Suffocation – Pinnacle of Bedlam

Le rouleau-compresseur de Bedlam
 

Le groupe de death metal old school n’entend pas sortir de la tradition du death metal américain avec son nouvel album. Si le son de Suffocation n’est pas vieillot et que les musiciens n’ont pas encore leur place à l’hospice, le groupe fait perdurer la tradition du sacro-saint riff et conserve tout le long du disque une brutalité implacable, en gardant toutefois une grande qualité d’écriture de ses chansons.

Avec Pinnacle Of Bedlam, Suffocation porte bien son nom. Dès qu’il appuie sur la touche « lecture », l’auditeur est happé dans une déferlante death qui démarre sans prévenir avec "Cycles Of Suffering", qui entame l’album de manière "in your face". Cet aspect prédomine tout le long de l’album, avec plusieurs titres, comme "Pinnacle Of Bedlam" ou "Beginning Of Sorrow", qui commence les hostilités sans se soucier d’une quelconque intro. La brutalité est donc le mot d’ordre de cet album, qui, avec un son puissant et implacable, écrase tout sous le rouleau-compresseur de ses riffs.

Groupe de death metal old school par excellence (la formation remonte à 1990), Suffocation pratique le culte  du riff. Ils sont légion sur Pinnacle Of Bedlam et sont bien mis en avant dans les dix pièces brutales. Tantôt brutaux ("My Demise"), malsains ("Sullen Days") ou même thrash ("As Grace Descends"), ils sont le cœur de l’album et portent les ambiances macabres et brutales de Suffocation de manière fort convaincante.

Au milieu de ces riffs écrasants, le fan de death metal peut respirer avec les quelques solos mélodiques dispatchés ça et là dans l’album. Au milieu de cet océan de brutalité, Terence Hobbs sert des solos de toute beauté, interprétés avec soin qui permettent au groupe de lâcher quelque peu son emprise sur la gorge de son auditeur. On retiendra notamment le solo de "My Demise", aux accent orientaux, ainsi que l’intro et l’outro de "Sullen Days", dans lesquelles les deux guitaristes se délectent avec une mélodie dissonante à souhait.

Suffocation

Pour articuler tout cela, le groupe montre une écriture maîtrisée et intelligente de ses compositions brutales. En effet, si les chansons ne dépassent jamais les cinq minutes, elles présentent toutes plusieurs parties et plusieurs changements de tempos. Tous ces éléments s’articulent sans problème grâce à des transitions intelligentes ("Inversion") et s’enchaînent parfois sans que l’auditeur s’en aperçoive ("Sullen Days"), preuve d’une composition de qualité.

Cette maîtrise d’écriture va de paire avec une grande maîtrise instrumentale. Si le travail des guitaristes a déjà été traité, on notera que le bassiste Derek Boyer se taille discrètement de grosses parties rythmiques qui suivent la batterie monstrueuse de Dave Culross, qui enchaîne les blast-beats comme un chef et maîtrise parfaitement les nombreux changements de tempo. On regrettera cependant que le hurleur Franck Mullen, malgré une voix gutturale convaincante, manque de capacité à moduler et à varier son phrasé.

Album maîtrisé et soigné, Pinacle of Bedlam ravira les fans de death brutal et sans concessions. En presque 25 ans de carrière, Suffocation montre qu’il est encore capable de tout écraser sur son passage avec un disque homogène, cohérent et fort bien ficelé. Pour une quarantaine de minutes de pure brutalité, cet album s’impose.

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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