Jeff Jonas, bassiste et compositeur de Scarred

Après une dythirambique chronique du nouvel album de Scarred, Gaia/Medea, nous nous devions d’en savoir plus sur cette jeune formation luxembourgeoise et Jeff Jonas, bassiste et compositeur, a accepté de répondre à nos questions.

Est-ce que tu peux nous en dire plus sur l’histoire de Scarred?

L’histoire de Scarred commence au lycée, en 2000, quand Laurent (batterie) et Jeff (basse) ont fondé un groupe de Power Metal qui à l’époque s’appelait Requiem. Au fil des changements de line-up, le groupe avait progressivement évolué vers le thrash. On a donc décidé de changer le nom pour SCARRED en 2004, avant de sortir un premier EP intitulé Inner Scars. Sacha (chant) a été le dernier à rejoindre le groupe sous sa forme actuelle en 2007. A ce moment là, on s’était déjà rapprochés du death métal avec des nouvelles compositions plus sombres et heavy.

En février 2009 on a sorti notre premier album intitulé New Filth Order; il nous a permis de participer à l’édition luxembourgeoise du Wacken Metal Battle et de la remporter, avant de faire deuxième place en finale internationale au Wacken 2009 (un grand moment !).

Depuis on a enchainé les concerts. On a joué sur plusieurs festivals (dont le Metal Camp en Slovénie) et on a eu la chance de faire la première partie de groupes comme Lamb of God, Arch Enemy, Devildriver, Black Dahlia Murder, etc. Pendant tout ce temps on n’a pas cessé de travailler sur notre son et nos compositions jusqu’à finalement enregistrer notre nouvel album Gaia/Medea, qui sort au mois de mai sous la bannière Klonosphère / Season of Mist Distribution.

Vous avez sorti en 2009 votre premier album, “New Filth Order”. Avec le recul, comment situerais-tu cet album dans votre carrière et qu’est-ce que Gaia-Medea offre de plus?

New Filth Order est un album dont on est très fiers, musicalement parlant mais aussi parce qu’il marque un aboutissement après des années de travail et de galère. C’est aussi l’album qui a scellé la composition actuelle du groupe et qui nous a créé nos plus belles opportunités jusqu’à présent. Avec le recul on peut dire que c’est un album de début assez typique pour un jeune groupe, à savoir la synthèse de tout ce qu’on avait écrit de meilleur depuis notre EP, parfois retravaillé des dizaines de fois. Cela explique que les chansons ont une couleur commune sans vraiment se ressembler entre elles (ce qui a pu nous être reproché, même si on l’assume complètement). On a appris beaucoup de choses avec cet album, ce qui nous a permis (on l’espère!) de hausser le niveau pour Gaia/Medea. NFO c’était plutôt du rentre dedans pendant une heure. Pour Gaia/Medea, on avait une idée beaucoup plus précise de l’ambiance que devait prendre l’album. L’ensemble est assez sombre et éprouvant. Les chansons sont plus structurées (mais pas trop !) et le songwriting est plus mature. L’ensemble est plus cohérent, sans pour autant renier les origines du groupe.

Gaia/Medea joue avec différentes atmosphères et différents styles. Quels groupes vous ont particulièrement inspiré pour cet album?

On écoute tous des groupes et styles differents et on aime bien mélanger les dynamiques de ces différents styles. Il n’y a pas de groupe en particulier qui nous influence plus qu’un autre, ni de groupe auquel on cherche à ressembler, mais s’il faut citer des influences, ce serait des groupes comme Nevermore, Pantera, Gojira, Meshuggah, Keep of Kalessin, Machine Head, Strapping Young Lad et beaucoup d’autres.

Vos morceaux s’avèrent très accrocheurs et certains refrains comme celui de The Knot ou The Great Pan(dem)ic restent particulierement en tête. Est-ce que vous avez insisté sur l’aspect mélodique pendant l’ écriture?

C’est en effet un des points sur lesquels on a beaucoup travaillé depuis le premier album. On cherche tout le temps le bon équilibre entre agressivité, dissonance, et groove; la mélodie permet de donner de la cohérence au tout et de rendre la musique plus accessible. On a beaucoup bossé sur le chant qui est plus accrocheur et plus varié que sur le premier album; c’était indispensable avec une musique souvent technique avec beaucoup de riffs et de variations.

Attila Vörös est invité sur cet album. Comment l’avez vous convaincu de venir jouer avec vous?

Notre guitariste Yogy et moi allons à la Musikmesse de Francfort tous les ans. En 2011, en tant que grands fans de Nevermore, ils sont allés jeter un coup d’oeil au stand où Attila devait faire une démonstration. Attilla n’était pas encore là; du coup Yogy a pris une guitare pour essayer son ampli. Quand Attila est revenu, il a trouvé Yogy en train de jouer du Nevermore et il l’a rejoint pour jammer. Ils étaient restés en contact depuis et au début de l’enregistrement de l’album, on lui a tout simplement demandé s’il était intéressé de faire le solo de “The Knot” et il a directement dit oui. Ce solo est une vraie tuerie et on est très fier d’avoir Attila comme guest sur l’album.

Scarred interview 2013

Gaia et Medea sont 2 thèses antithétiques. Tout d’abord, est-ce que vous êtes partisan de l’une ou l’autre? De manière plus generale, de quoi traitent vos textes?

On n’est pas vraiment partisans d’une des deux theses, même si force est de constater que si on continue sur le chemin emprunté, c’est plutôt Medea qui nous pend au nez. En effet, l’hypothèse de Gaia est celle de l’auto-régulation de la terre grâce la symbiose des tous les organismes qui y vivent et qui, ce-faisant, créent les conditions nécessaires à sa survie. L’hypothese de Medea par contre défend que les organismes multicellulaires sont, au fond, de nature suicidaire car, à terme, toujours voués à la mort. A chacun de voir où il se positionne dans le débat… Plus généralement, on décline souvent le thème de la dualité de l’être humain. Il y a des textes plus introspectifs aussi, d’autres abordant des questions de société ou qui racontent une histoire…y a de quoi lire!

Vos morceaux devraient faire leur effet en live. Avez-vous prévu une tournée pour promouvoir l’album?

Pour l’instant, pas mal de dates mais pas de grosse tournée de prevue. On fait surtout des mini-tournées de quelques concerts dans différents pays. On va pas mal jouer en France au mois de mai et juin, ce qui nous fait bien plaisir parce que jusque là on n’avait pas fait beaucoup de dates dans l’hexagone. Profitez-en pour venir nous voir, on est chaud-bouillants de balancer le nouvel album sur scène !

Vous avez récemment signé avec Klonosphere/Season of Mist. Comment cela s’est passé et quel changement cette signature a-t-elle entrainé?

On a postulé auprès de la Klonosphère au cours de la recherche de label parce qu’on connaissait (et appréciait) les groupes qui composent le collectif et qu’on avait envie de travailler avec eux. Du coup, je leur ai soumis notre album qui a été sélectionné parmis plusieurs groupes candidats. On est très contents parce que Klonosphère nous a laissé une liberté totale en ce qui concerne notre musique tout en faisant un travail de promotion excellent.

D’ailleurs, pour ce qui est du changement, le fait de répondre à des interview comme celle-ci montre tout le boulot que Guillaume (ndlr: Guillaume Bernard de Klone et de la Klonosphère) abat pour nous, et on voudrait d’ailleurs l’en remercier. Le groupe commence à se faire connaitre dans la scène métal française, à avoir des review dans les magazines… et ça se ressent déjà en terme d’offres de concerts.

Je suppose que vous ne vivez pas de votre musique. Devenir pro, c’est un projet que vous avez en tête?

Non, on ne vit pas de notre musique (on a tous un boulot à côté) et on ne se fait pas trop d’illusions sur le fait que les groupes métal qui en vivent sont rares.
C’est pour ça qu’on travaille dur et qu’on donne tout ce qu’on a, parce que devenir pro de nos jours est quelque chose qui se mérite. Même si on espère un jour franchir ce cap, il nous reste beaucoup de pain sur la planche.

Aujourdhui, avec quel(s) groupe(s) aimeriez vous partager l’affiche?

C’est difficile de répondre à une telle question parce qu’il y a tellement de bons groupes avec qui on n’a jamais partagé l’affiche. Pourquoi pas une tournée française avec Gojira ( t’as pas ça en stock ?). De toute façon, on adore jouer en live, donc on est toujours contents de partager la scène (et le backstage) avec de nombreux groupes, connus ou pas.

Un mot pour le public francais qui vous découvre?

Avant tout merci  pour ton intérêt et pour le temps que tu as pris pour lire ces lignes, et maintenant, viens jeter une oreille si ce n’est pas déjà fait ! On espère que t’apprécieras tous nos efforts, le sang et la sueur qu’on a mis dans cet album et que vous viendrez nombreux pour tout exploser quand on passera près de chez vous !

Merci à Jeff Jonas pour ses réponses et à Scarred en entier pour leur musique. 
 



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