Hellfest 2022 : Entretien avec Valentin Hauser de Betraying The Martyrs

Deux ans après un passage mythique sur la Main Stage 1Betraying The Martyrs était de retour au Hellfest 2022 sous l'Altar cette fois-ci, affublé d'un nouveau chanteur en la personne de Rui Martins. A l'occasion de leur passage, nous avons pu nous entretenir avec Valentin Hauser, le bassiste du groupe.

Salut Valentin, alors avant toute chose, qu'est ce que ça fait d'être de retour au Hellfest après deux années compliqués pour le monde de la musique et avec un nouveau line-up pour Betraying the Martyrs ?

Valentin : Alors tu ne te rends pas compte à quel point cette question est compliquée pour moi parce que, dis toi que, le Hellfest qu'on a fait en 2017 je ne m'en souviens même pas. Parce que en fait, je me suis pété le dos 5 minutes après être sorti de scène en rangeant le matos. Ce qui fait que je ne pouvais absolument plus bouger. J'étais complètement paralysé. On m'a filé des médicaments pour me calmer ce qui fait que je n'ai aucun souvenir de ce Hellfest là. Ce qui fait que pour moi, c'est mon deuxième Hellfest celui là. C'est à dire que quand je vois la vidéo de "The Resilient" je me dis : "Mais qui est cette personne ? Il est vachement beau !" mais je n'ai vraiment aucun souvenir de ce moment.
Donc revenir au Hellfest, pour moi c'est depuis 2011 et, ça a beaucoup changé depuis ! C'est plus du tout la même chose. Avant je me souvenais l'Altar et la Temple se faisaient face. Donc ça fait extrêmement plaisir, c'est encore plus grand que dans mes souvenirs. Et avec un nouveau chanteur qui fait son quatrième concert avec nous quand même ! Il avait donc un petit peu les miquettes hein. Quand il est arrivé sur scène il faisait des petits pets comme ça *pft* *pft* parce qu'il stressait un peu quand même. Ce qui ne m'étonne pas, mais il n'était pas le seul. Normalement on fait une centaine de dates par an, tandis que là on a dû en faire quatre en trois ans. Donc même nous on se disait "peut être qu'on ne l'a plus, qu'on ne sait plus faire" et là, on est arrivé, on a vu les gens devant, ils ont fait "OUAIS !" alors on a fait "OUAIS !" aussi. On a vu les gens heureux, ça nous a rendu heureux. C'est monté comme ça en fait.

Comme beaucoup d'artistes vous avez été touché par le COVID, vous avez fait une sorte de hyatus pendant cette période mais vous êtes revenus sur le devant de la scène, avec un nouvel EP qui sortait cette semaine, un nouveau chanteur, comment ça s'est passé cette période, et comment avez-vous trouvé Rui ? 

On avait déjà commencé à composer en fait pour un nouvel EP / album avec Aaron (Matts, ndlr), puis il a annoncé son départ. Et en fait il nous l'a annoncé bien avant que ce qui a été annoncé officiellement, huit mois se sont déroulés entre les deux. Et en fait, l'objectif c'était d'avoir quelque chose avant qu'il annonce son départ. Et au final on a fait un truc complètement moderne, on a regardé internet. Et on a tapé "Betraying The Martyrs cover" sur Youtube. Et on a vu pleins de gens. On regardait, on se disait, tiens lui c'est bien, lui mooins, puis après on a ouvert à toutes les covers. On a ouvert comme ça, d'un côté on cherchait par là, et de l'autre on cherchait parmi nos potes. Et en fait on est tombé sur ce petit bonhomme (Rui Martins) qui avait fait une cover en 2013 ou 2014 de "Phantom" [ndlr : après recherche il s'agit plutôt de "Because of You"]. On a ensuite regardé sa chaine et on a vu qu'il avait fait une cover d'Architects qui était incroyable. On l'a contacté, on lui a filé deux morceaux, il nous a renvoyé en une semaine son interprétation. Alors après on s'est dit, "ouais mais c'est p'tête la magie du studio ! J'y crois pas. Fais un one shot face caméra". Il l'a fait, c'était exactement la même chose, et on a dit ok. Donc vraiment, c'est comme ça qu'on l'a trouvé. On a scrollé internet, et voilà.

Vous avez également signé sur un nouveau label : Out Of Line Records, pourquoi ce changement ?

Quand on a signé notre premier contrat chez  Sumerian Records on avait 20 ans, on n'avait aucune idée de ce qu'était un contrat. Et en fait on est resté avec eux pendant au moins dix ans. Le problème majeur qu'on avait c'est que c'était un label américain qui travaillait avec un groupe européen. Et ça ne marchait pas. Ca ne se faisait pas tout simplement car notre territoire ne les intéressait pas. Et c'est pour ça que pendant un temps on a fait énormément de tournées aux Etats-Unis. C'est grâce à eux. Mais le fait est que l'Europe a toujours été délaissée. Et donc quand le contrat s'est fini, on n'a pas voulu le renouveler. Et on hésitait à partir en autoprod. Parce qu'on se disait : "C'est bon maintenant on connait les rouages, on sait ce qu'il faut faire, pas faire." Et en fait on a eu un appel d'André, le patron du label, qui est un immense fan de BTM. Ce qui est rigolo c'est qu'on a parlé avec lui et il nous disait "Avec cet album, je sais que vous avez voulu faire ça ça et ça." Il a en gros littéralement vu dans nos esprits ce qu'on voulait faire à tel moment et tel moment. Donc on s'est dit que c'était parfait pour le groupe. Il est ultra motivé. Je n'ai rien de plus à ajouter, ce sont des gens remplis d'amour et qui nous apportent beaucoup, donc je suis extrêmement content.

 

Parlons de votre EP : Silver Lightning. Tu peux nous en parler un peu plus ? Et de l'influence de la pandémie ?

Justement, tout juste avant le COVID on avait commencé à écrire des choses avec Aaron, il y avait donc des prémices qu'il n'a pas pu utiliser. Puis Rui est arrivé et en fait, avec le COVID, on n'avait rien d'autre à faire, on a composé énormément. On s'est retrouvé avec un petit problème : nous avions des morceaux de découverte, d'apprentissage, avec lesquels on ne savait pas comment faire vivre le groupe avec Rui. Et après, on s'est retrouvé avec d'autres morceaux plus aboutis, et c'était tellement différent qu'on s'est dit "Non on ne peut pas tout mettre sur un album ça n'a pas de sens." Donc on s'est dit qu'on allait sortir un EP qui est donc composé des morceaux qu'on a construits en découvrant la voix de Rui. Qui est plus proche de ce que faisait Betraying The Martyrs avant, car c'était en gros du vieux BTM qui rencontre Rui. Par la suite, on devrait sortir un album, idéalement en début d'année prochaine, dont le son représente BTM qui a bien compris comment fonctionne Rui et vice versa. Il y a donc un vrai lien fort entre les deux. L'EP Silver Lightning, c'est une manière de montrer ce que ça donne quand Betraying The Martyrs apprend avec Rui. Déjà il y a un gros côté fraicheur, il a 25 ans, il apporte une nouvelle touche au groupe, ce qui nous permet de ne pas nous endormir sur nos lauriers. Et l'EP d'après est d'autant plus poussé.

Comment s'est passée votre rencontre avec Rui ?

Alors c'est simple il faut savoir que Rui c'est un mec génial. Dans le sens où on a fait beaucoup de distanciel au début. Et on avait très peur que ça ne se passe pas bien en vrai. Et c'est vraiment au début de la première séance de compo en live, quand on est venu le chercher à l'aéroport de Nantes pour aller composer là où on a l'habitude d'aller, qu'on l'a vraiment découvert. Il est tellement chill. Tellement relax et tellement drôle ! On a passé une semaine dans une grange à composer. Et on avait l'impression que ça faisait deux ans qu'on se connaissait tellement il arrive à se mettre dans l'ambiance de manière naturelle. Et c'est un homme extrêmement motivé, il a des idées en permanence et ça été d'une extrême fluidité. Même moi, je ne m'y attendais pas.

 

Et ce 4ème show au Hellfest avec lui alors ?

Ah bah il était pas mal hein ! Non, en vrai je sais pas quoi dire à part que je suis content ! Vraiment je suis content, les gens étaient content, je suis content. Si t'es content, je suis content. Nous ça nous faisait plaisir de voir des gens aussi heureux et que malgré tout on n'a pas été oublié. On se demandait si les gens allaient pas nous trouver has been et se dire "Y a plus Aaron !". On avait un peu les miquettes mais on a vu dès le début que la Stage était pleine alors qu'on n'avait même pas commencé ! On a donc vu que les gens ne nous avaient pas oublié !

Justement après le Hellfest vous partez sur les routes, tu peux nous en dire plus ?

On part fin du mois au Portugal, puis en Finlande, on a beaucoup de fests en Finlande, ne me demande pas pourquoi ! Ensuite on revient avec beaucoup de dates en Allemagne, et le label va essayer de booker une semaine sympa de festivals. On reprend le rythme normal, même si c'est plus léger, on y revient doucement.

 

Sur ces deux week-ends du Hellfest, avec quels groupes aurais-tu vraiment voulu tourner ? 

Leprous, Devin Townsend, Meshuggah, si possible les trois en même temps. Honnêtement si je croise Devin Townsend, il ne va pas comprendre ce qu'il va se passer, je vais lui faire un énorme câlin pour tout ce qu'il a fait en musique. Leprous je leur ferais bien un câlin, mais vu comme ils ont l'air assez froids, ils prendraient tout de suite peur je pense. 

 

Le futur de Betraying The Martyrs, comment il s'annonce ? 

Déjà, notre deuxième EP est fini et va sortir prochainement. Maintenant on veut juste voir comment on le sort. Et c'est d'après moi le vrai potentiel BTM-Rui. Là on sait exactement comment travailler ensemble, il voit où on veut aller, donc le deuxième EP c'est vraiment l'aboutissement d'un travail commun.

 

Le mot de la fin est à toi !

Euh....Bière ?



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