Sorcerer au Hellfest 2022 : du doom épique sous l’Altar

Sorcerer - Weekend 2 – Samedi 25 Juin – Altar – 16h10

Sorcerer n’est pas le groupe le plus connu parmi les combos qui foulent les planches de l’Altar en ce samedi 25 juin. Pourtant, la formation suédoise a vu le jour en 1988, avant de se séparer après une poignée de démos. Depuis 2010, le quintette fait de nouveau résonner haut et fort son doom épique, dans la droite lignée de Candlemass et a sorti trois opus de qualité. Pourtant, malgré ces qualités indéniables, la tente est loin d’être pleine au début du set des Sorciers et il plane une ambiance intimiste qui n’est pas déplaisante.

Les Suédois entrent en scène derrière Anders Engberg (chant), un drapeau à l’effigie du groupe fièrement levé. Il s’agit ici du seul artifice déployé par le groupe qui va séduire l’auditoire par la seule force de ses compositions et par l’attitude irréprochable des musiciens. En effet, à l’image de Kristian Niemann (guitare, ex-Therion) qui ne cesse de sourire et de chanter les paroles des titres pour lui-même, l’ensemble des musiciens affiche une grande forme et se fait clairement plaisir. Il en est de même pour Peter Hallgren (guitare), qui sur le côté gauche de la scène est contraint de jouer assis en raison d’une jambe cassée quelques jours plus tôt, mais qui ne semble pas s’en soucier.

Derrière le micro, Engberg force le respect, avec un chant lyrique et puissant, parfois heavy. Nous citions Candlemass précédemment, il est vrai que la référence saute immédiatement aux oreilles tant le doom épique de Sorcerer s’en inspire. Mais on ne peut s’empêcher de songer également à Black Sabbath, notamment sur les travaux les plus épiques des Anglais réalisés dans les années 80 et 90 avec Dio et Tony Martin. Aidés par d’excellentes conditions sonores, les cinq membres du groupe peuvent faire participer le public, à l’image d’Engberg qui enjoint les spectateurs à chanter le refrain de « The Sorcerer » ou « The Hammer of Witches » et son « Burn ! Witch ! Burn ». Mais c’est « Lamenting of the Innocent » qui fait le plus grand effet sur les festivaliers car en huit minutes, il condense tout le talent de la formation. Riffing pesant dans la plus belle tradition du doom, envolées lyriques à donner la chair de poule, mélodies accrocheuses ou encore growls discrets proposés par le bassiste live Justin Briggs, tout y est !

N’ayant que trois opus à son actif, le combo suédois pioche dans chacun d’entre eux, et balaye son répertoire en sept titres, faisant découvrir son œuvre aux quelques curieux du public qui ressortent instantanément conquis par la prestation. En trois-quarts d’heure, Sorcerer n’a donné ni plus ni moins que la plus belle prestation à laquelle a assisté votre serviteur durant ce week-end. De quoi montrer que l’émotion et la puissance des compositions sont parfois les seuls artifices dont ont besoin les grands artistes pour séduire.

Setlist :

Persecution
The Hammer of Witches
Sirens
Abandoned by the Gods
The Dark Tower of the Sorcerer
Lamenting of the Innocent
The Sorcerer

Photographies : © Thomas Orlanth 2022
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe

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