Vreid + Solefald + In Vain au Klub (16.04.2013)

La petite salle du Klub, il faut le dire, ressemble beaucoup à une cave aménagée, et n’est certainement pas la salle la plus agréable à fréquenter pour les musiciens, quand on voit la taille de la scène… En attendant le début du concert, on a pu entendre un fan dire: « je ne sais pas comment ils vont faire! Il y a 6 musiciens dans les 2 premiers groupes ! »

Le Klub a pourtant ses charmes, et la taille de la salle va donner tout son côté intimiste et underground à ce concert, avec ces 3 groupes norvégiens, appartenant à la grande famille du black metal, mais jouant chacun de la musique très différente : In Vain, Solefald et les têtes d’affiche Vreid. Et ce concert a comme un goût d’évènement historique de l'avancée du black metal en France, car le duo culte Solefald y donne le premier concert de sa carrière, tout comme In Vain, qui a bien marqué la rédaction de La Grosse Radio avec son dernier opus Ænigma.

 

In Vain :

C’est donc avec In Vain que s’ouvrent les hostilités. Contrairement aux craintes des musiciens exprimées avant le concert, le son est étonnamment bon, et permet d’apprécier pleinement la musique délivrée par le groupe, hautement influencée par Opeth et Emperor. A la voix, on trouve donc deux chanteurs, Andreas Frigstad pour les growls typés black, et Sindre Nedland pour les growls death et le chant clair, et les deux s’avèrent être très professionnels et complémentaires. Quelques rares couacs pour le chant clair, mais vu les conditions sur scène, il serait ingrat d’en vouloir à Sindre pour cela. Entre deux chansons, il glisse au public, sur le ton de la plaisanterie :

« Si jamais je me cogne sur le baffle et tombe dans les pommes, vous me rattrapez, hein ?? »

In Vain, live, le Klub, avril 2013, Paris,

Le set délivré par In Vain pioche dans les 3 albums du groupe, et est extrêmement bien mené, malgré l’absence du batteur et du bassiste officiels de la formation, remplacés par deux musiciens qui assurent le job parfaitement, dont Baard Kolstad aux fûts (Borknagar). Chapeau bas ! On ne s’ennuie pas une seconde dans ce savant mélange de black/death, avec ça et là quelques soli de guitare délivrés par Kjetil Pedersen, qui sont du meilleur effet. Le public est progressivement conquis par In Vain et crie de déception lorsque le groupe annonce qu’il va quitter la scène après une petite demi-heure sur scène.

In Vain, le Klub, Paris, live report

Etant donné l’enthousiasme manifesté par l’audience, confirmée par le groupe après le concert, affirmant avoir passé un excellent moment malgré les conditions de scène difficiles, on peut être sûr qu’In Vain repassera à Paris prochainement. Espérons qu’ils auront un temps de set plus long, car c’est amplement mérité.

Setlist :

Captivating Solitude
Against the Grain
Det Rakner!
Hymne til havet
October's Monody
Image of Time
The Titan

Solefald :

Après un court changement de matériel, le groupe Solefald monte sur scène. Et c’est avec stupeur que l’audience constate que les musiciens sont les mêmes ! A ceci près qu’Andreas Frigstad a laissé la place à Cornelius, l’une des deux têtes pensante du groupe, qui assure le chant et la guitare. L’autre tête, Lazare, n’est pas là « car il s’occupe de son enfant » nous déclare Cornelius dans un français hésitant mais exact. Eh oui, le musicien est titulaire d’un master en philosophie de la Sorbonne, nous avons affaire à un vrai homme de lettres ! C’est donc avec 3 guitares que Solefald lâche son black métal avant-gardiste, progressif, et jubilatoire.

Solefald, live report, le Klub, Paris, 16 avril 2013

Visiblement, une bonne partie de l’audience est venue pour assister au premier concert français de la formation, et Cornelius s’en réjouit en déclarant « c’est bon d’être de retour à Paris ». Les musiciens étant les mêmes, le show est marqué par le même professionnalisme que le set d’In Vain, à ceci près que Cornelius est un meneur de scène encore plus impliqué, et n’hésite pas à aller prendre un   « bain de foule » tout en continuant de chanter.
 

Solefald, live report, le Klub, 16 avril 2013, premier concert français,


La tension ne baisse pas d’une once lors de ce concert survolté, marqué par l’expérimentation et l’innovation musicale. La présence de trois guitares permet au groupe d’avoir un son surpuissant, et toujours impeccable, grâce aux soins de l’unique ingénieur-son de la soirée. Les fans ont donc été gâtés, et il est fort probable que Solefald soit reparti de ce concert avec de nouveaux adeptes. Ils sont les grands gagnants de ce match de black metal en 3 sets.

Setlist :

K II Chanel N°6
Red View
Mont Blanc Providence Crow
The USA Don't Exist
Sun I Call
Jernlov
Backpacka Baba
Vitets Vidd I Verdi
Philosophical Revolt
When the Moon Is on the Wave

Vreid :

Après deux concerts de ce niveau, on pouvait légitimement se demander si Vreid arriverait à faire mieux… Et c’est avec regret qu’on est obligé de répondre par la négative. Bien que servi par un son très puissant et net, le groupe joue replié sur lui-même, et laisse le public s’endormir, à part les premiers rangs de l’assemblée, visiblement constituée de fans hardcore qui sont en transe et lanceront de nombreux slams malgré la faible hauteur de plafond.

Vreid, live report, le Klub, Paris


La setlist est peut être la cause de ce semi-échec. Un fan nous confiera même à la fin du concert :
" Normalement, j’aime beaucoup Vreid, mais ce soir… Je ne sais pas ce qui se passe. " On a en effet la désagréable impression d’écouter un autre groupe, qui sonne étrangement comme I, le fameux side-project d’Abbath. Les chansons s’enchaînent et se ressemblent, avec peu de dynamique, et un groupe trop statique, mis à part le bassiste, qui joue avec toute son âme.
 

Vreid, live report, Paris, le Klub


En soi, le fait qu’un groupe soit statique sur scène n’influe pas vraiment sur la qualité d’un concert, et on pourrait donner de nombreux exemples, mais si on ajoute cela à la mollesse manifeste de la setlist, on obtient un concert ennuyeux, hélas.
 

Vreid, live report, Paris, Le Klub


Copie à revoir, donc, pour un groupe qui est pourtant aussi culte que Solefald, tiré des cendres de Windir. Leurs seuls vrais mérites auront été d’avoir joué un concert quasiment dépourvu de fausses notes, et d’avoir d’excellents goûts pour le choix des premières parties

Setlist :

The Ramble
The Reap
Songen åt fangen 
Welcome Farewell
Arche
Alarm
Sights of Old
Raped by Light
At the Brook
Pitch Black

NDLR : notez bien sur vos tablettes d'argile ou numériques que Vreid et Solefald seront présents au Brutal Assault Festival.  Pour plus d'informations sur ce grand rendez vous métallique, lisez donc la news dédiée en bas de page.

Photos : Un grand merci à Arnaud Dionisio / © 2013 Deviantart
Toute reproduction interdite sans autorisation écrite du photographe.

 

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