The Dillinger Escape Plan – One Of Us Is the Killer

Dans l’histoire de la musique amplifiée, il arrive que le 5ème album se révèle être une charnière dans la carrière d'un groupe. C’est souvent l’album d’une maturité affirmée, d’une sérénité, et  parfoisd'un nouveau cap musical adopté. Les exemples sont légion : Metallica, Led Zeppelin, Opeth, Dream Theater, Black Sabbath

The Dillinger Escape Plan n’a pas radicalement changé de cap, et s’ils prennent toujours beaucoup de soin à ne pas se répéter, One of Us is The Killer se présente plutôt comme une synthèse de leur discographie.

C’est avec le single très agressif « Prancer » que l’album commence. Pas de doute, la récente signature du groupe sur le label Sumerian n’a eu aucune influence sur l’orientation musicale du groupe, comme on pouvait s’y attendre. Au menu, on a droit à une surdose d’adrénaline assez indescriptible et difficilement rattachable à un genre. Mais cela, les fans du Dillinger le savent, et c’est d’ailleurs ce qui fait tout le cachet de ce groupe américain.

Suit l’épileptique « When I Lost My bet », avec son clip ultra gore signé Mitch Massie, et on est définitivement convaincu que la musique de Dillinger Escape Plan n’a rien perdu de sa rage et de sa complexité. L’album comprend aussi des morceaux nettement moins rentre-dedans, mais pas dénués de charme, comme la ballade malsaine « One of Us is The Killer », chantée avec beaucoup de délicatesse par Greg Puciato, dont la voix rappelle beaucoup celle de Brent Hinds (Mastodon).

On remarquera tout de même le côté assez sec et cru de la production, qui aurait peut être gagné à être plus massive. Le résultat de ce choix de production fait que l’on est souvent impressionné par l'exécution des musiciens, mais sans avoir cette sensation de se prendre un « mur » de sons dans les esgourdes, qui est pourtant souvent présente dans le genre hardcore et affiliés.

Mais ne crachons pas dans la soupe, cet album regorge de bonnes idées, mêlant expérimentations sonores et rythmiques avec pur groove rock n’ roll, à l’image de la protéiforme « Paranoia Shields » , ou la haineuse « Hero of The Soviet Union ».

Dillinger Escape Plan poursuit donc son petit bonhomme de chemin sans s’intéresser aux critiques, ni aux compliments des fans comme de la presse. Ils délivrent un album plus direct et peut être moins expérimental que son prédécesseur Option Paralysis, sans être moins attrayant pour autant.

Il y a de grandes chances que One of Us Is The Killer plaise beaucoup aux fans de Dillinger, toute période confondue. Pour les nouveaux arrivants, ce groupe reste, avec cet album, relativement difficile d’accès, et ce n’est certainement pas le genre d’oeuvre qu’on assimile en trois écoutes. Avis aux amateurs de sensations fortes : il y a de grandes chances que vous n'ayez jamais écouté un groupe comme Dillinger Escape Plan.

Chronique par Tfaaon
 

NOTE DE L'AUTEUR : 7 / 10



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