Entretien avec Dany Roberge de Get The Shot

A l'occasion de la sortie de Merciless Destruction, nous nous sommes entretenu avec Dany Roberge, bassiste du groupe québécois Get the Shot !

Salut Dany, Get The Shot existe depuis 2009, est-ce que tu imaginais en arriver là où vous êtes avec le groupe il y a maintenant 13 ans ?

Dany : C’est une drôle de question. Ce serait te mentir de te dire que j’ai fondé ce groupe sans avoir l’envie dès le départ de voyager et de vraiment pousser le projet. En réalité Get the Shot partait d’une blague, notre première démo a été faite avec un line-up tout à fait différent de celui d’aujourd’hui. Et puis je les ai un peu menés en bateau en leur disant "ouais ça va être tranquille on va faire quelques concerts ici et là, rien de trop gros". Et puis après avoir sorti la démo, on a commencé à prendre vraiment de l’assurance sur scène. J’ai dit "ca y’est, c’est parti". J’ai commencé à vouloir enchainer les dates, le booking c’était tous les week-ends au Quebec. Ensuite quelques temps plus tard on a enchainé les dates en Ontario, et au nord des Etats-Unis. Et en l’espace de quatre ans j’avais déjà pour objectif de viser l’Europe !

En gros je les ai un peu menés en bateau. Au final ces premiers membres sont partis pour être remplacés par d'autres plus intéressés par la tournée, c'était aux alentours de 2010. Ce serait te mentir de te dire que je ne voulais pas aller là, que je ne voulais pas faire ça. Ensuite si je suis surpris, jamais j'aurais cru qu'un groupe venant d'un p'tit village en p'tite banlieue de Québec qui s'appelle Orsainville, jamais j'aurai cru qu'un groupe de garage, de punk allait pouvoir fouler d'aussi grosses scènes et tourner comme on le fait. Car en réalité, il n'y a pas autant de Canadiens francophones ni de Français que ça sur la scène internationale dans le hard. Il y en a quelques uns, on les connait mais ça s'arrête là. Donc j'en suis fier,  mais jamais je n'aurais pensé aller à des niveaux aussi élevés.

 

D'après toi, qu'est ce qui a évolué chez Get The Shot depuis le début, quels ont été les tournants majeurs de votre carrière en tant que groupe mais aussi pour toi en tant qu'artiste ?

 

Dany : En tant qu'artiste, on vient de bassins différents : moi je viens vraiment du punk années 90, même années 70-80, je viens vraiment de ce hardcore très classique. Jean Philippe, notre chanteur, vient plutôt du metal, Pierre notre guitariste qui compose les morceaux, écoute un peu de tout, même du classic rock. On a toujours voulu faire un album différent artistiquement parlant. Ca a toujours été une volonté d'aller vers ce que l'on souhaite vraiment. Quand tu regardes, notre premier album avait vraiment ce côté punk hardcore, mais sur le dernier les influences death sont plus présentes. Vraiment, les point marquants de notre carrière, outre ces albums là, c'est d'abord notre présence en Europe. La France tout particulièrement puisqu'elle a eu un impact majeur sur notre trajectoire. C'est en 2013 qu'on a fait notre premier passage en Europe avec notre tout premier concert sur le territoire qui était à La Roche-Sur-Yon ! Organisée par Los Herbos Crew que je salue. Vous pouvez même retrouver le concert sur Youtube, je crois que c'était Violent Motion qui en a fait la capture. Je pense que personne nous connaissait au Canada à ce moment. On est parti jouer en Europe et quand on est revenus au pays, la dynamique était totalement différente. Ca nous a donné une crédibilité et beaucoup de gaz pour perdurer. De tournée en tournée c'était toujours meilleur en Europe.

Un deuxième gros point tournant dans notre carrière ça été notre collaboration avec Jesse Barnet de Stick To Your Guns. Pendant 5 ans on a bossé avec lui qui, il nous a beaucoup aidés professionnellement et on a ainsi pu nouer une véritable relation avec le tourneur Avocado Booking en Europe. Ca nous a permis, avec l'aide d'Andrew, un autre ami à nous qui est le chanteur de Comeback Kid à vraiment devenir ce qu'on est aujourd'hui.

Et pour finir, tout récemment, le COVID a remis beaucoup de choses en perspective. On a honnêtement plus faim que jamais, on a envie de construire vraiment de nouvelles choses. On a le couteau entre les dents si je puis dire !

Si on est ensemble aujourd'hui c’est pour bien évidemment se parler de Merciless Destruction, votre 4ème album. Tu peux nous en dire plus sur ce dernier ? Comment vous en avez approché l’écriture, s’il y a une thématique...

Dany : La genèse de cet album, je blague souvent là dessus, mais c'est quand Jean-Philippe a cette "vision artistique". C'est un peu notre directeur artistique, le maestro d'orchestre. Il avait envie d'inclure un peu plus ses racines death metal / slam et après avoir tourné pendant deux ans avec Nasty je pense que les influences beatdown étaient dans nos oreilles. Il m'a donc dit : "Imagine toi pour cet album, un concert qui se déroule dans l'enfer du roman Hellraiser de Clive Barker. Imagine toi un show dans cet univers : c'est vers là que je me dirige." Alors je lui ai dis "ok je te suis." Et on est sur la même longueur d'onde.

Initialement on voulait faire un album plus violent, plus brutal. Il devait sortir en 2020, ca été malheureusement deux années supplémentaires, trop longues. Mais d'un autre côté, ca nous a peut être permis de retravailler la première ébauche de l'album et de le rendre ainsi meilleur. Je pense qu'on est vraiment arrivé à un résultat plus proche de la vision initiale qu'on en avait grâce à ces deux années supplémentaires.

 

Il y a un morceau d’ailleurs très surprenant sur cet album puisqu’il dénote complètement de l’ensemble. C'est "Season of the Damned II" qui ne va pas sans rappeler les espèces d'interludes calmes que Malevolence a pour habitude de faire. Comment vous est venue cette idée ?

Dany : En fait les gens sont surpris, je pense, car c'est la première fois qu'on en fait un single. Mais ceux qui connaissent notre discographie savent que depuis nos débuts en 2012, la dernière pièce de nos albums a toujours été quelque chose de différent. Perdition avait "Expiation", No Peace in Hell avait "Season of the Damned I" et Infinite Punishment avait une chanson vraiment plus aboutie. Les gens, en écoutant ces morceaux se disaient déjà qu'on faisait des power-rock ballads. Effectivement connaissant Malevolence, je pense qu'on a les mêmes influences. Je pense que le feeling était de faire un truc très yankees à la Type O Negative ou Danzig. On est des gros fans. Donc on a vraiment voulu embrasser ces influences et démontrer au grand public qu'on était capable de faire des choses différentes.

 

Le morceau qui t'as le plus éclaté à enregistrer ? Qui a une importance particulière à tes yeux ? 

Dany : Je vais tricher un peu si tu me le permets. Le morceau qui englobe véritablement toute l'essence de notre dernier album c'est "Deathbound". C'est clairement ce morceau qui représente ce virage, qui représente le son qu'on voulait avoir. C'est ce qui a stimulé la suite de la composition de l'album.

Sinon, au niveau polyvalence, une chanson qui marche très bien et qui représente la totalité de ce qu'est Get The Shot, c'est "Divination of Doom". Je pense qu'elle se positionne très hardcore classique mais avec aussi de l'influence thrash metal et beatdown. Ca reflète véritablement la polyvalence du groupe.

Justement tu as déjà répondu en partie à cette question mais, si on doit écouter 3 morceaux de toute votre discographie pour comprendre qui est Get The Shot, ce serait lesquels ?

Dany : Si je dois faire connaitre Get The Shot, je vais dire "Deathbound", "Blackened Sun" et "Divination of Doom". Je pense que ça permet de bien situer ce qu'on est capable de faire.

 

C’est ce vendredi (7 Octobre) que commence votre tournée avec Lionheart, Terror et Dying Wish, on imagine que vous avez hâte, qu’est ce que vous attendez le plus ?

Dany : Cette tournée est bookée depuis 2019. Donc c'est clairement pas la tournée de lancement de l'album, on a une petite place sur le line-up où on a 30 minutes de set. Donc l'album coïncide avec le lancement de la tournée oui, mais ce n'est clairement pas la tournée de lancement. On va y aller et jouer presque plus de la moitié du nouvel album, mais on y va surtout pour retrouver le plaisir de monter sur scène et retrouver le public en salle.

On a fait la tournée des festivals cet été, c'est vraiment pas la même chose, tu n'as pas la même proximité avec les barrières etc... On y va vraiment juste avec l'idée de renouer avec le public européen et de voir pleins de copains. Tourner avec Lionheart et Terror qui sont de bons amis. On a rencontré Dying Wish au Furnace Fest dans l'Alabama qui sont très sympas également. On s'envole vraiment avec pas trop de sérieux et juste pour prendre du plaisir. C'est en tout cas je pense un bon exercice pour la tournée de 2023, pour voir où est ce qu'on va, et où on va avoir une belle tête d'affiche.

 

On peut s’attendre à des surprises sur cette tournée ?

Dany :  Evidemment. Rien qu'au niveau de la setlist qui va être un peu différente avec nos nouveaux morceaux, on inclut quelques grand classiques. On commence avec une nouvelle intro, on a un nouveau backdrop. Je pense qu'il va y avoir une bonne connexion et beaucoup de gens qui s'attendent à voir du nouveau merch. On est super content de notre nouvelle collection avec de beaux designs. Ca fait partie de l'esthétique tu sais, on prend autant de plaisir à créer des morceaux que des collections et des designs de merch. On arrive avec pleins de nouveautés et donc de belles surprises.

Get The Shot en 2023 ça va aller où ?

Dany : 2023 commence déjà à être très très occupé. On a déjà des plans aux Etats-Unis. Pour d'étranges raisons on y a jamais vraiment été, on s'est senti beaucoup plus accueillis en Europe et en France, peut être du fait de la langue et de l'accueil. On trouve que la scène est plus accueillante, plus communautaire en Europe, plus ouverte. Donc on n'est jamais vraiment allé beaucoup aux USA, mais nos derniers singles nous ont ouvert de nouvelles portes, donc on va assurément prendre beaucoup plus de place sur ce territoire.

On travaille aussi sur notre grosse tournée en tête d'affiche en mars 2023. Je ne peux pas en dire plus pour le moment mais je sais qu'il va y avoir plusieurs dates françaises, plus que la majorité des autres pays. Ca va être vraiment notre tournée, on va y inviter des groupes d'amis à nous, on se fera vraiment un line up à notre goût. Et il y aura aussi quelques festivals aux USA notamment. On travaille également à reprendre la tournée française qu'on a dû annuler en 2020,avec Brutality Will Prevail, pour 2023-2024. Malheureusement les groupes qui devaient jouer avec nous n'existent plus. Donc on va repartir de zéro et faire une tournée 100% française. On a des plans pour le Japon et l'Australie, le Mexique et pleins de belles choses.

 

Le mot de la fin est à toi !

Dany :  On a hâte de revenir en France. Je sais que beaucoup sont déçus car il n'y a que 2 dates sur la prochaine tournée ce mois d'octobre (le 11 à Paris à la Machine et le 13 au Ninkasi Kao à Lyon, ndlr), mais je le dis, 2023, il y aura plus de dates ! La France c'est un peu une seconde famille pour nous . Merci énormément pour votre soutien. Vous avez été notre première scène et on va tâcher de renouer le contact avec vous !

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