Voyage dans le temps avec Arjen Lucassen, pour la sortie du nouveau Star One

Arjen Lucassen n’est pas seulement un musicien reconnu dans le milieu metal depuis plus de 20 ans (avec notamment son projet Ayreon) : c’est également un grand fan de science-fiction et un vrai gentleman. Avec lui, nous avons donc pu aborder à la fois les sujets qui fâchent (comme la mauvaise réception de Transitus, dernier opus d’Ayreon) mais aussi parler de voyages dans le temps, thème principal du troisième opus de son projet Star One. Le tout avec simplicité, et en évoquant bien évidemment Star Trek dont Arjen est un grand amateur.

Bonjour Arjen et merci de nous accorder cet entretien à propos de Revel in Time, le troisième album estampillé Star One. Je sais que tu débutes chaque nouveau projet en réaction au précédent. Après Transitus, composé comme une comédie musicale, était-ce évident pour toi que ton prochain projet serait un Star One ?

Oh oui, c’était sûr. Transitus n’était pas un album de metal et je sais que certains fans ont pu être déçus par l’orientation de cet opus. Mais je peux le comprendre et peut-être qu’il n’était tout simplement pas fait pour devenir un album d’Ayreon. Je pense que Transitus avait la dimension d’un film.

Regrettes-tu que cet album soit sorti sous le nom d’Ayreon ?

Peut-être que nous n’aurions pas dû le faire, mais je ne pouvais pas laisser ce projet et ses compositions dans un tiroir pendant des années en attendant de réaliser un film, cela aurait été dommage. Je pense qu’il n’y avait pas d’autres solutions. Peut-être que Transitus a également été un dommage collatéral lié à la pandémie, une Corona-victim ! Je n’aurais pas pu réunir le budget nécessaire pour ce que j’avais en tête, mais cela se fera peut-être un jour… Mais oui, pour revenir à ta question initiale, j’avais quelque chose à prouver aux fans après Transitus. Je ne voulais pas les perdre. C’est pour cela que j’ai souhaité un album direct, catchy et plus orienté guitares. Cela m’a automatiquement mené à un nouveau Star One

Tu as donc saisi ta guitare 7 cordes et tu t’es lancé dans des riffs puissants…

Oui ! C’est celle-ci regarde ! [Il empoigne la-dite guitare] Et c’était parti ! [rires]

Comme pour les précédents Star One, tu as réuni le cast d’origine, à savoir Russell Allen, Dan Swanö, Floor Jansen et Damian Wilson. Mais cette fois-ci, tu t’es également entouré de nombreux autres vocalistes. C’est une démarche que tu as tentée il y a dix ans, mais en la cantonnant au cd bonus de Victims of a Modern Age. Pourquoi donc étendre le casting ?

Peut-être une fois de plus en raison de la pandémie. Car avec la situation sanitaire, je n’ai pas pu réunir physiquement Damian, Russell et Floor au sein de mon studio. Pour le premier album, je les faisais interagir entre eux au sein des titres. Et pour cela, j’avais besoin de les faire venir pour les guider directement. Cela n’était pas possible cette fois et j’avais peur qu’en les faisant chanter sur un même morceau, cela ne fonctionne plus à distance. S’ils avaient pu venir chez moi, j’aurai eu accès à de nombreuses options, choisir les meilleures parties vocales et les meilleures interactions. Tout ce que je pouvais faire, c’était de les laisser chanter sur des morceaux complets. Mais il y a tellement de nouveaux chanteurs avec qui je voulais travailler. Tu as mentionné le CD bonus de Victims, et je sais que plusieurs fans préfèrent ce cd bonus en raison des autres chanteurs qui sont présents dessus et parce qu’ils interviennent sur un morceau complet. Je sais, c’est surprenant ! [rires] Mais j’ai senti que c’était une bonne option. Un peu à la manière de ce que j’ai fait pour Universal Migrator d’Ayreon. Tu sais que j’aime bien faire un petit jeu sur les réseaux sociaux pour faire deviner qui intervient sur mes albums en amont de leur sortie. Avec tant de chanteurs, cela faisait un beau « guessing game » ! C’est une bonne raison ! [rires]

D’habitude, lorsque tu écris un titre pour Ayreon, tu songes à un chanteur pour interpréter un rôle. Cette fois-ci, il s’agissait donc de choisir un chanteur pour une composition. C’est un peu différent non ?

Oui. Mais comme d’habitude j’ai fait une liste de mes chanteurs préférés. C’est une liste de 200 noms ! [rires]

C’est la même liste que tu reprends à chaque album ?

Oui ! [rires]. Mais elle s’allonge quand même à chaque fois ! Sauf quand un chanteur décède, ce qui arrive trop fréquemment… En regardant la liste, je me demande quel vocaliste convient au concept, puis au style de musique. Un chanteur typé prog ne conviendra pas spécialement à un album de Star One par exemple, plus orienté metal. Je voulais également réunir à la fois des vétérans comme Tony Martin et des nouveaux talents comme Brittney Slayes ou Brandon Yeagley. Parfois, le choix d’un chanteur est facile. Pour « Fate of Man », c’était totalement écrit pour Brittney Slayes. J’aime beaucoup ce qu’elle fait avec Unleash the Archer. Et je sais que c’est une très grande fan de Terminator [le sujet du morceau NDLR]. Parfois, c’est beaucoup plus difficile, comme pour « The Year of ’41 ». J’avais trois ou quatre options de chanteurs pour ce titre. C’est notamment ce qui m’a amené à faire un deuxième CD avec deux options différentes, ce qui est probablement l’une de tes prochaines questions [rires].

Oui, effectivement. En écoutant parfois deux versions d’un même titre chanté par deux vocalistes différents, c’est là où l’on se rend compte qu’un chanteur apporte parfois une couleur à l’ensemble du morceau. Je pense notamment à « Revel in Time », chanté par Brandon Yeagley, où la touche classic rock est plus marquée que sur la version bonus…

Je suis totalement d’accord avec toi. Neuf fois sur dix, j’avais la chanson avant de choisir le chanteur. Mais pour celle-ci, c’était différent. Quand j’ai vu le clip de « Low Life » de Crobot sur Youtube, j’ai adoré le morceau, sa façon de chanter, son charisme. J’ai immédiatement voulu bosser avec lui. Mais il me fallait le morceau adéquat. Cela devait être un morceau amusant et cool, sur lequel il pourrait exprimer son talent et son sens de l’humour…

C’est ce que tu as essayé de faire aussi sur le clip du morceau en question, « Revel in Time » !

Oui ! J’avais le clip en tête également. C’est un titre que j’ai écrit spécialement pour lui, il devait donc y être !

Ce n’est d’ailleurs pas le seul titre à posséder cette touche classic rock. Je pense notamment à « Back From the Past ». Cet album parle de voyages dans le temps. Pour retrouver cette touche classic rock, tu as voyagé de nouveau vers les 70′ s ?

Oui, j’en viens directement ! Je suis même plus précisément un pur produit des années 60 et 70. C’est ma période préférée en terme de musique. Ca a commencé avec les Beatles, jusqu’en 76 lorsque le punk a débarqué. Mon son est peut être plus heavy, c’est vrai. Tu as mentionné les guitares 7 cordes par exemple, et le côté très metal. Mais ça reste pour moi un album de hard rock, qui a des parties metal, voire certaines parties proggy même si elles restent peu nombreuses. C’est vrai que musicalement, c’est un voyage dans le temps. Les films qui ont inspiré chacun des morceaux sont eux-mêmes issus de périodes différentes, depuis les années 70 jusqu’à Interstellar qui est sorti en 2014 [et qui inspire « Lost Children of the Universe » sur cet album NDLR]. Je voulais faire un album assez varié et le fait que chaque composition ait un chanteur différent, c’est quelque chose qui aide.

Parlons un peu de voyages dans le temps, puisque c’est le sujet de cet album. Si tu avais le choix, préfèrerais-tu voyager vers le passé ou le futur ? Et quelle période irais-tu visiter si tu n’avais la possibilité de ne faire qu’un seul et unique trajet ?

Seulement un seul ? Ah, c’est dommage ! Du coup, j’irai une semaine dans le futur, prendre les numéros de loto et je reviendrais à l’heure actuelle pour gagner le gros lot ! [rires] Ou alors, dans le passé, pour acheter des actions tesla lorsqu’elles n’étaient pas encore trop chères ! [rires]

Et quelle machine choisirais-tu ? Un tardis [comme dans Doctor Who, NDLR] ou la Delorean de Retour vers le Futur ?

La Delorean est plus cool ! [rires] Oui, c’est sûr et certain ! Mais le choix est dur car le Tardis de Doctor Who est bien plus grand à l’intérieur! C’est aussi très tentant !

Cette fois-ci encore, tu proposes un double CD, en sortant les guiding vocals de chaque morceau. Est-ce qu’il serait imaginable qu’un jour tu sortes toutes les pistes « guiding vocals » des albums précédents, à travers un fan club par exemple ?

Et bien, cette fois-ci c’est un peu différent. Car comme je n’ai pas pu faire venir les chanteurs chez moi, j’ai dû trouver des guides vocaux ici, en Hollande. Ce qui explique que ça soit Marcela Bovio ou John Jaycee Cuijpers qui s’en chargent. Mais en écoutant leurs parties, je les ai trouvées tellement bonnes que j’ai voulu quand même les sortir. Pour les autres albums, c’est moi même qui ait enregistré les guiding vocals. Et pour être honnête, c’est de la merde ! [rires] Imagine moi en train de chanter à l’octave inférieure une partie de chant prévue initialement pour une chanteuse ! Ça sonne horrible, et c’est la raison pour laquelle je ne voudrais pas que quelqu’un d’autre puisse l’entendre [rires]. Quand c’est dans ma tonalité, c’est encore écoutable, comme cette fois-ci sur « Today is Yesterday ». Sur 01011001, c’est également ce qui est arrivé sur « Comatose » ou « Waking Dreams » qui convenaient à ma tonalité. Mais les autres guiding vocals ont été complètement effacées et personne ne les as entendues à l’exception des chanteurs qui les ont utilisées [rires].

Pourtant, les fans aiment ta voix. J’en veux pour preuve ton album solo, Lost in The New Real qui a récolté un beau succès…

C’est vrai. Mais c’était vraiment écrit pour ma voix. Imagine ce que donnerait ma voix sur « Dawn of a Million Souls » ? Ça n’arrive pas à la cheville de ce que fait Russell Allen. Ces pistes guides sur lesquelles je chante ne sont pas bonnes et en même temps, je n’ai jamais cherché à les rendre écoutables [rires]. Elles ne servent qu’à transmettre une idée de ce que je souhaite… Attends… Je crois que je t’ai donné un mauvais exemple avec « Dawn of a Million Souls », car à l’époque j’avais demandé à Ian Parry [ex-chanteur de Vengeance, au sein duquel Arjen a également officié NDLR] de faire la piste guide pour Russell.

Outre ces pistes guides, possèdes-tu encore les démos qui t’ont permis de finaliser toutes ces compositions ?

Pour mes démos, c’est pareil, c’est juste inécoutable ! Elles sont travaillées au clavier midi et à la souris d’ordinateur ! [rires] Comme je ne suis pas dans un groupe, je ne travaille pas mes compositions en jammant et en enregistrant en même temps, comme les Beatles pouvaient le faire. Eux, ils ont fourni beaucoup de matériel bonus car ils étaient tous les quatre en studio. De mon côté, je suis seul et quand je compose, je démarre par des parties de piano, puis j’ajoute des batteries programmées par ordinateur, puis je joue des parties de guitare par dessus tout cela. Toutefois, ces parties de guitare sont généralement les enregistrements définitifs. Comme tu le vois, ce ne sont donc pas des démos que l’on peut écouter avec plaisir. Je ne conçois pas que des gens puissent payer pour entendre ça ! [rires]

Sur cet album, tu as pu travailler avec Bumblefoot et Steve Vai en tant que guitaristes solistes, ou encore Michael Romeo qui est déjà intervenu sur ton travail. Sur Transitus, tu avais pu faire intervenir Joe Satriani. Ils font partie des meilleurs guitaristes actuellement…

Oui, je sais ! [rires]

Il ne manque plus que John Petrucci pour parfaire ta collection de shredders !

Oui. J’ai déjà été en contact avec lui à de nombreuses occasions. La dernière fois que je l’ai vu, c’était notamment pour lui remettre un prix pour son travail de guitariste en 2019. Chaque fois que nous nous voyons, nous parlons d’une collaboration ensemble et on se dit tout le temps « Ok, faisons-le, c’est le moment ! ». Mais à chaque fois, un empêchement arrive. Soit il est en studio ou en tournée, soit c’est de mon côté que ça coince. Mais ça arrivera un jour, c’est certain !

En parlant de guitare, le solo de Steve Vai sur « Lost Children of the Universe » est très marquant. Il est notamment assez long, très aérien et expressif. Et contrairement à ce que l’on pouvait imaginer, il n’est pas axé sur le shred mais plus sur l’émotion. Quelle consigne lui as-tu donnée ?

Rien du tout ! Je ne donne jamais d’instruction pour les solos. Je leur demande ces collaborations avant tout parce que je suis fan de leur travail, mais jamais je ne voudrais les limiter. Surtout Steve Vai ! On ne lui demande pas « hey Steve, joue comme ça ! ». Je lui ai envoyé la backing track. Il m’a demandé « Sur quelles mesures veux-tu le solo ? ». « Sur tout l’ensemble ! » [rires] Sachant cela, il m’a demandé de lui laisser un peu de temps pour travailler dessus. Quand j’ai reçu le résultat, j’en ai pleuré pendant plusieurs heures ! Il y a tout de même quelques descentes de gamme assez rapides, mais il est vrai que ce solo reste très atmosphérique. A mon sens, c’est aussi la raison pour laquelle il a accepté cette collaboration. Si cela n’avait été que des choses rapides et heavy, il aurait certainement dit non, car je l’avais déjà sollicité pour cela sur des albums précédents. J’ai justement lu hier une interview de Steve où il disait que les gens le sollicitent en permanence pour des collaborations. Il en fait peu, car il a besoin de sentir les choses, d’avoir le sentiment qu’il ajoutera quelque chose au titre.

Et t’attendais-tu à un tel résultat quand tu as reçu la piste finale ?

Oh oui, car je sais de quoi il est capable. As-tu vu cette vidéo qu’il a sorti récemment pour son morceau « Knappsack »   ? [tiré de son dernier opus, Inviolate NDLR]. Il joue ce titre à une seule main ! C’est un peu ce à quoi je m’attendais, quelque chose avec beaucoup de feeling, de mélodie et d’harmonies plutôt que du shred hyper rapide. Il raconte une histoire avec sa guitare sur ce solo. J’ai déjà reçu des collaborations de guitaristes où leur solo n’était qu’un déferlement de notes, sans émotion, sans histoire. Et dans ces cas-là, j’ai choisi de ne pas les utiliser et de leur demander une nouvelle prise. Cela arrive 50 % du temps mine de rien ! Et si la personne refuse de changer quoi que ce soit et de refaire une prise, je la paye tout de même pour son travail, sans toutefois utiliser sa participation. Par chance, cela n’a dû arriver que cinq fois. Et je ne te dirai pas de qui il s’agit ! [rires]

Tu as l’habitude de travailler avec différents musiciens et chanteurs, issus d’univers et de périodes différentes. A ce titre, tu es une sorte de pont entre les générations. Qu’apprends-tu au contact de chaque génération de musiciens et de chaque personne ?

Oh ! Très bonne question ! [il réfléchit] Pour cette histoire de génération, je ne pense pas que tout ce qui était fait avant, dans les années 70, était mieux qu’aujourd’hui. Souvent on entend que l’on n’a pas fait mieux que Ian Gillan, Dio ou Robert Plant. Mais ce n’est pas vrai. Il y a des chanteurs aujourd’hui qui sont aussi talentueux qu’eux. Brittney Slayes est au même niveau que Floor par exemple ou que Janis Joplin dans les 60’s. Mais ta question porte sur ce que j’apprends à leur contact… [silence] Je ne sais pas si j’apprends réellement quelque chose… Je te dis cela avec tout de même beaucoup d’humilité, mais je pense que mon point fort est de savoir reconnaître le talent des gens. Si j’entends Brandon Yeagley ou d’autres jeunes, je sais qu’ils sont aussi talentueux que les héros de mon adolescence. Je suis d’ailleurs très très rarement déçu du travail de quelqu’un avec qui j’ai choisi de collaborer… Qu’entendais-tu par cette question exactement, je suis curieux ?

Je pensais notamment à la façon dont la rencontre avec un nouveau talent vocal peut te pousser à explorer de nouveaux styles musicaux, à tenter de nouvelles choses…

Ah oui ! C’est vrai que Crobot est un groupe totalement différent d’Ayreon ou Star One. C’est plus bluesy. Et il est vrai que j’ai adoré prendre cette voix et l’incorporer dans un écrin différent. Je suis également ravi que les chanteurs soient prêts à cela et l’acceptent. En dehors du milieu metal, je ne crois pas que les artistes soient aussi prêts à sortir de leur zone de confort. 99% du temps, si je demande à quelqu’un qui n’est pas issu du milieu rock, prog ou metal de travailler avec moi, il refuse. J’ai essayé à plusieurs reprises, et j’ai souvent eu cette réponse : « du prog ? Qu’est-ce que c’est ? Non, cela ne m’intéresse pas trop… ». C’est dommage d’ailleurs. Car si je n’aime pas le rap et le hip-hop, je serais toutefois ravi de pouvoir jouer un solo pour un artiste issu de cet univers. Cela serait un beau challenge et quelque chose de très cool et différent.

Bumblefoot l’a fait pour Orelsan, notamment, un rappeur français.

Oui, il fait partie de ces guitaristes qui adorent sortir de leur zone de confort et il peut absolument tout faire. C’est cool, c’est un peu comme ce que Van Halen a fait pour Michael Jackson, ou Aerosmith pour Run DMC. C’est cool quand des collaborations comme celles-là arrivent, avec des gens ouverts d’esprit. Ce n’est pourtant pas si courant que cela dans le music business. J’ai encore des chanteurs qui me disent « oh, si c’est un album concept, cela ne m’intéresse pas ». Mais pourquoi les gens sont-ils aussi fermés d’esprit ?

Pourtant, les fans d’Ayreon seraient probablement eux-mêmes très déstabilisés d’entendre un chant rappé sur l’un de tes projets…

Oui ! Mais j’aimerai bien tenter un jour. Je suis sûr que je pourrais faire en sorte que ça marche… [rires]

Jef Bertels a réalisé l’artwork de ce nouveau Star One. Je sais que certains de tes fans étaient déçus par la pochette de Transitus. Etait-ce une nouvelle fois une façon de les rassurer ?

Non. Musicalement, faire un nouveau Star One était une réaction à Transitus comme nous l’avons dit tout à l’heure. Mais pas pour l’artwork. C’est vrai que je n’avais pas travaillé avec Jef depuis quelques temps. Il n’avait pas fait la pochette de The Source non plus. Mais quand j’ai réfléchi à cette question de voyages dans le temps, qui serait au coeur des morceaux, j’avais en tête ce hall avec une énorme horloge. Et je savais qu’il n’y avait qu’une seule personne au monde capable de retranscrire cette idée en peinture. C’était Jef. Mais cette fois, je m’attendais à des réactions négatives rappelant que Jef travaille sur Ayreon, qu’il s’agit ici d’un Star One et que ça ne pouvait pas convenir. Mais je ne m’impose aucune règle ! (rires) Je pense que ce Star One est largement à la hauteur d’un album d’Ayreon et qu’il mérite un aussi bel artwork.

Il y a deux ans, nous avons pu assister à la représentation que tu as donnée à Tilburg de Into The Electric Castle Live. Comment as-tu vécu ces dates par rapport à celles données pour Ayreon Universe en 2017 ?

Ayreon Universe était totalement over the top [rires] ! Il y avait des effets pyrotechniques dans tous les sens, des duos et trios inédits. Mais c’était également la première fois que je jouais en live avec Ayreon. Je n’inclue pas The Theater Equation, car je n’étais pas directement impliqué. Pour cette première avec Ayreon, je voulais justement que cela soit complètement over the top. Je ne voulais pas laisser une seule seconde de répit aux spectateurs. Into The Electric Castle, c’est l’opposé. Je voulais quelque chose de plus posé. Ceci dit, c’était quand même spectaculaire avec ce château construit pour l’occasion en une semaine [rires]. La scénographie devait être à la hauteur, et l’ensemble devait avoir plus de dynamique, car l’album l’est également. Il n’y a pas de batterie en permanence, je crois que seulement 50 % de l’album comporte de la batterie. Ce n’est pas un album metal et le live devait être l’image de l’album.

Tu mentionnais dans l’interview donnée sur le DVD la prochaine étape live. Tout s’est arrêté avec la pandémie mais gardes-tu ce projet live en tête ?

Oui, nous allons programmer de nouvelles dates dans le futur. Mais c’est certain qu’il n’est pas possible à l’heure actuelle de regrouper autant de spectateurs issus de pays différents. Nous voulions le faire pour 2021, puis 2022… Dorénavant, cela arrivera probablement plutôt en 2023 car il nous faut un an de préparation en tout. Mais nous travaillons dessus !

Dernière question, adressée au fan de Star Trek qui est en toi. Comment as-tu réagi quand tu as appris que William Shattner, le capitaine Kirk de la série, a eu l’opportunité de voyager dans l’espace avec la navette Blue Origin ?

C’était tellement cool ! J’ai adoré voir ça, c’était parfait !

Si Jeff Bezos ou Elon Musk te proposaient la même chose, est-ce que tu accepterais immédiatement ?

Pour un très court voyage oui ! Je ne pourrais pas partir là-haut pour plusieurs mois [rires]. Si c’était pour quelques heure oui, mais je ne me vois pas aller sur Mars par exemple !

Pourtant tu as ta maison sur Mars [référence à « My House on Mars », un titre d’Ayreon NDLR] !

Oui, c’est vrai ! [rires]

Merci à toi Arjen, nous espérons te retrouver rapidement, another time, another space !

[rires] Avec plaisir ! Merci beaucoup [en Français NDLR]

Interview réalisée par Zoom le 3 février 2022
Photos promotionelles : DR
Revel In Time par Star One, déjà disponible chez Inside Out



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