Huronian – As Cold As A Stranger Sunset

L’Huronien correspond à une période glaciaire intense du Précambrien, ayant débuté il y a 2,4 milliards d’années et au cours de laquelle, selon la communauté scientifique, la Terre aurait été entièrement couverte de glace. Quoi de plus inspirant comme sujet pour un groupe de death metal ? D’autant plus qu’Huronian puise son inspiration musicale dans la scène suédoise, à commencer par Dissection et les premiers At The Gates. Au cours des trente minutes que dure As Cold As A Stranger Sunset, le trio italien nous entraîne dans des terres désolées et glacées, ce qui n’est pas pour nous déplaire…

 

Outre le sublime artwork réalisé par Daniele Lupidi, vocaliste de la formation, c’est la courte introduction au piano et aux cordes frottées qui se charge de nous faire entrer dans l’univers froid et brutal du combo. D’ailleurs, la puissance des vents catabatiques qui caractérisent les périodes glaciaires est bien exprimée par le riffing intense qui suit sur « Portals to the Unspeakable », dans la plus pure tradition des combos scandinaves du début des années 90’s, scène de Göteborg en tête. Le tout est porté par le chant écorché de Daniele Lupidi, qui rappelle celui de Tomas Lindberg (At The Gates) sur le Slaughter of the Soul des Suédois. Pourtant, malgré ce démarrage en trombe, le trio n’oublie pas d’être mélodique comme il le prouve sur le solo à 2:31. Ce premier vrai titre (si l’on omet l’introduction) est déjà bien représentatif du reste de l’album.

 

 

La suite est en effet du même acabit, comme sur « A Tale of Frost and Stone » qui n’épargne personne et qui est porté par un solo lumineux (à 1:44) de la part d’Umberto Poncina, tandis que le thème d’introduction du court « Hopeless Barricade » restera à coup sûr en tête des auditeurs qui s’aventureront dans l’univers des Italiens. On apprécie également l’aspect presque thrash d’ « Emissary of the Void », Mais c’est bien évidemment « Ever-Burning » qui s’impose comme le titre majeur de ce As Cold As a Stranger Sunset. La basse de Poncina y effectue des cavalcades endiablées sur les couplets, avant un pont mélodique inattendu à la guitare acoustique. Les Italiens expriment ici une musicalité et une mélancolie qui constitue alors le climax de l’opus. On comprend alors pourquoi « Ever-Burning » a été choisi comme premier extrait dévoilé sur les réseaux sociaux.

Cet esprit liant à merveille mélodie et puissance se retrouve également sur le titre de clôture de l’album, « Shadow Cast by Eternal Sails » dont le final renoue avec les guitares acoustiques. Malheureusement, ce thème apparaît bien trop court et l’album se termine de façon un peu brutale, là où l’on aurait aimé un vrai développement de la mélodie joué par ce duo acoustique. Car oui, l’album est court, ne durant que trente-deux petites minutes. Si l’on comprend l’envie du trio de proposer un ensemble puissant, cohérent et qui ne lasse pas à travers des titres courts et directs, qui n’excèdent pas 4:30 (seul « Ever-Burning » dépasse les cinq minutes), un développement un peu plus poussé des idées du dernier titre aurait permis de finir l’album en beauté.

Outre ce point, de petits défauts de production émanent de l’album, notamment sur ces soli de guitare mixés trop en avant et qui ne s’intègrent pas toujours bien à l’ensemble (« Portals to the Unspeakable » à 2:32, « Awaken in a Nameless Time » à 1:42, « Emissary of the void » à 2:18). Le trio a en effet fait le pari de sonner brut et live, avec une production rappelant leurs influences des années 90 (Storm of the Light’s Bane de Dissection en tête). Précisons toutefois que ces quelques points ne gâchent pas une écoute qui reste plus que plaisante.

En effet, à l’issue de cette demi-heure d’écoute, il ressort une impression générale très positive, celle de découvrir un diamant brut, capable d’écrire de très bons titres à l’efficacité redoutable (« Ever-Burning », « Portals to the Unspeakable », « A Tale of Frost and Stone »). Il ne manque pas grand chose à cet album pour être totalement abouti et nul doute que si le trio poursuit sur cette voie, mariant à merveille ses influences et cultivant le sens du riffing comme il le fait d’ores et déjà, il s’imposera comme l’une des révélations marquantes du style. En attendant, il nous reste cette belle découverte à écouter et réécouter.

 

Tracklist :

Intro
Portals to the Unspeakable
A Tale of Frost and Stone
Hopeless Barricade
Birds Amongst Insects
Awakened in a Nameless Time
Ever-Burning
Emissary of the Void
Shadow Cast By Eternal Sails

 

 

Déjà disponible chez Dolorem Records
Crédits photographiques : DR

Note : 7,5/10

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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