Svart Crown – Profane

De fil en aiguille, de perle en perle, la scène française n’en finit plus de nous offrir le meilleur  d’elle-même ! À l’ordre du jour, les niçois de Svart Crown nous plongent à nouveau dans leur univers sombre et saturé avec leur troisième album studio Profane succédant à Witnessing the Fall sorti en 2010 et qui voit le jour sous Listenable Records.

L’arrivé à la batterie de Nicolas MULLER (ex Otargos), depuis 2011, est venu renforcer un line up déjà efficace et solide. Ce ne sera pas pour déplaire au vu de la bombe qu’ils viennent de mettre au monde. La ligne de conduite est toujours la même : proposer un black métal sombre, carré, avec un son propre à eux !

Svart Crown

Profane marque une étape importante dans la carrière de ce groupe formé en 2005 ! Un son bien meilleur que ces prédécesseurs, un équilibre trouvé entre une saturation bancale et une pureté déroutante.

Les bons vieux arpèges atmosphériques d’un univers chaotique et charmeur accompagnés d’une rythmique lourde de sens et de profondeur qui vous pousse dans un tourbillon d’énervement !
La chanson qui lance l’album, « Manifestatio Symptoms », résume parfaitement ce ressenti qui se découvre tout au long de l’album. Un véritable voyage dans le vide où les guitares se démènent à offrir un son dérangeant mais tellement puissant ! Les riffs s’emboitent parfaitement, les transitions tantôt rapide tantôt lentes (qui rappellent une petite patte Gojira, légère certes, mais présente à certains endroits) sont ultra efficaces !

Une déferlante de violence d’une beauté émotionnelle qui parlera aux amoureux de Black Métal ! Une déferlante dont Nicolas MULLER n’est pas étranger. Son jeu de batterie complet correspond parfaitement à l’esprit de Svart Crown ! Amenant un coté très lourd même dans les passages les plus calmes, il apporte une efficacité sans précédant pendant que JB Le BAIL s’exerce magnifiquement au chant avec une rage et une ténacité fracassante, comme sur « In Utero : A  Place of Hatred and Threat »… Mais qu’elle puissance monstrueuse !

Et puis que dire des lignes mélodiques suffisamment discrètes et redoutables pour se faire apprécier à leur juste valeur sur la rythmique simple et efficace proposée derrière !
Leurs compositions restent dans le même cadre mais la plupart diffèrent les unes des autres par quelques petits détails sonores, juste ce qu’il faut pour apprécier un moment de détente violente dans le coin sombre entre le canapé et les enceintes ! Pour ce petit moment réflexion et extase musicale je vous propose celle qui est certainement mon coup de cœur sur Profane : « Genesis Architect » ! Cette compo contient toute les spécificités de l’album avec en prime deux riffs excellentissimes de brutalité, d’efficacité ultime et d’émotion… Et là… C’est la baffe !

Svart Crown

La production est plutôt réussie, sur certains passages le son rappelle d’ailleurs quelque peu un certain groupe culte… ah oui c’est Immortal voilà ! De plus l’artwork est bien travaillé, un dessin glauque, un brin malsain légèrement lacéré et torturé, à l’image de l’esprit qui règne sur les dix chansons peuplant ce superbe opus !

Un véritable bon en avant pour ce talent français qui se fera certainement une place non volée au coté des Seth ou encore Anorexia Nervosa.

Svart Crown a emprunté le bon chemin et peut envisager l’avenir avec sérénité ! Souhaitons leur qu’ils ne baissent pas le pied car le chemin est long et tortueux mais le talent est là c’est indéniable. Profane est un excellent album de metal extrême. Une grosse torgnole dans la face qui doublera certainement de force en concert !

 

NOTE DE L'AUTEUR : 8 / 10



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