Disconnected – We Are Disconnected

Dès ses premières années d’existence, le jeune groupe Disconnected a connu une ascension en flèche : un premier album remarqué, des lives impeccables, et une exposition obtenue de la meilleure des façons, partageant la scène avec de grands noms comme Mass Hysteria, Tremonti et même Judas Priest au Zénith en 2019. Freiné en plein élan par la pandémie et ces deux années de mise à l’arrêt forcée, le combo revient aujourd’hui plus déterminé que jamais avec son second opus, We Are Disconnected.

Un premier atout s’impose comme une évidence, c’est ce côté fédérateur essentiel et authentique, et cela commence dès le titre même de l’album, véritable cri de ralliement adressé par Disconnected à son public. Il faut dire que les cinq musiciens ont tout de véritables bêtes de scène, si l’on en juge par les performances passées qui nous ont marquées, et sur cet opus on retrouve aisément ce trait dans l’efficacité des compositions présentant souvent des refrains-hymnes sans pour autant se réduire à une approche uniforme. En effet, si le refrain de "Life Will Always Find Its Way" sonne accrocheur et irrésistible, la claque provient de l’énorme rythmique, des riffs surpuissants et des growls magistraux.

Si l’album sait accrocher l’attention, c’est certainement sur sa technicité qu’il emporte l’adhésion. Même dans la ballade "Your Way To Kill", les changements de tempos permettent d’échapper à l’effet doucereux grâce aux lignes de synthé et aux riffs intenses qui ponctuent la fin du morceau de façon très plaisante. Le quintette tape vraiment fort sur "I Fall Again", gonflé à bloc sur une rythmique impétueuse, où la vélocité des riffs et l’énergie brute impressionnent, sans que le côté fluide et musical soit oublié.

Omniprésentes et complémentaires, les guitares d’Adrian Martinot et Florian Merindol s’expriment à grands coups de riffs galopants et d’énormes soli, aussi bien sur des morceaux plus mélodiques (le crescendo de "The Only Truth") que sur des titres avec davantage d’épaisseur et de rage, portés par le package de growls vengeurs, double basse et staccato ("King of the World").

Le quintette n’hésite pas à jouer sur les contrastes : "That’s How I’ll Face the End" tutoie dans ses premières mesures le hard rock plus classique, plus mesuré en apprence, à la Alter Bridge, mais l’explosion ne tarde pas à arriver : les guitares gagnent en densité, la batterie s’enflamme et le growl d’Ivan Pavlakovic s’impose sans équivoque.

Disconnected_Band
Florian Merindol (guitare), Romain Laure (basse), Jelly Cardarelli (batterie), Ivan Pavlakovic (chant), Adrian Martinot (guitare)

"Primal Rage" la bien nommée impose un son explosif et éminemment groovy par ses riffs lorgnant vers le djent, une ligne de basse hallucinante, une rythmique syncopée rappelant Gojira, mais ménage aussi des temps mélodiques fort sympathiques. La force du vocaliste brille d’ailleurs dans sa maîtrise de nombreux registres, des cris aux rires en passant par la douceur deftonienne des passages plus lents. Il faut dire que Disconnected ne s’interdit rien en termes de nuances et de variations, empruntant même avec brio des virages progressifs.

Que dire des presque huit minutes de "A World of Futile Pains", morceau de fin aussi martial, monumental, qu’alternatif et parfois léger, sombre dans l’ambiance, marqué par des soli pleins d’intensité et une variété de riffs. Des arrangements ingénieux et une production au rasoir mettent en valeur la densité du morceau et le talent de chacun des musiciens sans noyer l’auditeur.

Difficile de trouver à redire à We Are Disconnected. Les teintes heavy, groove, mélodiques sont bien présentes, et l’exécution respire l’authenticité, évitant l’écueil de l’excès de modernité ou les références trop appuyées à des influences précises. La variété des compositions rend l’écoute agréable, jamais redondante, et les huit titres (seulement) passent presque trop vite.  Extrêmement bien exécuté, cet album fait résonner le metal dans ses formes les plus nobles, interprété avec passion et technicité pour un rendu qui correspond à tout ce qu’on aime (et tout ce qu’on rêve de voir très vite sur scène) : de la puissance, du talent et une belle énergie.

Tracklist :

1. Life Will Always Find Its Way
2. King of the World
3. Your Way to Kill
4. The Only Truth
5. I Fall Again
6. That’s How I’ll Face the End
7. Primal Rage
8. A World Full of Futile Pains

We Are Disconnected sort le 1er avril 2022.

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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