Alice Cooper au Hellfest 2022 : Alice se fait Cooper la tête !

Weekend 2 – Vendredi 24 Juin - Mainstage 2 – 21h55

 

A l’heure où Alice Cooper entre en scène, une forte pluie tombe sur Clisson, et c’est une horde de festivaliers en K-way et parapluie qui se masse devant la Mainstage 2. Pourtant, malgré des conditions météo franchement déprimantes, Vincent Furnier et son alter ego Alice Cooper vont remonter le moral à l’ensemble des troupes avec un set qui enchaîne les classiques et une scénographie exemplaire.

En effet, le décor proposé par le chanteur et ses sbires recrée un château et comporte plusieurs portes par lesquelles Alice peut aller et venir au gré de ses changements de tenues de scène. Et autant dire qu’il y en a beaucoup durant ce set d’une heure et quart. Tour à tour, Alice se fait dandy en haut de forme et canne à la main, puis évadé d’un asile en camisole de force, pour finalement se faire décapiter avec une guillotine sur « I Love the Dead ». Les codes du Alice Cooper show sont là, mais le set paraît tout de même assez différent de celui donné à Clisson en 2015, notamment grâce à une setlist qui varie un peu. En effet, au côté des classiques, le Alice Cooper band dévoile quelques titres plus rares comme Bed of « Nails », « Fallen in Love », « Go Man Go », ou « Roses on White Lace », qui ne dépareillent pas dans la setlist.

Sur scène, le rendu est très dynamique, notamment grâce à la présence de trois guitaristes (dont Nita Strauss qui a depuis annoncé son départ du groupe) et d’un bassiste. Ce line-up permet de belles joutes guitaristiques, où chacun va à la rencontre du public. Nita Strauss shredde à tout va, à grand coup de vibrato (rappelant presque Joe Satriani dans son jeu), cabotine et envoie des médiators à tour de bras au public, effaçant presque parfois ses collègues musiciens.

Mais pourtant, celui qui concentre tous les regards, c’est bien le maître de cérémonie, Alice lui-même. Très en voix malgré ses 74 ans, il impressionne par son timbre granuleux et maîtrisé, surtout en comparaison d’autres chanteurs de son âge qui se sont succédés sur les planches du Hellfest ce weekend. Laissant son charisme et la scénographie faire le travail, il ne s’exprime comme à son habitude qu’en fin de show pour présenter ses musiciens et lui-même, donnant finalement l’impression d’assister à un spectacle véritablement plus qu’à un concert. Le théâtre shock rock est renforcé par le jeu de scène du leader, qui fait mine d’assassiner un nourrisson sur « Dead Babies », ou par les interventions de Sheryl Cooper, tour à tour grimée en mariée fantôme ou en veuve éplorée. Si tout cela apparait bien rodé, la présence de bébés difformes à têtes géantes (sur « Billion Dollar Babies » ou ceux venus arrêter Alice sur « Escape ») ajoute un caractère malsain proprement jubilatoire.

Les classiques du hard rock d’Alice Cooper sont de sortie et on apprécie toujours entendre (et reprendre en chœur) les « No More Mr Nice Guy », « Feed My Frankenstein », « Hey Stoopid », « I’m Eighteen », « Billion Dollar Babies » ou encore « School’s Out » et son final emprunté au « Another Brick in the Wall » de Pink Floyd. D’ailleurs, le public ne s’y trompe pas et hurle à tue-tête les paroles de chacun des tubes de la setlist, preuve que le chanteur a écrit quelques-unes des plus belles pages du genre.

Pourtant, c’est avec le touchant « Steven » qu’Alice montre une autre facette de sa personnalité (en tout cas de celle de son personnage). Seul sur scène et en camisole, le chanteur y apparait dans un registre plus émotionnel, ce qui constitue l’un des temps forts du set.

Autre temps fort, le final sur “School’s Out” / “Another Brick in the Wall”, où tout de blanc vêtu, le leader fait durer le plaisir et présente ses musiciens qui récoltent une standing ovation. Alice Cooper et son équipe auront fait oublier la météo exécrable aux festivaliers avec un excellent concert, peut-être plus marquant encore qu’à son dernier passage clissonnais en 2015. Merci Mr Nice Guy !

Setlist :

Feed My Frankenstein
No More Mr Nice
Bed of Nails
Hey Stoopid
Fallen in Love
Go Man Go
Nita Strauss Guitar Solo
Roses on White Lace
I’m Eighteen
Poison
Billion Dollar Babies
Black Widow Jam
Steven
Dead Babies
I Love the Dead
Escape
School’s Out / Another Brick in the Wall

 

Photographies : © Romain Ballez – Liability Webzine
Toute reproduction interdite sans autorisation du photographe

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