Sydney Taieb, batteur d’Atlantis Chronicles, nous parle de Nera

Le temps a passé depuis la sortie unanimement saluée de Barton’s Odyssey (2016), le second album d’Atlantis Chronicles. Depuis, le combo a beaucoup évolué, enchaînant les dates de concerts et modifiant en parallèle son line-up, à travers le remplacement de son vocaliste et de l’un de ses deux guitaristes. Avec Nera, c’est donc un renouveau qui s’offre à la formation parisienne : nouveau départ, nouvelles influences, nouveau logo… de quoi en discuter avec Sydney Taieb, le très sympathique batteur de la formation, qui ne manque pas d’humour comme vous allez pouvoir le constater.

Bonjour Sydney et merci de nous accorder cet entretien pour parler de la sortie de Nera, troisième album d’Atlantis Chronicles. Nous vous avions laissé en 2016 avec la sortie de Barton’s Odyssey, un album qui a été très bien accueilli par la critique et par vos fans. En outre, la formation a bien changé désormais puisque Jérôme et Antoine vous ont quittés et que les deux Julien ont intégré le groupe. Cela vous a-t-il mis une pression supplémentaire sur les épaules au moment de travailler sur Nera ?

Le départ d’Antoine et Jérôme a été dur pour la bande de potes qu’est Atlantis Chronicles. Un petit peu long de se remettre à écrire après ça. Mais rapidement nous nous sommes dit « ouf! bon débarras! » et on a pu, grâce à ce changement de line up, aborder cet album sereinement et amorcer le virage musical voulu.

 

On quitte donc le concept que vous aviez développé sur Ten Miles Underwater et poursuivi sur son successeur. Pourtant la thématique marine semble encore présente à travers ce superbe artwork en aquarelle réalisé pour Nera. Pouvez-vous développer un peu le concept de ce troisième album ? Il semble qu’il puise son inspiration directement dans le patronyme du groupe, puisqu’il relate les derniers instants de l’Atlantide ?

Exactement. Atlantis Chronicles n’avait jamais traité directement de l’Atlantide. Cette fois on a décidé d’y remédier à travers ce récit des 35 dernières minutes de la cité mythique, vu par Nera, notre personnage emblématique de cet album. Nera est une Atlante, tel qu’on l’a imaginée : mi-femme mi-poisson. Une femme forte, très 2022 dans l’esprit. Go girls !

Musicalement, le groupe a également changé à mon sens, puisque vous avez une approche bien plus mélodique sur ce troisième album, en mettant un peu moins l’accent sur la technique. En effet, Julien chante beaucoup plus en chant clair qu’Antoine et prend finalement la place des voix auparavant utilisées par Jérôme. Cela s’est fait de façon naturelle ou bien avez vous travaillé volontairement cet aspect ?

C’était une réelle volonté de notre part de mettre plus de mélodie dans les lignes vocales. Julien a fait des propositions plus que séduisantes qui ont très vite été tamponées-validées. On avait amorcé quelque chose avec Jérome qui s’est largement développé avec Julien et qui risque fort de se développer encore à l’avenir. Et là je ne compte pas l’EP acoustique qui sort à la fin de l’année et qui est chanté pour 90% en clair. Nos mamans vont enfin pouvoir écouter notre musique sur leur tourne disque et être fières de nous. Enfin peut-être.

 

On a quand même des titres qui n’auraient pas dépareillé sur Barton’s Odyssey comme « Obsolete Bodies » ou « The Great Inscape ». A quand remonte l’écriture des compositions ? Certains titres étaient-ils déjà prêts depuis longtemps ?

C’est intéressant que tu cites « The Great Inscape », car c’est le premier morceau de cet album à avoir été composé. Pas à 100% dans la forme qu’il a sur Nera, mais pas loin. La composition a commencé autour de 2018 et s’est étalée sur presque deux ans. Ce qui est proprement interminable, mais on a survécu.

Pour ce nouvel album, vous avez lancé une campagne de crowdfuning sur Ulule, qui s’est achevée fin 2020. J’imagine que la pandémie n’a pas dû aider, mais cela a dû sembler long pour vos contributeurs, non ?

Effectivement, à cause de la pandémie tout a pris beaucoup de retard, mais tous les contributeurs ont été très compréhensifs et patients. On a tenu parole, on a fait tout ce qu’on a dit (et même plus) mais je pense que notre communauté s’en doutait. D’où le soutien incroyable qu’on a reçu et qui nous a permis d’ouvrir quelques comptes offshore au Panama.

 

Depuis votre premier album, vous mettrez un point d’honneur à travailler les artworks et les visuels du groupe. Après deux pochettes réalisées par Par Olofson, vous vous êtes dirigés vers un visuel type aquarelle qui n’est clairement pas courant dans le metal. Pourquoi ce choix et comment en êtes vous arrivé à cette décision ?

La refonte du projet devait aussi passer par une refonte graphique. Donc nouveau logo et nouveau style de pochette. Il était exclu de repartir sur une peinture numérique qui fourmille de détails comme sur nos deux premiers albums. Nous avons cherché un peu dans tout ce qui se fait graphiquement pour trouver ce que nous voulions. Notre dévolu s’est jeté sur l’aquarelle, aux antipodes du metal, parce que ça va bien deux minutes, les crânes pétés au sol. Cette pochette a été faite par la jeune russe talentueuse Valery Konovalova, trouvée par le biais de notre prospection sur ArtStation. L’ensemble a été revu par « Duts », un ami graphiste de longue date qui compense sa grande laideur physique par un talent certain. Il a déjà réalisé l’intégralité du digipack et du vinyle de Barton’s Odyssey, designé quelques tee shirts pour Barton’s Odyssey, mis en page tout le crowfunding pour Nera, encore l’intégralité du digipack et du vinyle de ce nouvel album. Sans oublier tout le visuel de l’EP acoustique… autant dire qu’il y a du boulot derrière. Heureusement que nous avons pu le payer en papier mâché et cendres de cigarettes. Notre guitariste Julien Rosenthal, le seul fumeur du groupe, a dû quintupler sa consommation et la moitié du crowdfunding est passé dans ses soins hospitaliers.

Vous avez dévoilé deux clips vidéos pour l’album. Si celui de « The Drowned and the Saved » est relativement classique, vous êtes partis sur l’idée d’un film d’animation magnifique pour « Full Fathom Five ». Encore une fois, c’est assez rare dans le milieu pour être souligné…

On n’a malheureusement pas suffisamment de moyens pour se démarquer du genre à chaque clip vidéo, mais c’est chouette de noter qu’on essaye au mieux. Pour le prochain, (car OUI, un troisième clip arrive), ça ne sera pas novateur, mais pour éviter un crédit sur trente ans on a appelé des copains avec un peu de matos le jour de notre release party qui ont pu filmer un morceau, enregistrer le concert. Le tout est d’assez bonne qualité et promet une vidéo live aux petits oignons !

 

Sydney, je sais que tu as un rapport particulier justement à l’animation puisque tu développes en parallèle ta carrière de doubleur. Quels sont les films d’animation qui vous ont marqués particulièrement ?

Merde, je l’ai pas vu venir celle-là. Agent infiltré ! Je suis pas sûr de pouvoir faire un habile parallèle entre l’animation et le groupe et je serais hypocrite si je te disais Atlantide, l’empire perdu, que je trouve néanmoins intéressant. Je suis un très (très) grand fan de l’univers Pixar. Ce sont des génies absolus de la mise en scène et de la narration. De mon coté ça serait tous les Toy Story, Wall-E, Monstres & Cie, Là Haut… Y’a aussi quelques Dreamworks incontournables comme Shrek, FourmiZ et les classiques Disney de mon enfance : Le Roi Lion, Aladdin, Kuzco… Si tu me lances là-dessus on est mal. Ou on refait une interview spéciale comédien si tu veux.

Vous venez de jouer un concert chez vous à la maison aux Cuizines de Chelles pour la release party de l’album. C’était comment de reprendre le chemin de la scène après deux ans de pandémie ?

Je vais pas te mentir, la première date à Bordeaux, après les 5h30 de route, y’avait une sorte de flemme internationale de monter une scène et petite envie de rentrer faire un gros dodo à la maison. Et puis finalement le concert était complètement dingue et ça nous a rappelé pourquoi on fait ça. Sans compter qu’on est quand même contents de se retrouver tous les cinq et de passer des heures entassés à raconter des conneries dans une odeur infecte de pieds humides. Depuis, toutes les dates sont folles. La release party aux Cuizines, pouah, incroyable ! On a l’impression de retrouver une famille qu’on a perdu de vue ces deux dernières années, donc c’est que du bonheur. Enfin… 50% de bonheur et 50% de logistique.

 

Avant cette période de pandémie, on se souvient que vous avez beaucoup tourné pour la promotion de Barton’s Odyssey. Quels sont les plans pour Atlantis Chronicles cette fois-ci ?

Passer entre les gouttes et éviter de se faire annuler la moitié du peu de dates qu’on a pu booker, faute de place sur les festivals et prog des salles. Parce que non seulement tout est bien bouché dû à de nombreux reports depuis 2020, mais en plus on n’arrête pas de voir des festivals et des concerts annulés à cause d’un manque de pré-ventes. On n’est pas encore sorti du sable… On croise tout ce qu’on peut croiser pour 2023.

 

Merci à toi pour ces réponses. On te laisse le mot de la fin pour nos lecteurs !

Merci d’avoir lu jusqu’ici, je sais, c’était pénible. On se voit bientôt en live! Croisez également tout ce que vous pouvez croiser pour ça. Merci à tous!

 

Interview réalisée par mail en mai 2022
Photographie : DR 

Nera, troisième album d’Atlantis Chronicles, est sorti le mois dernier. Il est disponible ici.



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