Voodoo Circle – More Than One Way Home

Dans le monde guitaristique, le nom d’Alexander Beyrodt est irrémédiablement associé aux groupes de power metal Primal Fear et Silent Force, par le biais desquels il s’est jusque là illustré. En revanche, peu connaissent l’amour qu’il porte au classic rock, et  à des groupes tels que  Rainbow, Deep Purple et Led Zeppelin qui ont réellement inspiré le guitariste Allemand et continuent toujours de hanter son imaginaire musical. Fort d’un premier album éponyme sorti en 2008, puis d’un second album intitulé Broken Heart Syndrome, son groupe Voodoo Circle nous revient aujourd’hui avec More Than One Way Home. Le havre de liberté artistique parfait pour Alex, qui en est le compositeur principal.

Le titre d’introduction, « Graveyard City » donne le ton immédiatement et appelle à taper du pied. Dans une veine hard rock des 70’s et un riff très Hendrixien, il réussit tout de même le pari ambitieux de sonner très moderne et intéressant en terme de composition. « Tears In The Rain » continu sur un tempo plus posé, et rappelle tout de suite Whitesnake et la profondeur de la voix de David Coverdale, compatriote par ailleurs du chanteur David Readman (Pink Cream 69, Adagio). Riffs efficaces, guitares superposées qui donnent le blues, orgue Hammond pour Jimmy Kresic (synthétiseurs) qui évoque évidemment Jon Lord et Deep Purple, et une très belle performance vocale. « Heart Of Babylon » est construit comme le « In The Heat Of The Night » de Whitesnake, pour le plaisir des nostalgiques que nous sommes, et est ponctué de solos très Malmsteenien à la Stratocaster mais aussi au synthé. « Cry For Love » s’impose comme le hit de l’album, avec un refrain sublime que l’on retient instantanément. « Alissa », chanson aux paroles écrites par Alex lui-même en hommage à sa fiancée du même nom, offre une pause électro-acoustique délicate et bien sentie. « The Ghost In Your Heart » referme la parenthèse, avec l’orgue à la Jon Lord qui revient en force, des riffs de guitare imparables, et un solo plus Gibsonnien. « Bane Of My Existence » et « Killer In You » sont plus up-tempo et consolident la passerelle entre Led Zeppelin, Rainbow, et 2013. Les ballades « More Than One Way Home », puis « Victim Of Love » s’inscrivent dans la plus pure tradition Whitesnake, tandis que « The Saint And The Sinner » et « Open Your Eyes » proposent une évolution un peu plus progressive qui tranche avec le reste de l’album, et lui offre une clôture tout en finesse.

 

Les meilleures amies d’Alex Beyrodt


Des solos magnifiques, une voix chaleureuse et forte qui assure vraiment, pour des titres catchy et riches, More Than One Way Home aura tout pour plaire aux rockeurs de tous bords. On regrettera cependant que la batterie de Markus Kullmann et la basse de Mat Sinner soient un poil trop sous-mixées à notre goût. Hormis ce bémol, on a affaire à un album de qualité, qui s’écoute très facilement. On sent par ailleurs qu’il a été réalisé dans un contexte de liberté artistique, et cela ajoute à la crédibilité du tout, lui conférant un cachet d’authenticité. Alex Beyrodt et sa troupe auront surtout cherché à se faire plaisir en jouant ce qui les bottait réellement, sans avoir de compte à ne rendre à personne. Et comme ce dernier le dit également si bien dans notre interview, ce style précis de musique offre une grande marge de manœuvre aux musiciens : des structures relativement « simples » qui privilégient plus le groove et le feeling des instrumentistes. Qui sont ici manifestement présents et efficaces.

Au fil des douze titres qui le composent, More Than One Way Home s’impose comme un must en matière de nostalgia, et est à recommander chaudement à tout amateur de classic rock et de bon hard rock « straight to the point ». Il ne faut pas s’attendre à une révolution en matière de composition ou de son, car l’album est avant tout un hommage aux groupes qui ont influencé Beyrodt et ses comparses, et officie donc dans cette branche déjà maintes fois empruntée. Mais à l’instar de tous les groupes qui ont tenté de copier ces illustres hérauts, Voodoo Circle peut se vanter d’ajouter un nouveau chapitre à cette histoire très contée, et il en résulte un album classe, bien produit, et vraiment bien exécuté. Les chansons qui le compose ont des airs d’hymne, et trouveront leur utilisation optimale, tout comme un bon Jorn Lande, au volant de votre voiture ! Que vous soyez à bicyclette, en Lada ou en BMW, More Than One Way Home sera votre compagnon de route idéal : une musique entraînante, forte et poignante même par moments.

 


 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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