Cannibal Corpse au Bataclan (24.02.2013)

Orgie de zombies à Paris

Le 24 février marquait le passage en France du légendaire groupe de death metal américain Cannibal Corpse. Avec 25 ans de carrière dans les pattes, les cinq bouchers floridiens n’ont eu aucun mal à dépecer l’ensemble des fans présents au Bataclan, venus en grand nombre ce dimanche. Pour ouvrir les hostilités, leurs compatriotes DevilDriver et The Black Dahlia Murder étaient présents, ainsi que le groupe de death metal italien Hour Of Penance.

Hour of Penance

La soirée est ouverte par les italiens d’Hour of Penance, qui profitent de la tournée de Cannibal Corpse pour promouvoir leur cinquième album, Sedition, représenté par trois titres dans la setlist, dont le single « Sedition Through Scorn ». Trois autres chansons sont issues de leur troisième album, The Vile Conception, dont le morceau final, « Misconception », qui sera précédé d’un clin d’œil au tube « Hammer Smashed Face » de la tête d’affiche.

A travers un set death metal sans concession, le groupe débite riffs lourds et rythmiques au marteau-piqueur, menées à la baguette par James Payne, qui use et abuse des blast-beats et de sa double-pédale, au grand plaisir des headbangueurs. A l’avant de la scène, le bassiste Silvano Leone met l’ambiance et reste mobile tout le long de la demi-heure impartie au groupe pendant que le soliste Giulio Moschini reste discret et appliqué. Au centre de la scène, Paolo Pieri martèle ses riffs et montre un timbre death intéressant qui mériterait un peu plus de patate.

Le set proposé réjouit le public qui n’est pas très fourni en cette fin d’après-midi dominicale, mais qui répond présent à grands renforts de circle pits, notamment sur « Slavery Of A Deaf Decay ». Les acclamations et applaudissements fusent tout le long du set, montrant que les italiens ont probablement gagné des fans en participant à cette tournée sanguinaire.

Setlist :

Sedition Through Scorn
Paradogma
Absence of Truth
Slavery in a Deaf Decay
Ascension
Decimate the Ancestry of the Only God
Misconception

The Black Dahlia Murder

Après 20 minutes de changement de plateau, c’est au tour metalleux du Connecticut The Black Dahlia Murder de venir servir leur gros son au public parisien, un an après leur passage au Nouveau Casino et moins de deux ans après leur dernier passage au Bataclan, en première partie d’Amon Amarth.

La salle est désormais plus remplie et le public bien plus réceptif à au death metal moderne, entraînant et énergique des américains. Les slams se multiplient à vue d’œil, un pit conséquent est formé dès « Moonlight Equilibrium » et s’agrandira en fin de concert, quand Trevor Strnad réclamera un « circle pit gigantesque ». Les acclamations sont nombreuses et fournies, ce qui montre que le groupe a une fanbase relativement importante à Paris.

Trevor The Black Dahlia Murder

Devant un tel public, le groupe peut s’en donner à cœur-joie et servir ses compos rentre-dedans, aidé par un son clair et puissant, qui met bien en avant le guitariste Ryan Knight et ses solos rapides et mélodiques qui séduisent l’assistance. L’énergie des membres sur scène est palpable notamment du côté de Trevor, qui finira le concert torse-nu après avoir passé quarante minutes à courir partout sur scène et à chauffer le public, demandant même aux fans de montrer leurs muscles avant de démarrer le morceau de circonstance « Statutory Ape ».

Les cinq brutes ont donc su séduire la foule une fois de plus avec un set équilibré entre les différents albums sortis. De quoi préparer le terrain avant la sortie d’Everblack au mois de juin, qui sera le sixième disque de The Black Dahlia Murder.

The Black Dahlia Murder

Setlist :

A Shrine to Madness
Moonlight Equilibrium
Statutory Ape
Miasma
On Stirring Seas of Salted Blood
What a Horrible Night to Have a Curse
Necropolis
Everything Went Black

I Will Return

DevilDriver

La pression monte d’un cran avec l’arrivée de Dez Fafara et sa bande sur la scène du Bataclan, grâce à un public peu avare en acclamations, du moins au début du concert. En effet, si les prestations live de DevilDriver sont connues pour être énergiques (on se souvient du wall of death géant au Hellfest 2012), on pourra s’interroger sur le manque de pêche de celle-ci.

Dez Fafara Devildriver

Les musiciens sont bien sages sur scène et seul le frontman se montre un peu mobile et tente de chauffer un public qui semble avoir du mal à répondre à ses appels. Le premier circle pit fera son apparition au bout d’une demi-heure de concert  et de demandes répétées du charismatique leader du groupe. Ce dernier ne manque pas non plus de remercier les autres formations présentes sur l’affiche et se fendra d’une intro de « Staring Through The Eyes Of The Dead » pour saluer Cannibal Corpse, à la manière d’Hour Of Penance quelques headbangs plus tôt.

La setlist fait essentiellement place aux débuts du groupe, avec une surabondance de chansons des albums DevilDriver et Fury Of Our Maker’s Hand, dont le classique « Clouds Over California », qui représentent à eux seuls les trois quarts du set. Curieusement, un seul titre est issu de Beast, dernier album en date du groupe, qui est le single « Dead To Rights ».

Si l’interprétation et la qualité sonore ne sont pas à déplorer pour ce concert de DevilDriver, on peut néanmoins regretter une ambiance en demi-teinte pour un groupe dont les prestations sont d’habitude plus punchy. Les américains pourront cependant se rattraper lors de leur prochaine date parisienne, en tête d’affiche cette fois, qui aura lieu au Trabendo le 13 août.

DevilDriver

Setlist :

End of the Line
Cry for Me Sky (Eulogy of the Scorned)
Dead to Rights
These Fighting Words
Head on to Heartache (Let Them Rot)
Not All Who Wander Are Lost
I Could Care Less
Horn of Betrayal
Hold Back the Day
The Mountain
Clouds Over California
Meet the Wretched

CANNIBAL CORPSE

C’est maintenant au tour des bouchers zombies de Cannibal Corpse de venir fêter leur 25e anniversaire avec la première date parisienne qui suit la sortie de leur 12e album, Torture. Avec un show minimaliste, avec pour seul décor une toile avec le logo du groupe et des lights statiques, les Floridiens sont prêts à mettre une branlée old-school au public sulfureux et bien fourni du Bataclan.

Pas de chichis pour un concert qui démarre en trombe avec « Demented Agression », « Sarcophagic Frenzy » qui sont aussi les deux premiers morceaux de Torture. Si l’interprétation et l’implication du groupe ne sont pas sujets à reproches, le public n’est pas tout de suite chauffé malgré et prendra le train en marche que pendant « Scourge Of Iron », mid-tempo impitoyable du dernier album. Une fois la machine lancée et les fans peuvent se démembrer dans un « Pit Of Zombies » sulfureux.

Si les fans prennent leur pied, sur scène, peu de choses changent. Les musiciens sont appliqués, avec Pat O’Brien et Rob Barrett qui se renvoient la balle entre riffs dévastateurs et solos écorchés pendant que les vieux de la vieille Alex Webster et Paul Mazurkiewicz dépècent avec leurs rythmiques démentes. Au front, le bien nommé Corpsegrinder est en forme et peut dégueuler à souhait ses lignes vocales d’outre-tombe.

George Fisher Corpsegrinder Cannibal Corpse

Ses apostrophes gutturales sont toujours jouissives, mais on remarquera un peu de manque de spontanéité dans ses interventions, notamment avant le classique « I Cum Blood », où il ressortira les mêmes encouragements au headbang qu’au précédent concert parisien du groupe, en février 2012 (la veille de la Saint-Valentin, tout un programme). Il se décoincera néanmoins au fil du concert, avec notamment un rot sonore après « Make Them Suffer ».

Heureusement, si le déroulement du concert reste le même, le groupe a eu la bonne idée de revoir un peu sa setlist, contentant les fans de première heure avec « A Skull Full of Maggots », et ressortant du cimetière les jouissifs « Unleashing The Bloodthristy » et « Pit Of Zombies ». Les classiques « Fucked With A Knife » et « I Will Kill You » sont eviscérés, mais l’enchainement efficace “Make Them Suffer”-“Hammer Smashed Face”-“Stripped, Raped And Strangled” est conservé, pour le plus grand bonheur des mosheurs.

A la manière d’un Motörhead, Cannibal Corpse reste donc sur ses acquis sur scène, déversant son mélange putride efficace, mais prévisible. Maintenant le cap avec un dernier album studio de qualité, le groupe reste en roue libre et ravit sa fan-base déjà bien conséquente. On ne change pas une équipe qui gagne, les bouchers floridiens l’ont bien compris et continuent de faire à merveille ce qu’ils savent faire.

Rob BarrettCannibal Corpse

Setlist :

Demented Aggression
Sarcophagic Frenzy
Scourge of Iron
Disfigured
Evisceration Plague
The Time to Kill is Now
I Cum Blood
Encased in Concrete
Pit of Zombies
A Skull Full of Maggots
Priests of Sodom
Unleashing the Bloodthirsty
Make Them Suffer
Hammer Smashed Face
Stripped, Raped and Strangled

Un grand merci à Hellbangeuse Live Photography pour les photos.

 



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