In Vain – Ænigma

Depuis le début des années 90, les pays nordiques constituent une entité essentielle de la scène métal. Mettant au monde l’enfant terrible black métal, sulfureux et controversé, la Norvège s’est posée en leader d’un genre nouveau et dévastateur. Rendez-vous compte, cela fait maintenant plus de 20 ans que des musiciens comme Enslaved, Dimmu Borgir ou Ihsahn tournent dans le monde entier et sortent des albums avec toujours plus de succès, tant au niveau musical qu’au niveau médiatique.
Mais à part ces géants, où est la nouvelle scène métal norvégienne ?? (question Julien Lepers à 5 points)

Mais dans le progressif, mon petit !

En effet, un certain nombre de groupes du pays se font remarquer par leur inventivité, leur rage sur scène, et leur volonté de se faire entendre dans un genre codé qui a peine à se renouveler. (Leprous, Wintergrave, Solefald …) Ces groupes se sont gavés de la musique de leurs illustres prédécesseurs et essayent de tirer le meilleur de celle-ci pour obtenir quelque chose de nouveau et unique. Ils ne se sont d’ailleurs et fort heureusement pas limités à la scène nationale, s’enivrant du métal forgé par leurs voisins, et plus loin encore.

In Vain, sextet norvégien, fait partie de cette nouvelle mouvance, qu’on pourrait à bien des égards appeler la New Wave Of Nordic Progressive Metal, en écho à la fameuse New Wave of British Heavy Metal qui, en son temps, a explosé les tympans de nos aînés, en plus d’écrire les tables de la loi du métal tel qu’on le connaît aujourd’hui.

Après deux albums remarquables et remarqués par les amateurs et la presse, ils nous reviennent avec un troisième opus intitulé Ænigma. Et, les amis, j’ai le plaisir de vous annoncer qu’ils ne sont pas prêts d’arrêter de faire parler d’eux. Car cet album vous fera l’effet d’une friandise, à déguster sans modération.

In Vain

Evoluant toujours dans ce mélange de black/death teinté de prog’ qui lui est cher, In Vain a néanmoins opté pour plus de brutalité au détriment de l’expérimentation sur cet opus, ce qui ne manquera pas de ravir les amateurs de musique velue. L’album démarre sur les chapeaux de roue avec « Against The Grain », qui rappelle les belles heures death d’Opeth . Le dosage entre death et black étant particulièrement bien pensé et équilibré, ce dernier n’est jamais loin, à l’image de l’intro de « To The Core », qui n’est pas sans rappeler Enslaved, ou les nombreux riffs estampillés black qu’on retrouve disséminés dans l’album.

Ænigma, c’est un ensemble de 9 chansons extrêmement cohérent et solide, faisant que chaque titre a son importance et ses qualités. On peut néanmoins isoler le délicat instrumental « Southern Shores ». Là encore, on renifle l’influence d’Opeth comme un métalleux assoiffé renifle le houblon. Ce titre a le mérite d’apporter un peu de calme et de répit à cet album qui, sans être extrêmement complexe, n’en est pas moins dense. A ce titre, une place en milieu d’album aurait sans doute été encore plus efficace, mais cela relève du détail.

In Vain

Cet album est donc un melting-pot black/death extrêmement efficace, à l’image de « Culmination of The Enigma » aux accents très béhémothiens , où sont invités deux membres du groupe norvégien Solefald. Certes, les ingrédients du cocktail In Vain sont pour la plupart connus, ce qui fait qu’on ne sera jamais vraiment dépaysé en écoutant Ænigma. (Ne vous attendez pas à tomber sur un Human ou un Focus)  Mais l’ensemble est tellement bien pensé et exécuté qu’on en redemande !

Autre point fort essentiel de l’album, qu’il serait criminel de ne pas mentionner : la production.
  Enregistré par les soins du groupe, puis mixé et masterisé par la légende vivante Jens Bogren (Opeth, Soilwork , Symphony X…) , Ænigma a un son organique, qui respire la musicalité, ce qu’on retrouve de moins en moins dans les productions métalliques récentes. Comme beaucoup de choses en musique, cela relève des goûts de chacun, mais l’humble rédacteur de cette chronique aime quand ça sonne juste. Et je peux vous dire que cet album sonne du tonnerre de dieu !! (ou de satan, à vous de choisir)

Enfin, les voix présentes sur cet album sont très bien maîtrisées. Entre un growl death puissant comme il faut et dont le timbre évoque The Faceless, et un growl black tout aussi efficace, In Vain n’a rien perdu de sa verve. Ajoutons à cela que les voix claires ne sont pas en restes, et sans être criantes de génie (cryogéniques), sont bien pensées et agréables à l’écoute.

En conclusion, un fan de black comme un amateur de death trouvera son compte dans ce troisième opus d’In Vain, tout comme l’aficionado de musique progressive énergique, ou le « simple » headbangueur en quête de nouveauté.

NDLR : Notez bien dans vos agendas qu’In Vain sera de passage à Paris le 16 avril au Klub, en compagnie de leurs potes Vreid et Solefald ! Un concert à ne pas louper !

 

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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