Zeal & Ardor, chronique de l’album éponyme !

Ce 11 février, Zeal & Ardor a fait son retour en sortant son nouvel opus éponyme. Depuis quelques semaines déjà, le groupe de black metal avant-gardiste avait déjà commencé à nous mettre l’eau à la bouche en dévoilant pas loin de six morceaux, soit pratiquement la moitié de l’album. On pouvait donc s’inquiéter d’un certain manque de surprise et d’originalité pour le jour tant attendu. Qu’en est-il vraiment après l’écoute complète de ces 14 titres ? 

Il est vrai que cette pratique de dévoiler beaucoup de singles avant la sortie n’est pas toujours des plus appréciables. Rassurez-vous, Zeal & Ardor ne s’est pas cantonné à faire de la redite. Ce qui ressort après avoir écouté ne serait-ce qu’une fois l’album, c’est que Zeal & Ardor reste à l’image de ses créateurs. Cet opus est l’équivalent musical d’un repas de grand chef étoilé. Au menu, des plats variés aux saveurs musicales multiples. Cette galette est une ode à la diversité et une véritable invitation à la découverte. Malgré des influences issues du black metal et du metal progressif, on sent que le groupe Zeal & Ardor a continué d’inclure des influences de tous genres. On y retrouve du rock, du prog, de la soul, du gospel… Et même des touches de musique électronique (avec de très bons arrangements). Ce qui rend l’album plutôt accessible au grand public. Le résultat final s’inscrit par ailleurs dans la lignée des derniers albums du groupe.

Manuel Gagneux Zeal and Ardor

Le fil conducteur de cet album, ce sont en effet les variations et les contrastes très efficaces. La chanson introductive de l’album, éponyme (elle aussi !), est l’exemple parfait de la montée en puissance avec un son très électronique et un tempo incisif. Le tout fait rentrer très facilement dans l’album. Elle ferait d’ailleurs très bien le job en concert en guise d’introduction pour la montée sur scène des artistes. En fait, le morceau « Zeal & Ardor » va progressivement nous emmener sur un terrain plus agressif.

La voix très polyvalente du chanteur Manuel Gagneux va de pair avec la musique, et nous entraîne vers des chansons plus violentes et agressives. C’est le cas du deuxième morceau, « Run » à la recette très efficace commune à de nombreux titres : de bons riffs de guitare très incisifs et souvent répétitifs avec une seule, ou quelques notes, le tout sur une rythmique très propre au metal progressif.

Des chansons poussent même l’agressivité dans ses propres limites. Z&A délivre des riffs metal très entraînants qui vous feront bouger la tête toute la journée. « Götterdämmerung » est certainement la chanson qui le fait le mieux. Elle surprend par des paroles en allemand qui donnent une touche très authentique à la chanson. Mention spéciale également aux très réussies et obscures « Death To The Holy » et « Feed the Machine ».

Mais ce qui fait réellement la force de cet album, c’est son équilibre. A la violence vient s’opposer la douceur, la mélancolie et la nostalgie. C’est notamment le cas du très réussi « Golden Liar », une très belle ballade à la guitare mêlant également un chant très soul / gospel.  Mais cette dernière chanson n’est pas soporifique pour autant, car elle amène l’auditeur vers un exutoire final très rock des plus satisfaisants. Parfois, les couches de puissance et de douceur viennent même jusqu’à pratiquement se superposer (« Erase »). Cependant ce type de proposition qui se retrouve sur certains morceaux peut parfois paraître trop expérimentale.

Enfin, comment ne pas parler du titre qui se distingue le plus des autres, véritable ovni de l’album. « Emersion » est certainement le morceau le plus surprenant de l’album. Les premières notes donnent envie de sourire sur un son pop-rock très électronique qui nous transporte jusqu’à nous faire planer. Mais de manière abrupte la chanson choque quelques dizaines de secondes plus tard, nous coupant alors dans notre élan avec un black metal des plus agressifs. C’est de ce genre de petit plaisir coupable qu’est capable Z&A.

Il serait possible de chipoter sur le fait que la production de l’album n’est pas exempte de défauts avec  un son parfois trop saturé, qui empêche peut-être d’apprécier à leur juste valeur certains passages. De même, certaines chansons, si elles peuvent s’avérer intéressantes, se finissent beaucoup trop vite, ce qui nous laisse un peu sur notre faim. Des titres comme « Bow » ou « J-M-B » avaient un potentiel énorme, mais sont beaucoup trop courts… En bref, l’un des seuls reproches que mériterait cet album serait son aspect à la fois un peu léger et un peu fouillis. Comme si certaines chansons n’étaient que des morceaux en pré-production, des démos qui auraient mérité d’être plus abouties.

En conclusion, s’il manque peut-être un peu d’épique (avec plus de solos de guitares !) et d’immersion supplémentaire, ce nouvel album de Zeal & Ardor n’en reste pas moins une véritable pépite musicale de ce début d’année. Vous pouvez être sûr de trouver dans Zeal & Ardor  une expérimentation musicale qui ne vous laissera pas indifférent. Il ne reste plus qu’à tester l’expérience pour vous faire votre propre avis !

Tracklist Zeal & Ardor :

Zeal and Ardor - Zeal and Ardor

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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