PPM Fest 2013 à  Mons en Belgique (12-13-14.04.2013)


Ah, la Belgique ! Bruxelles, les canaux de Bruges, la forêt ardennaise, Knokke-le-Zout, le Hainaut ! Oui, justement le Hainaut, dont la réputation de son industrie métallurgique n’est plus à faire, accueille dans sa capitale, Mons, un festival dédié au metal (ça tombe bien !) depuis 2010. D’abord sur une seule journée, puis deux, et à présent trois, le succès se renouvelle à chaque édition et se sont pas moins de trente groupes qui vont se succéder cette année. La Grosse Radio Metal y était afin de vous faire revivre cet évènement et de vous donner envie, nous en sommes sûrs, d’assister à la prochainement édition !

 

Premier jour

L’honneur d’ouvrir les hostilités revient cette année au combo belge FireForce. Malgré une heure pas si tardive que cela, il est 17h30, force est de constater que le public n’est pas encore au rendez-vous. La faute à une ouverture des portes à peine une demi-heure plus tôt. Ce seront donc les plus chanceux qui pourront assister au set court mais musclé de ce groupe de heavy traditionnel mené par un chanteur fort en voix, rappelant tantôt Rob Halford, tantôt Biff Byford.

C’est avec la prestation de Drakkar un second groupe belge de heavy que se poursuit la soirée. Le show est filmé car il s’agit là des trente ans de la formation. Il semble d’ailleurs qu’elle bénéficie en Belgique d’une certaine renommé à en juger par les bruyants fans postés devant la scène. Le chanteur n’hésitera pas à les interpeler et à plaisanter avec eux à plusieurs reprises, nous livrant ainsi une performance toute à fait appréciable, y compris pour ceux qui comme moi découvraient ce groupe.
 

                                                       Drakkar                                                              

Le troisième combo belge de la soirée Max Pie est présent ce soir pour défendre son nouvel album 8 Pieces 1 World devant un public qui se fait maintenant plus important. Le chanteur (et organisateur du PPM !) Tony Carlino maîtrise parfaitement ses lignes et ne manque pas de communiquer avec l’audience à chaque occasion. Si les morceaux s’avèrent assez techniques, les mélodies power permettent de passer l’épreuve de la scène sans soucis. Un bon moment et un groupe à découvrir si vous n’en avez pas encore eu l’occasion.

 

                                                        Tobias Sammet Avantasia PPM 2013                                                                        

22h40. Les lumières s’éteignent et déjà résonne Also Sprach Zarathustra, le thème du film 2001, L’Odyssée de l’Espace. Musiciens et choristes prennent place et Tobias Sammet apparaît derrière la batterie : la première représentation du Mystery World Tour d’Avantasia peut commencer ! Spectres est le premier des 19 titres joués ce soir. Si les gestuels et gimmicks scéniques semblent d’ores-et-déjà calculés au millimètre, il n’en va pas de même avec le son manquant réellement de puissance, Tobias est très en retrait et Ronnie Atkins (Pretty Maids) doit s’époumoner. Ce problème de son ne s’améliorera qu’à partir de Breaking Away, quatrième titre du set, accueillant Michael Kiske sur les planches. Tobias en profitera pour faire répéter au public la prononciation exacte du nom de son accolyte, ce qui ne manquera pas provoquer quelques fous rires dans la salle. Grosse surprise ensuite avec l’arrivée de Thomas Rettke (Heaven’s Gate) sur Scale of Justice. Jusqu’à présent relagué au rôle de choriste au fond la scène, le bougre nous laissa coi lorsqu’il s’empara du micro pour vocaliser à la manière d’un Tim Ripper Owens des grands soirs. C’est ensuite à l’impérial Bob Catley de venir pousser la chansonnette; enfin, je dis chansonnette, mais sa voix est toujours aussi extraordinaire et donne une vraie dimension aux textes qu’il interprète. Le contraste est ensuite saisissant lorsqu’Eric Martin (ex-Mr. Big) entre en scène. L’excès de jeunisme du quinquagénaire prête à sourire, d’autant qu’il est loin de chanter parfaitement, mais Tobias à l’air content de lui renvoyer la réplique et le duo semble fonctionner (à ce point, et pour rester poli, j’éviterai de revenir sur leur interprétation plus qu’approximative de Dying For An Angel…). La dernière protagoniste à se présenter sur le devant de la scène est la majestueuse choriste Amanda Somerville dont les charmes ne sont pas que vocaux. Si l’interprétation de Sleepwalking est correcte (je n’arriverai jamais à me faire à cette ballade), celle de Farewell, où Amanda est rejointe par Michael Kiske, est un vrai bonheur tant la complicité entre les deux vocalistes se fait sentir.

Les artistes de la troupe se sont donc succédés ou croisés pendant les 2h30 du set , une durée beaucoup trop longue à mon goût, d’autant que les mid-tempos se font beaucoup trop nombreux. On regrettera également l’absence de deux éléments majeurs de la précédente tournée, Kai Hansen et Jorn Lande, dont le charisme et la signature vocale avait rendu les shows bien plus dynamiques. Une prestation en demi-teinte donc, mais un plaisir tout de même de revoir Sammet & Co. sur les planches.

Setlist:

Also Sprach Zarathustra
Spectres
Invoke the Machine
Black Orchid
Prelude
Reach Out for the Light
Breaking Away
Scales of Justice
The Story Ain’t Over
The Great Mystery
What’s Left of Me
Promised Land
Sleepwalking
The Scarecrow
Farewell
Shelter from the Rain
The Wicked Symphony
Lost in Space
Dying for an Angel

Encore:
The Seven Angels
Sign of the Cross

 

Deuxième jour

Le premier show de cette deuxième journée auquel j’ai l’honneur d’assister est celui des Danois survoltés de Manticora. Leur power/speed sans concession est une véritable leçon de metal. Rythmiques et soli d’une précision diabolique menés par un chanteur, Lars Larssen, naturellement  surpuissant. Malgré quelques soucis de son au départ, et un public quelque peu statique, le combo réussit à nous offrir une très belle prestation au cours de laquelle nous avons pu retrouver quelques titres incontournables comme Cantos, The Nightfall War ou Playing God.

La volonté du PPM Fest, comme chaque année, est de s’ouvrir à d’autres styles que le power et le prog. A petite dose, certes, mais afin de montrer une certaine ouverture d’esprit et de varier les plaisirs. Les Grecs de Rotting Christ rempliront les premiers ce rôle cette année avec leur thrash/black fort bien en place semblant captiver les auditeurs ci-présents. Malheureusement peu habitué à ce genre musical, je n’ai pu en apprécier tous les raffinements et en ai profité pour aller me raffraichir le gosier.
 

                                                          Orphaned Land Yossi Sassi PPM 2013


Cela me permit d’arriver suffisament tôt pour me placer correctement afin d’assister à la prestation tant attendue des Israeliens d’Orphaned Land.  Si le dépaysement sonore est garanti sur chaque album du quintet, il est sublimé par leurs apparitions scéniques. C’est en effet une véritable invitation au voyage qui nous est offerte ce soir avec jeux de lumière, danseuses, la tenue traditionnelle du charismatique chanteur Kobi Fahri  ou encore la magnifique Bouzoukitara de Yossi Sassi. La setlist propose un choix de morceaux teintés de folklore oriental permettant ainsi de mettre en avant percussions et vocalises ce qui ne manquera pas de créer une véritable communion avec le public. Un grand moment !

J’étais plutôt sceptique avant d’aller voir le groupe suivant, Amaranthe . Etant incapable d’écouter plus de trois titres à la suite sur album, je n’espérais pas rester au-delà de leurs 3 premières chansons. Et pourtant si ! Amaranthe c’est avant tout un jeu de scène entre les 3 chanteurs chacun dans leur rôle (voix féminine, voix claire masculine et screamer), mais surtout des mélodies typiquement scandinaves à la ABBA et un synthé rythmique très présent. Résultat, le fest se transforme en vraie Metal Party et tout le monde danse et chante ! Bon, au bout d’un moment ça lasse un peu quand même, mais rien à voir avec l’écoute d’un album. La musique d’Amaranthe se vit en live !

                                                           Alestorm Chris Bowes PPM 2013

Et la fête continue avec un autre groupe haut en couleur puisqu’il s’agit des pirates d’Alestorm. Les festivaliers ont du se donner le mot car l’affluence est au top. Et ils ont bien raisons ! Les Ecossais vont nous livrer durant une bonne heure le meilleur de leur répertoire provocant pogos à tout va, farandoles et même une scéance d’aviron collective pour la moitié du public qui s’était assis par terre pour l’occasion. Inédit !
 

                                                           Stratovarius Kotipelto PPM 2013

                                                                                                                  

La soirée ne pouvait que bien continuer avec les légendaires porte-drapeaux du power nordique, Stratovarius, venus défendre leur dernier album Nemesis. Oubliés les déboires de la précédente tournée et les problèmes de santé à répétition de Timo Kotipelto. Ce soir le bougre est dans une forme olympique et prêt à remettre les pendules à l’heure ! Malgré un son un peu brouillon au départ, il saura se faire entendre sans forcer tout au long du set. Exit les tentavtives veines de monter dans les aigus ; le chant est maîtrisé de bout en bout. Côté setlist, Nemesis est largement mis à l’honneur avec pas moins de six titres sur les douze joués ce soir ! Les inévitables classiques Speed of Light, Black DIamonds et Hunting High and Low déchaîneront les passions et le très rare Destiny sera vécu comme une véritable offrande par les fans. L’organisation du set a aussi été revue. Les longs soli de chaque musicien qui venaient casser le rythme sur les précédentes tournées ont été réduits à quelques notes au moment des présentations, sauf peut-être pour le clavieriste Jens Johansson qui ne peut s’empêche d’être démonstratif. Stratovarius semble plus que jamais revenu sur le devant de la scène metal pour le bonheur de ses fans et pour en conquérir de nouveaux !

Setlist:

Abandon
Speed of Light
Halcyon Days
Dragons
Drum Solo
Eagleheart
Fantasy
Destiny
Black Diamond
Stand My Ground
Unbreakable
Hunting High and Low Abandon
Speed of Light
Halcyon Days
Dragons
Drum Solo
Eagleheart
Fantasy
Destiny
Black Diamond
Stand My Ground
Unbreakable
Hunting High and Low 
 

                                                           Behemoth Orion PPM 2013


La seconde tête d’affiche du jour fait débat et je dois avouer que je suis comme beaucoup de monde surpris de voir Behemoth en tête d’affiche de ce festival. Une bonne partie du public ayant quitté la salle, c’est devant une audience assez réduite que se produiront les polonais. Le show se veut très théâtral, ambiance obsure et maquillages démoniaques à l’appui. Les rythmiques martiales déservent des titres gorgés de haine semblant ravir les fans venus spécialement pour. Pour les autres, dont je fais partie, les réactions sont plutôt mitigées, faute de bien connaître leur discographie. 

Setlist:

Ov Fire and the Void
Demigod
Moonspell Rites
Conquer All
Christians to the Lions
The Seed ov I
Alas, Lord Is Upon Me
Decade of Therion
At the Left Hand ov God
Slaves Shall Serve
Chant for Eschaton 2000

Rappel:
23 (The Youth Manifesto)
Lucifer

 

Troisième jour

Il est 13 heures et le soleil resplendit au-dessus des voutes du Lotto Mons Expo. Sans doute grâce à la venue des Brésiliens de Shadowside et de leur jolie chanteuse Dani Nolden. S’ils nous proposent un power metal des plus convenus, les musiciens se donnent à fond pour faire vivre leur morceaux et réveiller les quelques lèves-tôt ( !) présents devant la scène.
 

                                                             Myrath Zaher Zorgati PPM 2013


14h30, le soleil est au zénith et les Tunisiens de Myrath entrent en scène. Si l’accueil ne se veut au départ pas aussi chaleureux qu’il n’a pu l’être la veille pour Orphaned Land, l’ambiance aura tôt fait de se réchauffer au son de ce metal progressif empreint de toute la chaleur de l’orient.  La setlist est essentiellement composée de morceaux issus de leur dernier album Tales of Sands et semble réellement taillés pour la scène. Certains spectateurs n’hésiteront pas à entreprendre une danse arabe et quelques youyous se font entendre par-ci par-là, pour rire certes, mais étonnant pour un public peu habitué à ce genre d’expérience. La consécration viendra avec le dernier morceau du set Beyond The Stars et son incontournable refrain chanté en langue arabe. Le long applaudissement qui accompagnent la sortie du groupe de scène confirme cette impression que la recette Myrath a un potentiel de séduction énorme et que l’avenir est encore devant eux.

Le groupe suivant est « la » valeur sûre du PPM. En effet, les Grenoblois foulent pour la troisième fois les planches du festival pour le plus grand bonheur des fans français venus en nombre les applaudir. Nightmare c’est le genre de groupe qui plaît à tout le monde ; Sympathiques, énergiques, généreux, ils sont heureux d’être là et cela se sent. Leur heavy des plus classiques et parfaitement exécuté, fédère l’auditoire, même s’ils ne bénéficient pas des meilleures conditions acoustiques de la journée. Mais qu’importe, un concert de Nightmare ne déçoit jamais !
 

                                                             Turisas Olli Vänskä Violon PPM 2013


Peu avant la tombée de la nuit, l’ambiance se fait plus lourde. Sur une intro Wagnérienne du plus bel effet, les six guerriers nordiques au visage cramoisi de Turisas investissent les lieux. Le groupe est très communicatif et le public a du répondant. Il faut dire qu’ils nous proposent un best of de leurs compos celto-vikings et chaque titre fera mouche et sera acclamé comme il se doit. On pourra cependant regretter l’utilisation massive de samples laissant peu de liberté dans l’exécution des morceaux. Cela n’empêchera pas Mathias Nygard, le chanteur, de balancer une blague sur la piètre qualité de la bière officielle du Fest « qui ne fait pas honneur » à la réputation du breuvage local. Il n’a pas tort…
 

                                                              Gamma Ray Kai Hansen PPM 2013

                                                                                                                                                                     
« Ladies and Gentlemen, please welcome The Rays, The Rays, The Rays… » et quel accueil pour la bande à Hansen ! Après avoir scandé Gamma Ray pendant tout l’intro, c’est une foule survoltée qui s’est déchaînée aux premiers coups de batterie d’Anywhere in the Galaxy ! A en juger par le nombre de t-shrits Gamma Ray et Helloween croisés tout au long de la journée, il était indubitable que les deux formations allait être le point d’orgue de ces trois jours. Aurait-il d’ailleurs pu en être autrement pour un festival contenant le mot power dans son nom ? Kai et ses sbires le savent bien et c’est avec une joie non dissimulée qu’ils joueront ce soir une dizaine de titres. Comme d’habitude, Gamma Ray sait surprendre d’une tournée à l’autre en puisant dans sa large discographie (ou celle d’Helloween) et en présentant des nouveautés, comme le très speed  Empire Of The Undead. Le groupe n’a aucun mal à se mettre le public dans la poche et c’est bien évident l’énorme Send Me A Sign qui finira de combler les fans et les crowd-surfers qui s’en donnent à coeur joie. Une heure de Gamma Ray, ça passe vraiment trop vite, le public en redemande ; mais les adieux ne seront que provisoires…

Setlist:

Welcome
Anywhere in the Galaxy
Men, Martians and Machines
The Spirit
Dethrone Tyranny
Master of Confusion
Empire of the Undead
Empathy
Future World
To the Metal

Rappel:
Send Me a Sign 

                                                              Helloween Andi Deris PPM 2013

Il est 23 heures passées et la fatigue accumulée pendant les trois jours commence à se faire sentir. Alors quoi de mieux qu’une grosse dose d’AC/DC en préambule à Helloween, l’ultime tête d’affiche pour nous donner un gros coup de fouet ? Les lumières s’éteignent et de puissants projecteurs balayent le public à travers un rideau de camouflage qui cache la scène. On devine Dani Löble qui martèle sa quadruple grosse caisse de l’implaccable rythmique d’I Wanna Be God, et juché sur une estrade, Andi Déris qui en scande les paroles. Puis le rideau tombe pour laisser place à une avalanche de lights qui s’abattent sur Nabataea, le morceau phare du nouvel album des Citrouilles. Straight Out Of Hell – c’est comme ça qu’il s’appelle – verra d’ailleurs six de ses morceaux joués ce soir. Mis à part, la ballade Hold Me In Your Arms et If I Could Fly, le set est composé quasi-exclusivement de titres rapides et connus de tous, anciens ou plus jeunes. Au moment des rappels et à la grande surprise des non-initiés, Kai Hansen, tout de cuir vêtu, se paiera le luxe de remonter sur scène pour pousser la chansonnette sur un medley tiré des deux premiers albums, puis se verra rejoint par les autres membres de Gamma Ray pour interpréter l’emblématique hit, I Want Out, signé Kai Hansen bien-sûr !

Setlist:

Wanna Be God
Nabataea
Eagle Fly Free
Straight Out of Hell
Where the Sinners Go
Waiting for the Thunder
Are You Metal?
Drum Solo
I’m Alive
Live Now!
Hold Me in Your Arms
If I Could Fly
Power
Dr. Stein

Rappel:
Halloween / How Many Tears / Heavy Metal (Is the Law)
I Want Out
A Tale That Wasn’t Right (Unarmed Version) 

C’est sur ce bouquet final que se referme cette quatrième édition du PPM Fest. Une fois encore, tout a été au poil. Une programmation géniale, une organisation parfaite et un temps presque idéal ! Merci à Tony Carlino et à son staff pour ces moments inoubliables, et s’il est prêt pour une cinquième édition nous seront de la partie !

Credit Photos Olivier Gestin
 



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