Asylum Pyre + Whyzdom à  La Scène Bastille (04.05.2013)

Asylum Pyre
 


Quoi de mieux pour entamer le mois de mai que de le faire de manière pastorale en compagnie de nos compatriotes du groupe Asylum Pyre ? Fort d’un dernier album intitulé Fifty Years Later, reflet de considérations d’ordre éthiques et écologiques, Johann (guitare, chœurs), Heidi (chant ; non, pas la Petite Maison dans la Prairie justement !) & leur troupe venaient nous présenter leur nouveau show à la Scène Bastille de Paris le samedi 4 mai dernier.

 

Asylum Pyre Heidi 2013

Heidi brille sur scène

De gros soucis de son (dont on apprendra plus tard qu’ils étaient en fait dû à un problème de jonction avec le système de la salle) gâchent l’effet de surprise, et obscurcissent la bonne moitié du set du groupe. Des problèmes de micro forcent également Heidi et Johann à s’en partager un, ce qui bizarrement, va entraîner une réaction du public qui donnera une dynamique impromptue, ainsi qu’un jeu de scène assez ludique ! Car le groupe est loin de se débiner, et assume les problèmes techniques avec le sourire et beaucoup de professionnalisme. A la batterie, Vincent Kreyder joue l’enfer et apporte une touche groove et très metal à une musique foncièrement orientée symphonique, et casse ainsi de manière intelligente tout cliché.

 

Johann Heidi Asylum Pyre 2013

Johann & Heidi jouent le jeu jusqu'au bout, en dépit de soucis de son récalcitrants

Un grand esprit de camaraderie règne sur scène entre les membres du groupe, et au fur et à mesure que le show avance et que les problèmes techniques sont dépassés, on se rend de mieux en mieux compte d’à quel point la musique et les chœurs sont en place, et l’interprétation de Heidi remarquable (il est à noter que la demoiselle est également professeur de chant). Elle s’illustre par une présence lumineuse, des phrasés et des placements de voix astucieux, qui rappellent nettement plus un Bruce Dickinson qu’une Tarja ou encore une Sharon Den Adel. Tout le monde sait qu’il est de nos jours très dur d’être pertinent dans une scène musicale aussi saturée, et si Asylum Pyre réussi ce pari risqué, c’est surtout grâce à son discours réfléchi et mur, une approche bien plus prog que symphonique, et une réelle complémentarité entre tous ses musiciens.

 

Olivier (basse)

Setlist :

Will You Believe Me?
Dead In Copenhagen
The Frozen Will
Laughing With The Stars
Fifty Years Later
Just Before The Silence
These Trees
The Herd !

 

Whyzdom
 


Tête d’affiche du concert de ce soir, Whyzdom propose un metal plus symphonique et orchestral. Première constatation : pas d’amplis sur scène, tout est exclusivement sur D.I. Un choix pour le moins risqué, qui mange pas mal de mediums et enlève certainement un peu de pêche au tout. Des synthés imposants, quelques solos de guitare bien sentis (notamment sur « Cathedral Of The Damned ») et la présence charmante de la nouvelle chanteuse, Marie Rouyer, n’empêchent cependant pas d’apprécier le show et de découvrir live la nouvelle mouture du groupe, l’album Blind?.

 

Marie Whyzdom 2013

La charmante Marie arbore un très joli costume signé "Les Créations Vultus"

Si le style est déjà bien plus entendu, le groupe parvient néanmoins à captiver l’audience de ce soir, notamment par son réel enthousiasme et sa joie d’être là (le guitariste et chef de la meute, Vynce Leff, se fendra, juste avant de lancer le dernier titre de la soirée, d’une allocution au cours de laquelle il exprime avec humilité sa gratitude envers le public et les fans qui les suivent via internet et les forums), mais aussi par le jeu de scène théâtral de Marie. Quelques soucis de retour apparemment donnent à la chanteuse du fil à retordre au niveau de la justesse de certaines notes, mais elle compense en jouant bien le jeu en termes de gestuelle. On regrette cependant un choix de notes pas assez aventureux au niveau des lignes de chant, qui restent ainsi trop monocordes, alors que des opportunités immanquables s’offrent pourtant (sur « Cathedral Of The Damned » par exemple). A noter : elle casera un passage en chant guttural du meilleur goût sur « Atlantis », qui provoquera une adhésion immédiate du public, et l’on regrette qu’une telle audace ne soit pas plus récurrente dans la musique du groupe. Même si des efforts ont été déployés au niveau du jeu de scène, cela reste à un niveau timide, et l’on aimerait voir le groupe pousser le bouchon un peu plus loin encore (par exemple, on ne comprend pas bien où l’on veut en venir avec l’usage du jeu de cartes sur « Cassandra’s Mirror » qui ne dure qu’une poignée de secondes).

 

Vynce Whyzdom 2013

Vynce Leff (guitare)

De jolies orchestrations, un style à l’abord « musique de film », quelques pointes dark, mais néanmoins pas assez assumées, Whyzdom ficèle plutôt bien son show, mais malgré une bonne volonté et une tentative de chercher le public, le concert de ce soir laisse quelque peu sur sa faim à cause du fait qu’il manque le petit extra, le brin de folie qui fera toute la différence dans un style maintes fois emprunté. L’on demande à voir et entendre le groupe arpenter à l’avenir une route plus risquée, hors de sa zone de confort.

 

Marie Whyzdom 2013

Vu pendant la performance du groupe : Heidi d’Asylum Pyre dans le public en train de chantonner les titres du groupe, la classe 2.0. !

Setlist :

On the Road to Babylon
The Spider
Atlantis
Cassandra's Mirror
The Train
Dancing With Lucifer
Cathedral Of The Damned

Un grand merci à Laurent 'Scudabear' pour ses photographies d'Asylum Pyre / Florent Cuaz pour ses photographies de Whyzdom.

Liens :

Le site officiel dAsylum Pyre
Le site officiel de Whyzdom
La galerie de photos de Florent Cuaz

Mes excuses à la première partie, le groupe anglais Apparition, à la performance duquel je n'ai pas pu assister // My apologies to the english band Apparition, who opened the show ; Unfortunately, I could not make it on time...

 



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