à la fin du concert, avec « War Pigs » de Black Sabbath, « Walking On The Moon » de Police et « Hard Times » de Cro-Mags.

Autant de curiosités qui ne feront pas retomber l’ambiance, bien au contraire, l’excitation du public est maintenue. Le côté léger et entraînant de H2O détend l’atmosphère avant l’arrivée des deux mastodontes du hardcore qui se partagent la tête d’affiche de cette édition du Persistence Tour.

H2O

Setlist :

Empire State of Mind/New York (sur bande)

1995
Universal Language
Nothing to Prove
Family Tree
Still Here
One Life, One Chance
Guilty by Association
Fairweather Friend
Faster Than the World
Friends Like You (reprise de Sick Of It All)
WarPigs/5 Year Plan
Walking On The Moon/Sunday
Hard Times/What Happened

Agnostic Front

Après l’intro épique du thème du western Le Bon, la brute et le truand (Sergio Leone) arrivent sur scène cinq autres lascars de New York, cette fois incontestablement hardcore. Menés par le charismatique Roger Miret, les musiciens d’Agnostic Front sont prêts à enchaîner les titres sans lever le pied du champignon. 

Dans les titres présentés, le groupe met l’accent sur ses trois derniers albums en date : My Life, My Way (2011), Warriors (2007) et Another Voice (2004), avec « For My Family » au rang des titres fédérateurs ou encore le thrashy et agressif « All Is Not Forgotten ». Le groupe n’oublie évidemment pas ses vieux classiques comme « Gotta Go » ou « Crucified », afin de mélanger les époques pendant les 55 minutes imparties.

Agnostic Front

Côté son, on regrettera un rendu imprécis qui privilégie les graves, au détriment des guitares. La puissance des compos des vieux biscards du hardcore n’est donc pas assez bien rendue, malgré une bonne volonté des musiciens, qui n’hésitent pas à haranguer la foule à tout va et à se montrer mobiles sur scène.

Le public, dont l’excitation n’a pas baissé d’un poil, y est bien réceptif et multiplie circle pits violents et walls of death impitoyables. La tension est maintenue par la venue sur scène de Jamey Jasta, frontman d’Hatebreed, qui pousse la chansonnette sur le titre « Peace ». Les slammeurs viennent ainsi en masse sur scène, notamment sur le tube « Gotta Go », au cours duquel Roger invite tout le monde à le rejoindre en déclarant : »Cette scène est la votre ».

Agnostic Front Hatebreed

Avec un tel set les fans de hardcore ont de quoi être fatigués tant l’ambiance est chaude. Cependant, le line-up du Persistence Tour n’a pas dit son dernier mot, il reste encore la dernière tête d’affiche…

Setlist :

The Good, The Bad and The Ugly (sur bande)

Addiction
Dead to Me
My Life My Way
That’s Life
A Mi Manera
For My Family
Friend or Foe
All Is Not Forgotten
Peace
Crucified
Gotta Go
Riot, Riot, Upstart
Police State
Take Me Back
Blitzkrieg Bop (reprise de The Ramones)

HATEBREED

C’est donc le groupe du Connecticut qui vient conclure cette soirée forte en émotions, avec un set d’une heure en acier trempé. Avec son mélange de metal et de hardcore, Hatebreed ne fait clairement pas dans la dentelle et est bien décidé à le montrer au public parisien. Bien mobiles, les cinq américains occupent l’ensemble de la scène sans jamais quitter des yeux le public.

Jamey Jasta, en bon frontman, n’hésite pas à prendre le public à partie, en invitant à plusieurs reprises au cirle pits, sans oublier de parler de l’entraide en demandant de relever les malheureux qui auraient chûté, ou de faire chanter la foule sur des titres fédérateurs comme « In Ashes They Shall Reap ». Le frontman dédiera aussi le titre « Last Breath » à Mitch Lucker, chanteur de Suicide Silence, décédé en novembre 2012.

Jamey Jasta Hatebreed

Côté setlist, le groupe passe en revue l’ensemble de ses albums studio, en mettant en avant le classique Supremacy avec notamment les indispensables « Destroy Everything » et « Defeatist », n’oublie pas ses débuts avec « Smash Your Enemies », présent sur l’EP Raise The Knife et sur l’album Perseverence, et joue aussi deux titres de The Divinity Of Purpose, qui sortira le 25 janvier : le single « Put It To The Torch » et « Indivisible », joué ce soir pour la toute première fois.

Tous ces titres sont autant de missiles hardcore qui font mouche sur chacun des fans présent dans la fosse. Le pit est violent, les circle pits impitoyables et les moshers sont surexcités, si bien que certains malheureux devront se faire évacuer après avoir pris de mauvais coups. La tension semble être à son paroxysme avec Hatebreed et ne baissera pas jusqu’à la dernière note.

Hatebreed

Aidés par un son puissant et équilibré, les musiciens américains ont pu convaincre que leur rage n’a pas baissé avec les années et que l’envie de rassembler à travers la musique est toujours présente. En bonne tête d’affiche du Persistence Tour 2013, Hatebreed offre ainsi un un final en apothéose, sincère et direct.

Setlist :

To the Threshold
Put It To the Torch
Tear It Down
Everyone Bleeds Now
In Ashes They Shall Reap
Never Let It Die
Empty Promises
Doomsayer
Smash Your Enemies
Indivisible
Proven
Defeatist
Last Breath
As Diehard as They Come
This Is Now
Live for This
I Will Be Heard
Destroy Everything

Un grand merci à Olivier Gestin pour les photos.

 



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