Jordan Fish, nouveau membre de Bring Me the Horizon

Nouveau membre de Bring Me the Horizon attelé aux programmations live ainsi qu’aux claviers et arrivé au cours de l’année 2012 suite au départ du guitariste Jona Weinhofen, Jordan Fish a réussi à surmonter la timidité du jeune premier et répondu avec brio aux questions de Nastia concoctée par notre connaisseur du groupe Axel. L’occasion de parler d’une nouvelle ère pour le groupe pour un nouvel album qui risque d’en surprendre plus d’un. Un nouveau départ qui a pour but d’enfin éloigner la formation des clichés du metalcore, afin d’attendre de nouveaux horizons plus divers et variés…

Nastia : Jordan, le guitariste Jona Weinhofen a récemment quitté le groupe… Peux-tu nous en dire plus sur les raisons de son départ ?

Jordan Fish : Jona était tout simplement arrivé à un point où sa vision musicale personnelle s’éloignait un peu trop de celle du groupe, c’est donc tout naturellement qu’il a décidé de quitter le groupe, d’autant plus qu’il avait d’autres projets qui lui tenaient à coeur. Rien de bien excitant donc comme histoire ! (rires)

Parlons du nouvel album, quel est ton sentiment à son sujet quelques semaines avant sa sortie ? A-t-il été complexe dans sa mise en oeuvre ?

Je suis très impatient quant à sa sortie. Pas forcément compliqué à écrire et enregistrer non, nous avons cependant énormément travaillé dessus et ça me donne l’impression que nous y avons passé des lustres. Nous avons débuté son écriture en juin dernier, s’en est suivi quatre longs mois de processus créatif avant qu’on passe à l’étape studio. C’est donc une bonne chose d’avoir les premières réactions à son sujet, l’attente commençait à devenir un peu frustrante.


Ce Sempiternal est plutôt différent des précédents albums, est-il soumis à de nouvelles influences ?

Comme je viens de rejoindre le groupe, je sais pas si je peux vraiment m’exprimer à la place de mes camarades sur le sujet mais je sais que les gars ont pris pas mal de recul et une longue pause avant de commencer l’écriture de ce nouveau disque, cela a certainement joué. Cet album semble plus énergique, plus frais et inspiré dans le sens où ils ont eu le temps de se vider la tête. Oliver Sykes te dirait certainement la même chose ! Je pense que cet opus est très différent des précédents, quelque chose de totalement neuf et inédit pour le groupe, dès le départ Oli avait ça en tête et voulait tenter d’autres choses notamment au niveau du chant. Il a  d’ailleurs pris des cours spécifiques pour arriver là où il voulait aller dans cet album.

Du coup on ressent plus de différences dans les styles approchés, plus d’émotions aussi…

Après le précédent album, le groupe voulait explorer d’autres horizons et proposer quelque chose de différent, avec l’utilisation de choeurs ou d’instruments à corde par exemple. Oli a d’abord essayé ses screams habituels puis, au fur et à mesure que l’enregistrement avançait, prenant bien en main les nouvelles compositions, il s’est mis à chanter plus « mélodiquement ». C’était une belle expérience pour lui, car jusque là il ne savait pas chanter ainsi, il a donc tout appris en peu de temps.

Et toi, que penses-tu justement des précédents albums du groupe avant ton arrivée ?

J’aime bien ce qu’ils ont fait, sinon je ne pense pas que je serais là (rires) ! Je pense que le précédent était mon préféré. C’était un vrai défi que d’arriver à ce moment-là de leur carrière, car il a fallu que je sois de suite à la hauteur et que j’apporte également de nouvelles choses pour l’avenir. C’est d’ailleurs mon but, les aider à aller plus loin.

Au niveau de l’enregistrement de ce nouvel album, où l’avez-vous réalisé ?

Au centre de l’Angleterre, dans la campagne, au calme donc. Nous étions dans les studios du claviériste de Jamiroquai. Nous étions là-bas avec notre producteur Terry Date, qui s’est déjà occupé d’albums de groupes tels que Pantera ou Deftones.

Ne pense-tu pas que les fans de Bring Me the Horizon vont être surpris voir ne vont pas aimer les changements ?

Hmmm… Je ne sais pas, disons que certains me verront peut-être comme l’intrus qui est arrivé dans le groupe et qui a tout changé, ce qui dans un sens est presque vrai car je les ai aussi un peu indirectement poussé à être plus heavy ou plus mélodique. Mais peu importe, c’est ce que les gars voulaient aussi, peu importe ensuite le style ou l’étiquette qu’on va nous coller. Il faut oublier ce genre de considération si on veut faire un bon album sans concession. Après, les chansons se sont écrites naturellement, il n’y avait pas non plus un but précis et une intention réelle de faire quelque chose de plus mélodique, c’est venu tout seul. Alors c’est sûr nous perdrons peut-être des fans, mais nous en gagnerons certainement d’autres. Ainsi vont les choses.

Bring Me the Horizon with Jordan Fish

Y a-t-il un message caché derrière le nom de l’album, Sempiternal ?

Plus ou moins, il est lié aux paroles des chansons déjà qui traitent toutes plus ou moins des problèmes que les gens peuvent à voir, que ce soit au niveau personnel ou toute sorte d’addictions. Le message est clair : il faut accepter ces soucis, vivre avec et essayer de vivre le mieux possible malgré eux. Il existe donc certains problèmes qui sont sempiternels et dont on ne peut se débarrasser, voilà pourquoi ce disque est intitulé ainsi.

Et certains textes sont liés entre eux, racontant par exemple une histoire ?

Il y a un fil directeur oui, elles sont très personnelles pour Oli je pense car il s’est occupé des textes. C’était presque la volonté de faire une sorte de concept album assez abstrait. Il n’y a pas une histoire précise mais tout est lié en un sens. La pochette explique bien ce genre, il faut avoir le visuel avec soi pour bien comprendre je pense.

Quelles sont tes influences musicales principales ?

J’écoute beaucoup de styles de musique. Quand j’étais plus jeune j’écoutais beaucoup de metal, notamment du néo metal vers mes 16-17 ans : Spliknot, Korn, Deftones et Limp Bizkit par exemple. Avec Oli on avait un groupe en commun d’ailleurs : Papa Roach. Depuis j’ai fait pas mal d’electro donc j’en ai pas mal écouté, je suis aussi très fan de Radiohead. Dans le groupe on n’écoute pas forcément du metal, on est plus pop ou électro, certains écoutent même du Pink Floyd, Britney Spears ou gangsta rap. Et au final nous avons pas mal de choses en commun.

Du coup ça vous aide à créer une musique assez riche…

Oui puis de toute façon je ne pense pas qu’il y ait de bons groupes metal avec des membres qui n’écoutent QUE du metal, ça ne peut que donner des trucs merdiques qui ne font que copier ce qui a déjà été fait. Un exemple de bon groupe metal qui a su évoluer : Linkin Park. Toutes les formations metal devraient s’inspirer de leur parcours, leur dernier album est excellent.

En parlant de Linkin Park, on ressent quelques influences sur cet album… es-tu d’accord avec cette affirmation ?

Oui et je pense que Oli le serait aussi ! Il adore aussi ce groupe et on en a beaucoup parlé ensemble lors des enregistrements, Chester Bennington est pour nous l’un des meilleurs chanteurs lorsqu’il s’agit d’atteindre des screams aigus mélodiques.

Passons aux questions polémiques. Comprends-tu que certains metalleux old school puisssent autant détester le metalcore ?

Oui… sûrement… mais je comprends également que les fans de metalcore puissent détester les metalleux old school. C’est une question de goûts et de couleurs, c’est la nature humaine qui est ainsi. Mais je pense qu’il y a certains mots qui ne reflètent pas spécialement la pensée des gens, certains de ces metalleux doivent écouter et apprécier le metalcore en cachette ou sans le vouloir vraiment.

Et quel est ton point de vue sur la scène metalcore actuelle ?

Pour être honnête, je ne suis pas spécialement sûr qu’elle soit si géniale que cela, disons que ça ne m’intéresse pas trop. L’ambition première que j’ai pour Bring Me the Horizon est qu’on ne soit plus considéré comme un groupe de metalcore. Je pense que nous sommes différents, surtout avec ce nouvel album. Le problème de la scène metalcore c’est qu’elle est saturée avec plein de groupes qui se ressemblent trop, il y en a de bons dans le lot mais il y a aussi pas mal de déchet. Cependant je vais te le dire, à mon avis Bring Me the Horizon n’est plus un groupe de metalcore.

Tu penses donc qu’il est temps pour Bring Me the Horizon de s’éloigner de ce genre de clichés afin de ne plus, par exemple, être comparé à Bullet for My Valentine…

Les comparaisons ne me dérangent pas plus que ça au final, je sais que certains ont besoin d’en faire. Nous ce qu’on veut c’est faire la musique qu’on aime, sans se poser de questions, sans se mettre de limite. On veut aussi surprendre les gens et les exciter avec ce que nous faisons. Faire quelque chose d’original est un véritable défi, et je pense pas qu’on puisse être aujourd’hui comparé à Bullet for My Valentine.

Parlons de la tournée à venir, des festivals…

On a pas mal de dates de prévues, sur deux ans environ. Pour le moment je pense plus à la sortie de l’album, ensuite nous pourrons nous concentrer sur les live, dont le Sonisphere en France. J’attends beaucoup aussi du Reading and Leeds Festival où nous serons sur la scène principale, car je viens de Reading et ce sera un peu comme jouer à domicile.

Pour le futur album, penses-tu que vous commencerez à composer sur la route ?

Oui, c’est un peu ce qu’on a prévu, on aime beaucoup écrire donc je pense qu’à nos heures perdues on ne s’en privera pas et on fera quelques démos. Après nous réunirons toutes les idées, ça pourra donner de bons trucs je pense.

As-tu un message particulier à adresser aux fans français du groupe ?

Je ne suis pas bon en français, tu peux m’aider ?! Genre à dire « rendez-vous au Sonisphere » ! (rires)

 



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