Stratovarius (+ Amaranthe et Seven Kingdoms) à  la Cigale (31.03.2013)

Ah Pigalle, ses cabarets, ses sex shop, ses ciné x, ses filles de joie…et ses concerts metal. En effet, le hasard du calendrier a fait que deux grosses pointures de notre style adoré jouaient le même jour à une centaine de mètres d’écart. Et si nos pulsions agressives ne demandaient qu’à être assouvi par la déferlante thrash proposée par Testament, c’est sur la finesse scandinave de Stratovarius que mon choix s’est arrêté. Un concert à la Cigale qui a tenu toutes ses promesses.

SEVEN KINGDOMS

Les floridiens de Seven Kingdoms ont la lourde de tâche d’ouvrir le bal. Fort de trois albums de qualité certaine, Seven Kingdoms a une palette d’argument pour convaincre le public parisien. En effet, le power metal  percutant de cette jeune formation a largement de quoi séduire les fans de Stratovarius. C’est pourtant face à un public assez amorphe ne connaissant visiblement pas les faits d’armes du groupe que le show est ouvert. Et pourtant Seven Kingdoms réussira le pari de conquérir l’audience en à peine 35 minutes.

Malgré un son moyen et un petit problème au niveau de la batterie en tout début de set, l’enthousiasme de la formation saura déclencher quelques hochements de tête sur le ravageur « After The Fall ». L’entame aurait pu être meilleure mais le groupe saura gérer ces impairs techniques et propose un show à la qualité crescendo. Dès « Flame Of Olympus », autre perle du dernier album des ricains, la foule se montre plus euphorique avant de se lâcher définitivement sur la thrashisante « Fragile Mind Collapse » au refrain entêtant. Le son reste moyen et il faut tendre l’oreille pour apprécier la qualité des soli de Camden Cruz et Kevin Byrd. Keith Byrd (batterie) se remet de ses soucis de début de show et fait parler sa bonne humeur en martelant ses fûts comme il se doit. Quant à Aaron Sluss(basse), le bonhomme est un spectacle à lui tout seul, headbangant sans répit même sur les passages plus techniques tels que le pont de "Fragile Mind Collapse" qui sent bon le "Eagle Fly Free".

Seven Kingdoms Paris La Cigale

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C’est simple, pour vous imaginer le rendu visuel de la prestation de Seven Kingdoms, il vous suffit de visionner le clip d’After The Fall, même énergie et même bonne humeur. Quant à Sabrina Valentine, malgré là encore des soucis de son, sa voix est aussi savoureuse qu'en studio et sublimera comme il se doit les accrocheurs refrains du groupe. Les floridiens nous gratifieront même du morceau « The King Of The North », récit épique inspiré de Game Of Thrones qui permettra de montrer la facette plus atmosphérique du combo. C’est sur un Into The Darkness tiré de leur album éponyme que Seven Kingdoms termine son set sous les applaudissements. Un meilleur son et un set plus long seront désormais de mise pour la prochaine venue des américains sur le vieux continent.

Seven Kingdoms Paris La Cigale

AMARANTHE

On débarrasse en vitesse la scène et prépare la venue de la co tête d’affiche de la soirée. Pour ceux qui n’ont pas la chance (sic) de les connaitre, Amaranthe est un groupe de metal moderne à trois voix. Par « metal moderne », on entend claviers electro cheap, refrain pop accrocheur sous fond de gros riff anecdotiques. Le groupe a sorti deux albums respectant un même cahier des charges, ici on fait dans le simple et efficace.Si votre serviteur n’est clairement pas client des productions studio d’Amaranthe, c’est avec la neutralité caractéristique de tout bon journaliste que j’attendais ce live…même si j’avoue avoir callé quelques tomates dans mon sac, au cas où. Trêve de plaisanterie, c’est sous la célèbre musique d’Universal qu’entrent les suédois, de là à dire qu’ils ne sont qu'un pur produit major, il n’y a qu’un pas. 

Amaranthe ouvre son spectacle sur "Invincible" et les mauvaises langues diront que le reste du show ne sera que variante de ce titre. En effet, "Invincible" offre un mélange d’eurodance, de pop et de melodeath. D’ailleurs, beaucoup ont souligné la qualité du screamer Andy sur album et bien même constat sur scène même si pour le coup, c’est Henrik Englund de Scarpoint qui assure les vocaux hurlés. Le bonhomme donne l’impression d’être en studio tant ses lignes sont irréprochables. Qui plus est, il sera desservi par un mix très favorable, faisant de lui le chanteur le plus facilement audible de tout le concert.

Amaranthe Paris La Cigale

Mais bon ne nous emballons pas, les scream ne font trop souvent que de la figuration dans les compo d’Amaranthe et Henrik sera très souvent en retrait, laissant la place à la princesse et son prince charmant. Le son est déjà moins au rendez-vous et Elize aura bien du mal à s’imposer en début de set. Quant à Jake E, il assure plutôt bien son boulot de frontman et sait s’approprier aussi bien la foule…que les portables des premiers rangs pour prendre des photos, plutôt inédite celle-là.  La musique des suédois passe forcément mieux en live qu’en studio, l’aspect easy listening permettant de sauter comme un con sans se prendre la tête comme si l’on était en boite de nuit, endroit où la musique d’Amaranthe a peut-être plus sa place. Quelques pogos font même leur apparition après le percutant "Leave Everything Behind".

Amaranthe Paris La Cigale

Le set souffrira d’un gros ventre mou à partir de "Serendipity" et l’ennui se fait sentir dans ce spectacle d’une homogénéité frustrante. Et bien évidemment, l’attention se recentre vite vers Elize, atout majeur(unique ?) du combo. Lorsque le son ne la plombe pas, la chanteuse se débrouille foutrement bien et dispose d’un organe vocal de qualité. La ballade « Amaranthine » illustre parfaitement la beauté de son chant. Elle saura également se montrer très professionnel face aux slameurs atterrissant sur la scène voir directement sur elle (configuration de salle parfaitement adaptée aux concerts metal) alors que Jack E n’était pas loin, et on le comprend, de perdre son sang-froid. Même si son sourire forcé façon pub Colgate en énervera certains, force est de reconnaitre le talent de la demoiselle. Que serait un concert pop sans ses hits implacables ? Les singles "1.000.000 Lightyears", "The Nexus" et "Hunger" déclencheront l’euphorie générale et sauront briser l’apathie des grincheux (dont je fais partie). "Automatic" s’en sort plutôt bien également.

Amaranthe Elyze Paris La Cigale

Amaranthe a offert un show appréciable avec des musiciens de qualité jouant une musique facile, énervante par moment mais parfois efficace. Les aficionados ont été comblés, les autres attendront Olof sur le prochain Dragonland, si son succès avec Amaranthe ne lui fait pas abandonner ce groupe moins rentable mais peut être plus intéressant.

Amaranthe Olof Paris La Cigale

STRATOVARIUS

L’attente aura été longue mais le public parisien va enfin savoir ce que nos vétérans ont encore à offrir sur scène. Une courte intro nous laisse admirer le backdrop de Nemesis et c’est parti pour une heure et quelques de pur bonheur.

Stratovarius ouvre le bal sur « Abandon », introduction musclée de Nemesis. Les headbang font rage et accueillent comme il se doit l’un des titres les plus costauds de la discographie des finlandais. Le son est de qualité (même si le chant de Kotipelto est un peu sous mixé), le groupe affiche une bonne humeur évidente, la foule est réceptive…tous les éléments sont là pour passer un bon moment. Notre vocaliste véhicule une joie communicative même si il s’épargnera certain passages costaux (sur le pre refrain d’"Eagleheart" par exemple). Sa maladie semble avoir laissé des traces(les balances se sont faites avec une écharpe autour du cou) mais lorsqu’il ne ménage pas sa voix, il arrive à atteindre les plus hautes notes d’un "Black Diamond" par exemple.
A peine le temps de se remettre de la tuerie « Abandon » que le groupe dévoile l’une de ses plus belles cartes avec le mythique « Speed Of Light ». Tous les regards se tournent vers le virtuose Matias Kupiainen et c’est avec classe et aisance que le gratteux ravis nos oreilles sur cet exigant morceau. Mais son talent est admis et reconnu par tous et c’est sur le nouveau venu, Rolf Pive, que se fixaient les doutes des fans. Et bien le casting est réussi, ce nouveau batteur est une vraie bombe. Irréprochable techniquement et offrant une frappe au moins aussi lourde que celle de Jorg Michael, ce tout jeune batteur offre une performance mémorable.

Stratovarius Paris La Cigale 2013

Alors que beaucoup pouvaient voir en Stratovarius un groupe vieillissant, ce concert a définitivement prouvé que les finlandais étaient encore les patrons du power metal. Si Elysium était une perle studio, Nemesis fait quant à lui des ravages en live. Que ce soit avec le dansant "Halcyon Days", les joyeux "Dragons" et "Fantasy" ou le génial "Stand My Ground", les nouveaux morceaux n’ont aucun mal à tenir tête aux classiques "Eagleheart", "Eternity" ou "Black Diamond". Dommage que le show ait été écourté et que l’efficace "Unbreakable" n’ai pu être joué.

Lauri Stratovarius Paris 2013

Le grand moment du concert sera assurément "Destiny", plage épique de près de dix minutes jouée entièrement offrant un pur moment de jouissance pour tout amateur du style. Ces chœurs angéliques, ce riff imparable, le doigté inégalable de Johansson et la perfection de la rythmique (la basse de Lauri Porra jouissait d’un son excellent), que demander de plus ? Un Timo Kotipelto en forme peut être. Et le vocaliste s'est donné à fond sur le final grandiose du morceau, réussissant avec brio cet exercice exigeant. Même Jens Johansson semble impressionné par la performance de son chanteur.

Stratovarius Kotipelto Paris 2013

Que se passe-t-il quand l’on annonce la fin prématurée d’un tel spectacle ? On gueule, on s’énerve et surtout, on donne tout ce qu’on a sur le monstrueux Hunting High And Low, véritable feux d’artifice qui terminera comme il se doit cet excellent concert. La fosse trempoline de la Cigale sera mise à rude épreuve sur le hit ultime des finlandais. C'est en sueur après une telle claque que l'on quitte Johansson et sa bande. On ne regrette pas d'avoir délaissé Testament finalement !

Jens Stratovarius Paris 2013

Photos : © 2013 Olivier GESTIN / INTO The PiT Photographe
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.
http://www.facebook.com/intozepit

 

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