Kreator au Hellfest 2022 : Kreator Über Alles

Kreator - Week-end 2 - Main Stage 2 - Vendredi 24 juin - 19h15

Alors que ce vendredi commence à bien se rapprocher de la fin et que les groupes à tendance indus s'enchaînent sur la Main Stage 1, on s'apprête à accueillir un des poids lourds du thrash. Un des ces groupes références, réguliers du Hellfest et qui presque toujours répond aux attentes. Bien entendu, on parle des Allemands de Kreator. La dernière venue du combo remonte à 2017, il était temps pour Mille Petrozza et son équipe de revenir fouler les planches de Clisson. L'occasion aussi de défendre Hate Über Alles, le dernier opus sorti quelques semaines avant le Hellfest.

La violence et le sang. Telle est une description possible et réaliste que l'on pourrait faire de l'habillage scénique pour Kreator aujourd'hui. Les couleurs tirent beaucoup sur le rouge, des mannequins sont pendus au fond et d'autres sont empalés au premier plan. C'est agressif, et on retrouve le crâne de Violent Revolution en fond de scène. Un indice sur l'attaque du set ? Assurément ! Accompagnés de gobelins fort disgracieux, les membres du quatuor arrivent sur scène au son de "The Patriarch". Alors que la lente procession s'installe, elle attaque par "Violent Revolution" ! Pas le plus efficace et rapide des titres d'ouverture, mais néanmoins un de ceux qui emportent le public. La pyrotechnie est bien calée en rythme, le show reste visuel même si l'habillage scénique est plus léger qu'en 2017.

Les caméras enchaînent les gros plans sur Fred Leclercq, au poste de bassiste depuis 2019. C'est un réel plaisir de le retrouver chez Kreator après tant de projets et groupes précédents. Il est ici pour faire la fête, d'autant plus que c'était son anniversaire la veille ! C'est la fosse entière qui va lui souhaiter plus tard dans le set. On retrouve les piliers Sami et Ventor de même que Mille Petrozza, la voix du combo, toujours aussi hargneuse. Et ce n'est pas avec le super speed "Hate Über Alles" que nous dirons le contraire. Le titre déchaîne le public, qui bouge et se donne à fond malgré la pluie persistante durant le set. On commence à voir beaucoup de slammeurs, et plusieurs walls of death seront organisés.

Le fond de scène a aussi changé pour représenter Hate Über Alles, on peut donc supposer que ceci va continuer. Mais "Phobia" arrive ensuite sans la pochette d'Outcast, ces changements resteront occasionnels. Le son est puissant et bien réglé, on a clairement affaire à un des poids lourds du festival !

La setlist choisie ce soir combine grands classiques du groupes et sorties récentes. De la première catégorie, Kreator a notamment sélectionné "People Of The Lie", "Enemy Of God" ou "Hordes Of Chaos", en plus des déjà mentionnés "Violent Revolution" et "Phobia". Sans oublier le diptyque final "Flag Of Hate"/"Pleasure To Kill", incontournable en toute fin de set. Aucune surprise évidemment, mais on n'attend ici que des hymnes absolus, ayant déjà limé un nombre incalculable de tympans. Après "Hate Über Alles", le combo nous a offert de la seconde catégorie "666 - World Divided", le single tiré de l'EP sorti avec Lamb Of God en plein premier confinement, et surtout "Strongest Of The Strong". Pour ce dernier, également tiré de Hate Über Alles, c'est une toute première interprétation en live, et c'est très réussi ! Sami y assure à cette occasion un solo de guitare bien propre.

Les titres s'enchaînent et chaque hymne scandé par le public laisse place à un autre. "Satan Is Real" rencontre toujours autant de succès, la zone de mosh est comme souvent immense pendant "Hordes Of Chaos". Sur scène, Sami, Mille et Fred occupent largement l'espace et se rapprochent pour des poses à trois. Tout le monde est en forme ! Les canons à confettis sont de retour pour épauler la pyrotechnie dans les effets scéniques. Cette dernière est à son apogée sur "666 - World Divided" avec les flammes en rythme trois fois, avant le "burning in the sky" du meilleur effet, avant de lancer le premier gros wall of death sur "Awakening Of The Gods".

Les gobelins reviennent avec leurs torches pendant l'introduction de "Phantom Antichrist" alors que la fin du set approche. Enfin arrive le drapeau, et Mille de nous inviter à "lever le drapeau de la haine". Une dernière occasion de faire chauffer les voix du fond de la fosse, et les deux derniers brûlots sont balancés. "Flag Of Hate" et "Pleasure To Kill", avec au programme circle pit et un dernier gros wall of death. La pochette immonde du premier album est affichée en fond de scène. C'est brutal, nerveux, une nouvelle fois le contrat est rempli. Puis la fin du set arrive, sous une pluie toujours battante, même si le pire est encore à venir.

En ce soir de vendredi 24 juin, le thrash des Allemands de Kreator avait une saveur particulière. D'abord parce que l'arrivée de Fred apporte un peu de fraîcheur dans un line-up autrement stable depuis très longtemps. Si le jeu aux doigts de Speesy était intéressant, on apprécie le changement et l'énergie qu'apporte Fred. Ensuite, parce que la météo était tout aussi implacable que sur le premier week-end mais dans l'autre sens. Et rien de tel que du mosh, des circle pit ou un wall of death pour réchauffer les corps engourdis par la pluie. Qu'il pleuve ou qu'il vente, Kreator et son public répondent présents. Et si en général on y retrouve souvent les mêmes titres, n'est-ce pas aussi un gage de leur qualité ?

Setlist

The Patriarch
Violent Revolution

Hate Über Alles
Phobia
Satan Is Real
Hordes Of Chaos (A Necrologue For The Elite)
Hail To The Hordes
666 - World Divided
Awakening Of The Gods
Enemy Of God
People Of The Lie
Phantom Antichrist
Strongest Of The Strong
Flag Of Hate
Pleasure To Kill

Photo : Hasna Ben Brahim. Reproduction interdite sans autorisation de la photographe.



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