Björn Speed Strid et Ola Flink de Soilwork


Double-interview pour double-album
 

A l’occasion de la sortie de The Living Infinite, 10e album de Soilwork, Björn « Speed » Strid (chanteur) et Ola Flink (bassiste), les deux membres les plus anciens du groupe, ont accordé une interview à La Grosse Radio à propos de leur premier double-album, des récents changements dans le groupe et d’une prochaine tournée. 

Vyuuse : Pourquoi un double album ?

Björn : Nous voulions faire quelque chose de spécial pour notre 10e album, il fallait innover. Nous avions déjà sorti pas mal d’albums, donc, pour celui-ci, 10 ou 12 chansons ne nous suffisaient pas, il nous  fallait un défi plus important à relever. C’était important, surtout après le chaos qui est arrivé au groupe, avec Peter [Wichers, guitariste] qui est revenu dans le groupe, puis qui est reparti, nous voulions nous prouver et prouver aux gens qu’il y a d’autres excellents compositeurs dans le groupe. Je pense que c’est réussi dans The Living Infinite. Après le départ de Peter, qui écrivait beaucoup pour le groupe, les membres se sont sentis plus libres d’écrire des chansons plus variées, peut-être même plus progressives, d’autant que nous avions décidés de faire un double-album avant de nous mettre à écrire.

Ola : Souvent, tu ne peux pas forcément deviner la manière dont va sonner un album avant l’enregistrement, même avec démos qu’on fait avant. On ajoute pas mal de choses en studio, c’est vraiment un espace créatif.

Björn : On avait des démos vraiment merdiques pour cet album en plus ! (rires)

David Anderson, le nouveau guitariste, a écrit neuf chansons dans l’album. Pas mal pour un nouveau !

Björn : Nous ne nous sommes pas imposés de restrictions, nous nous sommes juste tous mis à écrire. Je pense que David est familier au son et aux membres du groupe, puisqu’il a tourné avec nous en 2006 et aussi sur d’autres tournées en Amérique, en Australie et au Japon. C’est aussi un fan qui suit Soilwork depuis le début, donc il n’a pas eu besoin de s’adapter ou de se forcer à écrire d’une certaine manière.

Soilwork

Dans votre projet rock, The Night Flight Orchestra, sorti en 2012, toutes les chansons sont écrites par vous deux, comme beaucoup d’autres dans The Living Infinite. Y a-t-il un lien ?

Björn : C’est difficile à dire. C’est très intéressant d’avoir enregistré un album de classic rock des années 70 au mois de janvier 2012, pour revenir en studio au mois d’août et enregistrer un double-album de death metal ! (rires) Ca m’impressionne un peu. De mon point de vue, je pense avoir amené de ce projet une certaine confiance, cela m’a beaucoup appri, mais je ne peux pas vraiment faire de lien musical entre ces deux albums, qui sont très différents.

Y aura-t-il un second album de ce projet ?

Björn : Oui, il y en aura un second, nous avons tous pris beaucoup de plaisir avec ce projet. David prétend qu’il a déjà tout écrit ! Je pense qu’il était bourré quand il m’a dit ça, parce que je ne sais pas où il aurait trouvé le temps d’écrire tout ça après l’enregistrement du premier album enchaîné avec l’enregistrement de The Living Infinite !

Ola : Cela ne m’étonnerait pas, cela dit ! Il aurait pu les sortir de son chapeau et « tada ! »

D’où vient le titre The Living Infinite ?

Björn : Il vient de la description de l’Océan faite par Jules Verne, je trouvais que ça collait bien à l’ensemble du disque, dans lequel on pose beaucoup de questions existentielles. C’est le thème général de l’album.

Speed Soilwork

Ola Flink, tu as écrit les paroles de la dernière chanson de l’album, « The Oracles Predict, The Owls Stand Guard »…

Ola : …Et que s’est-il passé ? (rires) Un matin, je me suis réveillé, avec un fort sentiment qu’il m’est difficile de décrire. Je me suis assis et mis des mots dessus, issus d’images dans ma tête. C’était marrant à faire, ce n’est pas la première fois que j’en écris, j’ai bien aimé.

Pourquoi avoir choisi « Spectrum of Reality » comme premier single de l’album ?

Björn : C’était très difficile de choisir une chanson. Nuclear Blast, notre label, a eu l’idée de sortir cette chanson en premier et nous sommes totalement d’accord, c’est une chanson rapide et plutôt représentative de l’album, car elle a des blast beats et des guitares mélodiques et aussi du chant clair. Sur l’album The Panic Broadcast, nous avions le même type d’ouverture avec « Late For The Kill », mais c’était la seule chanson vraiment rapide du disque. Il y a plus de chansons rapides sur The Living Infinite, donc ce single est plus cohérent.

Vous êtes les deux membres les plus anciens du groupe. Après avoir vus passer de nombreux musiciens, que pensez-vous du line-up actuel ?

Ola : C’est le meilleur qu’on n’ait jamais eu !

Björn : Je ne pourrais pas être plus heureux avec un tel groupe. Nous sommes tous au même niveau, nous allons dans la même direction, nous avons tous envie de tourner, sans avoir peur qu’un des membres veuille se retrouver ailleurs, ou soit sceptique à propos du fait d’être loin de ses proches. Sur le plan musical, nous sommes tous d’accord sur la direction, nous savons ce que nous voulons faire et ce que nous voulons accomplir en tant que groupe. C’était aussi le cas avec d’autres line-ups, mais les gens changent et trouvent d’autres priorités dans leur vie.

Soilwork

Est-ce qu’un double-album signifie un double-set lors de votre prochaine tournée ?

Björn : Ça dépend du succès de l’album, de la réponse des fans. Je ne sais pas si cela intéresserait les gens d’entendre l’album en entier en live, certains oui, assurément, mais les fans veulent aussi écouter nos chansons plus anciennes. A la limite, quand les gens se seront familiarisés avec The Living Infinite, on pourrait peut-être jouer l’un des deux disques en entier et le mélanger avec d’autres de nos chansons lors de la deuxième moitié du concert.

Ola : C’est une idée qui me plait, ça serait cool à faire.

Cela fait plus de quatre ans qu’on ne vous a pas vus en France ! Que s’est-il passé ?

Björn : C’est regrettable, nous ne savons pas vraiment pourquoi. Nous avons fait une tournée européenne avec All That Remains, mais nous ne sommes pas passés par la France, ni même pour les festivals. Lors de notre prochaine tournée européenne, nous allons passer par la France, c’est sûr, sinon, ce serait un désastre, nous avons un vrai bon public ici. Après les festivals cet été, nous irons probablement en Australie et au Japon et reviendrons en Europe cet automne.

Ola : Nous arriverons avec la neige, on pourra nous appeler « Snow-work » ! (rires)

Au mois de novembre, vous avez fait la Barge To Hell (croisière metal qui allait de Miami aux Bahamas). Quelle expérience en avez-vous tiré ?

Björn : C’était magnifique de pouvoir se retirer au soleil alors que c’est l’hiver en Europe. Nous n’étions jamais allés aux Bahamas, donc nous avions hâte de voir ça. C’était aussi drôle de faire partie des groupes les plus « gentils » de l’affiche ! Sinon il y avait Mayhem, Krisiun… On a fait un concert en intérieur, dans la salle de concert de la croisière, et un à l’extérieur, sur le pont, au milieu des gens qui sirotaient leur piña collada et barbotaient dans la piscine pendant qu’on jouait, c’était cool !

Ola : J’ai bien aimé le principe de mettre les fans et les groupes au même endroit, les faire aller au même bar, c’était un peu les vacances pour tout le monde !

Ola Soilwork

Ola, tu n’as pas de projet en parallèle. Est-ce que Soilwork te suffit ?

Ola : Oui, quand je suis tout seul, je m’amuse avec mon ordinateur. Du moins, je le faisais quand j’en avais un, maintenant, c’est juste un gros point d’interrogation qui me fixe ! (rires) Je joue un peu avec ma basse et ma guitare, mais jusque-là, cela ne m’a mené à rien de concret en parallèle. J’en aurais un, un jour, mais je ne sais pas quand. Ce ne sera pas du metal (Björn : Ce sera du hardcore ! ) Ce ne sera pas du hardcore non, plus, ce sera autre chose. Ce ne sera pas de la musique country non plus, j’aurais pu il y a quelques années. Ce sera de la musique qui mettra en avant la basse, vu que j’en joue depuis quelques années, je me suis habitué (rires) !

Björn : « Je commence à apprivoiser ce machin à quatre cordes, un peu plus épaisses que celles d’une guitare » (rires)

Un dernier mot aux fans français ?

Björn : Je voudrais encore une fois m’excuser d’avoir été absent du pays pendant quatre ans. On y travaillera et on fera tout pour contenter notre super public français, je ne vois pas pourquoi la France ne serait pas dans notre planning de tournée européenne. En plus, un de nos membres est français (Sylvain Coudret, guitariste) !

Un grand merci à Leonor Ananké pour les photos.

 



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