Ugly Kid Joe – Rad Wings Of Destiny

Mine de rien, cela fait maintenant exactement 30 ans que l’excellent America's Least Wanted est sorti et presque autant de temps que les Américains d’Ugly Kid Joe continuent de jouer les trublions sur la scène du heavy metal mondiale sans pour autant sortir des albums à tour de bras. En effet, il aura fallu attendre sept ans pour que ce nouvel album Rad Wings Of Destiny arrive enfin dans les bacs !

S’il est bien un groupe de heavy metal avec un capitale sympathie jamais émaillée c’est bien Ugly Kid Joe. Car il faut bien dire ce qui est, même si les musiciens ne sont maintenant plus tout jeunes, ils n’en restent pas moins les sales gosses qu’on a toujours connus ! Ainsi, force est de constater qu’en plus de 30 ans de carrière, les Américains ne se sont jamais pliés à ce qu’on pouvait attendre d’eux au travers de leurs albums. Et cette fois encore, Rad Wings Of Destiny ne déroge pas à la règle, et ce même si le groupe a fait appel au producteur Mark Dodson, celui qui était déjà aux manettes sur America's Least Wanted en 1992, et au batteur Shannon Larkin qui a tenu les baguettes de 1994  à 2021. Une manière de boucler la boucle ?

Oui et non. Si car si Ugly Kid Joe reste toujours fidèle à son approche très second degré (Rad Wings Of Destiny est un clin d’œil à Sad Wings Of Destiny de Judas Priest), il n’en reste pas moins que le groupe a pris de la bouteille. De fait, ce nouveau méfait n’a pas la spontanéité des deux premiers albums, ni la même énergie. Cependant, Whitfield Crane et sa bande ne sont pas encore bon pour l’EHPAD. Ainsi, les Américains ont encore de beaux restes mêmes si ce disque démontre qu’ils ont un petit peu changé leur fusil d’épaule en ce qui concerne leur musique.

Et pour cause, loin de rester dans le sillon éculé du heavy metal qui a fait sa gloire dans les années 1990, la formation californienne a décidé de proposer un disque éclectique qui semble laisser la part belle à ses illustres influences. C’est pourquoi des titres comme « That Ain’t Livin' » ou « Failure » font penser à AC/DC tandis que des morceaux comme « Not Like The Other », ou « Kick » assument clairement une patte glam entre Def Leppard et T-Rex. Qui plus est, le groupe s’aventure aussi sur des ballades acoustiques à l’instar de « Drinkin’ and Drivin’ » ou « Long Road », un peu à la manière de « Cats In The Cradle » à l’époque… Et même si cette palette musicale semble complètement hétérogène sur le papier, il n’en reste pas moins qu’Ugly Kid Joe réussit le tour de force à rendre l’ensemble cohérent et homogène (« Everything’s Changing », « Kill The Pain » ou bien "Lola", la reprise du classique des Kinks, ...).

Du côté de la production, le travail de Mark Dodson qui avait aussi mis sur pied Uglier Than They Used Ta Be (2015) en plus d’America’s Least Wanted en 1992, est plutôt bien ficelé. En effet, l’homme des studios texans Sonic Ranch à El Paso a pris le parti de concocter un son qui renvoie directement aux standards des 90’s mais avec une approche moderne. De ce fait, Rad Wings Of Destiny prend un peu la forme d’une madeleine de Proust dans la mesure où on replonge au bon vieux temps du (heavy) rock direct et sans trop d’artefact…

Petite cerise sur le gâteau, en plus de pouvoir retrouver l’ancien batteur Shannon Larkin derrière les fûts sur « That Ain’t Living », « Lola », « Dead Friends Play » et « Up In The City », Ugly Kid Joe a aussi invité le guitariste australien de Yellowcake, JJ Curran, à jouer sur les morceaux « That Ain’t Living » et « Drinkin’ And Drivin’ ». Et le moins que l’on puisse dire, c’est que le bougre est loin d’être manchot et que son jeu se marie parfaitement aux guitares de la paire Klaus Eichstadt / Dave Fortnam !

En définitive, Rad Wings Of Destiny s’avère être un album plutôt sympathique qui rend hommage à tout un pan du hard rock et du rock d’il y a quelques décennies, au travers duquel Ugly Kid Joe n’a perdu ni sa fougue, ni son humour corrosif. Il ne reste plus qu’à espérer maintenant qu’on n’attende pas encore de trop longues années avant que cette bande de jeunes vieux (ou de vieux jeunes) revienne pour de bon sur le devant de la scène !

Tracklist :

  1. That Ain’t Livin‘
  2. Not Like The Other
  3. Everything’s Changing
  4. Kill The Pain
  5. Lola
  6. Dead Friends Play
  7. Up in the City
  8. Drinkin’ And Drivin’
  9. Failure
  10. Long Road

Sorti le 21 octobre 2022 chez Metalville

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NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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